Homélies du dimanche ….

 Le saint sacrement du Corps et du Sang du Christ. (18 juin 2017)

L’eucharistie : du besoin au désir…

 

La semaine dernière, quinze enfants ont fait leur première communion. A cette occasion, il arrive souvent que l’un d’entre eux évoque le manque de gout d’une hostie. Certains iront même jusqu’à parler d’une absence totale de gout. De fait, il faut bien le reconnaître, ce premier enseignement des enfants est assez juste : quelque soit notre âge, à l’occasion d’une première communion, le bilan est sans concession : cette nourriture est sans gout et bien peu nourrissante.

De cette première remarque, nous pouvons comprendre que l’eucharistie deviendra vite sans intérêt si nous restons au stade de vouloir satisfaire un besoin corporel. La nourriture eucharistique ne pourra jamais assouvir la faim du corps. Pour trouver du gout à la communion, il faudra prendre un autre chemin. Ce chemin sera celui d’une communion nouvelle, communion d’un pain qui devient moins une nourriture corporelle qu’une nourriture du cœur. La communion ne sera plus celle d’un besoin, mais d’un désir, celui d’accueillir un pain qui parle au cœur, nourrit l’esprit et anime le corps.

Le besoin ne nécessite pas de parole. Nous le savons tous : il est possible de combler un besoin sans parler. Il n’en est pas de même pour le désir. Le désir est une fonction humaine qui engendre la parole, capable même de s’orienter vers Dieu et de s’adresser à Lui. Le mystère de la communion se dévoile lorsque nous accédons au désir de la rencontre avec Dieu. Je désire ce pain, parce qu’il est devenu le désir d’une  parole de Vie  et d’une nourriture éternelle. J’y crois !

Grâce à cette expérience du désir dans l’aventure de l’eucharistie, nous nous retrouvons installer dans une vie qui dure et non plus dans une vie qui passe… Cette hostie qui n’avait aucun gout se révèle maintenant délicieuse à mon palais. Étrangement, ce pain eucharistique se présente comme le vin de messe : meilleur en vieillissant !

P Bertrand, religieux des Sacrés-Coeurs.

6ème dimanche de Pâques (21 Mai 2017)

A l’écoute des jeunes !

En ce week-end de profession de foi, onze jeunes adolescents (classe de 5ème) de l’aumônerie sud XXème vont dire leur confiance et leur fidélité en Jésus-Christ. Ils vont le faire en présence de leurs familles et leurs amis. Un acte libre, en Église, qui permet d’exprimer à haute voix le désir de vivre et d’approfondir le message de l’Évangile.

Toute la communauté chrétienne de Saint Gabriel est concernée par cet événement. La célébration d’une profession de foi témoigne d’une transmission spirituelle entre les générations. Dans l’église, à cette occasion, tous les âges sont présents pour dire « Je crois ». La foi se transmet à la manière dont les coureurs dans un stade se donnent le relais pour atteindre la ligne finale. Si je rentre dans la course, c’est parce que d’autres m’ont précédé et m’ont donné le goût de croire en Dieu et de vivre avec Lui. Mon choix est libre. Il est le fruit d’un discernement, d’un dialogue régulier et d’un perpétuel étonnement !   N’oublions pas : la foi se reçoit, elle est une grâce, un don de Dieu… pas des hommes. Rappelons-nous ce que disait le pharisien Gamaliel au sujet des premiers chrétiens : « Si c’est des hommes que vient leur résolution, elle disparaîtra d’elle-même, si c’est de Dieu, vous ne pourrez pas les faire disparaître. »                                                                                                                                                                                    (Acte, 5,38-39)

A partir du mois de Septembre, le Pape François nous invite à préparer le synode des jeunes qui se tiendra à Rome en 2018. Le thème de ce synode : « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». Dans sa lettre aux jeunes, le Pape s’exprime ainsi : « L’Eglise désire se mettre à l’écoute de votre voix, de votre sensibilité, de votre foi ; voire de vos doutes et de vos critiques ». A la demande du Pape François, à la suite de cette profession de foi et dans la perspective du synode des jeunes, j’espère que notre paroisse Saint Gabriel suivra les recommandations que saint Benoit faisait aux abbés de ses monastères : « n’hésiter à consulter les jeunes parce que  souvent Dieu révèle à un plus jeune ce qui est meilleur » ! (régle de Saint Benoit III,)

P. Bertrand, religieux des Sacrés-Coeurs.

5ème dimanche de Pâques (14 Mai 2017)

« Tous filles et fils d’un même Père »

 

Dans ce passage d’Évangile, Saint Jean évoque douze fois le nom de « Père » (170 fois dans les Évangiles). C’est le Fils qui parle à Philippe et Thomas, mais c’est le Père qui se retrouve au centre du récit. Celui que l’on ne voit pas, Celui que l’on ne peut pas toucher, c’est lui l’omniprésent. D’une certaine manière, cet Évangile nous dévoile le discours classique de l’Église : le Père est l’origine de la révélation, le Fils est le révélateur. Dans l’Évangile de ce jour, Jean redit ce qu’il disait dans son prologue au chapitre premier: Jésus est l’unique et il est de toute éternité près de Dieu, le Père. Il est Dieu lui-même. Qui le voit, voit le Père. Le sens de la vie de Jésus c’est de manifester le nom du Père. Jésus nomme Dieu son Père et se fait par là même l’égal de Dieu. De son vivant, Jésus sera toujours accusé et rejeté pour cette affirmation.

Oui, Dieu le Père est invisible à l’homme. Il se trouve et se trouvera toujours en dehors de son champ de vision. Il est au-delà de notre monde, et le restera toujours. Par la vie du Père, notre foi demeurera une croyance en l’Invisible, une foi au « Tout-Autre ».

Ainsi, le chrétien ne pourra se satisfaire de ce qui se voit, de ce qui se fait, de ce qui s’expérimente. Le sensible ne sera jamais la preuve de sa foi. Il vivra toujours avec un « ailleurs » capable de lui redonner une espérance et du goût au mystère de la vie. Il le pourra grâce au Fils : « Celui qui m’a vu, a vu mon Père ». Cette parole est le secret de la foi chrétienne. Avec le Fils, ce Dieu Père si lointain va s’approcher des hommes, et devenir « déconcertant » !

 Dans le Credo nous disons : « je crois en Dieu, le Père tout puissant ». C’est dans sa « paternité » que nous croyons à la « toute puissance » de Dieu. En contemplant l’amour du Père pour le Fils nous comprenons de quel amour nous sommes aimer de Dieu et de quelle manière nous devenons par le Fils, héritiers du Père.  

P. Bertrand, religieux des Sacrés-Coeurs.

3ème dimanche de Pâques (30 Avril 2017)

« Un Dieu qui souffre… »

 

« Ne fallait-il pas que le Christ souffrit cela pour entrer dans sa gloire ? » (Luc,24,26)

Voilà la question centrale que Jésus pose aux pèlerins d’Emmaüs et à chacun d’entre nous. Depuis le début du christianisme, le chrétien reste dans l’étonnement face à ce choix de Dieu. Jésus aurait pu faire autrement… Et pourtant, son choix fut celui de la Croix. Dès le deuxième siècle, à Rome (sur la colline du Palatin), une caricature du Christ en croix avec une tête d’âne exprimait l’absurdité du christianisme naissant. La légende de ce graffiti signifiait  » Alexamenos rend un culte à son Dieu ». Dès l’origine, le christianisme se retrouve sous le feu de la critique et de la moquerie : « Quel est ce Dieu qui accepte de souffrir et de mourir sur une croix ? Où est-elle sa toute puissance ? »

Évidemment, il est difficile d’aimer un Dieu qui vient à nous comme un souffrant. Nos cœurs sont « lent à croire » et nos esprits « sans intelligence ». Et pourtant ! Le témoignage d’un amour total fait rarement l’économie de la souffrance. Il suffit de voir l’amour d’un père ou d’une mère pour son enfant. Il est possible de donner sa vie et de souffrir pour eux. Combien d’exemples pourrions-nous donner ! Jésus ne voulait pas souffrir. Par sa complicité avec le Mal, l’homme l’a obligé. A sa manière de mourir, Jésus a réveillé l’espérance et révéler ce qu’est l’Amour et la miséricorde. Il arrive parfois que ceux qui vont mourir nous apprennent à vivre. Par excellence, c’est le cas de Jésus.

Aujourd’hui, c’est à notre tour de l’imiter et de devenir des « enfants de la Croix » ! Comme les pèlerins d’Emmaüs, nous passerons de la tristesse à la joie. Jésus peut disparaître sous nos yeux, nous n’avons plus besoin de le voir, il suffit de croire en Lui.

P. Bertrand, religieux des Sacrés-Coeurs.

RAMEAUX – 9 Avril 2017

5ème dimanche de carême – 2 Avril 2017

« Le passage de Jésus … au Christ !»

 Dans l’Évangile de ce jour, deux femmes donnent le même témoignage. Marthe et Marie disent à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ». La déception est omniprésente. Jésus n’a rien fait pour garder Lazare en vie. Marthe dit pourtant sa foi en la résurrection : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour ». Elle connaît aussi les paroles de Dieu que le prophète Ézéchiel annonce : « Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël. Vous saurez que Je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple » (Ez. 37, 12).

Marthe et Marie croient en la résurrection mais elle ne croit plus en Jésus. Avec le retour à la vie de Lazare, elles vont faire « le passage » et croire enfin que Jésus est le Christ. Elles iront même plus loin. Elles vont comprendre que la résurrection dépasse l’évocation d’une vie après la mort. La foi en la résurrection c’est aussi l’espérance que Dieu nous donnera la vie jusqu’à la mort. Cessons de penser la résurrection comme le fruit de notre histoire. Aujourd’hui, la vie éternelle est déjà commencée et notre propre corps devient « le temple de l’Esprit-Saint » (1 Cor. 6,19).

Avant sa passion, Jésus se confronte à la mort de son ami Lazare. Il se tient devant le tombeau et pleure. Il est bouleversé par la puissance de son ennemi : la mort. Ce face à face en annonce déjà un autre, celui de Jésus lui-même avec les forces du Mal. La Croix se profile à l’horizon. Dans l’apparente défaite de Jésus, le chrétien va découvrir la victoire du Christ. La mort et le Mal seront cloués sur le bois de la Croix, pris au piège. Seul le Christ en sortira vainqueur : ressuscité ! Cette domination est pour toujours. Elle demeure.

A quelques jours de Pâques, préparons nous à ce face à face et n’oublions pas : c’est parce qu’il meurt sur la Croix que Jésus peut se nommer lui-même « la Résurrection et la Vie ». A la suite de Marthe et Marie, faisons confiance à ce Jésus de l’histoire qui nous dit encore aujourd’hui: « Qui croit en moi, fût-il mort, vivra ». (Jean 11,25)

P. Bertrand, religieux des Sacrés-Coeurs.

(4ème dimanche de carême – 26 mars 2017

« La campagne du denier de l’église 2017 »

Vous le savez, la collecte du denier de l’église permet d’assumer les tâches courantes de notre paroisse. Il y a des frais inévitables qui concernent le quotidien des prêtres, le fonctionnement administratif de la paroisse et l’entretien des lieux (presbytère, église, aumônerie des collèges et lycées). Cela dit, grâce à votre générosité, nous avons aussi la possibilité de soutenir des projets. Je tiens à vous rappeler qu’avec le conseil pastoral et le conseil économique, je travaille à quatre priorités  depuis mon arrivée à Saint Gabriel :

  • le soutien des familles.
  • la pastorale des jeunes.
  • l’application de l’encyclique « Laudato Si » sur l’écologie.
  • la solidarité avec les plus fragiles et les plus pauvres.

Cet éditorial n’a pas pour objet de développer ces sujets mais sachez qu’ils ont comme « toile de fond » la volonté d’une communion fraternelle au cœur même de notre communauté. Une phrase de l’Évangile ne me quitte pas depuis que j’ai été nommé curé : « à ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l’amour que vous avez les uns pour les autres. »  (Jean 13,35)

Merci d’avance pour votre générosité dans cette nouvelle campagne du denier de l’église. Ensemble, donnons le témoignage d’une église qui participe à la vie de la cité en vivant de l’amour de Dieu et du prochain.

P. Bertand, curé.

(3ème dimanche de carême)  – 19 mars 2017

(2ème dimanche de carême) – 12 mars 2017

« La transfiguration »

(passage de l’homélie du Père Jean Philippe Fabre – messe télévisée)

Sur la Montagne, Jésus jouit par anticipation, avant même de passer par la mort, des atours de sa résurrection : la blancheur, la lumière, le visage resplendissant. Si Jésus est transfiguré, c’est que le Père lui donne déjà sa gloire de ressuscité, à ce moment précis de sa vie humaine. Il fallait que son Père la lui propose. Le choix de Jésus d’aller jusqu’à la croix se devait d’être libre : or, pour choisir de mourir, il fallait qu’il puisse aussi choisir de ne pas mourir… et sans perdre au change. La Transfiguration, c’est le moment où Jésus, dans son humanité a eu la possibilité de vivre à jamais sans passer par sa mort.
Or, « levant les yeux, les trois disciples ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul. » Sans sa gloire ! Sans son Père ! Pourquoi Jésus redescend-il de la montagne sans cette gloire alors que les dons du Père sont irrévocables. La clé de l’évènement est bien là. Si Jésus n’a pas gardé la gloire donnée par son Père, c’est parce qu’il l’a refusée. Il choisit de ne pas la garder et préfère aller jusqu’à Jérusalem, où il sait pourtant qu’il mourra. N’est-il pas devenu fou ? Pourquoi va-t-il vers la mort s’il peut faire autrement ?

Chers amis, ce choix, c’est le choix de l’amour. Jésus ne cherche pas tant à mourir pour mourir. S’il affronte la mort, c’est pour se faire solidaire de tous les hommes, qui sont mortels. C’est pour les ramener à la vie. Les pères de l’Église disent que « ce qui n’est pas assumé n’est pas sauvé ». En toute liberté, la liberté de l’amour, Jésus assume la mort pour en sauver l’homme. Le choix que fait Jésus lors de la Transfiguration, c’est le choix libre de renoncer à son intérêt propre, à sa gloire personnelle pour donner sa vie à ceux qu’il aime. C’est un projet fou auquel même le Père se soumet en donnant son aval. Ici, ce n’est pas le Fils qui obéit au Père. C’est le Père qui obéit au Fils.

( 1er dimanche de carême) – 5 mars 2017

« LE POUVOIR DE SERVIR »

 

Après son baptême, nous savons tous que « Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable » (Matt.4,1). Ainsi, dans notre mémoire collective les tentations se passent dans le désert. En réalité, la suite de l’Évangile nous montre que les trois tentations du récit se déroulent dans trois lieux différents. La première au désert, la seconde à la ville Sainte, au sommet du temple, et la troisième sur une très haute montagne, face à tous les royaumes du monde. Trois lieux et trois tentations qui expriment trois pouvoirs : économique, religieux et politique.

Le « diable » a l’habitude de donner de bonnes idées : « que ces pierres deviennent du pain » (économie), « il donnera pour toi des ordres à ses anges » (religieux), « je te donnerai tous les royaumes du monde si tu te prosternes devant moi. » (politique). Avec de telles propositions, nous pourrions presque dire que le diable à du cœur. Avoir plus facilement du pain, se faire aider par les anges, rassembler les peuples… Avouons que c’est « tentant » ! En définitive, ces trois tentations visent à nous faire croire que nous sommes tout-puissants et que nous pouvons nous rendre maîtres du monde.  

Le Christ, lui qui est Dieu, ne fait pas ce choix. Il refuse cette forme de domination, déjà annoncé par le serpent dans la Genèse : «Vous serez comme des dieux, possédant la connaissance de ce qui est bon ou mauvais.» (Gen.3,5) . Jésus va surmonter la tentation d’un messianisme de pouvoir et de domination. Au fil des jours, il va refaire ce choix, lequel consistera à se mettre en situation de serviteur et à donner sa vie pour que les autres vivent. C’est à ce « pouvoir de servir » que nous sommes invités !

Père Bertrand, religieux des Sacrés-Coeurs.

8ème dimanche – tps ordinaire) – 26 février 2017

7ème dimanche – tps ordinaire) – 19 février 2017

(6ème dimanche – tps ordinaire) – 12 février 2017

(5ème dimanche – tps ordinaire) – 5 février 2017

« Heureux les fêlés… »

 « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde ». À première vue, ces deux paroles de Jésus se contredisent et s’opposent. En effet, le sel se mélange aux aliments, il est comme perdu, invisible dans des aliments auxquels il donne du goût. Par contre, la lumière ne se cache pas. Elle est à distance, placée sur le lampadaire. Deux éléments qui se différencient : l’un est au contact et invisible. L’autre est éloigné et visible.

 Ainsi, une première lecture nous ferait facilement croire qu’en fonction de nos charismes, nous serions plutôt « sel » ou plutôt « lumière ». Mais l’Écriture de ce jour nous annonce les deux ensemble : « Vous êtes le sel de la terre », « vous êtes la lumière du monde ». L’ancien rituel du baptême nous disait déjà que la vie chrétienne était d’être « sel » et « lumière » : le prêtre mettait du sel sur la bouche du bébé comme pour lui dire que cet aliment sacré lui enlèverai la fadeur du péché pour lui donner le goût de Dieu et de la Vie. En remettant ensuite au baptisé un cierge allumé au cierge pascal, le prêtre annonçait que la lumière du Christ illuminera son cœur et son esprit pour témoigner au monde la joie de l’Évangile.

 Dans cette annonce du Christ à être « sel » et « lumière », sachons reconnaître l’appel à vivre le plus humblement possible : « Gardez-vous d’être admirés devant les hommes », (Matt 6.1). Le sel n’est pas là pour lui-même…mais pour assaisonner. La lumière n’est pas là pour elle même… mais pour éclairer son entourage. Le point commun entre le sel et la lumière c’est qu’ils ont la possibilité d’apporter quelques choses à d’autres personnes : du goût, pour le sel, un éclairage pour la lumière.

 Rappelons-nous les conseils de Paul : « que votre langage soit toujours aimable, assaisonné de sel, pour savoir répondre à chacun comme il faut ». (Col 4,6). Côté lumière, appliquons le programme d’Isaïe : « Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui qui tu verras sans vêtement… » C’est un programme un peu fou, mais comme disait Frédéric Dard : « Heureux les fêlés, ils laisseront passer la lumière ! »

 Bertrand, religieux des Sacrés-Coeurs. 

(4ème dimanche – tps ordinaire)    29 janvier 2017

Demandez le programme !

Au début de son ministère, Jésus nous délivre son discours programme. Le Sermon sur la montagne, dont les Béatitudes sont le prologue, récapitule l’essentiel de l’Evangile. Jésus y explicite ce qu’est la Bonne Nouvelle. La finalité du programme de Jésus c’est le bonheur, c’’est ce qui nous est promis et c’est pour cela que c’est une Bonne Nouvelle.

Mais Jésus nous dit aussi que le bonheur se reçoit dans une situation de dépouillement et d’humilité, là où se creuse un espace pour accueillir et recevoir. Les béatitudes nous disent que le Royaume des cieux appartient dès maintenant aux pauvres de cœur et à ceux qui sont persécutés pour la justice, c’est à dire à ceux qui vivent non dans le « plein » étouffant des richesses de toutes sortes mais dans le « manque » libérant de la pauvreté. Dieu règne dans le cœur de ceux qui ne se suffisent pas à eux-mêmes. Soyons des pauvres de cœur et nous serons heureux !

Dans cette perspective les plus pauvres, qui subissent la violence de notre monde et de notre société dans leur vie quotidienne (épreuves qui ne sont pas envoyées par Dieu), ont quelque chose à nous dire car ils sont particulièrement aimés de Dieu. Ceux qui n’ont rien et qui ne peuvent rien donner, ceux qui subissent, ceux qui sont méprisés, ceux qui sont humiliés, tous font l’expérience dans leur chair du manque et de la dépendance à l’autre. Personnes handicapées ou en grande précarité, malades psychiques, personnes seules ou malades, toutes ces personnes peuvent nous aider à avancer sur le chemin de la pauvreté spirituelle. Mettons-nous humblement à leur écoute.

Et adhérons sans crainte au programme proposé par Jésus, nous sommes sûrs que ses promesses seront tenues !

Pascal Blavot, diacre.  

(3ème dimanche du tps ordinaire) – Le 22 Janvier 2017

« Christ aujourd’hui nous envoie ! »

 

L’arrestation de Jean Baptiste va correspondre au commencement de la vie apostolique du Christ : « A partir de ce moment, Jésus se mit à proclamer :  « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche ». L’emprisonnement du dernier prophète sera le signe de quitter Nazareth. Jésus va sortir de son silence et mettre en avant une nouvelle royauté. Devant l’injustice des grands de ce monde, le moment est venu de prendre la parole et de justifier définitivement l’appel à la conversion de Jean le Baptiste et de tous les prophètes.

 Capharnaüm va devenir le lieu de ce nouveau commencement, annoncé depuis longtemps : « Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée. » Pour terrasser Hérode, convertir cette Galilée des Nations et proposer l’Évangile du Royaume, Jésus va faire appel. Son armée sera constituée de douze apôtres, en commençant par Simon (Pierre), André, Jacques et Jean, des pécheurs du lac de Tibériade.

De manière inattendue, Hérode va subir la loi des pécheurs de Capharnaüm. Jean Baptiste sera réhabilité et la conversion à l’Évangile du Royaume va se faire en grand nombre. Une multitude de disciples vont rejoindre Jésus, le Christ. La réussite ne sera pas dans la force d’une armée, ni dans la richesse d’un roi ou d’un empereur. Il suffira d’être déterminé, « avec la vérité pour ceinture, la justice pour cuirasse et pour chaussures le zèle à propager l’Evangile de la Paix. Ayez toujours en main le bouclier de la foi… Prenez aussi le casque du salut, et le glaive de l’esprit, qui est la Parole de Dieu » (éphésiens 6, 14-17). Aujourd’hui encore, c’est ainsi que le Christ nous envoie !

 P. Bertrand. 

Le 15 Janvier 2016

Epiphanie – le 8 Janvier 2017.

« Une vérité partagée… » 

La fête de l’Épiphanie ressemble beaucoup à celle de la Pentecôte. Une histoire humaine, située dans le temps et dans l’espace devient une histoire ouverte à toutes les histoires, en tout temps et en tout lieux. Comme la Pentecôte rend accessible le mystère de la Résurrection à tout être humain, la fête de l’Épiphanie témoigne que le mystère d’un Dieu fait homme devient à portée de tous. La singularité d’une histoire (naissance, mort et résurrection de Jésus) rejoint l’histoire singulière de chacun. C’est ainsi que l’Épiphanie devient, comme la Pentecôte, la fête de la manifestation de Dieu à tous les hommes. L’épiphanie, c’est la fête de l’universalité de la révélation par une étonnante complémentarité des païens (« mages ») et du peuple de Dieu (« grand prêtre et scribes du peuple »).

 Avec cet enfant qui vient de naître, « nous découvrons que nous ne sommes pas le produit fortuit est absurde de l’évolution. Chacun d’entre nous est le fruit d’une pensée de Dieu.  Chacun est voulu, chacun est aimé, chacun est indispensable » (Benoit XVI).

L’Évangile de ce jour nous dévoile un aspect important de la foi : il ne suffit pas d’être guidé par une bonne étoile pour rencontrer Dieu. La compétence n’est pas suffisante pour découvrir les mystères du ciel et de l’infini… Même si je suis un mage, reconnu comme sage, et astrologue de surcroit, le passage par Jérusalem semble indispensable pour comprendre le mouvement d’une étoile conduisant au mystère de la vie et de la naissance : « ou est le roi des juifs qui vient de naître ? » A Jérusalem, le chemin sera dévoilé aux mages, non par l’étoile, mais par les Écritures : « De toi Bethléem… sortira un chef qui sera le berger de mon peuple ». Ainsi, les mages (païens), en compagnie des grands prêtres et scribes (juifs) vont ensemble résoudre l’énigme du lieu de naissance de Jésus, le prince de la paix. L’un a besoin de l’autre et vice versa. L’entraide est indispensable…

 Aujourd’hui, dans biens des domaines, il serait bon que cette expérience se renouvelle. Un vrai défi pour cette année 2017. Soyons de ceux qui s’y engage !

 P. Bertrand, religieux des Sacrés-Coeurs. 

(4ème dimanche de l’Avent) – le 18 Décembre 2016

Joseph, un juste… silencieux !

 

           Dans ce quatrième dimanche du temps de l’Avent, Joseph, le charpentier, vient prendre le relais de Jean Baptiste, le prophète. Le lien entre les deux ? Ils sont des veilleurs. Jean Baptiste veille à ce que l’on accueille Jésus. Joseph veille sur Jésus et le protège. Pendant plusieurs années, que l’on appelle la vie « cachée » de Jésus, Joseph sera le gardien et le protecteur de celui qui deviendra le rédempteur.

           A la différence de Marie, la foi de Joseph ne s’exprimera pas par une parole (le « fiat »). Joseph gardera toujours le silence et sa foi s’exprimera par ses actes. Il sera obéissant au message de l’ange : « ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse ». En prenant Marie son épouse, il deviendra le père légal de l’enfant. Cette paternité sera le « ministère » de Joseph. Elle n’aura rien d’un faux semblant et son déplacement à Bethléem pour le recensement prescrit par l’autorité romaine en sera le témoignage. Toute la vie de Joseph sera un exemple de paternité. A sa manière il nous montre comment une vie de famille quotidienne toute simple, ordinaire, devient « sanctifiée ». Joseph est le modèle des humbles que le christianisme élève vers de grands destins. Thérèse d’Avila et François de Sales ne cesseront de le dire.

         Dans un de ses livres, Bossuet présente bien la vocation particulière de Joseph : « Entre toutes les vocations, j’en remarque deux dans les Écritures, qui semblent directement opposées : la première, celle des apôtres ; la seconde, celle de Joseph. Jésus est révélé aux apôtres, Jésus est révélé à Joseph mais avec des conditions bien contraires. Il est révélé aux apôtres, pour l’annoncer par tout l’univers ; il est révélé à Joseph pour le taire et pour le cacher. Les apôtres sont des lumières pour faire voir Jésus-Christ au monde ; Joseph est un voile pour le couvrir ».

        Oui, Saint Joseph est le modèle des humbles. Il est la preuve que pour être de bons et authentiques disciples de Jésus-Christ, il n’y a pas besoin de grandes choses. Comme dit Paul VI, « il faut seulement des vertus communes, humaines, simples, mais vraies et authentiques ».

 

P. Bertrand, curé

(3ème dimanche de l’Avent) – Le 11 Décembre 2016

(2ème dimanche de l’Avent) – Le 4 Décembre 2016

JERUSALEM ET LE JOURDAIN

Saint Matthieu se plaît à noter, ce que nous pourrions appeler, un transfert de centre de gravité. C’est au Temple que les sacrifices ouvraient l’accès au pardon. Pour entrer dans le parvis du Temple, la pureté rituelle exigeait de nombreuses ablutions. La pratique de ces rites enfermait alors dans une pureté rituelle puisqu’il fallait éviter tout risque de contact impurs avec les autres.

Or sur les bords du Jourdain, nous voyons accourir des foules qui semblent s’éloigner de Jérusalem. Ils sont de diverses conditions sociales ou religieuses : des Pharisiens, pourtant si ritualistes, des Sadducéens qui se recrutent parmi les classes supérieures des prêtres et qui n’estiment que la Loi de Moïse (Luc 20. 28), des soldats et des pécheurs du lac de Tibériade.

Ils viennent de Jérusalem, de la Judée et de la Galilée, chercher la pureté dans les eaux du Jourdain, comme fut la traversée du fleuve, pour le Peuple de Dieu, pour accéder à la Terre Promise. Pourtant l’eau du Jourdain n’avait rien de miraculeux, et le rituel de Jean n’est pas inscrit dans la Torah.

Mais cette immersion dans le fleuve les relie directement au pardon de Dieu, parce qu’elle exprime non pas un rite, mais l’attitude fondamentale de celui qui se présente à Jean le Baptiste. Elle inaugure ainsi le temps du Christ.

En nous plongeant dans sa mort pour ressusciter dans sa Vie, le Christ nous réconcilie avec son Père.

La réaction de Jean, lorsqu’il verra Jésus venir à lui pour être baptisé, témoigne que le Baptiste avait bien conscience de la signification et de la portée du geste qu’il accomplissait en baptisant ces foules.

( 1er dimanche de l’Avent) – Le 27 Novembre 2016

De « Noé » à « Noël » !

 Nous entrons dans le temps de l’Avent en évoquant le récit de Noé : « Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme » (Matt.24, 37). Dans cette histoire de la Genèse, nous découvrons que la création ne plait plus à son Créateur : « le Seigneur se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre » (Gen.6, 6). Le déluge va nettoyer le monde de ses imperfections par un  lessivage diluvien  et Noé, le seul juste aux yeux de Dieu, va recommencer une nouvelle histoire. Le Mal en sera-t-il éliminé ? L’histoire prouvera que non.

Pourtant, cette histoire mythique demeure séduisante. Avouons-le, nous aimerions parfois tout effacer et rebâtir sur de nouvelles fondations. Cette tentation a été fréquente dans l’histoire de l’humanité. Avec le christianisme, ce rêve de faire « table rase du passé » va disparaître. A la différence du temps de Noé, le temps de Noël et de l’Avent va nous inviter à croire que tout peut recommencer sans que tout ne soit effacé. C’est l’histoire d’un enfant à naître la nuit de Noël qui va nous le montrer. En entrant dans l’histoire, le Messie va dévoiler comment vivre en « homme nouveau » et « naître d’en haut » (Jn3,7). Nicodème en fera l’expérience (Jn3, 1-21).

Sans destruction, une nouvelle naissance va devenir possible. A Noël, un nouveau Noé va venir. Lui aussi il va échapper à la mort. Lui aussi il va être juste aux yeux de Dieu. Lui aussi il va sauver l’humanité et fonder une création nouvelle. Mais cet enfantement d’un monde nouveau va passer par la douceur d’une étable. Le déluge n’a pas réussi à vaincre le Mal, l’enfant de la crèche va le faire. L’arche de Noé en était la préfiguration.

L’eau du déluge va laissée place à l’eau du baptême. Si la colombe que Noé a lâchée pour quitter l’arche n’est pas revenue vers lui (Gen. 8,12), c’est peut-être pour mieux revenir auprès de Jésus le jour de son baptême (Matt. 3,16) et nous montrer le chemin d’une vie définitive au cœur de nos nuits. A Noël, l’attente de Noé va se réaliser : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. » (2 Cor. 5,17)

P. Bertrand, religieux des Sacrés-Coeurs.

(Christ Roi)

La miséricorde, à pratiquer sans modération même après la fin de l’année jubilaire !

« Jésus-Christ est le visage de la miséricorde du Père ». Cette encyclique du pape François nous a mis en route il y a un an. Pendant toute l’année nous avons été invités à purifier notre foi en contemplant la miséricorde de Dieu. En comprenant que la miséricorde était le propre de Dieu et l’expression même de sa toute-puissance, nous avons été appelés comme pécheurs à faire l’expérience de la miséricorde et du pardon dans notre existence. Mais nous n’en sommes qu’au début du chemin ! L’appel du pape François à mettre la miséricorde au cœur de toutes nos actions, même les plus banales et les plus quotidiennes, doit continuer à nous accompagner comme une exigence vitale.

Que la miséricorde de Dieu nous donne de ne jamais juger mais d’accueillir avec tendresse tous ceux qui nous sont proches, tous ceux qui s’approchent de nous et tous ceux dont nous nous faisons les prochains.

Point d’orgue de cette année jubilaire la fête du Christ Roi de l’univers offre à notre contemplation Jésus cloué à une croix, moqué, bafoué, méprisé, expression ultime de la miséricorde de Dieu venu partager la souffrance des hommes et des femmes de tous les temps et venu prendre sur lui tout le poids du mal qui les écrase. Juste avant de mourir, agonisant, Jésus prend le temps d’écouter un des malfaiteurs crucifiés à côté de lui. Et c’est précisément cet homme condamné, démuni et souffrant qui va comprendre le premier ce qu’est le Royaume de Dieu et demander à y entrer.

Que la miséricorde de Dieu nous donne de savoir écouter la voix des plus pauvres, de ceux qui sont meurtris par la vie, de ceux qui n’ont plus rien, et qui nous précédent dans le Royaume.

Pascal Blavot, diacre. 

(33ème dimanche du temps ordinaire)

Tenez bon, restez fidèles à la foi de votre baptême !

Une lecture rapide de ces paroles de Jésus dans l’évangile de ce dimanche peut susciter bien des questions. Il y est décrit des évènements assez inquiétants. « Tout sera détruit… on se dressera nation contre nation…il y aura des tremblements de terre…. Des faits terrifiants surviendront et des signes dans le ciel. »

Ce genre d’écriture fait partie d’un style littéraire utilisé au temps de Jésus, appelé « genre apocalyptique ». Ces images ne doivent pas être prises au pied de la lettre, car ce genre littéraire n’est pas fait pour prédire l’avenir de manière exacte, il nous est donné pour relire les évènements que nous pouvons être amenés à vivre et pour surmonter les épreuves. Et donc le message qui nous est donné est simple : « Quoi qu’il arrive … Ne vous effrayez pas   Gardez confiance » Ce qui est en jeu, c’est la venue du Seigneur. Alors l’évangéliste Saint Luc nous rappelle que nous avons reçu l’enseignement du Christ, que nous sommes devenus disciples par le don de la foi et que nous devons rester fidèles à Son projet de Salut. Tenez bon ! Ne vous laissez pas abuser par les défaitistes, les sectaires, ceux qui veulent nous faire peur. Ne les écoutez pas, restez fidèles au Christ lui qui fut livré à la haine des hommes mais qui resta fidèle à son engagement de service et d’unité de l’humanité.

Etre disciple du Christ c’est être témoin de cette réconciliation d’un monde divisé. Jésus nous dit clairement quel esprit peut nous guider : un esprit de confiance que rien n’ébranle, ni catastrophes, ni persécutions. S’il y a des difficultés le croyant n’est pas seul : « Moi-même je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction » et le procès de Jésus est une application concrète de cette promesse.

L’appel que Jésus nous adresse est simple, face à des situations difficiles, éprouvantes ou même désespérantes, prenez garde ne vous laissez pas égarer ne perdez pas des yeux le but. Tenez bon restez fidèles à la foi de votre baptême.

Père Christian, religieux des Sacrés-Coeurs.

32ème dimanche du temps ordinaire

LE DIEU DES VIVANTS

 Depuis toujours, l’homme s’interroge sur son devenir après la mort. C’est même une des caractéristiques de ce qui constitue l’être humain. Pour nous, chrétiens, l’espérance d’une vie après la mort s’appuie sur la foi en la résurrection. Au temps de Jésus, comme nous l’indique l’évangile de ce dimanche, c’était une question débattue sur laquelle on ne s’accordait pas. Les sadducéens, se référant à la loi de Moïse qui ne fait nulle mention de la résurrection, n’y croyaient pas.

Aujourd’hui, pour beaucoup, et même parmi les chrétiens, la foi en la résurrection n’a rien d’une évidence. On se réfère volontiers à d’autres croyances, on cherche, par exemple, du côté de la réincarnation en se disant que c’est une doctrine consolante puisqu’elle ouvre la perspective d’avoir d’autres chances de réussir la vie qu’on croit peut-être avoir manqué dans le temps présent.

Mais écoutons plutôt Jésus qui nous parle de la résurrection d’une manière nouvelle. Appuyons-nous sur son enseignement et non pas sur d’improbables rêveries. Jésus nous parle du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob pour nous faire comprendre que ces patriarches sont entrés dans la vie auprès de Dieu. Ils sont vivants avec Dieu car Dieu est le Dieu des vivants. Et c’est notre destinée commune. Dieu nous veut avec lui, peuple rassemblé, foule immense, pour une vie qui ne finit pas. L’amour et la vie ont déjà eu le dernier mot grâce à la mort et la résurrection du Christ Jésus qui nous a ouvert le Royaume de son Père.

Père Luc, religieux des Sacrés-Coeurs.

23 Octobre 2016 – 30ème dimanche du temps ordinaire.

« Grâce à la prière, Dieu fait justice !  »

L’évangile de ce dimanche nous présente deux manières de prier Dieu : celle du pharisien et celle du publicain.

Côté pharisien, la prière n’est pas une demande, c’est une mise en avant de soi pour mériter Dieu. En se comparant aux autres et à leurs actions, le pharisien se considère porteur du « maillot jaune » de la bonne conduite : « je ne suis pas comme les autres hommes
,  ils sont voleurs, injustes, adultères… ». La pureté du pharisien semble être la preuve de sa bonne foi. Le pharisien est un homme qui se croit « accompli ». Il pense devenir le vainqueur, il sera le vaincu. Il s’est élevé, il sera abaissé ! Il sortira du temple comme il y est rentré : rempli de lui-même. La prière n’aura rien changé à sa vie.

Côté publicain, la vie vertueuse ne semble pas être la porte d’accès à Dieu. A l’inverse du pharisien, sa prière est une demande : « Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis ! » Le publicain constate qu’il ne pourra pas y arriver tout seul. Il avoue sa participation au mal et cherche auprès de Dieu le chemin d’une conversion. Le publicain est un homme qui se reconnaît « défaillant ». Il s’est abaissé, il sera élevé. Il sortira du temple justifié. La prière aura changé sa vie.

Deux prières et deux comportements différents. Ces deux hommes prient dans le même temple mais ne croient pas de la même manière. Pour le pharisien, il est possible de se justifier soi-même devant Dieu. Pour le publicain, la justification se reçoit de Dieu. Comme le dit si bien Guy Lafon : « C’est en priant, chacun comme il l’a fait, que le Pharisien a perdu la justice qu’il avait peut-être et que le publicain est devenu le justifié, qu’assurément il n’était pas » !

P.Bertrand Cherrier, religieux des Sacrés-Coeurs.

16 Octobre 2016 – 29ème dimanche du temps ordinaire.

Ne pas baiser les bras…

            Dans la première lecture de ce dimanche, extraite du Livre de l’Exode, se livre un combat, celui de Josué contre les Amalécites. Mais ce ne sont ni les armes ni le rapport des forces en présence qui en déterminent l’issue. Le peuple d’Israël gagne dans la mesure où, sur la colline, Moïse ne cesse d’élever les bras dans un geste d’imploration. C’est la prière persistante qui donne la victoire. C’est parce que Moïse tient bon, tout en acceptant le soutien d’autrui, c’est parce qu’il met sa confiance en Dieu sans se décourager, que le salut peut advenir.

            Plus tard, à l’époque où Luc écrit son Evangile, les Chrétiens connaissent des difficultés et des épreuves, ils sont persécutés et sans doute trouvent-ils que le Royaume promis par Jésus tarde beaucoup à advenir. A ceux qui sont tentés par le découragement, Luc répond avec une parabole qu’avait prononcée Jésus. Tenez bon, ne vous découragez pas, priez sans relâche !

            La foi ne s’accorde pas avec la lassitude : ne baissez pas les bras ! Sinon, ajoute Jésus, qui sait si la foi perdurera ? Si les croyants baissent les bras, la foi pourrait disparaître de la terre !!!

            Cette mise en garde de Jésus s’adresse à nous comme aux Chrétiens du passé. Nous avons de multiples raisons de nous décourager. En France, la proportion d’enfants inscrits au catéchisme ne cesse, d’année en année, de diminuer de manière inquiétante. Est-ce une raison pour baisser les bras ou, au contraire, pour les lever davantage ? Osons proposer encore et toujours un chemin de foi pour tous afin que, « le Fils de l’homme, quand il viendra », trouve la foi sur la terre !

   Luc Schweitzer, sscc.

9 Octobre 2016 – 28ème dimanche du temps ordinaire. 

DIEU, Que tes Œuvres sont belles ! Et nous qu’en faisons nous ?

 

 

Ce doit être un motif de joie le fait que dans le monde entier des initiatives similaires, qui promeuvent la justice environnementale, la sollicitude envers les pauvres et l’engagement responsable à l’égard de la société, font se rencontrer des personnes, surtout des jeunes, de divers contextes religieux. Chrétiens et non-chrétiens, personnes de foi et de bonne volonté, nous devons être unis pour montrer de la miséricorde envers notre maison commune (la terre) et valoriser pleinement le monde dans lequel nous vivons comme lieu de partage et de communion.

Comme l’écologie intégrale le met en évidence, les êtres humains sont profondément liés les uns aux autres et à la création dans son ensemble. Quand nous maltraitons la nature, nous maltraitons aussi les êtres humains […] Écoutons « tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres », et cherchons à comprendre attentivement comment pouvoir assurer une réponse adéquate et rapide.

Face à ce qui arrive à notre maison, puisse le Jubilé de la Miséricorde appeler les fidèles chrétiens « à une profonde conversion intérieure » […] et engageons-nous à accomplir des pas concrets sur la route de la conversion écologique, qui demande une claire prise de conscience de notre responsabilité à l’égard de nous-mêmes, du prochain, de la création et du Créateur.

Le premier pas sur ce chemin est toujours un examen de conscience, qui « implique gratitude et gratuité, c’est-à-dire une reconnaissance du monde comme don reçu de l’amour du Père, ce qui a pour conséquence des attitudes gratuites de renoncement et des attitudes généreuses […] Et cela doit se traduire en attitudes et comportements concrets plus respectueux de la création, comme par exemple de faire un usage raisonnable du plastique et du papier, de ne pas gaspiller l’eau, la nourriture et l’énergie électrique, de trier les déchets, de traiter avec soin les autres êtres vivants, d’utiliser les transports publics et de partager un même véhicule entre plusieurs personnes […] Nous ne devons pas croire que ces efforts sont trop petits pour améliorer le monde. Ces actions « suscitent sur cette terre un bien qui tend à se répandre toujours, parfois de façon invisible » et encouragent « un style de vie prophétique et contemplatif, capable d’aider à apprécier profondément les choses sans être obsédé par la consommation ».

Egalement l’intention de changer de vie doit imprégner notre manière de contribuer à construire la culture et la société dont nous faisons partie : en effet « la préservation de la nature fait partie d’un style de vie qui implique une capacité de cohabitation et de communion ». L’économie et la politique, la société et la culture ne peuvent pas être dominées par une mentalité du court terme et de la recherche d’un gain financier ou électoral immédiat. Elles doivent au contraire être d’urgence réorientées vers le bien commun, qui comprend la durabilité et la sauvegarde de la création.

Une question peut nous aider à ne pas perdre de vue l’objectif : « Quel genre de monde voulons-nous laisser à ceux qui nous succèdent, aux enfants qui grandissent » ?

Pape François – 1er septembre 2016 –

(Extraits du message pour la 2ème Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création, le 1er septembre 2016)

Edito proposé par le groupe « Vivre Laudato Si », créé l’année dernière  dans la paroisse à la suite de la publication de l’encyclique « Laudato SI »  (loué sois-tu) du pape François, pour se mettre en marche ensemble à l’appel du Pape.


2 Octobre 2016 – 27ème dimanche du temps ordinaire. 

Simples serviteurs, et heureux de l’être !

« Augmente en nous la foi ! » Ce cri des apôtres que nous pourrions faire nôtre traduit l’angoisse de ceux qui entendent prêcher Jésus, qui prennent au sérieux ses paroles et qui mesurent la difficulté qu’ils vont avoir à vivre l’Evangile. Comment pourraient-ils à être à la hauteur de ce message ? Et Jésus leur répond « Si vous aviez la foi… », comme s’ils ne l’avaient pas ! De fait la foi n’est pas un réservoir d’énergie à remplir qui nous permettrait d’être plus forts, plus efficaces, plus compétents. La foi n’est ni un droit ni le fruit de nos efforts, elle est un don gratuit de Dieu qui nous invite à mettre notre confiance en lui.

La foi peut réaliser l’impossible, comme faire bouger ce qui semble immuable (déplacer une montagne), ou porter du fruit dans un environnement hostile (planter un sycomore dans la mer), non du fait de sa propre force mais parce qu’elle est confiance en la puissance agissante de Dieu. Avoir la foi c’est se donner du mal pour prendre des initiatives et les mettre en œuvre mais avec la certitude que ce n’est pas ce que nous faisons qui va créer un monde nouveau mais que c’est la puissance de Dieu agissant en nous et par nous.

Nous sommes de simples serviteurs, nous faisons ce que nous avons à faire, nous ne sommes ni la source ni la puissance capable de déplacer les montagnes ou de faire pousser des sycomores dans la mer. Mais le témoignage de notre foi en un Dieu qui sollicite nos forces et nos faiblesses pour transformer le monde est irremplaçable. Soyons donc heureux d’être de simples serviteurs de Dieu et de nos frères.

Pascal Blavot, diacre. 

 

 

25 septembre 2016 – 26ème dimanche du temps ordinaire. 

Comment rater sa vie ? 

 Etonnante question ! et pourtant elle mérite d’être posée. Et si nous y répondions en regardant  l’Evangile de ce dimanche ?

 Comment rater sa vie … pensant la réussir ? La parabole du riche et du pauvre Lazare en donne un aperçu. Comment en effet ? La réponse est assez explicite. Regardez l’homme riche tout habillé de pourpre et qui, chaque jour, s’empiffre de repas savoureux. Son monde, pourtant clos sur lui-même, n’est-il pas l’idéal auquel chacun aspire plus ou moins consciemment ? Vivre dans l’opulence, n’est-ce pas mieux que de croupir par terre avec pour compagnon un chien, à l’époque animal détestable, venu lécher les plaies ? Qui ne répondrait oui ? Pourtant, à poursuivre l’histoire, ne voit-on pas ce riche malheureux ? La richesse, depuis la nuit des temps, enferme celui qui la possède. Elle l’enferme, en lui faisant croire que les choses qu’il possède sont source de bonheur. Or, ne crée-t-elle pas entre lui et les autres un fossé dont il n’a pas conscience, qu’il est sa propre tombe ? Elle obscurcit le regard et sclérose le cœur. Le pauvre qui est là, couché devant la porte, le riche ne le voit pas. Il est trop haut d’ailleurs pour croiser son regard. En menant cette vie qui tourne autour de lui, le riche est-il heureux ? Sans doute le croit-il, ne pensant même pas qu’il puisse en être autrement, puisque l’idée couramment partagée est que le bonheur s’accroît avec ce qu’on possède. Il est, cependant, tout aussi vrai que le bonheur échappe au pauvre qui n’a rien. Il ne suffirait pas d’inter-changer les places pour trouver le bonheur. Le riche n’est pas heureux, le pauvre ne l’est pas. Le bonheur se situe autrement, ni d’abord dans l’avoir ou le manque, mais dans la qualité d’une relation aux autres.

 

18 septembre 2016 – 25 dimanche du temps ordinaire.

 « Gagner sa vie »… C’est gagner le Christ !

 

Le final de l’Évangile résume bien la pensée de Jésus : « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent ». Les raisons de cette conclusion sont multiples mais il en est une qui est très facile à comprendre : avec Dieu, c’est en donnant que l’on s’enrichit. Avec l’argent, au contraire, l’enrichissement se fait par la possession. L’argent « idolâtré » ne peut conduire qu’à l’avarice et la peur du don. De cette manière, l’amour se rétrécit et s’enferme dans un désir de richesse qui se traduit par une peur permanente de perdre son argent. Dans cette situation, l’argent devient « l’hostie du diable ! »

         Cela dit, l’Évangile nous apporte un autre enseignement. Dans sa malhonnêteté, le gérant nous montre une utilisation originale de l’argent. Au moment de son « licenciement », ce gérant ne cherche plus à faire fructifier la fortune de son maître, mais à se faire des amis ! Sa manière de penser l’utilité de l’argent change. Dans l’urgence, il comprend que l’argent peut servir à autre choses que se multiplier. Le maître va rendre hommage à son gérant, malgré sa tricherie (« Il fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté… »).

Dans cette histoire, ce n’est pas la malhonnêteté que Jésus remarque, c’est l’habileté du gérant dans l’utilisation « nouvelle » qu’il fait de l’argent.   Qu’est-ce que nous attendons pour trouver des solutions capables d’assurer l’avenir de tous ? Gagner de l’argent rend beaucoup de gens inventifs. Le jour où nous consacrerons autant de temps à inventer des solutions de justice et de partage qu’à gagner de l’argent au-delà du nécessaire, il est bien possible que la vie soit plus agréable pour tous. N’oublions pas :

C’est à la manière du Christ qu’il faut « gagner sa vie » !

 Père Bertrand

 

 

11 Septembre 2016 – 24ème dimanche du temps ordinaire.

CHANGER DE REGARD.

Au cinéma (comme dans les romans), les créateurs optent parfois pour une fin ouverte ou, si l’on veut, en points de suspension. Ils laissent libre cours à l’imagination du spectateur (ou du lecteur), ils ne lui imposent ni une fin en mode de happy end ni, au contraire, une fin teintée de dramatisme. A chacun, spectateur ou lecteur, de se faire sa propre idée au sujet de ce qui n’est pas raconté, de ce que deviennent les personnages après les faits rapportés dans le film (ou dans le roman).

Il en est de même à la fin de la parabole du « fils prodigue ». « Mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi », dit le père à son fils aîné. Peut-on faire plus belle déclaration de confiance à son enfant ? Mais que décide le fils aîné ? Rentre-t-il à la maison pour se joindre à la fête avec un cœur apaisé ou reste-t-il à l’extérieur pour ruminer encore et encore sa colère et son amertume ? Le texte ne le dit pas.

Et si le texte ne le dit pas, c’est pour que nous puissions tous nous mettre, en quelque sorte, dans la peau de ce personnage. Car si nous préférons peut-être nous identifier au fils prodigue, nous le pouvons aussi pour ce qui concerne le fils aîné. Autrement dit, nous sommes renvoyés à nos propres réticences, à nos regards peu miséricordieux, voire sévères, sur ceux que nous jugeons dévoyés.

Oserons-nous entendre la voix du Père ? Adopterons-nous son regard de miséricorde sur les pécheurs, quels qu’ils soient, quelle que soit la gravité de leur faute ? Aurons-nous le regard des juges implacables et des moralisateurs à tous crins (comme l’étaient, le plus souvent, les pharisiens et les scribes à qui s’adressait Jésus)? Ou, au contraire, accepterons-nous d’ouvrir nos cœurs à la compassion et de changer nos regards ? En ce début d’une nouvelle année scolaire, c’est une des résolutions que nous pouvons prendre…

 Luc Schweitzer, sscc.

 

26 juin 2016 – 13ème dimanche du temps ordinaire. 

ENSEMBLE POUR LA MISSION :   « ANNONCER, PARTAGER, TRANSMETTRE ».

            Depuis l’an dernier, le Cardinal Vingt-Trois nous a lancé un appel à la mission 2015/2018 : «  Ces trois années comporteront trois pistes d’engagement missionnaire parmi lesquels vous choisirez celui ou ceux qui correspondent le mieux à l’histoire de votre communauté, à sa situation actuelle et aux besoins des hommes et des femmes de vos quartiers. Ces trois pistes ne sont pas exclusives les unes des autres, mais elles doivent aider à faire apparaître des priorités. Elles peuvent s’exprimer par trois verbes : ANNONCER, PARTAGER, TRANSMETTRE. Ce sera notre moyen de nous mettre en « état permanent de mission », comme nous y invite le Pape François. »

            A la suite d’un rassemblement (juin 2015) dominical notre paroisse a lancé ce projet missionnaire. Trois commissions furent créées afin de « débattre, discerner et proposer » des actions missionnaires sur notre paroisse et notre quartier. Le conseil pastoral et le conseil économique soutiennent ces nouveaux projets et se mobilisent pour que notre communauté chrétienne fasse l’expérience d’une mission qui est le fruit de la miséricorde. Comme nous le dit le Pape François : « La miséricorde que nous recevons du Père ne nous est pas donnée comme une consolation privée, mais elle fait de nous des instruments afin que d’autres reçoivent également ce même don. Il y a une merveilleuse circularité entre la miséricorde et la mission. »

           Chers amis ! Ne soyons pas chrétiens à temps partiel ! Encore moins des « chrétiens de salon ». Comme le dit l’Évangile de ce jour, n’oublions pas que « le Fils de l’homme n’a pas d’endroit ou reposer la tête ». Il donne sans compter. Répondons une nouvelle fois à celui qui nous dit « Suis-moi ». Soyons tous missionnaires. Sans regarder en arrière, sans mélancolie, sachons lui répondre : « je te suivrai, partout ou tu iras (Luc 9,57) ».

 

Père Bertrand, curé.

19 juin 2016 – 12ème dimanche du temps ordinaire.

12 juin 2016 – 11ème dimanche du temps ordinaire.

LA GRANDEUR DE LA MISÉRICORDE

L’évangile de ce dimanche est probablement l’un des plus appropriés qui soit en cette année de la miséricorde. Une fois de plus, Jésus ne se laisse nullement impressionner par les apparences. La dignité de celui qui le reçoit, Simon le pharisien, n’est pas remise en cause. A aucun moment, Jésus ne lui manque de respect ni ne lui parle avec acrimonie. Au contraire, il ne se départit pas de sa douceur : « Simon, j’ai quelque chose à te dire ».

La femme qui a versé le parfum, l’a baigné de ses larmes, a essuyé ses pieds avec ses cheveux a révélé ses trésors d’amour véritable. Sa vie n’est pas reluisante, elle a beaucoup péché, il ne lui viendrait pas à l’idée de s’enorgueillir de quoi que ce soit. Pourtant, Jéssus la donne en modèle : puisqu’elle a montré beaucoup d’amour, ses péchés, aussi nombreux soient-ils, sont pardonnés !

En 1941, François Mauriac, dans son roman « La Pharisienne », montrait jusqu’à quels excès de zèle pouvait conduire la bonne conscience d’une catholique sûre d’elle-même et de son bon droit. Son héroïne, Brigitte Pian, persuadée de mener une vie chrétienne exemplaire, opprimait son entourage en croyant bien faire et en venait même à dénoncer des paroissiens qu’elle soupçonnait d’être déviants ! En 1866, dans « Crime et Châtiment », Dostoïevski, lui, prenait comme exemple une prostituée, Sonia, pour donner à entrevoir la puissance de l’amour rédempteur. Et le criminel Raskolnikov, fort de l’amour reçu par Sonia, pouvait entreprendre son chemin de rachat.

Qui est la plus proche du Coeur du Christ ? La pharisienne Brigitte Pian ou la prostituée Sonia ? Celle qui est sans miséricorde ou celle qui la pratique jusqu’au sacrifice ?

En ce dimanche où nous célébrons la Première Communion de plusieurs enfants de notre paroisse, demandons cette grâce pour eux et pour nous-mêmes : d’avoir toujours le cœur ouvert à la miséricorde !

Luc Schweitzer, sscc.

5 juin 2016 – 10ème dimanche du temps ordinaire.

«  Compatir ? » 

        Durant mon noviciat, avec un autre novice, nous avons décidé de nous déguiser en « sdf » pour voir si les frères allaient bien nous accueillir. A l’époque, notre congrégation avait pour slogan : « construisons un monde plus juste en solidarité avec les plus pauvres ».

     Dans cette histoire, le souvenir que je garde c’est le regard des gens. Dans le métro ou dans la rue, ce regard était « fuyant ». Un grand nombre de personnes ne voulaient pas me regarder. Il refusait de voir ma pauvreté. La rencontre était impossible parce que j’étais un « clochard » !

     Dans les Évangiles, la rencontre avec Jésus commence souvent par un regard. Le texte de ce dimanche nous le rappelle : « Voyant celle-ci, le Seigneur fut saisi de compassion pour elle… ». Pour être précis dans la traduction, nous devrions lire : « le Seigneur fut ému aux entrailles ». Chez Luc, deux paraboles évoquent également la compassion à partir d’un regard: le bon samaritain (« il le vit et fut saisi de compassion ») et le fils prodigue (« son père l’aperçut et fut saisi de compassion »). Chez Matthieu et Marc, la compassion de Jésus se retrouve essentiellement au sujet de la foule : « Jésus vit une grande foule de gens, il fut saisi de compassion envers eux et guérit les malades » (Mt14,14) (Mc6,34).

     La fréquentation du Christ nous apprend la compassion. L’expérience de la compassion ne nous conduit pas toujours au Christ, mais à l’inverse, l’expérience du Christ nous conduit toujours à la compassion. Une compassion qui ne tombe pas dans l’affectif ou le sentimentalisme, encore moins dans la faiblesse. Avec le Christ, nous découvrons le chemin d’une compassion courageuse, capable de redonner la vie auprès de ceux qui côtoient la mort et la souffrance, comme cette veuve de l’Évangile qui perd son fils unique. Dans un monde imprégné d’indifférence, la compassion est une vertu à redécouvrir. Grâce à la bonté d’un premier regard, le Christ nous ouvre le chemin d’une compassion retrouvée.

Bertrand, religieux des Sacrés-Coeurs.

Saint sacrement du corps et du sang du Christ  – 28 mai 2016

La FETE-DIEU…

Merveilleux mot pour dire le mystère du Corps et du Sang du Christ… signe, sacrement de l’amour de Dieu pour l’humanité…heureuse occasion pour nous aujourd’hui de rendre grâce à Dieu, de chanter sa louange et de célébrer notre gratitude envers Lui qui prend soin de nous de tant de manières et plus spécialement en cette Fête-Dieu puisqu’il nous offre en nourriture son Fils Jésus, notre Sauveur, notre « Pain de Vie ».

Dans l’Eucharistie, Jésus se donne entièrement à chacun de nous par le signe du pain et du vin consacrés… « Prenez et mangez…prenez et buvez… » Ainsi tout comme l’aliment matériel devient partie de notre corps charnel, cet aliment spirituel réalise mystérieusement en nous une véritable transformation…Par la grâce associée à cette nourriture divine, nous voici peu à peu configurés au Christ, appelés ainsi à devenir vivante image de sa présence au sein de notre humanité. « Devenez ce que vous recevez, devenez le Corps du Christ » Comme l’écrit le Pape François, c’est là une invitation à reconnaître en Jésus ressuscité notre « vraie nourriture » et à vivre une « authentique communion » avec le Seigneur et avec nos frères.

A l’image des douze paniers, de reste au terme de la multiplication des pains en Saint Luc, « fruit de la terre et du travail des hommes » cette surabondance de Pain de Vie gracieusement reçue entre nos mains nous renvoie vers nos frères en manque de pain, de fraternité, de justice, d’amour véritable….   Comme quoi nos messes sont loin d’être une évasion hors du monde !

Père André, religieux des Sacrés-Coeurs.

La Trinité – 22 Mai 2016

« Vive la Trinité » !

 Dans la Bible, nous ne trouvons pas le mot « Trinité ». Il n’apparaîtra qu’au 2ème siècle avec les théologiens Théophile d’Antioche et Tertullien. Si pour les pères de l’église il a fallu attendre pour donner un nom au mystère du Dieu unique en trois personnes, la pratique chrétienne n’a pas attendu pour vivre ce mystère en baptisant « au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit ». C’est en pratiquant (notamment le signe de croix), que les chrétiens se sont mis à mieux comprendre ce qu’ils faisaient. Retenons cet enseignement : au travers de ce que je fais, je découvre ce que je cherche : un Dieu, Père, Fils et Esprit. Il nous faut prendre modèle sur ces premières communautés chrétiennes. Le mystère de la Trinité n’est pas d’abord à comprendre mais à vivre.

Saint Augustin l’avait bien exprimé. Il était le premier à dire que lorsqu’il s’agit de la Trinité « la pensée est plus exacte que le discours et la réalité plus exacte que la pensée »(de Trin. 7,4-7). Simplement, il présentait la Trinité comme une relation d’amour entre Celui qui aime (Père), Celui qui est aimé (Fils) et l’Amour (Esprit). Il évoquait également la Trinité à partir du verbe donner : il y a celui qui donne (Père), celui qui reçoit (Fils) et le don (Esprit).

En définitive, il est bon de savoir que Dieu n’est pas seul et qu’il fait aussi, en lui-même, l’expérience éprouvante de la relation et de la communication. Par l’Esprit-Saint, il nous propose de croire en une filiation commune et unique, à l’image du Fils, Jésus-Christ. Alors, nous découvrons une origine, elle aussi commune et unique, laquelle n’est pas entre nous ni parmi nous : le Père, Créateur du ciel et de la terre.

Père Bertrand, religieux des Sacrés-Coeurs.

Pentecôte – 15 Mai 2016

« Le Défenseur ! »

 

Viens, Esprit Créateur, visite l’âme de tes fidèles,

emplis de la grâce d’En-Haut les cœurs que tu as créés.

 Toi qu’on nomme le Conseiller, don du Dieu très-Haut,

source vive, feu, charité, invisible consécration.

 Tu es l’Esprit aux sept dons, le doigt de la main du Père,

L’Esprit de vérité promis par le Père, c’est toi qui inspires nos paroles.

 Allume en nous ta lumière, emplis d’amour nos cœurs,

affermis toujours de ta force la faiblesse de notre corps.

 Repousse l’ennemi loin de nous, donne-nous ta paix sans retard,

pour que, sous ta conduite et ton conseil, nous évitions tout mal et toute erreur.

 Fais-nous connaître le Père, révèle-nous le Fils,

et toi, leur commun Esprit, fais-nous toujours croire en toi.

(« Veni Creator »)

 

(7ème dimanche de Pâques) 8 Mai 2016

Garder l’unité

 

             « Qu’ils soient un en nous pour que le monde croie que tu m’as envoyé ». Au cœur du dernier discours de Jésus vient le mot « unité ». Et la prière de Jésus se fait pressante, insistante. Car, il le sait, l’unité est toujours fragile, toujours menacée par les multiples tentations de la division. Mais vivre unis aux autres et vivre unis au Christ et à son Père par l’Esprit, c’est l’enjeu de notre vie chrétienne.

Il n’y a pas besoin de chercher longtemps pour trouver de bonnes excuses aux divisions. Que ce soit dans l’Eglise ou dans la société ou même dans nos familles ou nos réseaux de relation, nos sensibilités, nos points de vue, nos engagements, nous conduisent dans des directions diverses, parfois antagonistes. Le monde contemporain, avec sa propension à relayer le pire à la une des médias, nous soumet à une pression encore plus forte et, dans certains cas, dévastatrice.

Revenons donc à Jésus lui-même, à sa prière dite à la veille de sa Passion, pour surmonter tous les facteurs de division. Il invite au don total de soi-même au nom de l’Evangile. Comme le fit Etienne qui, à la suite de son Seigneur, a été jusqu’au bout du don de sa vie. Habités par l’Esprit, plus notre vie sera offerte, plus il nous sera aisé de garder le trésor de l’unité. Toutes les multiples raisons de se diviser ne comptent plus en regard de l’amour infini du Père offert à chacun.

En paroisse et dans tous les lieux où nous formons communauté, en famille, avec nos collègues de travail, dans la vie associative, dans nos lieux d’engagement, soyons artisans de l’unité que Dieu désire pour chacun et pour le monde !

Père Luc, religieux des Sacrés-Coeurs.

 

Ascension – 5 Mai 2016

« Il est assis à la droite du Père »

 

Dans le livre des Actes des Apôtres, saint Luc a placé l’Ascension de Jésus à Jérusalem, 40 jours après Pâques. De là, le choix de la date à laquelle l’Eglise célèbre le départ de Jésus : 10 jours avant la Pentecôte.

A la fin de son évangile, nous découvrons qu’il place le même événement, toujours à Jérusalem, mais le jour de Pâques !  Ce qui nous parait une incohérence, ne semble pas lui faire problème ! En poussant notre curiosité plus loin, nous constatons que l’évangile de Matthieu situe l’Ascension sur une montagne en Galilée. Saint Marc, suit la tradition du jour de Pâques à Jérusalem, apparemment au Cénacle, là où les Onze sont réunis. L’évangéliste Jean ne dit rien de cet événement.

Ces différences sont l’occasion de nous rappeler que la préoccupation des évangélistes n’est pas de nous faire un rapport matériellement exact de ce qui s’est passé, mais d’en éclairer le sens en lien avec leur approche personnelle du mystère du Christ : quitte à nous mettre devant des récits contradictoires.

L’Ascension du Christ ressuscité, que nous célébrons ce jeudi en suivant la tradition des Actes des Apôtres, 40 jours après Pâques, est d’abord son élévation à la droite du Père. C’est Marc qui utilise l’expression « assis à la droite de Dieu » ; une manière d’affirmer l’égalité de Jésus avec le Père.

Nous le proclamons dans le Credo : « …le troisième jour est ressuscité d’entre les morts, est monté aux cieux, est assis à la droite du Père… »

Claude Stockebrand ss.cc.

 

 

(6ème dimanche de Pâques) 1er Mai 2016

Je vous laisse la paix !

Jésus nous laisse sa paix mais il ne nous laisse pas en paix ! La paix que nous propose Jésus n’est pas la tranquillité égoïste de celui qui s’isole pour éviter les conflits (« fiche-moi la paix ») ou qui ne veut pas s’engager (« laisse tomber »). Ce n’est pas la fausse paix qui se vit derrière des murs comme autrefois le rideau de fer et le mur de Berlin ; ou aujourd’hui derrière le mur construit entre Israël et la Palestine ; ou encore plus près de nous en Espagne, en Grèce, en Bulgarie, en Hongrie et même en France (à Calais), derrière des barbelés censés contenir les migrants ; ou à Paris dans un quartier qui refuse l’implantation d’un centre d’hébergement d’urgence de migrants et de sans-abris à proximité de ses habitations huppées.

La paix du Christ n’est pas fondée sur la peur mais sur la confiance, celle du Ressuscité dont les premières paroles au Cénacle le soir de Pâques « La paix soit avec vous » font passer les disciples de la crainte et de l’enfermement à la joie et à la responsabilité. C’est la paix qui habite le cœur de celui chez qui le Père et le Fils ont fait leur demeure et qui lui permet de vivre en harmonie avec la nature, dans des relations miséricordieuses avec les autres et ajusté à la volonté de Dieu. Une paix profonde qui n’exclut pas les difficultés et les souffrances mais qui permet de les affronter avec la certitude que le Christ ressuscité est là, avec nous.
Et n’oublions pas qu’à chaque eucharistie nous sommes invités à faire tomber les murs derrière lesquels nous nous protégeons en partageant la paix du Christ avec ceux qui nous entourent (« Dans la charité du Christ, donnez-vous la paix ») et en acceptant de partir joyeusement en mission porter la paix du Christ aux périphéries de notre monde (« Allez dans la paix du Christ »).

Pascal Blavot, diacre.

(5ème dimanche de Pâques) 24 Avril 2016

« La nouveauté ! »

Dans le hit-parade des phrases bibliques les plus populaires, le fameux « aimez vous les uns les autres » fait partie des citations les plus connus. Malheureusement, la tradition n’aura souvent retenu que la deuxième partie de la parole. En réalité, Jésus avait dit : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. » (jn13,34) La liturgie de ce 5ème dimanche du temps pascal nous rappelle ce préalable : « comme je vous ai aimés ». Si ce commandement est nouveau, c’est parce qu’il va enfin pouvoir se concrétiser, en plénitude, dans une histoire humaine : celle de Jésus, le Nazaréen. Il fallait bien connaître toute son histoire pour « enfin » découvrir et expérimenter cette nouveauté de l’amour. Cela ne pouvait pas arriver avant.

 Ainsi, l’absence de Jésus va être remplacé par un commandement nouveau, une parole qui va donner Vie. Jésus quitte ce monde, mais il demeure présent. Lui ne reste pas, mais son amour, oui. Il laisse aux disciples, dans le temps présent, l’amour dont il les a aimé. Jésus absent, sa présence va se découvrir dans l’amour mutuel que nous aurons les uns pour les autres : « A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (jn13,35).

Vous l’aurez noté, l’Évangéliste Jean ne parle pas de l’amour du prochain mais de l’amour mutuel des disciples. L’amour du prochain n’est pas un commandement nouveau. L’ancien Testament le disait déjà (Lévitique 19,18). Jean parle donc d’un commandement nouveau car cet amour mutuel devient la vocation de l’Église, elle-même naissante au pied de la Croix. Entre disciple de Jésus, frère du Christ, nous avons comme première mission à témoigner « entre nous » de son amour. Ne l’oublions jamais ! Comme le dit si bien le théologien Balthasar :           « L’amour rayonnant vécu par les chrétiens sera la justification de toutes les doctrines, tous les dogmes et de toutes les prescriptions morales de l’Église du Christ ». La voilà, « la nouveauté ! »

Père Bertrand, religieux des Sacrés-Coeurs.

(4ème dimanche de Pâques) 17 Avril 2016

L’Eglise, mère des vocations

 

Ce 4ème dimanche de Pâques, nous célébrons la 53ème Journée mondiale de prière pour les vocations. Elle a pour le thème « L’Église, mère des vocations ». Et cette année elle est associée au Jubilé de la Miséricorde. Comme chaque année, la liturgie nous offre un extrait du chapitre 10 de l’Evangile selon saint Jean où Jésus se présente comme le « Bon Pasteur qui connaît ses brebis et leur donne la vie éternelle. » Pour cet évangéliste, la vie éternelle c’est la vie divine donnée en partage, dès aujourd’hui, à celui qui croit.  Chez saint Jean, l’image du Bon Pasteur n’a rien de mièvre ni de doucereux. Elle s’enracine dans la parole des prophètes du 1er Testament qui vitupèrent contre les « mauvais bergers d’Israël ». Par exemple en Jérémie 23, 1-4.Tout le chapitre 10 de Jean est d’ailleurs marqué par la violence. Ainsi, les autorités juives cherchent à lapider Jésus quand il affirme : « Le Père et moi, nous sommes un. »

Etre « Bon pasteur » n’est pas une vocation réservée aux prêtres, c’est la vocation de tous les baptisés, chacun dans son milieu de vie. De même que le Père et le Fils sont un dans l’amour qui les unit, les baptisés que nous sommes sont appelés à vivre dans cet amour. L’Eglise peut être dite « mère des vocations » parce qu’elle nous appelle à vivre de la grâce de notre baptême où l’amour qui unit le Père et le Fils a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. (Rm 5, 5)

Père Claude, religieux des Sacrés-coeurs.

 

 

 

(3ème dimanche de Pâques) 10 Avril 2016

C’est le Seigneur !

« C’est le Seigneur ! ». Cette exclamation monte du plus profond du cœur du disciple que Jésus aimait. Jusque là, les disciples « ne savaient pas que c’était lui », jusqu’à ce que s’élève ce cri de joie. C’est bien lui, il n’y a pas de doute. Mais pourquoi ? Qu’est-ce qui a éclairé le cœur du disciple que Jésus aimait puis les cœurs de Pierre et des autres Apôtres ?  C’est bien sûr parce que le disciple que Jésus aimait a su lire le signe donné : ceux qui avaient passé la nuit sans rien prendre jettent leurs filets sur l’ordre de Jésus et les ramènent pleins de poissons. Il y a une correspondance parfaite entre les paroles de Jésus et les actes. Sa parole s’accomplit comme elle s’était toujours accomplie jusque là. Les disciples en avaient été les témoins depuis Cana.

De plus, et comme ce fut également le cas à Cana mais également lors de la multiplication des pains, les signes donnés par Jésus se traduisent par de la surabondance. Jésus ne donne pas chichement comme un avare, au contraire il est signe d’un Dieu qui donne gratuitement et sans compter. Pas de rationnement quand c’est Dieu qui pourvoit. Enfin, ce n’est pas un hasard si l’évangile affirme que la première reconnaissance de Jésus provient du cœur et des lèvres du disciple que Jésus aimait. C’est l’amour : l’amour partagé, échangé, d’un disciple qui a accompagné Jésus jusqu’au pied de la croix qui illumine le cœur. La connaissance vient du cœur.

En ce temps pascal, sachons ouvrir nos cœurs à la présence du Christ ressuscité. Il est vivant, présent, agissant. Que monte de nos cœurs ce cri de joie : « C’est le Seigneur ! ».

Père Luc, religieux des Sacrés-Coeurs.

(2ème dimanche de Pâques) 3 Avril 2016

« La deuxième conversion »

 

 

Aujourd’hui, l’Église nous invite à méditer le fameux passage ou Thomas demande à voir Jésus ressuscité : « si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous… je ne croirais pas ». Voilà une demande bien surprenante ! Depuis trois ans, Thomas est avec Jésus sur les routes de Palestine. Il était avec lui lorsqu’il faisait des miracles, avec lui lorsqu’il faisait ses prédications, avec lui lorsqu’il était en prière, avec lui dans la vie quotidienne… Thomas croit en Jésus. Il fait parti des douze Apôtres qui décide de tout quitter pour le suivre. Et pourtant, il lui faut encore voir pour croire.

En dépit de cette expérience de trois années, Jésus va lui dire qu’il est un « incrédule » et qu’il est temps de devenir « un homme de foi ». Thomas voulait toucher les plaies de Jésus crucifié, c’est finalement lui qui sera touché par la rencontre avec le ressuscité. En définitive, Thomas ne croyait qu’à moitié. Il doutait encore. Il était devenu tiède. Sa foi d’avant la Croix était faite de calculs à son profit. Il voulait disposer de sa foi et n’en faire qu’à son aise ! Il ne laissait pas toute la place au Christ. Après la Croix,  sa « foi comptable » va passer de mode. La grâce à bon marché aura fait son temps. Thomas va vivre une deuxième conversion. Depuis, d’autres chrétiens ont fait cette expérience.

L’Évangile ne dit pas si Thomas va mettre ses mains dans les plaies du Christ. Peu importe, il suffira à Thomas de les voir pour qu’il se convertisse et réveille sa foi des premiers commencements : « mon Seigneur et mon Dieu ! ». Elle est là, la miséricorde du Seigneur. C’est elle qui réveille Thomas à la foi authentique. Un miracle ne sera pas nécessaire. Il suffit de prendre conscience que nul n’est étranger aux plaies du Christ et que la Croix devient le lieu même d’un amour sans limite. En vérité, Thomas se découvre lui-même dans les plaies du Christ. Là est son péché. Là va naître sa rédemption. Son regard change. Il réalise jusqu’où l’amour peut aller. Le vieux Thomas va laisser la place au nouveau. Comme Saint Paul, Thomas va dire : « je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi »(ga 2,20).

Père Bertrand, religieux des Sacrés-Coeurs.

 

Dimanche de Pâques. 27 mars 2016.

LA RÉSURRECTION, C’EST AUJOURD’HUI !

 

Pâques, fête de la Résurrection du Christ. Quand Marie-Madeleine s’empresse d’aller au tombeau le matin de Pâques, que peut-elle méditer en son cœur sinon la tristesse des événements qui se sont déroulés ? Jésus, le Bien-Aimé, a souffert, il est mort, il est mis au tombeau. « C’était encore les ténèbres », nous dit le texte de saint Jean. Y a-t-il place en son cœur pour autre chose que la peine, si ce n’est pour le désespoir ? Et dans le cœur de Pierre ? Et dans celui de Jean ? Mais voilà : la pierre qui fermait le tombeau a été roulée et, à l’intérieur, il n’y a plus trace du corps. Et Jean crut aussitôt, laissant entrer en lui la grâce qui fait les cœurs nouveaux, qui change l’homme triste et abattu en homme déjà ressuscité, re-né, transformé dans tout son être. Pour Marie-Madeleine et pour Pierre, ce sera plus long, mais cela se fera.

Et pour nous ? Y a-t-il place en nos cœurs pour la joie de Pâques, pour l’espérance de femmes et d’hommes déjà ressuscités ? En nous aussi, ou autour de nous, ce sont encore des trop-pleins de ténèbres. Notre monde qui s’abîme de plus en plus sous les coups des pollueurs. Les violences qui se multiplient et engendrent des flots de réfugiés. Les peurs qui grandissent et qui font se lever les spectres de la méfiance, si ce n’est de la haine. Une Europe qui se retranche de plus en plus derrière des murs et des barbelés. Des politiques qui, de plus en plus, s’affirment en jouant la carte du rejet d’autrui. Et l’Eglise elle-même prise dans des tourmentes de scandales qu’elle a bien du mal à nommer et sur lesquels elle a bien des difficultés à se prononcer.

En venant fêter Pâques, que portons-nous en nos cœurs ? Le poids des souffrances du monde et l’emprise de trop de ténèbres ? Ouvrons-les néanmoins, nos cœurs ! Ne nous laissons pas emprisonner par les craintes ? Le Christ est ressuscité, il nous engage à le suivre, il fait de nous des êtres nouveaux bénéficiant déjà de la résurrection. Les baptisés de Pâques, adultes, jeunes, enfants, nous confortent sur ce chemin. Oui, Jésus est le Vivant. Oui, il nous veut vivants avec lui et porteur de vie divine pour notre monde. Que les lumières de Pâques brillent dans nos cœurs et dans nos yeux ! Ne nous décourageons ! Christ est pour toujours notre lumière !

Père Luc, religieux des Sacrés-Couers.

 

(Dimanche des Rameaux) – Dimanche 20 mars 

« Une royauté pas comme les autres… »

 

La surprise du dimanche des Rameaux est la suivante : Jésus entre dans la ville Sainte à dos d’âne ! Un âne qui n’est même pas à lui… Pour comprendre les enjeux de cette arrivée à Jérusalem et savoir ce que cela signifie, il est indispensable de noter ce style d’arrivée et d’en comprendre sa signification. Cette entrée de Jésus à Jérusalem révèle sa royauté : Roi des pauvres, Roi de la paix, Roi de l’univers.

En arrivant à dos d’âne, Jésus accomplis l’annonce des prophètes, et plus précisément celle de Zacharie : « Sois sans crainte, fille de Sion : voici que ton roi vient, monté sur un petit d’ânesse » (Zc 9,9). Il n’arrive pas sur un magnifique char royal, ni à cheval comme les grands de ce monde, mais sur un âne qu’il a emprunté. Voilà un des plus beau signe pour appuyer aujourd’hui les propos du pape François dans son encyclique « Laudato si » et son combat pour une vie heureuse dans la sobriété !!

L’évangéliste Saint Jean nous dit « au premier moment, les disciples ne comprirent pas ce qui arrivait… » (Jn 12,16). De fait, il est difficile de croire que cet homme, assis sur un âne, soit le fils de Dieu. Et pourtant, le prophète Zacharie l’avait encore annoncé : « Il retranchera d’Ephraïm la charrerie et de Jérusalem les chevaux (roi des pauvres)  ; l’arc de guerre sera retranché. Il annoncera la paix aux nations (roi de la paix). Son empire ira de la mer à la mer et du Fleuve aux extrémités de la terre (roi de l’univers)  » (Zc 9,10).

En ce jour des Rameaux, la voilà la surprise : cet homme à dos d’âne est reconnu par la foule comme étant le Messie. La foule reconnaît Celui qui vient au nom du Seigneur : « Hosanna, Hosanna ». Aujourd’hui encore, au cœur de notre Eucharistie, comme au jour ou Jésus entra dans Jérusalem, redisons, comme la foule, notre confiance en Celui qui arrive monté sur un petit d’ânesse : « Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur, hosanna au plus haut des cieux » !

Père Bertrand, religieux des Sacrés-Coeurs.

 

(5ème dimanche de carême) – Dimanche 13 mars

« De grâce, un peu de bienveillance… »

Le récit de la femme adultère commence par une critique des pharisiens : « Cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère… Dans la Loi, Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes ». Pauvres pharisiens ! Ils ne peuvent pas vivre sans se soucier des problèmes des autres. Plus précisément, la difficulté des pharisiens, c’est de donner toujours l’impression que leur bonheur de vivre ne sera total qu’en se comparant aux malheurs du prochain ! Leur perversion va jusqu’à se plaire dans cette situation.

Dans cette histoire, Jésus va d’abord libérer cette femme, mais pas uniquement. Il va également sauver ces pharisiens. Ils vont enfin comprendre qu’ils n’ont pas besoin de passer leur temps à condamner les autres… Jésus va même aller plus loin. Il va les sauver d’une illusion : celle de croire que le péché va disparaître en lapidant cette femme, au nom de la Loi. Comment est-il possible d’arriver à penser comme ces pharisiens ? Malheureusement, en 2016, certains croient toujours en cela… Le « pharisianisme » est toujours vivant.

Comme nous le disons couramment, Jésus va « faire d’une pierre deux coups ». D’abord, il va libérer cette femme en lui disant : « va, et désormais ne pêche plus ». Ensuite, il va sauver les pharisiens de leur sale besogne d’avoir toujours à juger les autres : « celui d’entre vous qui es sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre ». Ils partirent un par un en commençant par les plus âgés…

La grâce du baptême, c’est de croire que dans nos rencontres quotidiennes, nous aurons toujours suffisamment de bienveillance pour ne pas juger notre prochain et vouloir le détruire. Que notre foi en Jésus-Christ nous garde de cette mauvaise habitude d’avoir toujours à juger et condamner les autres…

Père Bertrand, religieux des Sacrés-Coeurs.

 

 

(4ème dimanche de carême) – Dimanche 6 mars

Miséricordieux comme le Père

 

La parabole du Père miséricordieux met en scène deux attitudes humaines qui nous sont sans doute bien familières. L’une qui pense pouvoir se passer de Dieu, qui ne compte que sur ses propres forces et qui se perd dans un chemin de mort, confrontée à ses insuffisances et à son impuissance devant le mal. L’autre qui s’attache à la stricte observance des commandements, pensant ainsi faire la volonté de Dieu grâce à ses mérites mais qui se perd aussi, dans une jalousie morbide.

Face à cela le Père miséricordieux nous révèle le visage et l’être même de Dieu. Un Dieu qui respecte totalement la liberté de l’homme au point de le laisser se perdre loin de lui, sans rien lui reprocher et en lui donnant même sa part d’héritage pour viatique. Un Dieu patient et fidèle qui attend, qui ne juge pas et qui accueille dans l’allégresse celui qui revient à lui, sans réserve et sans reproches. Un Dieu qui partage tout ce qu’il a : « Tout ce qui est à moi est à toi », qui ne garde rien pour lui seul, qui donne tout. Un Dieu infiniment miséricordieux qui ne calcule pas et qui ne pèse pas les mérites.

En cette année de la miséricorde et à mi-chemin de Pâques nous sommes invités à vivre la joie des relations miséricordieuses. Avec Dieu lui-même, en le retrouvant régulièrement dans la prière. Avec nous-mêmes en acceptant nos propres insuffisances, sans nous juger. Avec les autres en demandant pardon et en acceptant de pardonner à ceux avec qui nous sommes brouillés ; en changeant de regard sur ceux qui ne pensent pas comme nous, qui nous sont étrangers ou qui nous insupportent.

Chemin difficile sur lequel Jésus lui-même nous a précédés sur la Croix, en témoignage ultime de cette miséricorde de Dieu qui nous rejoint dans notre détresse pour nous associer à la joie de Pâques.

Pascal Blavot, diacre

(3ème dimanche de carême) Dimanche 28 février

La conversion à partir de trois attitudes

 

En ce 3ème dimanche de Carême, les lectures de ce jour nous ré-invitent à la Conversion. Nous avons peut-être du mal à entendre ces appels, car l’habitude nous empêche d’accueillir la nouveauté de cette présence de Dieu au cœur de nos vies. C’est cette présence qui sera le moteur de tous nos changements.

 

La Parole de Dieu écoutée et méditée en ce dimanche nous invite à vivre cette conversion à partir de trois attitudes.

 

La première consiste à écouter l’appel que Dieu nous adresse comme il a parlé à Moïse dans le buisson ardent. Dieu veut simplement nous redire qu’il entend les prières de son peuple : « j’ai vu, oui j’ai vu la misère de mon peuple… Je suis descendu pour le délivrer » à chacun de nous Dieu dit : « j’ai vu la misère de ta vie, » dans sa miséricorde il se rend proche de nous.

 

La deuxième attitude de conversion est un appel à nous souvenir, à faire mémoire comme nous le faisons dans chaque Eucharistie. Dieu a libéré son peuple de l’esclavage en Egypte. Et pourtant ce peuple a vite oublié. Pendant ce carême, pour vivre la conversion, nous sommes invités à nous souvenir, à faire mémoire, de tout ce que Dieu a fait pour nous parce que « sa miséricorde s’étend d’âge en âge ».

 

La troisième attitude à garder en nous pour vivre la conversion c’est la patience : comme ce vigneron qui sait prendre le temps. Oui attention à ces conversions du moment, uniques, définitives et trop souvent sans lendemain. Le vigneron va prendre le temps de retourner la terre, de l’amender. Laissons-nous, dans nos vies, être retournés par la présence de Dieu, laissons-nous amender pour sa grâce. Alors nous pourrons vivre un carême de conversion et permettre à l’Esprit d’habiter un peu plus nos vies car l’enjeu c’est de porter du fruit.

Père Christian, religieux des Sacrés-Coeurs.

 

(2ème dimanche de carême) – Dimanche 21 février 2016

 

Baptisés, nous sommes transfigurés par le Christ !

 

Au moment de la Transfiguration, une lumière inattendue recouvre Jésus et à travers Lui, le monde entier. Pour Pierre, Jacques et Jean, par cet évènement s’ouvre une fenêtre sur l’avenir : Jésus apparaît dans sa gloire, tel qu’il sera dans sa résurrection. Le récit de la Transfiguration du Seigneur est une anticipation de la lumière de Pâques, dans laquelle nous sommes tous plongés au moment de notre baptême.

 

Le Baptême nous fait partager la Gloire du Christ et nous permet d’accomplir, dans la foi, le passage de la mort à la vie éternelle. Lorsque le nouveau baptisé revêt le vêtement blanc, le célébrant lui dit : « Tu as revêtu le Christ ; ce vêtement blanc en est le signe. Que tes parents et amis t’aident, par leur parole et leur exemple, à garder intacte la dignité de fils de Dieu, pour la vie éternelle ».

 

Chrétiens, nous sommes baptisés dans la mort et la résurrection du Christ, ainsi nous partageons sa mission et sommes appelés à prendre part à ses souffrances et à relever le défi pour l’annonce de l’Évangile. Comme au baptême de Jésus, la voix du Père se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : Ecoutez-le ». Oui, écoutons et suivons le Christ en route vers la joie de Pâques, nous rappelant ce que dit Saint Paul aux Philippiens : « Nous sommes citoyens des cieux, d’où nous attendons, comme Sauveur, le Seigneur Jésus Christ, lui qui transfigurera nos pauvres corps à l’image de son Corps Glorieux ! » En participant à l’Eucharistie, nous sommes vraiment transfigurés par cette présence d’amour du Seigneur.

 

Père Alphonse, religieux des Sacrés-Coeurs.

 

AVEC TOI NOUS IRONS AU DÉSERT

(1er dimanche de Carême) – 14 février 2016

Nous voilà donc entrés en Carême. Et peut-être nous demandons-nous comment nous allons nous y prendre pour vivre au mieux ces quarante jours ? Pour que ce soit un vrai temps de conversion et pas seulement la répétition stérile de quelques pratiques ou rituels qui risquent, en fin de compte, de se retourner contre nous en flattant notre ego !

Or le Carême, c’est précisément de se détourner de soi pour être davantage uni à Dieu et aux autres. En cette année de la miséricorde, débarrassons-nous de nos égoïsmes pour contempler le Dieu de miséricorde agissant au cœur du monde et pour la mettre nous-mêmes en pratique en allant à la rencontre de nos sœurs et frères blessés. La miséricorde, ce ne sont pas que des mots, ce sont des actes.

Depuis le début de cette année, en équipe de catéchèse, les enfants découvrent la richesse de la Parole de Dieu qui est Parole de Vie. Ils ont lu, entre autres, l’histoire du jeune homme riche et ils savent que pour marcher sur un chemin de vie selon l’Evangile, il convient de se délester de ce qui encombre inutilement. C’est aussi ce qui nous est proposé en Carême : le jeûne, la prière et le partage nous aident à nous défaire de nos satisfactions égoïstes pour apprendre à aimer.

Allons-y, avançons, avançons ! Le chemin peut paraître rude, mais il nous conduit au seul vrai bonheur. Aimer, pratiquer la miséricorde : ne cherchons pas autre chose. « Heureux les miséricordieux, dit Jésus, ils obtiendront miséricorde ».

Père Luc, sscc.

Avance au large !

 (5ème dimanche du temps ordinaire) – 7 février 2016

        Comme Simon-Pierre nous sommes invités par Jésus à larguer les amarres, en nous détachant de nos habitudes et de nos certitudes, en nous libérant de nos peurs et de nos enfermements, pour partir avec lui vers l’inconnu.

        Juste avant d’être élu pape, le cardinal Jorge Bergoglio disait aux autres cardinaux : « L’Église est appelée à sortir d’elle-même pour aller jusqu’aux périphéries, pas seulement les périphéries géographiques, mais aussi les périphéries existentielles : là où réside le mystère du péché, de la douleur, des injustices, de l’ignorance et du mépris du religieux et de la pensée, là où résident toutes les misères. » Depuis, le pape François n’a cessé de nous inviter à sortir de nous-mêmes et à gagner le grand large.

        Pour Simon-Pierre tout a commencé par un tout petit service que lui a demandé Jésus : lui prêter sa barque ; et il a accepté sans trop savoir où cela le mènerait. Nous aussi nous pouvons commencer par nous appeler les uns les autres à rendre de petits services, par exemple sur les chemins de mission qui ont été retenus par la paroisse en début d’année.

        Dans le domaine de la solidarité, en visitant une personne seule, en participant à un repas partagé du dimanche, en passant une nuit ou en apportant un repas à Hiver solidaire. Dans le domaine de la transmission de la foi, en rejoignant un groupe de parents des scouts, de l’aumônerie ou du caté, en aidant à organiser une fête, une réunion ou un WE, en prenant en charge un catéchumène. Dans le domaine de la liturgie et de l’accueil, en acceptant d’animer les chants à la messe de temps à autre, en prenant une permanence à l’accueil quelques heures par semaine, etc. etc.

        Faisons confiance à ceux qui nous appellent. Faisons confiance à ceux que nous appelons. Et n’ayons pas peur, le Christ est avec nous dans la barque.

Pascal Blavot, diacre

 

Année de la Vie Consacrée…

 (4ème dimanche du temps ordinaire) – 31 janvier 2016

Il y a un an le pape François ouvrait « l’année de la vie consacrée ». Cette année se termine avec la fête de la Présentation de Jésus au Temple, le 2 février 2016. À cette occasion, le pape, dans une Lettre apostolique adressée à tous les consacrés, nous donnait trois objectifs pour cette Année de la Vie Consacrée :

1. Le premier objectif est de regarder le passé avec reconnaissance.

2. Le deuxième, vivre le présent avec passion.

3. Le troisième, embrasser l’avenir avec espérance.

            Ces trois objectifs sont valables pour tout chrétien.

            Nous rendons grâce avec la prière que nous pouvons reprendre pour tous les consacrés, et pour ceux que le Seigneur appelle aujourd’hui à le suivre dans une consécration totale de leur Vie au service de l’évangile :

Seigneur, du cœur de ton Église et pour le service du monde,
Tu fais grandir l’arbre de la vie consacrée.
Ses branches multiples portent des fruits innombrables de sainteté. Béni sois-tu !

Au cœur des jeunes, Tu fais naître le désir d’un amour sans limite. Béni sois-tu !

À travers nos fragilités et nos talents, tu permets qu’ils découvrent
la joie de Te servir et de Te donner leur vie,
dans la diversité des vocations. Béni sois-tu !

Par le don de ton Esprit, dans l’amour de l’Église,
Tu ouvres à nombre d’entre eux la voie de la vie religieuse
ou d’une consécration totale entre tes mains. Béni sois-tu !

La joie de ton Évangile réveille le monde : donne aux consacré(e)s
d’être artisans et prophètes de cette joie pure, Nous t’en supplions, Seigneur.

Et à ceux que Tu appelles pour cette aventure, accorde discernement et confiance.
Qu’ils osent une réponse concrète pour mettre leur pas dans les tiens.
Nous t’en prions, Seigneur.

La préparation au mariage

(3ème dimanche du temps ordinaire C – Messe des mariés 2015 et fiancés 2016) – 24 janvier 2016

« Le mariage chrétien ne peut être réduit à une tradition culturelle ou à une simple convention juridique : il est un véritable appel de Dieu qui exige un discernement attentif, une prière constante et une maturation adaptée. Pour cela des parcours de formation sont nécessaires, qui doivent accompagner la personne et le couple en proposant à la fois le contenu de la foi et l’expérience de vie de toute la communauté ecclésiale.

            Pour que cette aide soit efficace, il faut aussi que la catéchèse en amont du mariage -parfois pauvre en termes de contenu- soit améliorée, car elle fait partie intégrante de la pastorale ordinaire. La pastorale des futurs époux doit aussi s’inscrire dans l’engagement plus large de la communauté chrétienne à présenter de façon adaptée et convaincante le message évangélique sur la dignité de la personne, sa liberté et le respect de ses droit.

Dans le changement culturel en cours, ce sont souvent des modèles en décalage par rapport à la vision chrétienne de la famille qui sont présentés…

            Il apparaît donc nécessaire de développer les sujets de formation dans le parcours en amont du mariage afin que ceux-ci deviennent des parcours d’éducation à la foi et à l’amour, intégrés au cheminement de l’initiation chrétienne….                              

            Les parcours de préparation au mariage doivent aussi être proposés par des couples mariés en mesure d’accompagner les futurs époux avant leur mariage et dans les premières années de leur vie matrimoniale, valorisant ainsi le rôle de ministre que doit jouer le couple. La valorisation des relations personnelles favorisera l’ouverture progressive des esprits et des cœurs à la plénitude du plan de Dieu »   

(Extraits du rapport final

du Synode de la Famille

N°s 57-58- Octobre 2015)

 

Jésus, quel baptême ?

(Baptême du Seigneur) – 10 janvier 2016

Comment Jésus, sans péché, a-t-il pu se faire baptiser par Jean qui proclamait  « un baptême de conversion en vue du pardon des péchés » ? (Mc 1, 4) 

La première communauté chrétienne a dû surmonter cette contradiction. D’autant plus que pour les chrétiens, c’est Jésus qui possède la clé du pardon de Dieu et seule la croix du Christ sauve.

Ainsi, l’évangéliste Jean passe le baptême de Jésus sous silence, Matthieu élimine la mention du pardon des péchés (Mt 3, 11), Luc en parle, mais sans mentionner la présence du Baptiste.

Non seulement trois des quatre évangiles dissimulent le problème, mais ils vont plus loin dans leur récit du baptême de Jésus par Jean ; ils le « christianisent » d’une certaine manière.

C’est le cas du récit de Luc que nous lisons cette année liturgique « C ».

Il écrit : « …baptisé lui aussi, Jésus priait, alors le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint descendit sur Jésus sous une apparence corporelle, comme une colombe, et une voix vint du ciel : ‘Tu es mon Fils, moi aujourd’hui je t’ai engendré’ » (Traduction de la TOB, différente du lectionnaire qui suit d’autres manuscrits). Nous y trouvons la présence du Fils, mais aussi du Père dans la voix du ciel, et du Saint Esprit.

Tel qu’il nous est raconté là – et c’est de la même manière chez saint Marc et saint Matthieu -, le baptême de Jésus rappelle la formule du baptême chrétien : « Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit. »

La contradiction est surmontée et nous pouvons accueillir la voix du ciel comme s’adressant à nous aussi.

Père Claude, religieux des Sacrés-Coeurs.

L’Évangile pour tous

(Epiphanie) – 3 janvier 2016

Quelle est la signification de cette fête si populaire dont les galettes des rois se vendent depuis la Toussaint dans les supermarchés ? Beaucoup de nos contemporains seraient les premiers surpris car la réponse, c’est : l’Évangile « pour tous ». Elle se trouve explicitement dans la lecture de saint Paul : tous les hommes, sans acception de race, de sexe, d’âge, de catégories sociales ou de religions sont « associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile ». Des mages-astrologues, qui sont des étrangers et des païens aux yeux des Juifs, viennent de reconnaître, avant le roi juif Hérode, la lumière qu’ils cherchaient.

Les peintres ont représenté ces mages aux différents âges de la vie, puis de différentes couleurs de peau : l’Évangile pour tous ! Voilà non seulement le sens de cette fête mais le défi que doit vivre l’Église. Certes, on ne transmet pas la foi, personne ne peut décider à la place d’un autre de suivre l’étoile qui mène au Christ, mais on peut faire connaître l’Évangile. (…)

Mesurons cette impensable transformation de mentalité que requiert la naissance de Jésus pour le pouvoir politico-religieux juif de l’époque : croire à une égalité de destin avec l’étranger. Voilà qui est d’une brûlante actualité.

Jésus en fugue !

(Sainte Famille) – 27 décembre 2015

La page d’évangile retenue pour la fête de la Sainte Famille a de quoi nous surprendre : ne nous présente elle pas un Jésus en fugue à l’âge de 12 ans ?

Nous sommes dans ce qu’on appelle  « l’Evangile de l’Enfance ».

Dans le passage que nous lisons, saint Luc montre comment, dès l’enfance de Jésus, se profile déjà sa Pâque, son passage de la mort à la vie.

En Israël, c’est à de 12 ans que le jeune juif accède à sa majorité religieuse où il est considéré comme capable d’observer la Tora, la Loi de Moïse.

Ainsi, c’est à cet âge que Jésus se rend à Jérusalem avec sa famille pour la fête de la Pâque et que Luc inscrit l’épisode de sa disparition pendant 3 jours.

Ce petit chiffre de 3 jours, où ses parents le cherchent dans l’angoisse, nous renvoie discrètement à une autre disparition de 3 jours lors d’une fête de Pâques ; celle de sa mort sur la croix et de sa mise au tombeau.

C’est après 3 jours, – allusion à la résurrection – que ses parents le retrouvent au Temple de Jérusalem et c’est là que nous entendons les premières paroles que l’évangéliste met dans sa bouche : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être. »

Ses premiers mots attestent son lien privilégié avec le Père des cieux.

A ces premières paroles de Jésus répondent les dernières ; il les prononcera sur la croix, à l’adresse de son Père : « Père, en tes mains je remets mon esprit. »

Père Claude, religieux des Sacrés-Coeurs.

Marie et Elisabeth : une prodigieuse rencontre !

(4ème dimanche de l’Avent) – 20 décembre 2015.

La rencontre entre Marie et sa cousine Elisabeth, entre la jeune fille et celle qui conçoit dans sa vieillesse, est la rencontre de deux mondes : le monde du Temple avec ses sacrifices où s’est déroulée l’annonciation de Jean, et le monde de la Galilée des nations où s’est déroulée l’annonciation de Jésus. Avec l’évangile de ce dimanche, nous voici dans la montagne de Judée, hors de Jérusalem, mais tout près de la Ville sainte. C’est là qu’une nouvelle Alliance d’amour entre Dieu et l’humanité va repartir, s’accomplir…

L’histoire de cette Alliance, depuis Abraham, Moïse et les prophètes, se précise encore avec David, berger à Bethléem, l’ancêtre du Messie. Ce Messie annoncé sera le berger de tous les peuples. Ainsi à travers toutes les générations, se manifeste la permanence de l’amour de Dieu pour toute l’humanité.

L’évangile de ce dimanche nous décrit Marie comme une jeune femme alerte qui va communiquer, en tout hâte, la merveilleuse nouvelle qu’elle a reçue ; pour nous, c’est exactement la mission de l’Eglise : nous sommes une communauté invitée, pressée de porter jusqu’au bout du monde la Bonne Nouvelle dont nous sommes tous bénéficiaires.

Si Marie symbolise l’Eglise, Zacharie et Elisabeth représentent la première Alliance. Marie est jeune et vive, Zacharie et Elisabeth sont âgés ; ils ont longtemps vécu avec un désir d’enfant qui semblait ne pouvoir se réaliser ; c’est une belle image de cette longue attente messianique dans l’ancien testament. A ce point focal entre l’ancienne et la nouvelle alliance, nous méditons aujourd’hui sur l’échange entre ces deux femmes, où s’exprime dans un merveilleux cœur-à-cœur, on pourrait dire, où se concrétise dans un prodigieux corps-à-corps, la fidélité de l’Amour de Dieu  pour toute notre humanité.

Durant ce merveilleux échange, les enfants qu’elles portent, l’une et l’autre en leur sein, se reconnaissent déjà et tressaillent d’une même allégresse. L’enfant d’Elisabeth a une mission, qui est d’annoncer le Christ comme Celui qui vient accomplir le salut promis par les prophètes ; c’est ce que l’enfant dit à sa manière par des tressaillements dans le sein maternel. Elisabeth l’exprime aussi dans son grand bonheur : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dîtes de la part du Seigneur. » Marie est la figure de l’humanité accueillant Dieu sans réserve ; Marie, en accueillant avec joie la volonté de Dieu, révèle que Dieu vient au cœur de notre humanité pour nous saisir de sa grâce et nous sauver. Voilà pourquoi Marie est déclarée heureuse ; voilà pourquoi Jean tressaille de joie, voilà pourquoi chacun de nous peut se réjouir : l’œuvre de Dieu s’accomplit et porte du fruit. Avec Marie et Elisabeth, entrons déjà dans la Joie et la Paix de Noël !

Père Alphonse, Religieux des Sacrés-Coeurs.

Une année pour (re)découvrir la miséricorde.

(3ème dimanche du temps de l’Avent) – 13 décembre 2015

Tout au long de cette année sainte nous sommes appelés par l’Eglise à grandir dans la compréhension et la mise en œuvre de la miséricorde. Soyons d’abord convaincus de la profondeur de la miséricorde de Dieu qui vient à la rencontre de chacun d’entre nous personnellement, quelles que soient notre situation et nos misères. Car Dieu cherche à nous rejoindre non pas pour nous juger et nous punir de nos péchés mais bien pour nous les pardonner par sa miséricorde.

Puis, comme nous y invite la devise de l’année jubilaire, soyons « miséricordieux comme le Père ». En famille, dans notre communauté paroissiale, dans toutes nos relations, y compris avec nous même, faisons toujours passer la miséricorde avant le jugement. Ne condamnons pas, ne jugeons pas, mais pardonnons, donnons amour et pardon sans mesure.

Prenons le temps de méditer le logo de cette année jubilaire qui exprime l’amour du Christ chargeant sur lui, avec une miséricorde infinie, l’homme égaré, l’homme blessé qui figure l’humanité entière. Soyons des êtres de miséricorde à l’image du Christ, n’hésitons pas à notre tour à rejoindre et à prendre sur nos épaules l’exclu, le miséreux, l’affamé, l’étranger, le sans-abri, le prisonnier, le malade ou l’esseulé.

Notons que les yeux du Christ se confondent avec ceux de l’homme. Le Christ voit par les yeux de l’homme et celui-ci par les yeux du Christ. Sachons nous aussi voir avec les yeux de ceux qui souffrent pour qu’ils puissent à leur tour découvrir, par notre regard, l’espérance et la joie qui nous font vivre.

Pascal Blavot, diacre. 

« La conversion »

 (2ème dimanche du temps de l’Avent) – 6 Décembre 2015 

Est-il possible de se convertir à l’athéisme ? Je ne le crois pas. Aucun témoignage ne va dans ce sens ! Les personnes qui choisissent librement d’être athée, ne parlent pas de conversion. Ainsi, l’expérience de la conversion est une expérience essentiellement spirituelle. Dans un monde qui relativise les choix et valorise l’indifférenciation, il est important de noter la particularité du croyant : son désir de conversion. Ce désir construit l’histoire de chaque croyant car la démarche de conversion est continue. Le temps de l’Avent nous rappelle cette exigence de la vie chrétienne.

Les catéchumènes, sans le savoir, nous montre ce qu’est la conversion. Il y a chez eux la volonté d’un nouveau départ, d’un commencement. Nous pourrions dire d’un enfantement… La tradition de l’Église va jusqu’à parler d’un retournement (la métanoia) ! A travers leurs témoignages nous pouvons nous apercevoir que la conversion n’a pas d’âge. Il n’y a pas d’âge pour répondre à l’appel de Dieu. L’originalité de la conversion chrétienne c’est de découvrir que je suis appelé par mon nom. Je ne choisis pas, je suis choisi. Alors, ma liberté devient un consentement, une obéissance à quelqu’un plutôt qu’un choix parmi d’autres. Simone Weil (philosophe juive) l’a dit très justement : « la conversion impose un changement qui ne dépend pas de mes préférences personnelles ». Cela n’a rien d’une affaire privée !

 Le «  baptême de conversion » annoncé par Jean-Baptiste est un appel à donner la vie. Pour cela, nous devons inlassablement chasser ce qui fait obstacle à cet enfantement. La présence dans une crèche de « l’Emmanuel » (« Dieu avec nous ») va nous montrer le chemin…. Bonne route !

Père Bertrand, religieux des Sacrés-Coeurs

 

 

« Celui qui est, qui était et qui viens ! »

 

 Ce week-end, une nouvelle année liturgique commence. Ensemble, nous allons revisiter la vie du Christ : sa venue (Noël, Épiphanie, Baptême), sa prédication (sermon sur la montagne, paraboles) ses miracles et sa passion (Pâques, Ascension). Un parcours qui correspond aux quatre âges de Jésus : la vie d’enfance, la vie cachée, la vie apostolique, la vie crucifiée. Comme le disait notre fondateur, Pierre Coudrin : « en Jésus nous trouvons tout : sa naissance, sa vie et sa mort, voilà notre règle. »

 Avec le temps de l’Avent, nous découvrons plus particulièrement comment Dieu va se manifester à l’homme. Comme l’ont annoncé les prophètes, Dieu va se faire l’un de nous (Noël) et l’humanité, par l’intermédiaire des mages, va reconnaître que Dieu se manifeste vraiment en cet enfant Jésus (Épiphanie).

 Mais dans ce temps de l’Avent, il ne s’agira pas seulement de revivre spirituellement la naissance historique de Jésus. Il sera question également d’un deuxième avènement : son retour. L’Évangile du jour va nous le faire comprendre et la préface de la prière eucharistique le confirmera : « Car il est déjà venu (Noël), en prenant la condition des hommes, pour accomplir l’éternel dessein de ton amour et nous ouvrir le chemin du salut ; il viendra de nouveau (Parousie), revêtu de sa gloire, afin que nous possédions dans la pleine lumière les bien que tu nous as promis et que nous attendons en veillant dans la foi » (préface des trois premiers dimanche de l’Avent).

 Ainsi, l’Évangile du jour nous invite à penser le temps de l’Avent à partir de ces deux avènements. Entre les deux, l’aujourd’hui de nos vies, il s’agit de : « restez éveillés et priez en tout temps » afin de mettre en œuvre, « ici et maintenant » la Bonne Nouvelle. Durant ce temps de l’Avent et tout au long de cette année liturgique, puissions-nous témoigner que l’annonce de sa venue « ravive notre foi », que la promesse de son retour « nourrisse notre espérance », et que l’appel à la vigilance et à la prière « provoque notre amour et la charité ». Humblement, Il est là, parmi nous !

 P. Bertrand, religieux des Sacrés-Coeurs

« Ma royauté n’est pas de ce monde ».

 

fête du Christ-Roi de l’univers. – 22 Novembre 2015 

Tandis que nous sommes bouleversés par les faits cauchemardesques qui ont eu lieu dans notre ville de Paris le vendredi 13 novembre, nous sont proposés ces paroles de Jésus : « Ma royauté n’est pas de ce monde. » Jésus n’a eu besoin ni d’armées ni de violents pour le défendre à l’heure où il était arrêté puis comparaissait devant Pilate. Il en avait d’autant moins besoin qu’il nous révélait par sa Parole, par sa Vie, par sa Mort et sa Résurrection un Dieu de miséricorde, un Dieu au cœur brûlant d’amour pour l’humanité.

Ce Dieu-là ne s’accommode pas des vieilles représentations : le Dieu Tout-Puissant n’est pas celui qui s’impose aux hommes malgré eux, mais il est celui qui se propose en venant chez nous comme le Très-Bas, le Dieu humble et caché qui, en Jésus-Christ, accueille et guérit tous les hommes en commençant par les plus fragiles et les plus pauvres. Le Roi, dans l’Evangile, n’est pas figure de domination, mais de service.

Les chrétiens qui, dans le passé, ont voulu imposer Dieu aux hommes par la force et ont propagé une représentation triomphaliste du Royaume de Dieu, se sont gravement fourvoyés. De même qu’aujourd’hui, des hommes armés, prétendant agir au nom de l’Islam, qui cherchent à imposer leur loi en tuant des innocents. Le Règne de Dieu n’est pas Règne de terreur, il est le contraire : il est Règne de Paix et de Joie.

Ni les Musulmans, qui disent et répètent que Dieu est miséricordieux et compatissant au long de leurs prières, ni les Chrétiens pour qui Dieu se donne à l’humanité par amour pour elle, ne peuvent désirer un Règne fondé sur la peur. Dieu ne règne pas dans les cœurs habités par la violence et la haine. Mais son Royaume est là, oui il est déjà là, quand, brisant nos rapports de domination, nous nous mettons au service les uns des autres.

Luc Schweitzer, religieux des Sacrés-Coeurs.

« Alors on verra le Fils de l’Homme venir dans les nuées. »

(33ème semaine du temps ordinaire) – 15 Novembre 2015

Nous arrivons à la fin de l’année liturgique. Traditionnellement, le 33ème dimanche du temps ordinaire oriente notre regard vers la fin des temps. Cette année, nous lisons un extrait du chapitre 13 de saint Marc : un discours sur la passion de la communauté. Marc enseigne aux disciples comment la passion et la résurrection de Jésus influencent leur marche à la suite du Christ. Contrairement aux faux prophètes qui prétendent faire des signes annonciateurs de la fin des temps, Jésus apprend à ses disciples à vivre dans l’incertitude quant aux temps et aux moments de celle-ci. Après une évocation des drames de l’Histoire – qui sont ceux que nous connaissons toujours : guerres, tremblements de terre, famines, persécutions, trahisons au sein des familles, faux prophètes qui égarent les foules – Jésus annonce une bonne nouvelle : « Alors on verra le Fils de l’homme venir dans les nuées avec grande puissance et avec gloire. » (13, 26)

La fin de l’histoire, c’est la venue du Fils de l’homme, c’est-à-dire de Jésus ressuscité. Bonne nouvelle du rassemblement des élus « des quatre coins du monde, depuis l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel. » (13, 27) Ces expressions soulignent la dimension universelle du salut ; elle correspond à l’universalité de la prédication de l’évangile chez saint Marc. Et chez lui l’action est uniquement positive, il n’y est pas question de jugement.

Ainsi, l’évangile de ce dimanche est une exhortation à entrer dans une attitude de veilleurs ; un appel au discernement et à la persévérance, dans la confiance en Dieu, Maître des temps et de l’Histoire, dont le dernier mot est le salut de la multitude.

 Père Claude Stockebrand, religieux des Sacrés-Coeurs.

« Bienheureux ceux qui ont un cœur de pauvre »

(32ème dimanche du temps ordinaire) – 8 Novembre 2015

Voilà bien une figure de cette béatitude entendue à la fête de la Toussaint que met en lumière l’Évangile de ce jour : l’humble geste de cette pauvre veuve déposant deux piécettes dans le tronc et qui retient l’attention de Jésus : Il sait percevoir, au-delà des apparences, l’intime au cœur de cette femme : « elle a donné tout ce qu’elle avait, toute sa vie »   Marginalisée parce que veuve -et peut-être sans enfant- non seulement elle donne ce qui lui reste pour vivre, mais en quelque sorte, se livre totalement, comme si elle s’en remettait entièrement à Dieu. Comme la veuve de Sarepta dans la première lecture, elle ne se demande pas comment elle va faire pour vivre ; elle fait un saut dans l’abandon total d’elle-même : un don, un oui total au Seigneur, avec comme seul appui pour la suite l’entière confiance en Dieu.

Nous sommes à Jérusalem, aux portes de la Passion du Seigneur. Bientôt Jésus va faire le don de sa vie et le geste de cette femme préfigure le sien ; en quelque sorte elle en est l’icône- « De riche qu’il était, il s’est fait pauvre pour nous enri-chir » (2 Co. 8,9)

Nul doute : Jésus s’est reconnu dans le geste de cette femme, lui qui se donnera totalement, jusqu’à devenir ce pain partagé entre tous, aussi humble et petit qu’une simple bouchée de pain, mais en réalité don fabuleux d’une vie donnée, et quelle vie ! « Pour que vous ayez la vie en abondance ».

Pouvons-nous accueillir en vérité un tel don et proclamer notre confiance en Dieu si nos gestes de partage ne sont pas à la mesure du geste que nous faisons en ouvrant nos mains pour recevoir le Corps du Christ ?

Père André Lerenard, religieux des Sacrés-Coeurs.


Du bonheur des psaumes à celui de l’Évangile !

 Toussaint – 1er Novembre 2015la-toussaint

Le jour de la Toussaint, l’Église médite sur l’Évangile des Béatitudes (Mt5,1-12). Dans la Bible, le psalmiste se demande : « Qui nous fera voir le bonheur ?»(ps4). Le premier psaume donnera cette réponse: « Heureux est l’homme qui n’entre pas au conseil des méchants, qui ne suit pas le chemin des pécheurs, ne siège pas avec ceux qui ricanent »… Ainsi, parler du bonheur consiste d’abord à évoquer ce qu’il ne faut pas faire… Mais, dès le deuxième psaume, nous passons a une formule positive : « heureux qui s’abrite dans le Seigneur ». La présentation de ce bonheur va alors se développer dans les autres psaumes : « heureux l’homme qui met dans le Seigneur sa confiance. » (ps40), « Heureux qui pense au faible et au pauvre. » (ps41), « Heureux l’homme que tu reprends, Seigneur, et que tu enseignes par ta loi pour lui donner le repos aux jours de malheur ». (ps94), « Bienheureux l’homme qui prend pitié et prête. » (ps112), « Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu. » (ps144).

 Grâce à cet héritage du « premier Testament », Jésus va rendre accessible le bonheur des psaumes et le démocratiser dans le discours des Béatitudes : « Heureux les pauvres de cœur… ». Reconnaissons-le, nous le sommes tous.    En suivant Jésus sur le chemin des Béatitudes, un véritable bonheur nous attend. Gandhi lui-même le disait : « C’est le sermon sur la montagne qui m’a fait aimer Jésus ».

 Dans la foi en Dieu, Abraham, Isaac et Jacob ont gouté ce bonheur. Thérèse de Lisieux, Mère Thérèsa, Vincent de Paul, François d’Assises, Charles de Foucault, Hildegarde de Bingen et Damien de Molokaï ont fait de même en Jésus-Christ.

A notre tour, entrons dans la danse et soyons les témoins de ce mystérieux bonheur qui ne vieillit pas.

Père Bertrand Cherrier, religieux des Sacrés-Coeurs.

Faire l’expérience du salut.

bartimée

 (30ème dimanche du temps ordinaire) – 25 Octobre 2015

Les Evangiles ne développent pas une théorie sur le salut apporté par Jésus. Ils nous le décrivent à partir d’événements où il se réalise de manière concrète. C’est le cas dans le récit de ce dimanche où Jésus guérit un aveugle.

Bartimée est assis par terre, immobile, enveloppé dans son manteau. C’est sur la route à la sortie de Jéricho, une bourgade à proximité du Jourdain, à cet endroit à 250m en-dessous du niveau de la mer. C’est par là que le peuple Hébreu était entré dans la Terre Promise. C’est par là que passent les pèlerins qui se rendent à Jérusalem, dernière étape avant la longue et pénible montée vers la Ville sainte qui se trouve à un peu plus de 900m d’altitude.

L’aveugle « mendiait, assis au bord du chemin » écrit saint Marc. Attitude passive de cet exclu qui survit grâce à la charité des passants. Le brouhaha d’une foule nombreuse le sort de sa torpeur : c’est Jésus de Nazareth ! Un nom qui ne le laisse pas indifférent. Il le poursuit de ses cris, sans se laisser décourager par ceux qui le rabrouent pour le faire taire : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! »

Jésus n’est pas insensible à ses plaintes. Il ne va pas vers lui, mais le fait appeler, comme s’il voulait que l’homme sorte de sa passivité.

La réaction de Bartimée est vive, il bondit aussitôt vers Jésus en rejetant son manteau. Le peu qu’il possède ne pèse rien par rapport à la relation qu’il est en train de nouer avec celui qu’il a reconnu comme le Messie.

Jésus lui pose la même question que celle qu’il avait posée à Jacques et Jean, les fils de Zébédée désirant les meilleures places dans sa gloire : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? »  A l’inverse de sa réponse aux deux disciples, la demande de recouvrer la vue est aussitôt accordée à l’aveugle : « Va, ta foi t’a sauvé. »  Plus qu’une guérison, c’est le salut qui est offert à cet homme dont Jésus reconnaît la foi. Saint Marc conclut : « Et il suivait Jésus sur le chemin. » D’exclu qu’il était, le voici devenu disciple.

Et moi, qu’est-ce que je désire que Jésus fasse pour moi ?

Père Claude Stockebrand, religieux des Sacrés-Coeurs.

Serviteur de Dieu… Serviteur de l’homme.

lavement des pieds

 (29ème dimanche du temps ordinaire) – 18 Octobre 2015

Les fils de Zébédée demandent à Jésus : « Maître, donne-nous de siéger l’un à ta droite, l’autre à ta gauche, dans ta gloire ». Les deux frères ne vont pas comprendre la réponse de Jésus : « pouvez vous boire à la coupe que je vais boire, être baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé ? ». Heureusement, une phrase de Jésus va les mettre sur le chemin de l’Évangile. Pour la foi chrétienne en général,  cette phrase fait figure de « parole-clé » : « Le Fils de l’homme lui-même n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude. »

 Si nous voulons comprendre davantage l’Évangile, il est nécessaire de prendre l’habit du serviteur, en acceptant même dans certaines circonstances, de revêtir l’habit du serviteur souffrant (cf : Isaïe 53, 10-11). Ce ne sont pas les livres ni les discours qui vont nous faire comprendre ce mystère de la foi, c’est le témoignage. Ainsi, dans l’acte de servir (ex : le lavement des pieds), l’expérience de la mort et de la résurrection du Christ est déjà incluse.

Dans la prière eucharistique le prêtre dit : « tu nous a choisis pour servir en ta présence ». N’oublions pas cette prière, elle est un don de Dieu. Devenons ensemble des « enfants de la Croix » et sachons redire sans cesse cet hymne de Didier Rimaud :

 

« Quand ce fut le jour, et l’heure favorable, Dieu nous a donné Jésus, le Bien-Aimé :

L’arbre de la croix indique le passage,  vers un monde où toute chose est consacrée.

Qui prendra la route vers ces grands espaces, qui prendra Jésus pour Maître et pour amis,

L’humble serviteur a la plus belle place, servir Dieu rend l’homme libre comme lui ! »

Père Bertrand Cherrier, religieux des Sacrés-Coeurs.

« Viens, suis moi ! »

jeune homme riche

(28ème dimanche du temps ordinaire) – 11 Octobre 2015

C’est un bon jeune homme que celui qui s’approche de Jésus ce jour-là et tombe à ses genoux. Il a tout pour plaire : il a observé chacun des commandements, sa vie est un modèle pour tous. Et le voilà qui s’empresse de trouver Jésus ! Que demander de mieux ? On a le sentiment d’être en présence du candidat idéal, du disciple rêvé… N’importe quel maître lui accorderait aussitôt une place de choix auprès de lui.

Mais pas Jésus qui, certes, pose sur lui son regard d’amour, mais qui en demande encore davantage. Jésus qui ne se laisse pas prendre aux apparences et qui exige de vrais détachements. Jésus qui lui demande de laisser ses richesses et de le suivre. Le bel enthousiasme du jeune homme disparaît aussitôt pour laisser place à la tristesse. Ce qu’exige Jésus, c’est trop dur pour lui et il préfère s’en aller.

Comment ne pas penser à celles et ceux qui sont appelés aujourd’hui à un service, une mission, une vocation dans l’Eglise, à la suite du Christ ? L’enthousiasme et la générosité sont-ils suffisants ? N’y a-t-il pas de nécessaires détachements à opérer ? Comment suivre le Christ sans laisser quelque chose, sans abandonner quelque bien ? Ceux qui ont pour tâche d’accompagner des jeunes en recherche de vocation le savent. Le discernement qu’ils proposent doit prendre en compte cette question. Que faut-il laisser ? De quoi faut-il se délester pour être en mesure de vraiment suivre le Christ ? Cette question s’adresse aussi à chacune et chacun d’entre nous : « viens, suis-moi, dit le Christ, et, pour ce faire, laisse ce qui t’encombre, prends le chemin de la vraie liberté ! ».

Père Luc Schweitzer, religieux des Sacrés-Coeurs.

Une sagesse pour aujourd’hui…

 (27ème dimanche du temps ordinaire) – 4 Octobre 2015

Jésus est un sage. Dans l’imprévu, il trouve toujours la bonne manière de se sortir des pièges de ses adversaires : soit par une parole, soit par un geste. Dans les deux cas, de nouvelles perspectives sont offertes à ses interlocuteurs. Parfois, il joindra même un geste à la parole (pour un miracle). Dans l’Évangile de ce jour, il va se contenter de paroles pour « décrisper » la situation et permettre aux pharisiens de mener une vie sans se fixer sur des problèmes juridiques…

Jésus est un sage qui rend libre. En allant bien au delà des prescriptions de Moise, Jésus va proposer aux pharisiens un horizon plus libérant que celui de la loi mosaïque (préceptes donnés par Moïse). Par un rappel du « commencement de la Création », il va rétablir une égalité parfaite entre l’homme et la femme et rappeler que depuis l’origine, à partir de leur différence (« mâle et femelle il les créa » (genèse 1,27)), ils sont appeler à ne faire qu’un. L’union est une vocation. Elle est proposée à tous. Là ou il y a une union entre un homme et une femme… Dieu n’est pas loin !

Jésus est un sage pour notre modernité. Il a tenu le discours sur l’union tout au long de sa vie publique. Quelques soit les personnes rencontrées, en situation d’adultère ou pas, Jésus propose toujours la conversion et l’alliance avec Dieu. Bien évidemment, le sacrement de mariage sera signe de l’Alliance entre Dieu et l’Homme, entre le Christ et son Église. Cela dit, l’Alliance avec Dieu ne peut se réduire au signe du mariage. A ceux qui ont pris d’autres chemins, la foi en un Dieu Créateur et Miséricordieux ouvre, avec amour et vérité, à d’autres témoignages de cette Alliance. L’union est une conquête, parfois une reconquête, voilà le dessein de Dieu. Là ou se trouve la division, nous avons tous à faire naître la « communion » (union-avec), et en priorité aujourd’hui, celle entre la femme et l’homme…

P.Bertrand Cherrier, religieux des Sacrés-Coeurs.

les 20 ans de la maison des étudiants

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(26ème dimanche du temps ordinaire) – 27 septembre 2015

Sur notre paroisse Saint Gabriel une maison accueille des étudiants désirant vivre un projet missionnaire d’annonce de l’Évangile. Créée il y a vingt ans, cette proposition permet d-à de jeunes étudiants de s’investir dans une animation auprès des jeunes comme, par exemple, en Aumônerie de Collège et Lycée. Chaque année ils sont huit, garçons ou filles à être motivés par cette expérience. Le projet a évolué, mais la proposition est simple: une vie communautaire basée sur le partage de ce qui anime leur vie et la place de leur foi dans leur cheminement. C’est une manière concrète de vire en chrétien aujourd’hui qu’ils vont partager avec des plus jeunes dans une démarche de transmission de la foi. Ainsi ce n’est pas une simple « Coloc » mais leur vie au sein de cette maison des étudiants demande motivation et investissement pour une vie communautaire signifiante. Ce sera la base de ce qu’ils vont partager chaque semaine auprès des plus jeunes qui veulent vivre, approfondir et célébrer leur foi au sien de l’aumônerie scolaire.

Concrètement, une rencontre chaque lundi soir avec repas, temps de relecture et d’évaluation de la semaine, réflexion sur un thème d’animation, puis temps de prière ensemble. Au cours des années, cette expérience a permis à des étudiants de vivre une mission d’Église pour témoigner et annoncer l’évangile. Cette transmission de la foi aux plus jeunes, parfois exigeante, est toujours une belle expérience.

Ce projet de vivre l’évangile dans un service d’église enthousiasme chaque année des jeunes désireux de vivre concrètement leur foi comme réponse au Christ qui nous dit : « soyez mes témoins » mais aussi « et  moi je suis avec vous tous les jours ».

Longue et belle route à ce projet et aux jeunes qui chaque année participent à cette expérience de vie et de foi.

P. Christian Flottes (aumônier sud XXème), religieux des Sacrés-Coeurs.

« Qui est le plus grand ? »

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(25ème dimanche du temps ordinaire) – 20 septembre 2015

En cette année 2015, l’Église célèbre le 5ème centenaire de la naissance de Thérèse d’Avila (docteur de l’Église). A partir de 45 ans, cette réformatrice du Carmel commença à écrire   son expérience spirituelle. Dans son dernier livre, « le château intérieur », elle présente son parcours et partage son expérience. Un pèlerinage éprouvant qui fait traverser plusieurs demeures d’un château, lesquelles donnent accès à une demeure finale ; l’union avec le Christ.

Si les disciples de Jésus avaient lus Thérèse d’Avila, ils auraient vite compris « qui est le plus grand ? »(Marc 9,34). Les premières demeures du « château intérieur » le montrent suffisamment : le plus grand sera le plus humble. L’Évangile de ce jour nous le redit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous ». Mais ne nous trompons pas : Jésus ne reproche pas aux disciples de vouloir être le premier, il leur reproche la méthode pour y arriver. Par ses propos, le Christ veut déjà dire à ses disciples que la passion sera le chemin des premiers. Ainsi, l’arme principale pour réussir ne sera plus la domination du plus fort sur le plus faible. L’arme principale va devenir celle de la croix. D’une manière étonnante et mystérieuse, la croix va nous dévoiler le vrai visage de Dieu et la nouvelle Loi du « tout puissant ». Elle aura pour nom : « Miséricorde ».

La Sainte d’Avila partage son expérience de la croix. Dans la contemplation du Golgotha, sa quête sera celle de chercher et découvrir Celui qui est « la Voie, la Vérité et la Vie » (Jn14,6). Elle le dira elle-même : « Vouloir ce que la Vérité veut : voilà l’humilité de celle et de celui qui, n’étant pas Dieu, vit de Dieu ». Afin de faire nous aussi cette expérience spirituelle, n’oublions pas de passer par la porte d’entrée du château ! Cette porte a pour nom « prière » et comme le dit si bien la « grande Thérèse » : « Ce qui est important dans la prière, ce n’est pas de beaucoup penser… c’est de beaucoup aimer ! ».

 P. Bertrand Cherrier, religieux des Sacrés-Cœurs.

 

 

Gagnant ou Perdant ?

 

(24ème dimanche du temps ordinaire) – 13 septembre 2015

Les pires films, les pires séries télévisées, sont ceux et celles qui séparent radicalement les personnages en deux catégories : pas d’ambiguïté, d’un côté les « winners », de l’autre les « losers ». C’est simple comme bonjour, il n’y a pas à se poser de question, mais cela ne donne, le plus souvent, que de tristes navets. Le malheur, c’est que ce regard simpliste risque d’être appliqué également à la vie réelle et certains ne s’en privent pas, qui ont vite fait de distinguer les bons et les mauvais. Pour ne prendre qu’un exemple, n’avons-nous pas été informés de la décision de quelques maires qui affirmaient vouloir accueillir des réfugiés, mais en s’empressant de préciser : « uniquement des chrétiens » ?

Comme si c’était si simple ! Comme si l’on pouvait si aisément séparer les hommes en deux catégories ! L’évangile de ce dimanche nous le rappelle pourtant, que tout n’est pas si schématique. Une fois de plus, Jésus crée la surprise en ébranlant nos façons de penser, d’agir, de croire. Pierre a bien parlé lorsqu’il a répondu à Jésus qu’il est le Christ, mais c’est pour, aussitôt après, se ranger du côté de Satan ! Car si Jésus est le Christ, il n’est pas le Christ qu’on imagine.

On attendait un Christ gagnant, un « winner », et voilà qu’il se présente comme un perdant, un « loser », celui qui sera arrêté et mis à mort ! Et non seulement il se présente ainsi mais il nous invite à faire de même, à perdre notre vie, nous aussi ! Et si c’était ainsi, et ainsi seulement, que l’on pouvait vraiment gagner ! Et s’il fallait perdre sa vie pour la gagner ! N’est-ce pas cela qui fait notre monde plus beau ? Parce qu’à la suite du Christ, il y a eu un Maximilien Kolbe, un saint Damien de Molokaï, un Mgr Romero, un Nelson Mandela, un Martin Luther King, et tant d’autres… « Celui qui perd savie à cause de moi et de l’Evangile la sauvera. » Se mettre du côté des perdants, c’est le chemin pour gagner !

P. Luc Schweitzer, religieux des Sacrés-Coeurs.

 

 

« Ouvre-toi! »

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(23ème dimanche du temps ordinaire) – 6 septembre 2015

Dans les Évangiles, Jésus donne le témoignage d’un amour qui guérit. A plusieurs reprises, il va accomplir des guérisons. L’évangile de ce jour en est un nouvel exemple. « Des gens« , dont l’auteur ne donne aucune précision sur leur identité, apportent un homme à Jésus. Cet homme, nous ne saurons pas son nom. Pour l’Évangéliste, c’est une manière de dire qu’il pourrait être l’un de nous. Une chose est sûre, il est « sourd et parle difficilement ».(Marc7,32)

Depuis longtemps, le peuple hébreux attend un sauveur capable de guérir. Le prophète Isaïe l’avait annoncé: « les yeux des aveugles verront et les oreilles des sourds s’ouvriront… et la bouche du muet criera de joie » (Is, 35,5). Quelle prophétie! C’est dans les années 760 à 720 avant Jésus-Christ qu’Isaïe annonçait ces guérisons. Cette annonce s’est transmise de génération en génération et l’Évangéliste Marc va en faire mémoire, mais en l’actualisant: « ses oreilles s’ouvrirent, sa langue se délia! » (Marc7,35).

L’attente fut longue, mais elle est récompensée. Dans cette guérison, le Christ nous laisse entrevoir notre propre guérison. Malade ou pas, nous sommes souvent aveugles et sourds. Rappelons-nous ces paroles du Christ: « vous avez des yeux et vous ne voyez pas? Des oreilles et vous n’entendez pas? » (Marc 8,18).

De grâce, que chacun d’entre nous sache répondre à l’appel du Christ: « Effata! » (« ouvre-toi! »).

S’ouvrir au Christ… Là est notre guérison!

S’ouvrir au Christ… Là se trouve l’ouverture vers Notre Père et vers notre prochain!

P. Bertrand Cherrier, religieux des Sacrés-Coeurs.

 

 

 

Où est ton coeur?

(22ème dimanche du temps ordinaire) – 30 août 2015

Gandhi, paraît-il, admirait beaucoup l’enseignement du Christ et, en particulier, celui du Sermon sur la Montagne. Il disait: « J’ai beaucoup d’estime et de respect pour le Christ, mais non pour les chrétiens… car ils disent et ne font pas. » Et, en effet, lorsqu’il était en Afrique du Sud, il avait eu le projet d’assister à une messe, mais on lui avait interdit l’entrée de l’église en lui expliquant qu’elle était réservée aux blancs et qu’il lui fallait en trouver une autre réservée aux noirs. Gandhi s’en était allé, si désappointé que plus jamais il ne lui était venu à l’esprit d’entrer dans une église.

Ce que Jésus reprochait aux pharisiens, eux qui donnaient « l’apparence d’être justes », mais qui, au-dedans, étaient « pleins d’hypocrisie et d’iniquité », c’est de cela dont nous devons nous garder par dessus tout. Ne nous contentons pas de pratiques extérieures en pensant ainsi nous mettre ne règle avec Dieu. Nous pouvons multiplier les actes de piété tant que nous voulons, cela ne sert à rien si, dans le même temps, notre coeur est rempli d’orgueil, de cupidité ou de malveillance. Rappelons-nous la parabole du Bon Samaritain. Le prêtre et le lévite sont probablement des hommes satisfaits d’eux-même: ils mettent en pratique chaque petit décret de la Loi. mais leur coeur est fermé à la compassion. Eux qui sont si sûrs de faire plaisir à Dieu sont en vérité loin de lui. Mais le Samaritain qui prend en charge le blessé et le soigne, lui est poche de Dieu. C’est l’amour seul qui met en communion avec Dieu.

En cette période de rentée, ne nous satisfaisons pas uniquement de bonnes résolutions qui ne concerneraient que des pratiques extérieures. Attachons-nous d’abord et avant tout à changer notre coeur, afin que l’on puisse dire: « Ah ! Oui, ils ne sont pas chrétiens uniquement en paroles! ils parlent, certes, mais ils agissent! »

P. Luc Schweitzer, religieux des Sacrés-Coeurs.

 

 

 

 

De Jean à Jean de la Croix.

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(21ème dimanche du temps ordinaire) – 23 août 2015

En conclusion du chapitre six de Saint Jean  que nous avons lu durant cinq dimanches, voici un poême de Saint Jean de la Croix qui rejoint bien le discours de l’Évangéliste:

« Je la connais la source, elle coule, elle court, mais c’est de nuit.

Dans la nuit obscure de cette vie, je la connais la source, par la foi, mais c’est de nuit.

Je sais qu’il ne peut y avoir de chose plus belle, que ciel et terre  viennent y boire, mais c’est de nuit.

Je sais que c’est un abîme sans fond et que nul ne peut la passer à gué, mais c’est de nuit.

Cette source éternelle est cachée en ce pain vivant pour nous donner la vie, mais c’est de nuit.

De là, elle appelle toutes créatures qui viennent boire de son eau, dans l’ombre, car c’est de nuit.

Cette source vive de mon désir en ce pain de vie je la vois, mais c’est de nuit »….

« Vivre éternellement. » 

(20ème dimanche du temps ordinaire) – 16 août 2015

Jésus le dit dans l’Evangile de ce dimanche : « Celui qui mange ce pain vivra éternellement. » Comment comprendre ces paroles ? Quelle interprétation faisons-nous de ces termes ? Que veut dire pour nous « vivre éternellement » ?

N’est-il pas difficile, voire inconcevable, de penser l’éternité, alors que nous sommes si préoccupés par le temps présent ? Comment se projeter dans l’éternité quand tout nous invite à profiter de l’instant présent ? Les paroles de Jésus ont-elles quelque pertinence que ce soit pour nous, hommes et femmes du XXIe siècle ?

Peut-être faut-il que nous pensions l’éternité autrement ? Non pas seulement comme une durée, à la manière de Woody Allen qui, avec son humour et sa causticité, écrivait que, tout de même, « l’éternité, c’est long, surtout vers la fin » ! Oui, c’est long, d’autant plus que, par définition, il n’y a justement pas de fin à l’éternité.

Mais peut-être faut-il que nous pensions l’éternité en terme d’intensité, davantage qu’en terme de durée… L’éternité, dans ce cas, c’est d’être comblé au-delà de tout ce que nous pouvions imaginer. Jésus se donne à nous en nourriture pour combler tout notre être. Toutes nos faims, toutes nos soifs n’ont plus lieu d’être. Il nous donne tout ce dont nous avons besoin.

Ne cherchons pas ailleurs ! Jésus est la seule véritable nourriture dont nous ayons besoin. Si nous allons à lui, si nous le recevons, notre cœur en est rassasié. Et l’éternité, ce n’est pas seulement ce temps infini d’après notre mort, mais c’est chaque jour de notre vie ! L’éternité, ça commence dès maintenant, chaque fois que nous nous nourrissons du Pain de Vie.

Luc Schweitzer, religieux des Sacrés-Coeurs.

 

« soyons le pain les uns des autres »

(19ème dimanche du temps ordinaire) – 9 août 2015

                                                                                                   Voici un poême de Marie-Noël qui nous prépare à la fête de l’Assomption tout en nous parlant du « pain de vie »:

pain et vin

La Boulangère en son logis pieux,  Avril venant reçut le grain de Dieu. L’a mis à l’ombre en son humble grenier. L’a serré là pendant neuf mois entiers.

Le choeur : « Faites-nous le pain, Marie, ô Marie, Faites-nous le Pain, Car nous avons faim. »

La Boulangère a pris un long chemin  Pour s’en aller à la Maison du Pain. Pour le pétrir elle a peiné de nuit,  L’a mis au monde environ la minuit.

Le Choeur: « Cuisez-nous le pain, Marie, ô Marie, Cuisez-nous le Pain, Car nous avons faim. »

L’a cuit trente ans au feu de sa maison,   A la chaleur de sa belle maison   A la douceur de son coeur le plus doux, Le tendre Pain, le Pain blond, le Pain roux.

Le Choeur : « Portez-nous le Pain, Marie, ô Marie, Portez-nous le Pain, Car nous avons faim. »

Après trente ans, l’ayant du four ôté,  Son fils unique en ville l’a porté  A tous les gens affamés d’alentour,  Le pain nouveau, le Pain tout chaud d’Amour.

Le Choeur : « Servez-nous le Pain, Marie, ô Marie, Servez-nous le Pain, Car nous avons faim. »

Pour trente sols le marchand l’a vendu.    Pour trente sols mille dents l’ont mordu   Au grand repas qui fut un vendredi  Servi pour l’homme à l’heure de midi.

Le Choeur: « Livrez-nous le Pain, Marie, ô Marie, Livrez-nous le Pain, Car nous avons faim. »

Mais qui l’a vu meurtri, rompu, détruit, Le pain vivant qu’elle avait fait de nuit, Comme un agneau par les loups dévoré, La boulangère en grand deuil a pleuré.

Le Choeur: « Pleurez sur le Pain, Marie, ô Marie, Pleurez sur le Pain, Car nous avons faim. »

 

 

 

« Faire pleuvoir du pain »

(18ème dimanche du temps ordinaire) – 2 août 2015

 

         L’expression est surprenante, mais elle est bel et bien mise dans la bouche du Seigneur au livre de l’Exode. Alors que le peuple récrimine et va jusqu’à regretter les marmites de viande et le pain abondant de l’Egypte, le Seigneur répond par cette promesse : « je vais faire pleuvoir du pain pour vous » ! Et, en effet, stupéfait, le peuple découvre, au petit matin, ce pain étrange qui prend le nom de manne, en même temps qu’il se repaît des cailles dont le vol recouvre le camp.

Merveilles que fit le Seigneur et qu’on rêverait de voir s’accomplir à nouveau ici et là dans le monde. Combien d’hommes, de femmes, d’enfants, souffrant de faim, de malnutrition, aimeraient qu’il pleuve du pain et qu’il leur tombe du ciel de succulentes cailles ? Cela, bien sûr, ne se fera pas pour eux de la manière qui est décrite au livre de l’Exode, mais cela se fera ou cela peut se faire dans la mesure où chacun et chacune se met à l’oeuvre pour une meilleure répartition des richesses du monde.

Dans sa récente encyclique « Loué sois-tu », le pape François le souligne : tout est lié dans notre monde et l’on ne peut se préoccuper de sauvegarder notre planète en grand péril sans se préoccuper également du bien-être des peuples et, en particulier, des plus pauvres, c’est-à-dire de ceux qui, précisément, sont les premières victimes des inquiétantes dégradations écologiques de notre Terre. Chaque geste, chaque décision allant dans le sens de la sauvegarde de notre planète est une contribution à l’amélioration des conditions de vie des plus pauvres.

L’eucharistie que nous célébrons en est un des signes les plus beaux : « la grâce (…) atteint une expression extraordinaire quand Dieu fait homme, se fait nourriture pour sa créature », écrit le pape François. Elle est, ajoute-t-il, « source de lumière et de motivation pour nos préoccupations concernant l’environnement. »Nourris du pain eucharistique, engageons-nous davantage pour la préservation de la planète et pour qu’il « pleuve du pain » pour ceux qui souffrent de la faim !

   Luc Schweitzer, religieux des Sacrés-Coeurs.

 

 

 

« Que rien ne se perde ! »

(17ème dimanche du teHoly multiplicationmps ordinaire) – 26 juillet 2015

        Un enfant donne à Jésus « cinq pains d’orge et deux poissons ». Avec ce presque rien, « environ cinq mille hommes » vont manger à leur faim ! Quelle disproportion entre le peu de nourriture du départ et la surabondance finale… Comment croire une telle histoire ? Seule la foi nous permet d’y arriver. Jésus est capable de nourrir une foule avec le peu que nous lui donnons. Jésus incarne la  culture du don  et rend possible une distribution pour tous avec très peu.

       Au catéchisme, un enfant donna cette interprétation : « je sais pourquoi tout le monde à manger ! Comme l’enfant a donné tout ce qu’il avait, les adultes qui cachaient leur nourriture dans leur poche se sont décidés à la partager aussi. N’osant pas montrer devant tant de monde qu’ils avaient de la nourriture, ils se sont enfin décidés à faire comme cet enfant qui a tout donné à Jésus. Ainsi, tout le monde a mangé à sa faim ». Peu d’exégètes ont pensé cette interprétation, mais reconnaissons qu’elle a une saveur évangélique.

        Plus sérieusement, le Pape François parle lui aussi d’une abondance de nourriture mais avec un final bien différent que cet Évangile. Jésus va se soucier de faire ramasser les restes pour « que rien ne se perde ». Le Saint Père évoque une multiplication de nourriture dans son encyclique (« Laudate si ») mais dans un autre contexte : celui de l’économie et de la production pour gagner plus. Il en déplore le résultat d’une « culture du déchet ». Aujourd’hui, on achète, on utilise et puis on jette ! Nous sommes invités à une « conversion écologique ». Sachons nous contenter de peu en partageant les cinq pains d’orge et deux poissons que nous avons. Nous arriverons à nourrir bien plus de gens que nous pensons. Mais  n’oublions pas également: « que rien ne se perde ».

P. Bertrand Cherrier,  religieux des Sacrés-Cœurs.

 

Repos divin.

(16ème dimanche du temps ordinaire) – 19 juillet 2015

desert1        En ce 16ème dimanche du temps ordinaire, Jésus invite ses disciples à se reposer. « Venez à l’écart dans un endroit désert et reposez vous un peu » (marc 6,31). En cette période de congés, l’Évangile de ce jour coïncide bien avec ce moment de l’année ou un bon nombre de familles partent en vacances. Cela dit, l’enjeu de ce repos est bien plus qu’une simple période de « farniente » ou de « remise en forme »…

        Dans le récit de la Genèse, on évoque déjà l’importance du repos car Dieu lui-même s’accorde un peu de repos : « Le septième jour, Dieu avait achevé l’œuvre qu’il avait faite. Il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite. (genèse 2,2) ». Les récits bibliques confirment bien l’importance d’un temps de repos. Dans le livre de l’Exode et du Deutéronome, ce repos de Dieu le septième jour de la Création deviendra une Loi : « le septième jour, tu ne feras aucun travail » (Dt 5,12), « le septième jour, qui est le repos du Seigneur…» (ex. 20,10).

        Ainsi, se reposer n’a pas seulement pour effet de se refaire une santé, mais cela a pour enjeu de découvrir une manière de vivre le rapport au temps et au travail à la manière de Dieu. Savoir se reposer, notamment le septième jour, c’est vivre sa vie au même rythme que le Créateur. C’est mettre sa vie au rythme de la vie de Dieu. C’est découvrir un art de vivre, une sagesse…

         Que ce temps de repos soit pour chacun d’entre nous un moment privilégié pour redécouvrir que c’est le Seigneur qui nous accorde le repos : « L’Esprit du Seigneur les menait au repos » Isaïe63,14. Comme dit le psalmiste : « Il me fait reposer dans de verts pâturages », ou encore, « mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance. » Prenons donc notre repos au cœur de la Création avec un rythme qui correspond à celui du Créateur.

P. Bertrand Cherrier, religieux des Sacrés-Coeurs.

Appeler pour la mission. 

(15ème dimanche du temps ordinaire) – 12 Juillet 2015

       Le jour d’une confirmation, l’évêque (ou son représentant) appelle le confirmands par son prénom et celui-ci répond : « Me voici ! ». La liturgie de ce sacrement d’initiation exprime clairement la vocation du baptisé qui est celle de répondre à un appel. Dans l’Évangile de ce jour, les Apôtres vont répondre à l’appel du Seigneur : « jésus appela les Douze » (marc 6,7). Aussitôt l’appel, ils partirent en mission pour chasser les esprits impurs tout en respectant la recommandation de  «  ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture ». (Marc 6,9). Après ces recommandations, « ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir. » (marc 6,12)

       Répondre à l’appel du Christ exige de nous une perte de soi pour laisser la place à un autre que soi. Au nom du Christ-Jésus, je vais me découvrir capable de changer et de réaliser des choses nouvelles, notamment celle de me convertir à la charité et de chasser le mal… ou plus modestement travailler à l’user et le fatiguer. Lorsque des gens me disent : « je n’ai pas fait de mal », aussitôt je leur réponds : « la question n’est pas tant de savoir si je n’ai pas fait de mal que de savoir si je l’ai combattu ». Ne l’oublions pas:  il est possible de passer sa vie sans faire de mal et en oubliant de faire le bien !

       Appel et Mission vont ensemble et se découvrent inséparables. Comme nous le montre l’Évangile de ce jour, l’appel est le moment révélateur de la mission à accomplir et la mission devient la mise en œuvre d’un appel gravé dans la mémoire. En cette période de vacances, prenons le temps de méditer sur notre vocation chrétienne et redécouvrons cette alliance mystérieuse de l’appel et de la mission. L’appel se raconte. La mission se réalise. Parole et action ne font plus qu’un… Par, avec et en Jésus-Christ.

P. Bertrand Cherrier, religieux des Sacrés-Coeurs.

 

Faire confiance ou ne pas faire confiance ?

(14ème dimanche du temps ordinaire) – 5 juillet 2015

« Jésus s’étonna de leur manque de foi ». Voilà ce que nous dit l’Évangile de ce jour. Il revient chez lui, et c’est dans son lieu d’origine qu’il se  retrouve comme un étranger… Drôle de situation! En rentrant dans son village, il découvre qu’il n’est pas prophète en son pays. Sa parole interpelle mais il n’est pas question d’y croire. La raison est simple: il est le fils du charpentier, ses frères et ses soeurs sont connus. L’histoire de cet homme doit rester dans ce cadre là. Il ne peut pas s’échapper de ses origines.

De cette histoire, nous pouvons retenir un enseignement: lorsque l’on croit tout savoir sur quelqu’un, la nouveauté devient impossible. On n’attend plus rien de lui sinon que son histoire se répète indéfiniment. Il est fréquent que l’on enferme une personne dans un cadre  qui condamne à devenir ce que les autres attendent d’elle. Bref, ne l’oublions pas, si quelqu’un dit qu’il sait tout sur moi, soyons certain que cela aura pour conséquence qu’il n’attendra plus rien de moi…

Par ce récit, nous découvrons que la foi a pour enjeu de faire confiance à la parole de Jésus. Une parole toujours nouvelle. Une parole qui déplace. Une parole qui surprend. Une parole qui guérit. Sans cette confiance, la parole demeure vide. Une grand nombre de personne travaillent à réduire l’impact de la parole de Jésus. Il se fatigue pour rien. Mystérieusement, il y aura toujours des femmes et des hommes qui feront confiance au « Logos », à la parole de Jésus. Pour ceux-là, il est donné de découvrir et de comprendre jusqu’où va la sagesse et la puissance du Christ-Jésus.

P. Bertrand Cherrier, religieux des Sacrés-coeurs.

 

« En marche! »

(13ème dimanche du temps ordinaire) – 28 juin 2015

« Quand j’aurais la foi la plus totale, celle qui transporte les montagnes, s’il me manque la charité, je ne suis rien. » Voilà ce que disait Saint Paul dans une célèbre lettre aux Corinthiens. Toute vie chrétienne s’oriente vers ce sommet qui est la charité. C’est en faisant des progrès dans l’amour de mon prochain que je ferai des progrès dans l’amour de Dieu. A sa manière Saint Jean ne dit que cela lorsqu’il écrit: « Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut pas aimer Dieu qu’il ne voit pas. «  (Jean 4,20). Saint Jacques le dit autrement: « A quoi bon, mes frères, dire que l’on a de la foi si l’on a pas d’oeuvres? »« De même que sans souffle, le corps est mort, de même aussi, sans oeuvres, la foi est morte. » (Jacques 2,26). Le Père Yves de Montcheuil l’écrivait très bien: « la vraie grandeur de Jésus-Christ, jusque dans son humanité, est de l’ordre de la Charité. »

Trois défis nous attendent: vivre la solidarité, accueillir et célébrer avec joie dans notre église, transmettre la foi aux jeunes générations. Que la charité soit notre étendard. Elle sera le lien entre ces trois défis. Elle va nous conduire sur les chemins de la solidarité, de l’accueil et de la célébration, de l’éducation. N’oublions pas: « la charité prend patience, elle ne jalouse pas, elle ne s’enfle pas d’orgueil, elle ne cherche pas son intérêt, elle ne se réjouit pas de l’injustice, mais elle trouve sa joie dans la vérité. »

Durant les célébrations de ce week-end, demandons à ceux qui nous ont précédé dans la foi de nous accompagner et nous soutenir dans notre projet paroissial. Faisons appel à l’endurance de Job, l’enthousiasme de Paul, la douceur de Jean, la force de Moïse et la pauvreté de François! Dans la communion des saints, mettons-nous en marche avec le Christ et donnons le témoignage d’une Charité qui ne disparaît jamais !

P.Bertrand Cherrier, religieux des Sacrés-Coeurs.

 

Une traversée qui libère…

(12ème dimanche du temps ordinaire) – 21 juin 2015

tempête apaisée

Dans l’Évangile de ce dimanche, tout commence par un ordre:

« Passons sur l’autre rive ». Nous ne sommes plus habitués à recevoir des ordres. Notre conception de la liberté supporte mal cette manière de faire. Encore plus en vieillissant! En occident, la liberté s’ordonne à la conscience personnelle et à sa propre volonté. La tendance d’aujourd’hui se retrouve être: « que ma volonté soit faite! ». Une obéissance sans liberté, nous savons ce que cela produit: l’esclavage. mais une liberté sans obéissance, cela ne risque-t-il pas de devenir arbitraire et d’engendrer une liberté « au gré du vent », une liberté qui s’isole et se fragilise par ses propres limites, une liberté incapable de s’exposer et de traverser des tempêtes. par peur!

« Passons sur l’autre rive » est un appel à la liberté. Un appel dans les nuits de ma vie (« le soir venu ») à partir vers d’autres horizons. Un appel à briser la solitude (« d’autres barques l’accompagnaient »). le chrétien se découvre voyageur et sa vie se nomme « traversée ». Elle ne sera pas une promenade, mais une lutte. Tous les voyageurs vont faire cause commune. La traversée va mener à bon port car la barque est conduite par un Homme de confiance. Dans cet événement, je vais découvrir qui Il est… et qui je suis.

« Passons sur l’autre rive! » est une expérience de Dieu. De cette aventure va naître une histoire de foi qui va soigner mes peurs et me faire comprendre que la peur (et non le doute) est un obstacle à la foi. Dans cette traversée, que chacun choisit librement, nous éprouvons notre foi du départ et nous découvrons progressivement que la foi, c’est « la puissance du Christ devenue nôtre ». Alors, la traversée prend des allures de mort… et de résurrection!

Tout cela dans une barque qui a pour nom: « Église ».

P. Bertrand Cherrier, religieux des Sacrés-Coeurs

 

Ce qui lève en nos coeurs.

(11ème dimanche du temps ordinaire) – 14 juin 2015

Quand Saint Marc rédigeait son Évangile, peut-être s’adressait-il à des chrétiens désemparés, persécutés et pour qui les signes de la présence de Dieu n’étaient pas toujours très perceptibles. Ces difficultés demeurent. Dans le monde qui est le nôtre, on peut légitimement penser que tout va mal. Ce monde est violent, sans pitié pour les faibles, et ne laisse que peu de place à l’espérance. Il est facile et tentant de baisser les bras quand on est à l’écoute des nouvelles véhiculées par les médias. Guerres et violences de toutes sortes, mépris des plus pauvres, destruction de la planète, catastrophes en tous genres…

Dieu est-il présent? Dieu agit-il ? L’Évangile de ce jour nous invite à regarder autrement et pas seulement en nous accordant aux lunettes des médias. Il y a un autres regard, un regard qui perçoit l’invisible, le non perceptible par les sens (en tout cas, de manière immédiate). Il faut du temps, il faut laisser Dieu agir et s’émerveiller lorsque surgit l’inattendu, lorsque la minuscule semence a été changée en un grand arbre.

Parents, catéchistes, chrétiens, nous semons dans le coeur des enfants, mais nous savons bien que nous ne pouvons tout maîtriser. C’est Dieu qui agit dans les coeurs, dans la mesure où on le laisse faire. N’est-ce pas vrai, tout particulièrement, pour ces enfants qui font aujourd’hui leur Première Communion? Nous les avons préparés du mieux que nous pouvons et déjà, en particulier lors de leur retraite à Cerfroid, nous nous sommes émerveillés de ce que Dieu faisait grandir en eux.

Accompagnons-les par la prière, les chants, la ferveur, la foi, la joie et le recueillement! Oui, un bel arbre peut s’épanouir en eux, un arbre qui produira les meilleurs fruits.

P. Luc Schweitzer, religieux des Sacrés-Coeurs.

 

Fête de l’Eucharistie, Fête de la foi.

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(fête du corps et du sang du Christ) – 7 juin 2015

En ce dimanche notre communauté célèbre deux fêtes qui nous invitent à nous laisser renouveler dans notre vie de croyant. L’église célèbre la fête de l’Eucharistie, l’alliance scellée par Jésus dans le don de sa vie pour nous. C’est la révélation suprême de Dieu nous donne de son Amour. Nous accompagnons aussi seize jeunes qui veulent marquer une étape dans leur vie de foi. Un va faire son entrée en catéchuménat, quatre vont faire leur première communion, et les autres vont professer leur foi. Quel lien entre ces deux fêtes ? En quoi pouvons-nous nous sentir concernés et interpellés?

La solennité du Saint Sacrement, la fête de l’Eucharistie, nous rappelle que notre communion au Christ dans toute sa vie est le fondement d ela communion. Nous sommes invités à vivre cette communion au sien de notre communauté, mais aussi communion, c’est à dire faire Un avec l’humanité entière. Il s’agit d’accueillir en frère toutes celles et ceux avec qui nous vivons et pour lesquels le Christ a donné sa vie. L’assemblée Eucharistique n’est pas seulement un regroupement ou une réunion, elle est communion.

Il devient donc évident que ce rassemblement où nous sommes convoqués par le Ressuscité ne se cantonne pas au temps de la célébration. La célébration est bien le coeur de cet accueil de Jésus présent qui nous accompagne dans notre quotidien, et qui nous envoie comme disciple au coeur de ce monde qui est le nôtre. L’amour de Dieu qui nous donne sa présence devient pour nous la source d’une nouvelle présence qui nous relie, qui nous unit les uns aux autres. Quand Jésus dit: « faites cela en mémoire de moi », cela ne s’applique pas uniquement au seul rite, à la célébration. Nous avons à refaire ce que Jésus a fait c’est à dire aimer et, à notre tour, donner notre vie.

C’est une grâce et un signe fort pour les jeunes de notre paroisse que de professer aujourd’hui leur foi en cette fête de Jésus Eucharistie. Ils ne vont pas uniquement dire leur foi mais aussi situer leur vie dans cette dynamique qui est accueil du Christ présent et source de leur vie. Leur démarche nous concerne, car nous avons à témoigner de la place de cette vie eucharistique dans le concret de nos vies. Puissions-nous les accompagner sur ce chemin et témoigner de la joie et de la beauté d’une foi vécue à la suite du Christ.

Père Christian Flottes, religieux des Sacrés-coeurs.

 

A la rencontre de la « Trinité ».

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(fête de la Trinité) – 31 mai 2015.

Dans la Bible, nous ne trouvons pas le mot « Trinité ». Il n’apparaîtra qu’au 2ème siècle avec Théophile d’Antioche (Trias, en grec) et Tertullien (Trinitas, en latin). Si pour les Père de l’Eglise il a fallu attendre pour donner un nom au mystère du Dieu unique en trois personnes, la pratique chrétienne n’a pas attendu pour vivre de ce mystère en baptisant « au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit » (Mat. 28,19). Il en est de même pour le signe de croix: s’il exprima très vite la foi « trinitaire » (les premiers chrétiens le faisait sur le front), son explication et sa compréhension demanda un peu plus de temps… Il fallut passer par de nombreuses controverses (notamment celle de l’Arianisme) pour aboutir à plusieurs conciles qui fondèrent notre Credo d’aujourd’hui (Nicé – 325 – et Constantinople – 381 -).

Ainsi, c’est en pratiquant « les mystères de la foi » (baptême, signe de croix, eucharistie, …) que les premiers chrétiens se sont mis à mieux comprendre ce qu’ils faisaient. Sans que ls premiers dogmes soient encore établis, la pratique religieuse faisait entrer les chrétiens dans la compréhension de la foi. Retenons cet enseignement : au travers de ce qu’ils faisaient (prières, baptêmes, vie communautaire, charité), ils découvraient ce qu’ils cherchaient : un Dieu unique en trois personnes.

Il nous faut prendre modèle sur ces premières communautés chrétiennes. Le mystère de la Trinité n’est pas d’abord à comprendre mais à vivre. Saint Augustin l’avait bien exprimé, lui qui présentait la Trinité comme une relation d’amour entre Celui qui aime (le Père), Celui qui est aimé (le Fils), et l’Amour (Esprit-Saint). La foi nous communique cette manière d’aimer. Dieu est total partage « et c’est grâce au Christ que les uns et les autres, dans un seul Esprit, nous avons l’accès auprès du Père ».

Père Bertrand Cherrier , religieux des Sacrés-Coeurs.

 

Avec l’Esprit-Saint, osons nous engager !

(fête de la Pentecôte)

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 Le jour de la Pentecôte, poussés par l’Esprit-Saint, les apôtres sont sortis du Cénacle pour annoncer la bonne nouvelle du Christ ressuscité. Remplis de l’Esprit-Saint les premiers disciples étaient assidus à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. Unis par l’Esprit-Saint les premières communautés mettaient leurs biens en commun et les partageaient en fonction des besoins de chacun. Puis, le nombre augmentant, certains, pleins d’Esprit-Saint et de sagesse, furent institués pour prendre en charge le service des tables. C’est ainsi que l’Eglise, grâce à l’Esprit-Saint, s’est structurée et développée dès les origines dans trois domaines indissociables: l’annonce et l’enseignement de la Parole, l’eucharistie et la prière, le service des frères et des pauvres.

Nous sommes invités à vivre aujourd’hui ce qui est arrivé aux apôtres le jour de la Pentecôte et à faire en sorte que cet événement soit aujourd’hui une expérience vivante en chacun de nous et au sein de notre paroisse.

Sans nul doute inspiré par l’Esprit-Saint, le conseil pastoral nous a proposé trois pistes d’engagement pour le projet paroissial des années à venir: transmettre la foi aux jeunes générations, accueillir et célébrer dans notre église, vivre la solidarité au sein de notre communauté et de notre quartier.

Répondons avec enthousiasme à cet appel qui nous est lancé et retrouvons-nous nombreux dimanche 28 juin pour enrichir ce projet et nous engager tous ensemble, pleins de confiance, dans la mission d’évangélisation qui nous est proposée. Nous demanderons à l’Esprit-Saint de nous combler de ses dons de conseil, de sagesse et de force. Et soyons assuré qu’il inspirera toutes nos décisions.

 Pascal Blavot, diacre.

Un dimanche pas comme les autres…

(7ème dimanche du temps pascal)

« C’est votre intérêt que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas je ne vous enverrai pas mon Esprit. » (Jn16,7). Voici résumé en une phrase les enjeux de l’Ascension… et l’attente de la Pentecôte. Si Jésus quitte cette terre et n’est plus visible c’est parce qu’il inaugure une autre manière de se rendre présent à ses disciples et au monde. Une espérance nouvelle va s’accomplir par le don de l’Esprit.

Grâce à la Pentecôte, l’unité de l’Église devient un signe concret de la nouvelle présence du Christ: « À ceci tous reconnaîtrons que vous êtes mes disciples: si vous avez de l’amour les uns pour les autres ». (jean13,35). Grâce à l’Esprit Saint, la communion et l’unité des chrétiens témoignent concrètement de la présence du Dieu parmi nous. Voilà le défi et la mission de l’Église: à la présence visible de Jésus se substitue un signe nouveau de sa présence dans l’unité de la vie chrétienne, en Église. Saint Jean nous le dira encore plus concrètement : « Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut pas aimer Dieu qu’il ne voit pas. Et voici le commandement que nous tenons de lui: Celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère. » (1 Jn4,21). Ainsi, l’actualité du Christ sera rendue visible dans l’amour que je porterai à mon frère. Cela se réalisera non par mes propres forces, mais par le don de l’Esprit-Saint.

Comme le dit le cardinal André Vingt-trois: « nous ne sommes pas plongés dans la tristesse de son absence, mais au contraire conviés à l’action de grâce devant les dons faits par Dieu à l’humanité. le Christ confie sa mission à l’Église et rassemble en elle tous les peuples. Ils sont appelés à constituer un seul corps et un seul esprit pour manifester la puissance de son amour ».

Dans cette unique dimanche situé entre l’Ascension et la Pentecôte, préparons nous à cette mission fondamentale de l’Église: rechercher l’unité.

Père Bertrand Cherrier , religieux des Sacrés-Coeurs.

 

 

Disparition n’est pas abandon.

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(jeudi de l’Ascension)

Peut-être le savons-nous par expérience? Peut-être le pressentons-nous? quand vient le temps de la séparation, l’amour vrai ne se dissout pas. Il perdure, il trouve les moyens de se réalimenter et de se donner malgré la distance. Des créateurs ‘long compris et en ont fait des oeuvres riches d’émotion. Ainsi, dans « Peter Ibbetson », un grand classique d’Henry Hathaway tourné en 1935. Séparés dans des circonstances tragiques, Peter (Gary Cooper) et Mary (Ann Harding) se rejoignent et se retrouvent au moyen de leur rêves et, de cette façon, transforment le chagrin de l’absence en la douceur d’aimer. Bien qu’éloignés l’un de l’autre, ils vivent le plus merveilleux des amours!

Quand le jour de l’Ascension, les Apôtres voient disparaître Jésus, ils savent que leurs regards ne se poseront plus sur lui. Ils ne le verront plus, ils ne le toucheront plus, et pourtant il sera là. Ils n’auront pas même besoin de recourir, comme les deux amants du films d’Hataway, à leurs rêves. Il sera là comme un feu qui brûle le profond du coeur, il s’emparera d’eux comme le vent fait gonfler des voiles de bateaux. Il enflamme et il emporte. Impossible de rester les yeux levés vers le ciel et de bayer aux corneilles !

« Allez dans le monde entier », dit Jésus, avant de détailler les signes qui attesteront de sa présence et qui seront magnifiés par l’action de l’Esprit-Saint. Ils chassent les démons, ils font du bien aux malades… Ils aiment et, chaque fois, qu’ils aiment en vérité, Jésus est présent. S’il s’en est allé le jour de l’Ascension, s’il a disparu du regard des Apôtres, c’est justement pour çà, pour que l’amour soit offert à tous les hommes et non plus seulement à quelques-uns.

Père Luc Schweitzer, religieux des Sacrés-Coeurs.

 

 

« Comme Lui ! Comme Damien ! Comme moi ? »

(6ème dimanche du temps pascal)

Le message du Christ peut se résumer par cette phrase : « Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres ». Pour certains, ce commandement n’est pas réalisable. Il se présente comme un rêve, une utopie, un message réservé aux « optimistes ». Pour d’autres, il n’est pas question de l’appliquer, il faut même s’y opposer  car il n’est ni souhaitable ni possible  d’aimer son prochain. Il est déjà si difficile d’aimer  sa famille et ses amis… Pour tout dire,  dans un cas comme dans l’autre, ce commandement d’aimer  semble  inapplicable, sans fondement objectif.

Et pourtant la tradition chrétienne persiste dans cette manière d’aimer. Si l’Église « demeure » dans la pratique de ce commandement, sa justification se dévoile dans l’Évangile de ce jour. Tout est ordonné  à une  conjonction de subordination : « Aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés ». En découvrant comment le  Christ donne sa vie, nous comprenons ce qu’est l’amour et nous choisissons d’aimer comme lui. C’est un amour qui aime, mais c’est surtout un amour qui sauve et qui guérit.

Damien De Molokaï

Damien De MolokaïEn ce jour ou l’Église fête Damien de Molokaï, apôtre des lépreux, religieux des Sacrés-Cœurs, nous avons un témoignage qui illustre bien le commandement du Christ. Damien a donné sa vie pour les lépreux. Il a porté du fruit et son fruit demeure. Il a fait « comme » Jésus  et « sa joie fut complète ». Lépreux parmi les lépreux, Damien osait dire qu’il était le religieux le plus heureux au monde. Étrange bonheur !

En ce jour ou l’Église fête Damien de Molokaï, apôtre des lépreux, religieux des Sacrés-Cœurs, nous avons un témoignage qui illustre bien le commandement du Christ. Damien a donné sa vie pour les lépreux. Il a porté du fruit et son fruit demeure. Il a fait « comme » Jésus  et « sa joie fut complète ». Lépreux parmi les lépreux, Damien osait dire qu’il était le religieux le plus heureux au monde. Étrange bonheur !

A notre tour, en communion avec Damien et tous les saints,  mettons en œuvre  ce même amour. Ne soyons pas de ceux qui refusent ce commandement. N’ayons pas peur d’aimer et de tout donner. Ce qui fait le bien de l’amour c’est de ne pouvoir être perdu. N’oublions pas : à la fin d’une vie, le meilleur de soi est en dehors de soi !

Père Bertrand Cherrier , religieux des Sacrés-Coeurs.

 

En apprendre plus sur Damien De Molokaï en cliquant ici. 

 

 

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