Homélies du dimanche ….

Dimanche 29 janvier 2023 – 4ème dimanche du temps ordinaire

Chars d’assaut et artisans de paix ?

     Depuis quelques jours nous sommes inondés de « publicités » qui nous montrent les meilleures qualités des chars d’assaut, des tanks que les pays occidentaux enverraient en Ukraine pour « gagner » la guerre !!!

Il est évident qu’un peuple attaqué puisse se défende. Il est juste et nécessaire que celui qui est attaqué utilise des armes d’égale puissance, sinon ce serait le pot de terre contre le pot de fer…

La question qui se pose est : peut-on discuter, parlementer avec un « fou » ?  Il y a, paraît-il, des « fous intelligents » qui savent dans leur folie planifier des destructions massives de population afin de parvenir à leur fin… Souvenons-nous de quelques exemples dramatiques : génocide Arménien, Hitler, Pol-Pot…

Tout cela est bien loin du texte des béatitudes que nous entendons ce dimanche.

Jésus nous dit « HEUREUX LES ARTISANS DE PAIX, CAR ILS SERONT APPELÉS FILS ET FILLES DE DIEU ».

Nous savons qu’en Ukraine, comme ailleurs dans le monde où existent des conflits armés, œuvrent des hommes et des femmes pour faire baisser les tensions, les conflits… Ils contribuent ainsi à l’avènement de la paix. Ces personnes ne se déplacent pas dans des tanks mais plutôt à mains nues, sans armes… Leur pédagogie : convaincre les belligérants à déposer les armes. C’est le long travail des communautés de San Egidio partout dans le monde.

Plus près de notre vie quotidienne nous assistons à d’autres violences : à l’arme blanche, par incendie de nos églises, par guet-apens de jeunes contre d’autres jeunes… violences conjugales… Là, ce ne sont pas les armes lourdes qui peuvent venir à bout de ces conflits et de ces situations. Les armes à utiliser nous les connaissons : l’éducation dès l’enfance, l’amour des parents entre eux et envers leurs enfants… Cela ne fait pas de bruit ! L’amour ne fait pas de bruit !

Relisons les béatitudes comme chemin de vie, comme charte d’amour pour vivre ensemble dans la paix et non dans la peur.

Christian Malrieu

 

Dimanche 22 janvier 2023 – 3ème dimanche du temps ordinaire

Quand Dieu vous parle

     Le 30 Septembre 2019, le Pape François instituait une nouveauté dans le calendrier liturgique, le Dimanche de la Parole de Dieu », fixé au troisième Dimanche du temps ordinaire. Cette année, ce dimanche de la Parole de Dieu tombe le 22 Janvier.

En invitant l’Eglise – par le document « Aperuit illis » – à célébrer d’une manière particulière la Parole de Dieu lors de ce Dimanche, le Saint Père entend souligner toute la richesse et le caractère vivant du texte sacré. Voici ce qu’il écrit dans ce document : « Consacrer de façon particulière un dimanche de l’Année liturgique à la Parole de Dieu permet, par-dessus tout, de faire revivre à l’Église le geste du Ressuscité qui ouvre également pour nous le trésor de sa Parole afin que nous puissions être dans le monde des annonciateurs de cette richesse inépuisable…. J’établis donc que le IIIe Dimanche du Temps Ordinaire soit consacré à la célébration, à la réflexion et à la proclamation de la Parole de Dieu. Ce dimanche de la Parole de Dieu viendra ainsi se situer à un moment opportun de cette période de l’année, où nous sommes invités à renforcer les liens avec la communauté juive et à prier pour l’unité des chrétiens. Il ne s’agit pas d’une simple coïncidence temporelle : célébrer le Dimanche de la Parole de Dieu exprime une valeur œcuménique, parce que l’Écriture Sainte indique à ceux qui se mettent à l’écoute le chemin à suivre pour parvenir à une unité authentique et solide. » (Aperuit illis § 2 et 3)

Tous les fidèles sont ainsi encouragés à une plus grande familiarité avec la Parole de Dieu afin de vivre plus en profondeur leur relation avec Dieu et avec leurs frères. Chaque communauté est donc invitée à trouver le moyen de vivre ce Dimanche comme un jour solennel, explique le Saint Père qui demande qu’une attention toute particulière soit accordée à l’homélie, « unique occasion » pour beaucoup de fidèles « de saisir la beauté de la Parole de Dieu et de la voir se référer à leur vie quotidienne ». Ce pourrait être une bonne occasion pour les croyants qui n’ont pas de Bible chez eux de s’en procurer une, afin, selon les paroles du Pape, « d’en continuer la lecture dans leur vie quotidienne, de l’approfondir et de prier avec la Sainte Ecriture ».

Le Saint Père insiste également sur l’importance de la formation des lecteurs de la Parole de Dieu dans le contexte de nos liturgies : « Il est fondamental de faire tous les efforts nécessaires pour former certains fidèles à être de véritables annonciateurs de la Parole avec une préparation adéquate… » et dans le contexte de la catéchèse : « Il est également souhaitable que les catéchistes, par le ministère dont ils sont revêtus, aident à faire grandir dans la foi, ressentant l’urgence de se renouveler à travers la familiarité et l’étude des Saintes Écritures, leur permettant de favoriser un vrai dialogue entre ceux qui les écoutent et la Parole de Dieu. »

+ Monseigneur Jean-Pierre COTTANCEAU, archevêque de Tahiti

 

Dimanche 15 janvier 2023 – 2ème dimanche du temps ordinaire

Vous avez dit “ordinaire” ?

     Y aurait-il un temps de la vie chrétienne qui soit moins important, voire banal ? Chaque année, le Temps dit « Ordinaire » de l’année liturgique vient s’intercaler entre les temps festifs qui encadrent les deux grandes fêtes de Pâques et de Noël. Mais s’il y a un temps liturgique ordinaire, le dimanche n’est jamais ordinaire au sens vulgaire du terme. En effet, chaque dimanche est revêtu du caractère pascal de la Résurrection du Seigneur. C’est le jour mémorial de la résurrection, 1er jour de la semaine. Ainsi chaque dimanche, nous célébrons ce mystère en nous rassemblant pour entendre la Parole et communier à l’Eucharistie.

     Pour nous, ce temps liturgique ordinaire est aussi une chance pour regarder avec joie et confiance ce qui fait l’ordinaire de nos vies : le déroulement d’une journée de travail, l’alternance de l’activité et du repos, les rencontres familières, les échecs et les réussites…, tout cela constitue la riche trame de nos vies ordinaires. Pas besoin de chercher ailleurs le Seigneur qui marche à nos côtés !

Le vert est également la couleur liturgique de ce Temps ordinaire. Le vert est très présent dans la Nature. C’est la couleur qui invite à retrouver la simplicité de la vie, au plus près de l’œuvre créatrice de Dieu ; elle laisse transparaître le mystère d’un Dieu proche de chacun de nous. On dit aussi que le vert apaise et appelle à la méditation. Vivons donc nos célébrations dominicales de ce Temps Ordinaire dans une atmosphère de recueillement et de Paix !

Dimanche 18 décembre 2022 – 4ème dimanche de l’avent (A)

Accueillir l’impossible… !

     L’annonce de la venue du Seigneur Jésus dans notre monde, qui est au cœur de ce temps de l’Avent, devient aujourd’hui Annonce de sa venue dans notre chair : l’humanisation du Fils de Dieu que nous célébrerons à Noël.

     « Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint ». Ce sont les premiers mots de l’évangile de Matthieu qui nous dévoilent le mystère central de notre foi : Jésus, né de Marie, est le Fils de Dieu, engendré par la puissance de l’Esprit Saint ; il est l’Homme que Dieu seul pouvait nous donner.

Mais Joseph, pour qui cette révélation est encore inconnue, doit se mesurer avec une réalité douloureuse : le fait que sa fiancée soit enceinte avant qu’ils aient habités ensemble met en crise le projet de vie qu’il avait avec elle. Dans le doute et le silence de sa méditation, Joseph reçoit alors une révélation de l’Ange du Seigneur : l’enfant qui naîtra vient de Dieu ; il vient pour le Salut de tous les hommes ; et c’est Joseph, qui lui donnera un Nom, et qui l’inscrira dans la descendance du roi David. Face à cette révélation, Joseph se comporte en ‘homme juste’, c’est-à-dire, en s’ajustant à la volonté de Dieu ; il devient capable de vivre dans la Justice et la Paix qui vient de Dieu. Dans l’obéissance à la volonté de Dieu, Joseph approfondit sa foi, parvenant ainsi à comprendre, lui aussi, que « rien n’est impossible à Dieu ».

Joseph « fait alors ce que l’ange du Seigneur lui a prescrit… » Voilà la vraie grandeur de Joseph : sa foi se fait obéissance, et sans un mot, il accepte de faire ce qu’il ne comprend peut-être pas pleinement. Par son compor-tement, il vit déjà la Bonne Nouvelle que Jésus – cet enfant qui lui est annoncé – proclamera plus tard : « Rien n’est impossible à celui qui croit » (Mt 17/20).

Accueillons nous aussi dans la Foi, comme Marie et Joseph, la joyeuse Nouvelle du Fils de Dieu qui vient témoigner de la tendresse de Dieu au cœur de notre monde !

 

Dimanche 11 décembre 2022 – 3ème dimanche de l’avent (A)

À ceux qui doutent

     Il y a de quoi être surpris à la lecture ou à la relecture de l’évangile de ce 3ème dimanche de l’Avent. Du fond de sa prison, voilà que Jean-Baptiste est pris d’hésitation, voire même est tourmenté par des doutes au point qu’il envoie des disciples auprès de Jésus. Est-ce si étonnant ? Jean doute parce qu’il  imaginait, comme tout le monde, que le Messie viendrait en tant que juge strict et impartial pour récompenser les uns et punir les autres. Or Jésus ne fait rien de tel et la foi de Jean en est ébranlée.

« Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »

À cette question, Jésus répond : les signes sont là, inattendus. « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. » Non, Dieu ne se manifeste ni par des acclamations de triomphe ni par des gestes de vengeance mais par la surabondance de la miséricorde. Le Messie, c’est celui qui guérit toute souffrance et qui pardonne aux publicains et aux pécheurs.

Quand Jésus donne cette réponse, il sait que plus d’un ne l’acceptera pas. C’est pourquoi il ajoute : « Heureux celui qui ne se scandalisera pas à cause de moi ! ». Nombreux sont ceux qui veulent un messie fort et victorieux et non pas de Celui qui vient : Jésus, le pauvre parmi les pauvres. C’est pourquoi, après l’avoir acclamé le jour des Rameaux, ils réclameront sa mort le Vendredi Saint.

Nous avons nous aussi à nous convertir, ne l’oublions pas ! Ne nous effrayons pas si nous doutons, mais, à l’exemple de Jean-Baptiste, interrogeons-nous et allons à la rencontre du Christ tel qu’il est venu et non tel que nous voudrions qu’il soit ! En ce temps de fêtes, le Christ nous invite à le reconnaître non dans des rêves de grandeur et de puissance mais dans l’humble crèche de Bethléem. Et il nous invite à ouvrir nos cœurs à celles et ceux qui souffrent : les aveugles, les boiteux, les malades, les personnes seules et abandonnées, etc.

Luc Schweitzer, sscc.

 

Dimanche 4 décembre 2022 – 2ème dimanche de l’avent (A)

Pour sauver les hommes, Dieu les rassemble dans son amour !

     En ce temps de l’Avent, et tout particulièrement avec Jean-Baptiste, il s’agit de conversion : mais de quelle conversion ?

Le mot peut même faire peur ; Jean Baptiste nous rassure. Loin de contraindre à des pratiques vertueuses, ennuyeuses et légalistes, la conversion qu’il propose consiste à nous tourner vers Celui qui, par amour, vient à notre rencontre. Elle consiste à apprendre de Lui des attitudes nouvelles qui porteront du fruit. Jean Baptiste vient annoncer que du nouveau est possible, que nous pouvons changer et changer le monde à condition d’avoir cette « intelligence du cœur » qui nous fait distinguer la lumière des ténèbres. Alors les chemins tortueux deviendront droits et les obstacles s’aplaniront.

Il est vrai qu’il est difficile d’envisager un « autre monde » avec les différents « tremblements» : gilets jaunes, COVID19, guerre en Ukraine, tensions en Iran, en Chine… il y a de quoi déprimer !!!

Alors, nous croyants, qui célébrons le Ressuscité, qui employons assez facilement le mot « espérance », serions-nous dans un autre monde, une autre dimension, aurions-nous la tête dans les nuages pour oublier la réalité du monde ? Il y a semble-t-il des personnes très alarmistes sur le devenir de notre planète, pour lesquelles il faudrait pratiquer le « survivalisme » (ceux qui se préparent aux grandes catastrophes…) Pour nous, croyants ce n’est pas tout à fait notre vision des choses, même si nous devons prendre soin de notre vivre ensemble, de notre Maison Commune…

Le monde nouveau selon le prophète Isaïe confirme la promesse de Dieu qui s’accomplira dans un nouveau David (Messie). Sur lui reposera l’Esprit de Dieu. Roi de justice et de paix, il réconciliera les inconciliables, signe que la connaissance de Dieu, c’est l’intelligence du cœur. Il aura profondément transformé celles et ceux qui se seront laissés toucher par l’amour infini d’un Dieu qui veut le salut du monde.

Je suis heureux, ici, de souligner quelques réalités positives vécues ces dernières semaines : le dimanche de la Création, l’assemblée paroissiale, le spectacle « au commencement le vert était dans la pomme » vu par 300 personnes… Sans oublier « Hiver Solidaire » qui reprend avec une nouvelle équipe, même s’il manque encore des bénévoles ! Sans oublier aussi tout ce dont vous êtes témoins et parmi elles, ces personnes qui s’engagent à faire reculer la misère…

Sauver les hommes, les rassembler dans son amour, tel est le projet de Dieu en son Fils Jésus. Par fidélité à la promesse, saint Paul nous invite à imiter le comportement du Christ : accueillir les autres et les aimer comme Dieu ; convertir nos comportements pour faire du monde un foyer d’amour. Oui, Seigneur, éveille en nous l’intelligence du cœur.

D’après le « Missel des dimanche Année A 2023

Christian Malrieu

 

Dimanche 27 novembre 2022 – 1er dimanche de l’avent (A)

Attendre dans l’espérance et la vigilance

     Nous commençons en ce dimanche un des temps forts de notre liturgie, celui de l’Avent. Au début d’une nouvelle année liturgique, nous pouvons ressentir de l’enthousiasme dans la perspective des festivités de Noel et de Nouvel an qui approchent. Nous nous projetons donc dans l’attente des jours joyeux, des jours où l’on suspend ses angoisses, préoccupations, ses vicissitudes, pour festoyer en se retrouvant en famille ou en communauté avec frères, sœurs, amis et parents.

Mais si le début de l’Avent peut nous enthousiasmer dans la perspective des fêtes qui approchent, il devrait davantage nous mobiliser et nous questionner dans notre être chrétien, à élucider le sens profond de notre attente de cet événement fondamental de notre foi, la naissance du Christ, de l’Emmanuel, la divinité prenant notre condition humaine pour demeurer parmi nous.

Et les textes que la liturgie nous propose en ce jour nous invitent à renouveler notre compréhension de l’attente du Messie parmi nous. La première lecture, tirée du deuxième chapitre du livre d’Isaïe, nous rappelle ce que signifie l’attente, c’est une marche. Nous marchons vers Jérusalem, vers la cité de Dieu où le Seigneur rassemble toutes les nations pour jouir de la paix éternelle de son royaume.

L’Avent est donc ce temps de grâce qui ravive notre espérance des jours de paix perpétuelle, où on ne lèvera plus l’épée nation contre nation, et on ne s’entraînera plus à la guerre. Toutefois, cette espérance des jours joyeux et de paix, nous devons la vivre dans la vigilance en gardant notre regard toujours fixé et tourné vers Jésus. Et c’est dans cette dynamique que nous pouvons comprendre l’interpellation de Saint Paul de sortir de notre sommeil dans la deuxième lecture, tirée du treizième chapitre de l’épitre aux Romains.

Nous sommes appelés à rejeter les activités des ténèbres, pour nous revêtir du combat du Christ. Ce combat qui est un appel à demeurer dans la lumière. Et la péricope de l’Evangile de Saint Matthieu du vingt quatrième chapitre, que nous lisons en ce premier dimanche de l’Avent, nous rappelle que ce combat pour la lumière devrait mobiliser tout notre être dans l’attente du Messie, nous appelant à sortir de nos assurances, de nos certitudes humaines sans limites, pour mettre notre foi dans le Seigneur. Sortir de notre sommeil signifie donc pour nous, nous dessaisir d’une foi superficielle, qui s’enlise dans la routine d’une vie chrétienne faite d’accoutumance, pour entrer dans une foi opérante qui veille et s’active dans l’attente du Christ.

Luc Schweitzer, ss.cc.

Dimanche 20 novembre 2022 – Le Christ, roi de l’univers (C)

Le roi de l’univers n’est pas un magicien

« Si tu es le Fils de Dieu, fais quelque chose. »

Chacun voudrait que Jésus fasse quelque chose d’extraordinaire pour le sortir des mauvaises situations. Ces paroles rappellent le récit des tentations au désert : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent du pain… Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas… » Mais le Messie n’est pas un magicien. Il ne répond rien aux provocations de ceux qui le mettent en demeure de montrer son pouvoir.

En lisant l’Évangile de ce dimanche, nous pensons aux réactions souvent entendues au sujet des victimes de la souffrance, de la misère et des catastrophes en tous genre. Même dans nos quartiers, nos villages, il y a des hommes, des femmes et des enfants qui n’ont pas le minimum pour survivre. À travers eux, c’est toujours le Christ qui est bafoué et rejeté. La tentation est grande de dire : « Si tu es le Fils de Dieu, fais quelque chose. » Quelquefois, nous entendons : « S’il y avait un bon Dieu, il n’y aurait pas tout ce mal et toutes ces souffrances dans le monde. » C’est vrai que devant tant de malheurs, certains se révoltent contre Dieu et finissent par perdre la foi.

C’est la question du Mal qui nous est posée

Devant ce scandale qui nous accable tous, on nous dit de ne plus nous appeler « Père, Mgr, Cardinal », car nous sommes d’abord « tous frères ».

D’autres disent qu’il nous faudrait tous démissionner ! Mais Jésus lui-même n’a pas démissionné devant la Croix, la trahison, les insultes, les moqueries… Non, il a porté lui-même cette croix qu’on lui imposait et si l’on veut être de ses disciples, il nous a invités à la porter nous-même à sa suite !

Quitter l’Église ?

Certains ont envie de quitter l’Église quand la barque tangue et qu’elle est prête à chavirer. Peut-être que cela ne changerait pas grand-chose. Mais peut-être aussi que cela ferait bouger les lignes… Qui sait ? Les Apôtres, au milieu de la tempête sur le Lac de Tibériade, se sont tournés vers Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie. La confiance est revenue. Des tempêtes, il y en a eu depuis 2000 ans et sans être devin, il y en aura d’autres. Saurons-nous les affronter avec une grande part de résilience et une grande confiance en Celui que nous célébrons : Christ Roi de l’Univers ! Saisissons toutes ces belles occasions pour vivre en Synode (marcher ensemble) dans toutes ces équipes qui nous aident par leur réflexion et leurs actions à vivre l’Évangile hors des sentiers battus. Rien ne nous empêche déjà de poser des jalons ici et maintenant à Saint Gabriel : commentaire de la Parole de Dieu du dimanche par des laïcs pour ne donner que cet exemple…

La place de l’eucharistie dans nos vies

Nous avons besoin de l’eucharistie pour rendre grâce, célébrer le Ressuscité, sortir sur nos places et nos parvis.

Nous avons besoin de nous retrouver en petites équipes pour échanger, prier… Là, nous n’avons pas besoin systématiquement des « prêtres » pour lancer toute cette pastorale, toute cette mission. Le prêtre devrait être davantage ministre de la Communion fraternelle entre nous, entre toutes ces équipes, ministre de l’Eucharistie… en y associant tous les baptisés.

Ce dimanche 20 novembre à 9h00, venons échanger sur « vivre l’Église à St Gabriel dans une démarche Synodale ! »

Christian Malrieu

 

Dimanche 13 novembre 2022 – 33ème dimanche du temps ordinaire (C)

Heureuse faiblesse

     Nos engagements passent nécessairement à travers des signes ambigus et provisoires de notre temps présent ; un monde dont la figure est appelée à passer. Ces engagements sont chaque fois nécessaires, mais ils ne dureront pas. Il sont même voués à un échec final ; seul durera à jamais l’amour qu’ils auront rendu possible !

Même le Temple de Jérusalem, même nos cathédrales et nos églises, dont vous avons présentement besoin pour localiser notre soif de Dieu et notre prière : « Des jours viendront, nous avertit Jésus, où il ne restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit ». Mais tout sera en même temps transformé en demeure spirituelle, dans les cieux, grâce à l’Amour qui les aura habités ici-bas.

Même l’Eucharistie, l’un des signes de Jésus que nous affectionnons entre tous, et dont lui-même a voulu avoir besoin pour nous montrer son Amour jusqu’au bout. En tant que signe du pain et du vin partagés, L’Eucharistie est un sacrement provisoire mais sa réalité est appelée à durer à jamais : l’Amour qui est plus fort que la mort, l’Amour qu’aucun autre ne saurait égaler, l’Amour de Jésus qui donne sa vie pour ceux qu’il aime.

Dom André Louf,

dans Heureuse Faiblesse.

Dimanche 6 novembre 2022 – 32ème dimanche du temps ordinaire (C)

Journée mondiale des pauvres !

Foi en la résurrection ?

Puissance de mort ou puissance de vie ?

En ce début du mois de novembre le calendrier liturgique est propice à la contemplation des Saints comme à la mémoire des visages que nous avons connus et aimés. Mais au fait, où sont-ils ? Quelle est cette vie après la mort ?  Que sont-ils devenus ? Et moi que vais-je devenir après ma mort ? Autant de questions que les humains se posent sous toutes les latitudes, dans toutes les cultures et dans toutes les religions. Seule réponse qui doit nous satisfaire est celle de Jésus devant les sadducéens.

Au temps de Jésus, la foi en la résurrection fait toujours débat, non plus dans un contexte de persécution mais de querelles théologiques entre les pharisiens qui y croient et les sadducéens, un mouvement religieux juif qui refuse obstinément d’y croire. Dans l’évangile de Luc, ceux-ci veulent démontrer à Jésus qu’il est absurde de croire que les morts ressuscitent. L’exemple qu’ils évoquent pour le mettre en difficulté met en évidence ce qui fait obstacle pour eux. Le raisonnement des sadducéens s’appuie sur une logique de continuité entre la vie terrestre et celle d’une vie possible. Ils se représentent celle-ci comme un pur prolongement, voire une copie de la vie terrestre. Ce qui les conduit à considérer absurde la possibilité d’une résurrection. N’est-ce pas ce que pensent beaucoup de gens encore aujourd’hui ?

Jésus aborde la question de la résurrection d’une toute autre manière. Sa vision est celle de la foi et non de la science. Il décrit le monde de Dieu, celui des ressuscités, comme un monde autre qui échappe à toute description et explication rationnelles. Comme Jésus, saint Paul empruntera l’image des semailles pour parler de la résurrection, l’image du grain que l’on sème et qui tombe en terre, meurt et vit une transformation totale semblable à une éclosion.

Tous les gestes de libération, de guérisons des corps et des cœurs accomplis par le Christ, sont des œuvres de résurrection. Toutes nos épreuves traversées, nos pardons accueillis ou accordés, nos choix accomplis dans le sens des béatitudes et nos victoires sur le mal, nous permettent déjà de vivre de la vie éternelle, d’être des vivants victorieux de la mort comme le Christ, en lui, avec lui et par lui. Quand Marthe, la sœur de Lazare, lui déclare sa foi en la résurrection des morts à la fin des temps, Jésus lui dit : « Je suis la résurrection et la vie, celui qui vit et croit en moi, même s’il meurt, vivra et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais ». Sa présence est signe de la résurrection à l’œuvre déjà dans le présent et non plus seulement à la fin des temps. Et si nous mourons avec lui, avec lui et comme lui nous vivrons.

Nous pouvons évoquer ici, toutes celles et ceux qui œuvrent jour après jour pour faire reculer les forces de mort qui traversent notre monde, notre existence et qui sont réellement déjà des signes de résurrection. En ce dimanche qui est la « journée mondiale des pauvres » ayons bien conscience que Dieu les aime et qu’il nous invite à en faire de même.

Soyons des Vivants qui croyons en la Vie même après le Passage dans la mort.

Michel Scouarnec, diocèse de Quimper

Christian Malrieu

Dimanche 30 octobre 2022 – 31ème dimanche du temps ordinaire (C)

“Sauver ce qui est perdu !”

     L’événement qui nous est rapporté dans l’Évangile de ce jour est bien connu de tous, y compris dans les groupes d’enfants du catéchisme. Cela se passe à Jéricho, une ville païenne, une ville de pécheurs. Chaque fois que Jésus y entre, c’est pour en faire sortir quelqu’un, pour le sortir du péché et le ramener à Dieu. Jésus n’est pas celui qui accuse le pécheur, bien au contraire, il vient l’éclairer pour qu’il voie son péché et qu’il en sorte.

C’est ce qui va se passer avec le publicain Zachée. Il ne pouvait qu’être détesté par tous ces pauvres gens accablés par les impôts qu’il fallait payer à l’occupant romain. Il avait la réputation d’être intraitable et de profiter de sa position dominante. De plus en tant que chef des publicains, il était tenu pour responsable du comportement et des violences de ses collaborateurs. Sa position le rangeait dans la catégorie des pécheurs infréquentables.

Or voilà que cet homme a un ardent désir de voir Jésus. Il court devant, il monte sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là. À partir de ce moment, tout va se passer bien au-delà de ce qu’il avait prévu : Jésus s’invite dans la maison de Zachée ; cette décision provoque des remous. Les “bien-pensants” estiment que Jésus aurait mieux fait d’aller dans une bonne famille. Au lieu de cela, il va chez un voleur infréquentable. Pour eux, c’est un scandale. En ne voyant que le passé de Zachée, ils ne lui laissent aucune chance.

Nous aussi, nous pouvons être comme cette foule. Nous vivons dans une société qui n’a que mépris pour les gens de mauvaise réputation. Mais le Seigneur nous dit qu’il est venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Le salut de Dieu est offert à tous, y compris dans les prisons. Chaque personne est très importante aux yeux de Dieu. Cela doit changer notre regard sur elles. Le chemin pour parvenir à ce changement de regard c’est la prière.

Luc Schweitzer, ss.cc.

Dimanche 23 octobre 2022 – 30ème dimanche du temps ordinaire (C)

“Vous serez mes témoins !”

    C’est le thème de la Journée Mondiale des Missions en 2022. Ce sont les dernières paroles de Jésus Ressuscité à ses disciples : « Vous allez recevoir une force quand l’Esprit Saint viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre ». Tous les disciples seront témoins de Jésus grâce au Saint Esprit qu’ils recevront : ils seront constitués comme tels par grâce, où qu’ils aillent, où qu’ils soient. L’Église, communauté de disciples du Christ, n’a d’autre mission que celle d’évangéliser le monde en témoignant du Christ. L’identité de l’Église, c’est d’évangéliser !

Les disciples sont envoyés par Jésus dans le monde, pas seulement pour FAIRE la mission, mais surtout pour VIVRE la Mission qui leur a été confiée : être témoins du Christ. L’exemple d’une vie chrétienne et l’annonce du Christ vont ensemble dans l’évangélisation ; l’un sert l’autre. Ce sont les deux poumons avec lesquels toute communauté doit respirer pour être missionnaire.

« Jusqu’aux extrémités de la terre ».

Nous expérimentons de plus en plus comment la présence de fidèles de diverses nationalités enrichit le visage des paroisses et les rend plus universelles, plus catholiques. La pastorale des migrants est une activité missionnaire à ne pas négliger ; elle peut aider aussi les fidèles locaux à redécouvrir la joie de la foi chrétienne qu’ils ont reçue.

« Vous allez recevoir une force quand l’Esprit Saint viendra sur vous ».

C’est ainsi que commence l’ère de l’évangélisation du monde par les disciples de Jésus qui étaient avant faibles, craintifs et fermés. L’Esprit Saint les a fortifiés, leur a donné le courage et la sagesse de témoigner du Christ devant tout le monde.

Chers frères et sœurs, je continue à rêver d’une Église entièrement mission-naire et d’un nouveau printemps missionnaire des communautés chrétiennes. Oui, puissions-nous tous, dans l’Église, être ce que nous sommes déjà en vertu de notre baptême : des prophètes, des témoins, des mission-naires du Seigneur ! Avec la puissance de l’Esprit Saint, et jusqu’aux extrémités de la terre. Ô Marie, Reine des Missions, priez pour nous !

Extraits du Message du Pape François pour la Journée Mondiale des Missions 2022

 

Dimanche 16 octobre 2022 – 29ème dimanche du temps ordinaire (C)

Sauvegarde de la planète : du Concile Vatican II à Laudato Si : 60 ans déjà !

    Dès son élection, le pape François a mis l’accent sur la sauvegarde de la planète et la protection des plus faibles : ses discours aux Nations unies, à Nairobi ou à New York, ses très nombreux appels ainsi que la publication de l’encyclique Laudato Si’ (2015) en est l’illustration.

Mais la doctrine écologique du Saint-Siège remonte à bien plus tôt et trouve ses racines dans le Concile Vatican II. Ce concile dont on fête le 60ème anniversaire. C’est le Pape Jean XXIII, qui a convoqué cette grande assemblée des évêques le 11 octobre 1962.

Il est donc tout indiqué de faire le lien entre le Concile et Laudato Si’ soixante années plus tard !

La défense de la maison commune

Depuis le Concile Vatican II, en passant par l’interpellation de Paul VI pour la conférence de Stockholm en 1972, jusqu’à la publication de l’encyclique Laudato Si’ du Pape François en juin 2015, le Saint-Siège, dans une logique de développement intégral, est précurseur en termes de protection de l’environnement. Une doctrine portée encore à la COP26 de Glasgow par le secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin.

« Abondance végétale »

À l’heure ou tout concourt à parler de la « fin de l’abondance » en vue d’une « sobriété heureuse » nous nous sentons davantage en harmonie avec ce qu’ont dit les papes énumérés plus haut. Pour ce dimanche de la Création il a été retenu le thème de « l’abondance végétale » ! Une manière de nous alerter sur la fragilité de la Création comme aussi de nous inviter à la contempler en vue de mieux la protéger.

Que notre prière se fasse plus attentive à toute cette réalité pour donner plus de place à l’être humain.

Père Christian

Dimanche 9 octobre 2022 – 28ème dimanche du temps ordinaire (C)

Rendre gloire à Dieu !

     Quand un enfant reçoit un cadeau, les parents lui apprennent à dire merci. Les récits de la guérison des dix lépreux (évangile) et du général syrien lépreux (première lecture) ont-ils pour but de donner une leçon de politesse ? Il y a de cela. Car être guéri de ce mal absolu qu’était la lèpre aux yeux des anciens méritait bien un déplacement de la part des bénéficiaires du miracle qui auraient dû venir remercier leur bienfaiteur. D’ailleurs, c’est ce que fait le général étranger, et aussi l’unique Samaritain du groupe des dix. Les neuf autres, des autochtones, sont moins polis !

Pourtant, au-delà de la politesse élémentaire, il y a une leçon plus profonde. Quand le Samaritain vient remercier Jésus, celui-ci réoriente cette marque de gratitude vers Dieu son Père : « les neuf autres, où sont-ils ? On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu. » De même, le prophète Élisée n’accepte pas de cadeau de la part de Naaman, mais il accepte que le Syrien emporte un peu de terre d’Israël pour offrir chez lui des sacrifices au Seigneur Dieu d’Israël. Quand il guérit les lépreux, Jésus voudrait que non seulement ils retrouvent la santé du corps, mais aussi qu’ils découvrent la foi qui sauve l’homme dans tout son être. Et une caractéristique essentielle de la foi, c’est de vivre dans l’action de grâce à l’égard de Dieu qui nous sauve.

Le chrétien ne devrait pas avoir pour état d’esprit habituel le dénigrement du monde qui l’entoure, mais d’abord une reconnaissance débordante envers Dieu qui sauve le monde. Et cette attitude du cœur le fait vivre dans le monde en rayonnant une joie intérieure en toute circonstance, même dans l’épreuve. Notre foi nous suggère de chanter malgré tout : « rendons gloire à notre Dieu, lui qui fit des merveilles ; il est présent au milieu de nous maintenant et à jamais. »

Extrait du Missel des dimanches

 

Dimanche 2 octobre 2022 – 27ème dimanche du temps ordinaire (C)

A vos souhaits !

     En juin dernier, après la messe et le repas de fin d’année, nous avons été invités à exprimer nos souhaits, et même nos rêves, pour l’année à venir. On peut d’ailleurs encore compléter cette liste sur le panneau situé à l’entrée de l’église. Mais il reste surtout à exaucer ces souhaits et à réaliser ces rêves !

Jésus nous dit aujourd’hui que si nous avions de la foi gros comme une graine de moutarde nous pourrions déraciner des arbres et les planter dans la mer. Voilà de quoi nous donner confiance… Tout en restant humbles, car Jésus nous rappelle juste après que nous ne sommes que de simples serviteurs : la puissance capable d’accomplir l’impossible c’est celle de Dieu qui agit en nous et par nous.

Chaque chrétien doit trouver sa place de serviteur. Dans sa famille, au service de l’épanouissement de chacun et de la concorde entre tous. Dans ses relations sociales, au service du bien commun et de l’attention aux plus fragiles. Au sein de son activité professionnelle, en veillant à rester dans un esprit de service et à ne pas transformer ses responsabilités en instruments de pouvoir. Dans ses actions politiques ou associatives, en s’engageant au service de la transformation de nos modes de vie pour que la Terre reste vivable et accueillante à tous. Au sein de notre Église, en nous rappelant que le pape lui-même est le « Serviteur des serviteurs » et que l’Église est d’abord au service de toute l’humanité, et particulièrement des plus pauvres, pour lui révéler l’amour de Dieu.

Dans notre paroisse il ne manque pas de possibilités d’exercer un service. Dieu compte sur chacun d’entre nous et personne n’est trop pauvre pour n’avoir rien à donner. Au service des jeunes ou des familles, au service de la catéchèse ou de la solidarité, au service de la liturgie ou de l’évangélisation, au service des personnes isolées, malades ou souffrant d’un handicap, au service de l’accueil ou de l’entretien des locaux paroissiaux, au service de la transfor-mation écologique. Chacun peut trouver ce qui convient à ses forces et à son charisme.

N’attendons pas d’être appelés… Avec confiance et humilité, seul ou avec d’autres, n’hésitons pas à nous manifester et à nous engager dans un service !

       Pascal Blavot

 

Dimanche 25 septembre 2022 – 26ème dimanche du temps ordinaire (C)

“Ils ont Moïse et les prophètes !”

Peut-être sommes-nous comme le riche de l’Evangile de ce dimanche. Nous aimerions voir Jésus revenir sur terre en chair et en os pour nous dire ce qu’il faut faire pour avoir la récompense du Salut Eternel, accéder au Royaume de Dieu… Serait-ce le cas : nous serions capables de ne pas le reconnaître, de passer à côté…

C’est la demande formulée par le riche quand il voit le pauvre près d’Abraham dans le paradis. Il voudrait bien que quelqu’un y compris Lazare visite la famille du riche pour que tous reviennent à Dieu.

Avons-nous besoin de revenants pour nous mettre à la suite du Christ ? Non, le seul « revenant » c’est le Christ, Jésus Ressuscité ! Nous avons la Parole de Dieu, la parole de l’Eglise, l’enseignement social de l’Eglise… Nous avons le Pape François qui nous exhorte sans cesse à vivre l’Evangile… Bref, nous avons tout pour vivre à fond notre baptême.

« BÉNIR »

Bénir c’est dire du bien à Dieu de la personne qu’on lui présente. Ce dimanche, nous dirons du bien à Dieu des enfants qui seront parmi nous lors de l’eucharistie. Nous les bénirons avec leurs cartables et ce que cela représente : la connaissance, l’amitié avec leurs camarades de classe, leurs enseignants, leurs parents… Puissions-nous, nous bénir mutuellement !

Bénissons ceux et celles qui prennent des responsabilités pour aider les jeunes à grandir dans la foi, l’espérance et la charité. Bénissons ceux qui vont s’engager pour une nouvelle période avec Hiver Solidaire auprès des personnes de la rue. Bénissons aussi les étudiants du Foyer du 45 rue des Maraîchers pour les engagements qu’ils prennent parmi nous cette année.

« SOBRIÉTÉ HEUREUSE »

En cette nouvelle année ayons à cœur d’être attentifs aux besoins des uns et des autres. Que nous puissions inventer de nouvelles façons de vivre pour aller vers une « sobriété heureuse ». Sans tomber dans le radicalisme absolu de certains, restons lucides et faisons les bons choix pour que notre Maison Commune ne brûle pas avec le dérèglement climatique et sous la stupidité de guerres fratricides sans aucun fondement.

La sobriété heureuse c’est aussi le fait de mutualiser des projets pastoraux communs à nos trois paroisses du doyenné. Nous allons avoir des rendez-vous à ce sujet : rencontre des fiancés, spectacle « Au commencement le vert était dans la pomme », la confirmation des jeunes…

Bonne année pastorale à Saint Gabriel !

Christian Malrieu

Dimanche 18 septembre 2022 – 25ème dimanche du temps ordinaire (C)

Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et l’argent

     La presse ne cesse de révéler les scandales financiers, véritable cancer qui touche ou éclabousse, semble-t-il, mêmes les plus hautes personnalités de nos pays. Certaines affaires font « la une » pendant des mois. L’argent occupe plus de place dans les journaux que tout le reste : outre les scandales, on nous informe sur la situation de la bourse de New York, de Londres et de Paris, sur l’évolution du CAC 40 et sur la valeur de l’Euro par rapport au Dollar, sur l’existence des paradis fiscaux et sur les niches fiscales, sur le déficit budgétaire et celui de nos systèmes de protection Sociale… L’argent est aujourd’hui comme hier ce qui occupe la première place dans nos sociétés, aux dépens souvent de l’intérêt des personnes. Il y a toujours des riches qui s’enrichissent et des pauvres qui font les frais du système.

Dans l’évangile de ce jour, Jésus semble connaître tout cela. Et saint Luc est probablement l’évangéliste qui insiste le plus sur les avertissements de Jésus à l’encontre des riches. Souvenons-nous des passages qui sont seulement dans le troisième évangile : les malédictions qui font suite aux béatitudes (Lc 6,24-25), la parabole du riche insensé (Lc 12,16-21), la parabole du riche et du pauvre Lazare que nous lirons dimanche prochain (Lc 16,19-31), l’histoire de la conversion de Zachée qui le conduit à partager ses richesses : alors le salut vient dans sa maison (Lc 19,1-10).

À cela s’ajoute la parabole qui nous est proposée aujourd’hui. Le Seigneur nous a confié ses richesses en gestion. Et les « économes » que nous sommes auront à lui rendre compte. Dans ces conseils, Jésus personnifie l’argent et lui donne le nom araméen de « Mamonas ». La richesse ou l’argent peut donc devenir une idole et un maître. Jésus nous met  en garde. N’imitons pas le comportement de ce gérant qui servait deux maîtres : Dieu et Mamon. Il a été contraint de choisir. En voulant à la fois être au service de son Seigneur et faire du profit pour lui-même, il est devenu « injuste » en n’étant pas « fidèle » à la mission qui lui avait été confiée. Le disciple de Jésus doit apprendre à être fidèle dans la gestion du Mamon injuste. On ne doit pas devenir injuste dans la gestion de l’argent mais rester intègre et fidèle. Or le mot « fidèle » renvoie aussi à la foi. Celui qui est disciple de Jésus a foi en lui et ne peut donc pas avoir d’autre Maître, d’autre Seigneur. Le disciple de Jésus se doit donc d’être « fidèle » en tout à son Seigneur : dans son adhésion comme croyant et dans la droiture de sa conduite.

Luc Schweitzer, ss.cc.

Dimanche 11 septembre 2022 – 24ème dimanche du temps ordinaire (C)

La joie naît du pardon

    Les textes de ce jour nous parlent du pardon qui fait jaillir la joie. Dans les premiers versets de l’évangile, Jésus emploie cinq fois le mot joie et ses composés ! Ce qui est frappant, c’est que la joie se partage : « Réjouissez-vous avec moi ! » disent le berger, puis la femme de la parabole. Les adversaires de Jésus font le contraire : ils récriminent contre lui à cause du bon accueil qu’il réserve aux pécheurs. Y voient-ils de la complicité, du laxisme ? Mais Jésus parle de la joie des anges pour un seul pécheur qui se convertit, donc se détourne de son péché.

C’est précisément ce qui est arrivé à Paul (2ème lecture). De persécuteur, il est devenu apôtre, prédicateur de l’évangile ! Or Paul, loin d’avoir honte de son passé, n’hésite pas à proclamer, et avec quelle gratitude, comment le Seigneur est intervenu dans sa vie. Paul a autant de joie à proclamer le pardon reçu que Dieu en a eu à le donner ! Et là encore, cette joie se partage. Car si Paul parle de lui, ce n’est pas pour se mettre en avant, c’est pour inviter les croyants à recevoir, eux aussi, le pardon qui fait vivre. Il est un exemple, un modèle et en un sens une preuve de la puissance de la grâce. Nous aussi, nous pourrions avoir honte de ce que nous sommes, mais réjouissons-nous au contraire d’être des pécheurs pardonnés, invités à partager cette eucharistie.

 

Dimanche 4 septembre 2022 – 23ème dimanche du temps ordinaire (C)

Fin de l’abondance ; sobriété énergétique… et rentrée scolaire

     En cette rentrée 2022 nous avons un besoin impératif d’optimisme et de lucidité pour ne pas sombrer dans le catastrophisme tous horizons.

     « Forts des grâces reçues dans les œuvres pastorales de l’été et dans le repos, nous reprenons le temps ordinaire de la mission dans nos différents lieux communautaires. Demandons au Christ au cours de cette année de devenir des chercheurs encore plus assoiffés de son Cœur pour en recueillir les grâces comme des torrents d’eau vive et d’amour ». Fr Quentin

Optimisme

En salle Paul VI au Vatican, ce vendredi 26 août, le Pape François a reçu les servants d’autel de l’hexagone, qui concluent leur pèlerinage national entamé le 22 août dans la ville Éternelle. Le Saint-Père a remercié les 2500 jeunes filles et garçons, originaires de 51 diocèses de France, pour leur engagement concret au service de l’Évangile. Réjouissons-nous !

Plusieurs rassemblements ont eu lieu dans l’Hexagone.

Je note particulièrement Lourdes qui a retrouvé la foule des pèlerins et son spectacle : « Bernadette ». Après beaucoup d’inquiétudes, pour cause de pandémie, les pèlerins sont revenus.

Pour y avoir passé une semaine début août, le sanctuaire de Notre Dame de la Salette a fait le plein. Sans oublier d’autres lieux « ressource spirituelle », nous pouvons nous réjouir de tout cela.

Quel avenir ?

Et maintenant en ce temps de rentrée soyons lucides pour vivre au mieux les jours et les mois qui viennent. La guerre en Ukraine n’est pas terminée, loin de là, semble-t-il.

Cet été, j’ai rencontré, à plusieurs endroits, des Ukrainiens accueillis chez l’habitant ou dans des presbytères mis à leur disposition par la communauté chrétienne ou la mairie…

« Fin de l’abondance, sobriété éner-gétique… » nous rappellent certains politiques.

Des propos qui ne nous rassurent pas. Soyons lucides, cela peut bien se passer ainsi. Nous avons certainement abusé de ce que nous donne la terre, l’air, les océans…

Conflits, dérèglement climatique et pandémie viennent nous rappeler la fragilité de notre existence. Cette fragilité nous en sommes, pour une part, responsables. (cf. Laudato Si) Nous devons nous saisir de cette situation pour rendre notre « Maison commune » plus habitable.

Je souhaite que durant cette nouvelle année nous puissions, dans les divers lieux de vie pastorale, poursuivre la dynamique synodale entreprise l’année écoulée. Faisons progresser notre Église vers plus de simplicité et plus de participation avec toutes les générations.

Profitons des prochains rendez-vous de notre calendrier paroissial pour renforcer notre Foi à la suite du Christ.

Bonne rentrée à chacune et à chacun de vous en pratiquant la sobriété heureuse !

Christian Malrieu

 

Dimanche 26 juin 2022 – 13ème dimanche du temps ordinaire (C)

Entendre un nouvel appel

Nous sommes à la fin d’une année pastorale pour l’Église, à la fin d’une année scolaire pour le monde enseignant et pour les jeunes, à la veille des vacances pour un certain nombre. En cette période, nombreux sont ceux qui devront répondre à un nouvel appel, envisager un changement d’orientation ou de responsabilité. Laissons l’évangile d’aujourd’hui nous interpeler

Nous réveiller

Mais comment comprendre les paroles si étonnantes, voire choquantes de Jésus ? Comment expliquer le ton de Jésus prononçant ces paroles. Les paroles de Jésus ? Il ne faut pas les interpréter au pied de la lettre. On a tous compris que Jésus ne veut pas dicter des conduites pratiques du style : il ne faut plus aller enterrer ses parents… Ces formules très fortes ne sont pas des règles de conduite. Je pense à d’autres paroles qui font sursauter : « Si ton œil te scandalise, arrache-le. Si c’est ta main, coupe-la. » Ce ne sont pas des ordres à exécuter. Mais des formules à l’emporte-pièce pour nous réveiller.

Jésus : promesse de bonheur

Toute la prédication de Jésus n’est que bonne nouvelle et promesse de bonheur. Mais il a rencontré un obstacle majeur chez les hommes de son temps, de même qu’il rencontre aujourd’hui le même obstacle majeur chez nous. Cet obstacle, c’est notre dureté de cœur. Alors Jésus essaye de toutes les manières d’entamer cette dureté, de briser cette croûte de nos cœurs. Nous sommes durs d’oreille, pas étonnant que Jésus élève le ton pour nous réveiller de notre somnolence. Le monde est dur. Alors Jésus insiste : « Malheur à celui qui méprise ou scandalise un de ces petits. » Et les petits ce sont les pauvres de ce monde, les réfugiés, les sans travail…

Nous ne sommes pas des femmes et des hommes du passé

Tous nous sommes appelés à prendre avec courage la route de Jérusalem. Route du don et du pardon. Chemin de liberté. Nous ne sommes pas des femmes et des hommes du passé, mais nous sommes résolument tournés vers l’avenir, tous appelés à la liberté. Les vacances pour ceux qui peuvent en prendre sont un temps libre. Puissent ces mois d’été nous faire grandir dans cette liberté-là.

Tournés vers l’avenir

En ce dimanche de fin d’année pastorale, nous voulons rendre grâce pour tout le vécu dans nos équipes diverses. Mais aussi, nous souhaitons poser les jalons d’une nouvelle année pastorale. Ce sera le but de nos prises de paroles au cours du pique-nique dans les salles paroissiales. Ne restons pas uniquement que sur ce qui existe comme propositions, osons en faire de nouvelles pour répondre mieux aux attentes des uns et des autres.

Bel été et bonnes vacances !

Christian MALRIEU

Dimanche 19 juin 2022 – Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ (C)

Christ présent au monde

     Ce dimanche, encore tout illuminés de la lumière de la Résurrection, pleins de la force de l’Esprit de Vérité reçu à la Pentecôte, dans l’intimité de la Sainte Trinité vers laquelle nous avons été orientés dimanche dernier, nous faisons retour sur le Jeudi Saint et le mystère de l’Eucharistie. Dans le signe du pain et du vin offerts, livrés, partagés, consommés ensemble, Christ veut se rendre présent au monde, pour nourrir chacun. Ce sacrement est le mode éminent de sa sollicitude pour l’Église et l’humanité entière : il offre la vraie nourriture, celle qui rassasie pour toujours, celle qui apporte à l’homme la vie éternelle et lui permet de participer à la Résurrection, la victoire sur toute mort.

On ne finira jamais de méditer sur l’Eucharistie et sur ses conséquences dans notre vie concrète. On n’a pas le droit de croire avoir tout compris. Elle est toujours nouvelle. Car la présence que nous fêtons n’a rien de statique. Si Christ se rend réellement présent durant la messe, ce n’est pas seulement pour que nous puissions le contempler plus ou moins passivement. Il s’offre au Père pour que nous puissions offrir notre vie en communion avec lui. Il se donne en partage, pour que nous puissions communier à sa vie. Il nous dit de faire la même chose en mémoire de lui : qu’est-ce à dire ? Seulement célébrer des rites commémoratifs ?

La vie que nous recevons dans l’Eucharistie est faite pour être distribuée à la foule. Offrir notre vie en sacrifice au Père avec le Christ ne s’arrête pas à la messe du dimanche. Chaque semaine nous venons communier au Christ réellement présent pour fortifier notre union au Christ dans la foi et le baptême, mais aussi pour nous rappeler que nous sommes le Corps du Christ présent dans le monde. Donc comme le Christ, en son Nom que nous portons, nous devons aller vers le monde et le rendre présent. Nous sommes la présence réelle du Christ ressuscité auprès des personnes que nous côtoyons.

Ce dimanche, des enfants de notre paroisse communient au Corps du Christ pour la première fois. Ils ont pris le temps de se préparer, ils sont accompagnés par des parents et des catéchistes. Prions pour que cette étape sur leur chemin de foi soit, pour chacun d’eux, un encouragement à poursuivre inlassablement leur quête de Dieu dans l’amour du prochain. Que ce rendez-vous avec Jésus Eucharistie se renouvelle tout au long de leur vie !

Luc Schweitzer, ss.cc.

Dimanche 12 juin 2022 – La Sainte Trinité (C)

Sainte Trinité : Un dieu de relations et d’amour

     Lorsqu’un nouveau-né arrive dans une famille, il sent d’abord autour de lui une affection et une tendresse diffuse. Ce n’est que peu à peu qu’il donne à cet amour qui l’entoure des noms : papa, maman, les prénoms de ses frères et sœurs…

Nous suivons, nous croyants, un chemin identique. Nous nous sentons entourés d’un amour et d’une tendresse diffuse et anonyme. Et peu à peu nous discernons dans cet amour des visages et nous balbutions les noms de Père de Fils et d’Esprit Saint.

C’est le mystère de la Sainte Trinité : un amour tellement riche qu’on n’a jamais fini de le connaître, jamais fini d’en faire l’expérience.

La découverte que Dieu est Père, Fils et Esprit n’a pas été le fruit d’un raisonnement. C’est l’expérience histori­que et progressive que, sous la pression des événements, les apôtres et les premiers chrétiens ont faite. Peu à peu ces mots-là se sont imposés à eux. Ils n’ont pas pu dire les choses autrement. Et celui qui étudie de près le Nouveau Testament peut y redécouvrir les grandes étapes de cette révélation.

Cette découverte – la plus grande de tous les temps – chaque génération de chrétiens en poursuit l’exploration méthodique. Jadis on aimait l’expression « Un seul Dieu en trois personnes ». C’était dire que Dieu échappe à toute définition, qu’il dépasse toute mathématique, qu’il est au-delà du singulier ou du pluriel, du masculin ou du féminin. Bref, que les cerveaux et les mots sont trop petits quand il s’agit de Dieu. Saint Augustin, qui a écrit des centaines de pages (au minimum !) sur la Trinité, disait avec humour : « On dit trois personnes- moins pour dire quelque chose que pour ne pas se taire ! »

Aujourd’hui on est peut-être plus sensible à l’aspect dynamique du mystère. La Trinité nous renseigne sur notre humanité. Nous y découvrons la légitimité de nos diversités et la certitude qu’il existe un fond d’unité plus grand que nos divisions. Nous nous rendons compte que nous ne sommes jamais deux mais trois : il y a toujours un avenir, un ouvrage, un enfant au-delà de nous… Surtout, nous savons que nous avons besoin d’être guidés vers la vérité tout entière et nous pressentons qu’elle n’est donnée que dans la communion d’un amour absolu.

L’Évangile d’aujourd’hui nous oriente vers cet avenir. L’Esprit de vérité « redira tout ce qu’il aura entendu et ce qui va venir il vous l’expliquera… Il reprendra ce qui vient de moi pour vous l’expliquer ».

Nous sommes en chemin. Comme les jeunes qui font leur « profession de foi » en ce dimanche : comprennent-ils tout le sens du Credo de l’Église ? Peut-être pas, comme nous d’ailleurs ! Ils sont autant en chemin pour dire leur foi que pour en vivre tous les jours. Dieu est relation, Dieu est amour. Toute notre doit vie être cela.

Christian Malrieu, d’après le guide « Emmaüs » des dimanches et fêtes.

 

Dimanche 5 juin 2022 – Fête de la Pentecôte (C)

Prière à l’Esprit Saint

Esprit Saint, toi qui es depuis toujours le maître de l’impossible,

viens réaliser en nous tout ce qui t’est possible :

fais revivre ce qui meurt, fais éclore ce qui germe,

fais mûrir ce qui est tombé en terre.

Sois en nous l’Esprit du Père :

viens nous convaincre de donner notre vie

et de collaborer au grand œuvre de la création,

de la terre à transformer aux terres à partager entre tous.

Sois en nous l’Esprit du Fils :

viens nous apprendre à passer par la Croix

pour ouvrir le chemin de ton Royaume

et à vivre dans la confiance les épreuves comme les joies.

Sois en nous l’Esprit de sainteté,

qui nous initie aux mœurs de Dieu,

à la générosité du Père, à la fidélité du Fils,

et aussi au courage des apôtres et à la louange de Marie.

Sois en nous l’Esprit qui fait sans cesse une humanité nouvelle,

qui recrée nos libertés quand elles se défont,

qui maintient l’espérance au cœur même des violences,

qui ne désespère d’aucune personne,

pas même de ceux et celles qui n’attendent plus rien de Dieu.

(Mgr. Claude Dagens)

 

Dimanche 29 mai 2022 – 7ème Dimanche de Pâques (C)

Garder l’unité

« Qu’ils soient un en nous pour que le monde croie que tu m’as envoyé ». Au cœur du dernier discours de Jésus vient le mot « unité ». Et la prière de Jésus se fait pressante, insistante. Car, il le sait, l’unité est toujours fragile, toujours menacée par les multiples tentations de la division. Mais vivre unis aux autres et vivre unis au Christ et à son Père par l’Esprit, c’est l’enjeu de notre vie chrétienne.

Il n’y a pas besoin de chercher longtemps pour trouver de bonnes excuses aux divisions. Que ce soit dans l’Eglise ou dans la société ou même dans nos familles ou nos réseaux de relation, nos sensibilités, nos points de vue, nos engagements, nous conduisent dans des directions diverses, parfois antagonistes. Le monde contemporain, avec sa propension à relayer le pire à la une des médias, nous soumet à une pression encore plus forte et, dans certains cas, dévastatrice.

Revenons donc à Jésus lui-même, à sa prière dite à la veille de sa Passion, pour surmonter tous les facteurs de division. Il invite au don total de soi-même au nom de l’Evangile. Comme le fit Etienne qui, à la suite de son Seigneur, a été jusqu’au bout du don de sa vie. Habités par l’Esprit, plus notre vie sera offerte, plus il nous sera aisé de garder le trésor de l’unité. Toutes les multiples raisons de se diviser ne comptent plus en regard de l’amour infini du Père offert à chacun.

En paroisse et dans tous les lieux où nous formons communauté, en famille, avec nos collègues de travail, dans la vie associative, dans nos lieux d’engagement, soyons artisans de l’unité que Dieu désire pour chacun et pour le monde !

Luc Schweitzer, sscc.

Dimanche 22 mai 2022 – 6ème Dimanche de Pâques (C)

“L’Esprit viendra… Il vous enseignera tout.”

    Oui, cet Esprit est venu sur nous le jour de notre baptême, sur l’Église aussi. Il est à l’œuvre, comme Jésus l’a promis. Mais il nous faut encore l’appeler, l’invoquer, l’attendre. Car nous n’avons pas encore consenti à ce qu’il fasse craquer toutes nos barrières, nos peurs. Alors même que nous nous réclamons de Jésus. Nous nous rassemblons autour de son souvenir, nous continuons sans nous en rendre compte à nous enfermer en nous-mêmes, en nos structures. Nous tenons tant à nos sécurités, à nos certitudes ! Nous croyons avoir l’Esprit, et il est déjà plus loin, il nous attend dehors !

Mais, en chacun de nous comme en son Église, l’Esprit vient nous relancer et nous dit « en avant », comme aimait souvent dire Sœur Emmanuelle « Yalla ! ».

Le monde nous est ouvert. Nous pouvons marcher sans peur. Avons-nous un instant l’impression de perdre Jésus ? L’Esprit nous le fera retrouver dans nos frères où le Seigneur nous attend au rendez-vous de l’amour.

Aujourd’hui dimanche 22 mai nous recevons la réflexion d’au moins 6000 remontées au sujet de la démarche synodale, et cette réflexion n’est pas finie ! Espérons que cela orientera de nouveaux chemins d’Évangile pour aller à la rencontre et accompagner celles et ceux qui cherchent un nouveau sens à leur vie.

Demain lundi nous accueillerons notre nouvel archevêque, Mgr Laurent ULRICH, notre nouveau pasteur pour l’Église qui est à Paris. Il nous guidera sur ces « chemins nouveaux ». Déjà, portons-le dans notre prière.

Jeudi prochain nous fêterons l’Ascension du Seigneur. Il ne nous a pas laissés orphelins mais il nous a remis la mission de l’annonce de la Bonne Nouvelle à la suite des apôtres. Quelle belle mission !

Christian Malrieu

Dimanche 15 mai 2022 – 5ème Dimanche de Pâques (C)

Aimer comme Jésus nous a aimés !

Dans l’évangile des dimanches précédents, on a vu comment Jésus interroge Pierre à trois reprises en disant : « M’aimes-tu vraiment ? »  L’évangile de ce jour apporte un éclairage nouveau sur ce qu’est pour Jésus, l’Amour. Jésus ne demande pas que nous l’aimions comme il nous aime. Il nous demande de nous aimer mutuellement afin que tous reconnaissent que nous sommes ses disciples. Il ne s’agit plus « seulement » d’aimer son prochain comme soi-même, mais de l’aimer comme Jésus l’aime. Mission impossible ?

Jésus nous demande d’aimer infiniment, d’aimer sans mesure, d’aimer jusqu’à choisir la vie de l’autre plutôt que notre propre vie. Car aimer « comme » Jésus nous a aimés, c’est aimer jusqu’au bout , jusqu’à accepter de mourir au nom de cet Amour. Ainsi donc, le mal et la mort n’ont pas le dernier mot de notre vie. Avec Lui, le don de soi par amour est et sera toujours victorieux de tout mal et de toute mort, comme le dit le livre de l’Apocalypse : « Dieu sera avec eux, il sera leur Dieu ; il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus ; il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur ».

     « Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour », chante le psaume. Consoler, pardonner, relever, donner de l’espérance : voilà l’Amour de Dieu que Jésus a vécu en acte tout au long de sa vie et qu’il nous invite à vivre encore aujourd’hui. C’est comme si Jésus nous laissait son testament spirituel : tout l’Evangile est là ! Être chrétien, disciple de Jésus, vivre notre baptême, c’est « Aimer comme Jésus nous a aimés » ; voilà le Cœur de notre foi.

Dans l’Eucharistie, Jésus se donne encore aujourd’hui, mystérieusement mais réellement. Fortifiés par Son Amour et par la force de Son Esprit, nous sommes les témoins du Ressuscité, présent au milieu de nous, pour offrir au monde cette Vie Nouvelle qui vient du Cœur de Dieu.

Dimanche 1er mai 2022 – 3ème Dimanche de Pâques (C)

Suivre le Christ par amour…

     Aujourd’hui, dans l’évangile de Jean, nous contemplons l’œuvre du Seigneur dans la mission des apôtres. L’évangéliste précise que c’est la 3ème apparition de Jésus ressuscité à ses disciples. Le chiffre trois nous signifie l’importance de l’événement. Tout comme le nombre sept des disciples dans la barque. Ce sont des chiffres de plénitude. On peut y voir la portée universelle de la mission apostolique. On pourrait aussi le compléter par le nombre 153, celui des poissons recueillis dans la barque ; il s’agirait, selon un commentaire de saint Jérôme, du nombre des espèces de poissons connues à l’époque. Tous les peuples de la terre sont appelés à entrer dans la barque des Apôtres.

Voilà en tout cas une pêche qui ne serait pas féconde sans la présence et la parole efficace de Jésus. Lui seul donne sens à toute l’activité missionnaire de l’Église. Il en est la source et l’aboutissement. Il envoie les disciples vers les hommes pour que les hommes viennent à Lui. L’Église n’a pas d’autre raison d’être que celle d’évangéliser. Elle vit du Christ qui prend soin d’elle, lui donne force et la nourrit. Et l’on peut voir, dans ce repas pris sur le rivage, l’image de l’Eucharistie « source et sommet de toute la vie chrétienne ».

Puis vient à nouveau le nombre trois dans la question de Jésus à Simon-Pierre : « M’aimes-tu ? » – Aimer le Christ est la condition essentielle et préalable à toute charge pastorale, à tout effort d’évangélisation. La mission n’est pas d’abord une affaire d’enseignement ou d’administration. Elle se déploie dans la relation personnelle au Christ. C’est ce que demande Jésus, par trois fois, à l’Apôtre, pour lui dire enfin : « Suis-moi. »

Et partant de là, les Apôtres avec l’aide de l’Esprit Saint, et tous prendront la relève après eux, seront témoins de la Résurrection du Seigneur ; ils seront fiers de parler au nom de Jésus et, malgré les persécutions, ils repartiront tout joyeux d’avoir été dignes de subir des humiliations pour le Nom de Jésus.

 

Dimanche 24 avril 2022 – Dimanche de Pâques (C)

40 jours pour apprendre à croire…

     Nous voici dans le temps de Pâques. Pendant 40 jours nous allons vivre au rythme des disciples qui vont passer de la peur à la paix, de l’enfermement à la « sortie » pour être témoin. C’est le temps où le ressuscité rencontre ceux qu’il a appelés comme disciple pour les réconforter les affermir dans leur foi. C’est le temps de la germination et de la croissance pour la première communauté chrétienne. C’est le temps où tout est déjà donné et où rien n’est pleinement saisi et compris. C’est le temps où avec la résurrection du Christ tout est accompli, mais aussi où tout reste à faire.

Après 40 jours, à l’Ascension, en quittant ses disciples Jésus leur rappellera qu’il est venu pour sauver et donner la vie en abondance et il leur confiera une mission : « c’est à vous d’en être les témoins ».

Nous voyons aussi que le ressuscité nous devance, il prend l’initiative. Il se manifeste dans une salle verrouillée pour nous rappeler que sa présence habite toutes choses. Il est bien vrai que cette présence nous échappe, on ne le rencontre pas quand on veut. Cette image éclaire notre situation : le Christ habite notre monde, mais nous avons du mal à discerner sa présence et son action.

Nous sommes au temps de croire, mais sans voir. L’évangile nous donne des témoignages. Marie-Madeleine rencontre Jésus sans le reconnaître, les disciples d’Emmaüs doivent marcher longtemps avec le ressuscité et ils ne le reconnaîtront qu’à la fraction du pain, mais lui aura disparu de leurs yeux. Pierre et ses compagnons reconnaîtront le ressuscité après une pêche infructueuse en faisant confiance à Celui qui leur dit « jetez vos filets de l’autre côté ». Thomas demandera à Jésus de montrer ses plaies pour croire. Il devient notre jumeau dans notre difficulté à croire. Mais c’est bien Jésus qui se déplace pour se rendre présent au milieu des disciples réunis avec Thomas.

Ce dimanche est aussi le dimanche de la miséricorde. Le ressuscité réconforte les disciples. Par 3 fois dans l’évangile il leur dit « la paix soit avec vous » Jésus le miséricordieux vient réconcilier en nous tout ce qui a été blessé détruit dans notre relation d’amour. Cette miséricorde vient guérir en nous tout ce qui est obstacle à la paix à la rencontre de Dieu, à la rencontre de l’Autre. C’est la source de notre joie de croire et de vivre en disciples du Ressuscité.

Christian Flottes, ss.cc

Dimanche 17 avril 2022 – Dimanche de Pâques (C)

La résurrection, c’est aujourd’hui !

     Pâques, fête de la Résurrection du Christ. Quand Marie-Madeleine s’empresse d’aller au tombeau le matin de Pâques, que peut-elle méditer en son cœur sinon la tristesse des événements qui se sont déroulés ? Jésus, le Bien-Aimé, a souffert, il est mort, il est mis au tombeau. « C’était encore les ténèbres », nous dit le texte de saint Jean. Y a-t-il place en son cœur pour autre chose que la peine, si ce n’est pour le désespoir ? Et dans le cœur de Pierre ? Et dans celui de Jean ? Mais voilà : la pierre qui fermait le tombeau a été roulée et, à l’intérieur, il n’y a plus trace du corps. Et Jean crut aussitôt, laissant entrer en lui la grâce qui fait les cœurs nouveaux, qui change l’homme triste et abattu en homme déjà ressuscité, re-né, transformé dans tout son être. Pour Marie-Madeleine et pour Pierre, ce sera plus long, mais cela se fera.

Et pour nous ? Y a-t-il place en nos cœurs pour la joie de Pâques, pour l’espérance de femmes et d’hommes déjà ressuscités ? En nous aussi, ou autour de nous, ce sont encore des trop-pleins de ténèbres. Notre monde qui s’abîme de plus en plus sous les coups des pollueurs. Les violences qui se multiplient et engendrent des flots de réfugiés. Les peurs qui grandissent et qui font se lever les spectres de la méfiance, si ce n’est de la haine. La guerre en Ukraine avec sa succession d’horreur. Une Europe qui se retranche de plus en plus derrière des murs et des barbelés. Des politiques qui, de plus en plus, s’affirment en jouant la carte du rejet d’autrui. Et l’Eglise elle-même prise dans des tourmentes de scandales qui la défigurent.

En venant fêter Pâques, que portons-nous en nos cœurs ? Le poids des souffrances du monde et l’emprise de trop de ténèbres ? Ouvrons-les néanmoins, nos cœurs ! Ne nous laissons pas emprisonner par les craintes ? Le Christ est ressuscité, il nous engage à le suivre, il fait de nous des êtres nouveaux bénéficiant déjà de la résurrection. Les baptisés de Pâques, adultes, jeunes, enfants, nous confortent sur ce chemin. Oui, Jésus est le Vivant. Oui, il nous veut vivants avec lui et porteur de vie divine pour notre monde. Que les lumières de Pâques brillent dans nos cœurs et dans nos yeux ! Ne nous décourageons ! Christ est pour toujours notre lumière !

Luc Schweitzer, sscc.

 

Dimanche 10 avril 2022 – Dimanche des Rameaux (C)

“Un triomphe ambigu ; un échec apparent ; la victoire définitive de l’amour”

Malentendu

L’Entrée triomphale à Jérusalem est la journée par excellence du « malentendu ».

Pour les apôtres, c’est enfin l’accomplis-sement de ce qu’ils espéraient. Jésus prend possession de la ville royale, de la ville sainte. Il va inaugurer le Royaume, leur royaume.

Pour Jésus, c’est tout autre chose. À quelques disciples il a donné des « indices » pour comprendre ce qui se passe à ce moment-là : la Transfiguration en est un.

Le Royaume, selon Jésus

Au-delà du succès apparent, Jésus voit l’avenir, son rejet par les chefs religieux du Temple, sa condamnation. Oui, il vient bien inaugurer le Royaume ; mais celui de Dieu, non celui des hommes ; il est bien le Messie mais pas celui attendu.

Celui-ci était le Fils de Dieu

Ce Royaume ce sera celui qu’un soldat romain, bouleversé, découvrira au pied de la Croix. Devant un homme mort, abandonné de tous, il reconnaîtra soudain l’affirmation triomphante de l’amour. Il confessera « Vraiment celui-ci était le Fils de Dieu »

Dimanche des Rameaux ou dimanche de la Passion ?

Traditionnellement nous avions le dimanche des Rameaux et le dimanche de la Passion. La réforme liturgique des années 60 a uni ces deux dimanches en un seul tout en gardant les deux évangiles : celui de l’entrée de Jésus à Jérusalem et celui du récit de la Passion.

On peut manipuler les foules, mais pas le cœur de Dieu

En quelques heures nous passons du triomphe à l’accusation, de la liesse à la mort de Jésus sur la croix. On peut toujours manipuler les foules, mais pas le cœur de Dieu. De grâce, ne nous arrêtons pas en chemin comme ont failli le faire les disciples d’Emmaüs. Osons croire que Jésus de Nazareth est bien ressuscité au matin de Pâques.

Croyons en l’amour plus fort que toutes les morts !

Cette Semaine Sainte, venons méditer et célébrer cette « victoire définitive de l’amour sur la mort, sur toutes les morts ! ». En ce temps bouleversé par la guerre et la violence recevons le témoignage de Jésus défiguré sur la croix, comme le signe éclatant du don total transfiguré au matin de Pâques dans sa résurrection.

Père Christian Malrieu

 

Dimanche 3 avril 2022 – 5ème dimanche de carême (C)

Va, et désormais ne pèche plus !

     La vie humaine n’est pas un long fleuve tranquille. Elle est faite d’épreuves alternant avec des périodes plus sereines. Épreuves causées par les hommes : guerres, oppressions, abus de pouvoir, exploitation des enfants, des femmes, des pauvres… Expériences causées aussi par le péché de chacun, qui peut avoir pour conséquence des maladies, du mal-être ou du gâchis dans nos relations… Mais rien n’est jamais définitivement perdu, car Dieu ne cesse de faire du nouveau…

 

Ainsi dans le cas de la femme adultère : les hommes la condamnent, mais le Fils de Dieu, lui qui est sans péché, ne la condamne pas. Il la renvoie, libre ; il lui donne une nouvelle chance ; il lui fait confiance en lui demandant seulement de ne plus pécher. La menace de mort disparaît ; le chemin d’une vie nouvelle s’ouvre désormais pour elle.

Tout chrétien est un pécheur pardonné. Ce pardon nous a été donné radicalement lors de notre baptême, qui est participation à la mort et à la résurrection du Christ. Dès lors, au cours de notre vie, nous pourrons vivre et interpréter nos épreuves comme une communion aux souffrances du Christ en sa passion ; et grâce à notre foi en son amour inconditionnel, nous pourrons nous relever et éprouver déjà la puissance de la résurrection du Christ.

St Paul nous le rappelle encore aujourd’hui : « une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus ». Voilà  l’itinéraire qui nous est proposé, alors que la Semaine sainte s’ouvre bientôt devant nous. L’Eucharistie que nous célébrons nous donne aussi des forces neuves pour poursuivre notre course à la suite du Christ.

 

Dimanche 27 mars 2022 – 4ème dimanche de carême (C)

Guerre et paix

     Depuis plus d’un mois les bombes ravagent l’Ukraine avec près de 10 millions de réfugiés dans les pays voisins et même chez nous. Nous assistons à ce drame humain que nous pensions être relégué aux guerres mondiales du 20ème siècle en Europe. Nous nous sentons impuissants devant tant d’horreurs.

Heureusement que beaucoup se lèvent pour crier « non à la guerre ! » dans les deux camps. Des femmes et des hommes « courages » accueillent des familles entières chez eux, en Pologne, particulièrement. AÀ tel point qu’à Varsovie le maire vient d’en appeler à l’Etat car ce sont plus de 300 000 personnes qui arrivent de l’Ukraine. Les vivres vont commencer à manquer dans la capitale polonaise…

Mais les drames de la guerre continuent aussi au nord de l’Erythrée, au Soudan, au Yémen… et dans bien d’autres parties du monde. Nous voyons que les « ballets» diplomatiques ne suffisent plus à enrayer la machine de guerre ! Que faire ?

Le Pape François s’adresse au belligérants mais cela suffit-il ? Se sont des chrétiens orthodoxes, pour la plupart, qui s’entretuent ! Ce vendredi, en la fête de l’Annonciation du Seigneur, en la basilique Saint Pierre de Rome, le Pape François a présidé une célébration pénitentielle au cours de laquelle à 18h30 il a prononcé la consécration à Marie, de l’Ukraine et de la Russie. Prions avec lui en lisant l’acte de consécration que vous trouverez dans l’église.

Ce dimanche nous recevons la Parole de Dieu en St Luc avec la Parabole du Fils Prodigue. L’un ayant reçu sa part d’héritage il va tout dépenser sans compter… Il n’a plus rien à manger. Alors dans cette descente aux enfers il se souvient qu’il a un père.

L’autre frère qui n’a rien fait de mal voyant le retour de son frère et la fête qui est donnée en son honneur, devient jaloux et se met de facto hors du champ d’amour de son père.

Dieu-Père est ainsi. Il aime, sans calculer, ses filles et ses fils. Quand ceux-ci viennent à se détester il redouble d’amour et de miséricorde. Le Pape François demande à ce que l’on prie non seulement pour les Ukrainiens mais aussi pour les Russes. Cela peut nous surprendre quand on voit le champ de ruines. Nous aimerions que Dieu sauve le peuple martyr contre ceux qui ont déclenché ce massacre. Nous aimerions qu’il les sauve comme pour les Hébreux devant les chars de Pharaon…

Faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour qu’advienne la paix. C’est aussi une immense invitation à « balayer devant notre porte » et voir ce qui n’est pas porteur de paix en nous, entre nous, dans nos familles… entre voisins…

Espérons qu’un jour, le plus proche, les armes s’arrêteront et que Ukrainiens et Russes pourront à nouveau se visiter et s’entraider. On se souvient du « rêve » qu’avait fait Martin Luther King, ou du geste de pardon envers son bourreau de Maïti Girtanner. Il était venu la visiter 40 ans après… Elle écrivait «Même les bourreaux ont une âme » !

 

Christian Malrieu

Dimanche 20 mars 2022 – 3ème dimanche de carême (C)

Abus, guerres, violences… En quel Dieu croyons-nous ?

     En cette première journée de prière pour le personnes victimes d’abus dans l’Église (instituée désormais par l’Église de France chaque 3ème dimanche de carême) nous faisons mémoire de ces milliers de vie brisées par ceux-là mêmes qui se présentaient comme les représentants de Dieu sur terre. Quelle image de Dieu avaient ces prédateurs ? Quelle image de Dieu ont-ils malheureusement donné à voir à leurs victimes ?

Depuis près d’un mois la guerre en Ukraine a tué sans discernement des milliers de personnes innocentes, elle a contraint à l’exil des millions d’autres. Et, comme si cela ne suffisait pas, le patriarche orthodoxe de Moscou légitime spirituellement cette guerre au nom de la préservation de la foi. Mais de quelle foi s’agit-il ? Les morts, les exilés, le patriarche et ceux qui le suivent croient-ils au même Dieu ?

Au temps de Jésus des gens s’interrogeaient sur le massacre des Galiléens perpétré par Pilate. N’étaient-ils pas des pécheurs pour avoir subi un tel sort ? Ne seraient-ils pas des victimes de la justice divine ? Même chose pour ceux qui sont tués par la chute de la tour de Siloé. N’avaient-ils pas quelque chose à se reprocher ? N’étaient-ils pas plus coupables que ceux qui ont été épargnés ?

Jésus nous met en garde sur l’idée que nous nous faisons de Dieu et sur la tentation que nous avons de l’instrumentaliser pour justifier nos comportements. Il appelle à la conversion, faute de quoi « vous périrez tous de même » nous dit-il. Car si nous croyons en un Dieu bourreau des pécheurs qui frappe et qui châtie, alors nous mourrons dans la terreur de ce Dieu-là.

Dieu n’est jamais du côté de celui donne la mort. Il est l’ami des pécheurs. Il est celui qui « a vu la misère de son peuple et qui connaît ses souffrances ». Il est du côté de la vie, même quand tout semble perdu. Il est celui qui ne se lasse pas, celui dont l’amour « brûle sans se consumer ». Il est le vigneron qui va prendre soin patiemment du figuier desséché jusqu’à ce qu’il porte du fruit.

     Pascal Blavot

 

Dimanche 13 mars 2022 – 2ème dimanche de carême (C)

Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le !

     Saint Luc situe la scène de la Transfiguration sur une montagne qui n’est pas nommée, mais qu’on identifie aujourd’hui au Mont Thabor en Palestine. Ce n’est pas sans raison, car dans les Écritures la montagne est un symbole très présent pour marquer la proximité de Dieu. Elle est souvent le lieu où il se révèle comme lors de la remise des dix commandements à Moïse sur le mont Sinaï. Le décor choisi ici n’échappe pas à cette règle.

En montant avec Jésus sur la montagne, les disciples Pierre, Jacques et Jean sont prêts intérieurement à une rencontre. Celle-ci sera au-delà de toutes leurs attentes. On le voit par leur réactions : émerveillées, éblouis, comblés de paix, ils veulent seulement que ce moment s’éternise ; « Faisons trois tentes ». Ils réalisent aussi que celui qu’ils suivent depuis quelque temps n’est pas un jeune juif de Nazareth comme les autres. Non seulement, il est imprégné de l’histoire du peuple d’Israël comme ils le sont eux-mêmes, mais il se situe à un autre niveau où il prend le relais des grands prophètes qu’Élie représente.

L’éclat qu’ils perçoivent chez lui n’est pas seulement extérieur. La lumière qui les éblouit est celle d’une source intérieure. Ils ne peuvent en dire plus pour l’instant, mais ils resteront marqués à jamais par ce moment.

Les témoins de l’événement de la Transfiguration ont retenu l’essentiel : Jésus est le Fils-bien aimé du Père qui le donne à ses enfants pour leur salut ce que proclame la voix qui se fait entendre « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! ». La Transfiguration annonce, écrit saint Luc, le départ de Jésus « qui allait s’accomplir à Jérusalem ». Son départ, c’est le moment de la remise de sa vie à son Père que fera Jésus sur le Calvaire à Jérusalem. La vie tout entière de Jésus est une marche vers ce moment majeur où il offre tout ce qu’il est pour le salut de toute l’humanité. Ce faisant, Jésus accomplit en plénitude l’Alliance que Dieu a commencée depuis les jours d’Abraham.

Luc Schweitzer, ss.cc.

Dimanche 6 mars 2022 – 1er dimanche de carême (C)

Qu’il est long le chemin du véritable amour !

     Au cours de notre vie, que de paroles d’amour peuvent nous être dites sans que nous les entendions vraiment : L’enfant méconnaît ses parents, ses éducateurs. L’adulte ignore celui qui s’intéresse vraiment à lui.

Plus exactement, nous accueillons les paroles d’amour en fonction de notre désir centré sur nous-mêmes. Nous retenons leur contenu quand elles semblent nous parler de biens sensibles, de sécurité affective. Mais nous ne nous ouvrons que fort peu, ou pas du tout, au don gratuit, ne nous apportant aucun autre bien que l’amour lui-même, appelant notre propre élan du cœur. Il est vrai que les authentiques paroles d’amour sont rares. Trop souvent, elles couvrent le désir, la volonté de dominer, d’éblouir. Nous ne savons pas plus aimer qu’être aimé.

Pour y parvenir, il nous faut parcourir un long chemin, connaître bien des déceptions, des échecs. Il faut surtout que quelqu’un prenne l’initiative de nous initier à l’amour absolu, parce que lui-même a été saisi dans le rayonnement de cette force, incommensurable lorsqu’elle est désintéressée. Pour nous, celui-là, c’est le Christ. Il nous invite à le suivre sur la difficile route qui nous conduit à la véri­table rencontre.

Nous pourrions en douter, surtout quand la route devient fermée de toutes parts par la haine qui conduit à la mort. C’est ce à quoi nous assistons, impuissants devant la réalité de ce qui se vit en Ukraine ! Comment se frayer un chemin d’amour selon le Christ quand l’une des parties s’entête à détruire l’autre ? Comment sortir de l’impasse ?

Certains diront qu’il faut prier. D’autres qu’il faut négocier, parlementer !

Et si nous devions tenir les deux aspects en même temps : prière et pourparlers de paix ?

Ne nous décourageons pas devant les pièges « du Tentateur » comme l’a fait Jésus au désert. Dans l’Évangile de ce jour nous voyons que Jésus ne répond pas directement de lui-même mais il fait appel à sa foi en s’appuyant sur les Écritures : « Il est écrit… »

En ce début de Carême engageons-nous sur le chemin du véritable amour !

Christian Malrieu

 

Dimanche 27 février 2022 – 8ème dimanche du temps ordinaire (C)

“L’homme bon tire le bien du Trésor de son coeur qui est bon”

     Voilà le résumé de l’enseignement de Jésus dans l’évangile de ce dimanche. Regarder avant tout comment cultiver, mettre en valeur, partager ce trésor d’un cœur qui est bon. Le bon comme le mauvais peut déborder du cœur. Des attitudes peuvent aveugler, obscurcir les relations. Comme une source intérieure vivifiante, le Christ est ce trésor qui habite et illumine notre cœur. Avec l’image de la paille et de la poutre, Jésus nous interpelle sur ce lien malveillant qui empêche une vraie relation. il trace un chemin obligé par lequel les hommes deviennent frères. Être frère c’est être dans une relation d’égalité et de réciprocité. Nous sommes tous aveugles, et par un certain côté, de la même cécité. Nous sommes bien frères dans l’aveuglement.

Jésus va encore plus loin : il y a des situations où nous sommes aveuglés par une paille ou par une poutre. Si mon œil est obscurci, s’il ne voit pas le trésor agissant du Christ en moi et en l’autre, c’est qu’une poutre intérieure lui interdit la vue. Là réside le danger et la première urgence : vouloir changer l’autre mais en oubliant que le regard de mon cœur est aveuglé par mon attitude, mon orgueil où mon hypocrisie. Dès que nous nous mêlons de corriger quelqu’un sans une attitude bienveillante nous nous enfonçons nous-même la poutre dans l’œil, car en jugeant nous prenons la place de Dieu.

L’évangile n’est pas toujours pour le voisin, il doit me questionner : est-ce que je ne suis pas un fin détecteur des pailles de mon frère alors que je suis si oublieux ou si complaisant avec mes poutres ? Mais est-ce une invitation à l’indifférence c’est à dire en faisant remarquer à l’autre que « c’est son problème que cela ne me regarde pas » comment trouver une attitude juste ? Pas en fermant les yeux, car ce serait méprisant. Mais nous avons à être attentifs à deux choses :

– D’abord garder un cœur bienveillant, c’est à dire ne pas dramatiser ou fermer une relation en surveillant l’autre. Adoptons la bienveillance divine qui est source de miséricorde.

– Ensuite être assez clair avec nos défauts. Cela ne doit pas paralyser nos jugements mais les rendre plus modestes plus compréhensifs mieux adaptés.

La première urgence : redécouvrir la présence de Celui qui guérit de tout mal.

Christian Flottes

Dimanche 20 février 2022 – 7ème dimanche du temps ordinaire (C)

Aimez vos ennemis !

     Nous sommes sans doute étonnés du ton et de la netteté avec lesquels Jésus nous parle des attitudes que nous devons mettre en place dans nos vies. Ce n’est pas pour mettre une pression indue sur nous. Il s’agit d’une invitation, d’un appel qu’il nous fait. Il voudrait tellement que nous ayons les mœurs de Dieu, les attitudes divines, celles qui sont aussi les siennes.

Notre monde est souvent un lieu de luttes et d’affrontements. Nous sommes tous en quête de possession et d’autorité. Nous cherchons à nous imposer aux autres, à les dominer, à posséder au-delà de ce dont nous avons besoin. Cette tendance ne concerne pas seulement les autres, nos gouvernants par exemple. C’est une affaire éminemment personnelle que de prendre option pour la douceur, la miséricorde, le pardon, les valeurs de paix et d’amour.

Bien sûr, il y a en chacun de nous un instinct de vengeance. Nous avons tous une réaction vive devant les affronts et la douleur. Comment résister à l’envie de riposter et de rendre à la pareille à qui nous fait du mal et du tort? Et pourtant, comment désamorcer autrement la violence, l’escalade de la violence? Une vengeance immédiate ne risque-t-elle pas de nous engager dans quelque conflit interminable?

« À cochon, cochon et demi », disons-nous. Et nous sommes dès lors convaincus que notre guerre est juste, que c’est là la meilleure façon de prendre notre place dans la vie et de nous faire respecter. Mais où est donc la vraie grandeur? N’est-elle pas dans l’humilité et le service? N’y a-t-il pas de la bassesse à vouloir absolument être meilleur que les autres? Retrouvons plutôt la grandeur de l’humilité, du service, de l’amour fraternel… Il y a là quelque chose de divin, de béni et de sanctifié par Jésus lui-même qui a voulu vivre au milieu de nous comme un pauvre, un petit, le serviteur de tous.

Luc Schweitzer, ss.cc.

Dimanche 13 février 2022 – 6ème dimanche du temps ordinaire (C)

Il est où le bonheur, il est où ?

     Heureux, vous les pauvres ! Quel malheur pour vous, les riches ! Paroles provocantes : qui pourrait se dire heureux d’être pauvre ou affamé, de pleurer, d’être exclu ou de subir la persécution ? Comme souvent les paroles tranchantes de Jésus nous obligent à faire la vérité et à nous convertir.

Dieu est amour et il ne souhaite que notre bonheur. Mais quel est ce bonheur dont nous parle Jésus ? Est-ce un bonheur qui nous maintient dans une bulle en nous préservant de toutes difficultés, sans prendre en compte le mal, les injustices et les souffrances de notre environnement ? Ou un bonheur qui regarde en face les réalités du monde dans lequel nous vivons ? Est-ce un bonheur fondé sur des plaisirs éphémères ou sur la confiance que nous avons dans le Christ ?

Jésus, et lui seul, peut dire : « Heureux, vous les pauvres ». Lui qui s’est fait pauvre en s’incarnant dans notre condition humaine. Lui qui a connu la faim et la soif, pleuré son ami Lazare, subi les insultes et qui est mort crucifié comme un malfaiteur. Cette béatitude est d’abord une révélation sur Dieu, qui s’intéresse aux pauvres, aux malades, aux petits et aux humbles et qui ne supporte pas qu’il y ait des persécutés et des victimes des évènements et de nos violences. Jésus ne conforte pas les pauvres dans leur situation de misère mais il leur dit qu’ils sont les préférés du Seigneur, à cause des souffrances qu’ils endurent.

« Quel malheur pour vous, les riches ». Ces paroles de Jésus ne sont pas là pour nous culpabiliser mais pour nous réveiller et nous mettre en mouvement. En prenant conscience que le confort matériel n’est pas une fin en soi et que la sobriété est une nécessité urgente pour la survie de la planète et du genre humain, nous sommes invités à vivre « une existence austère et dépouillée ». En écoutant les personnes les plus vulnérables souvent écrasées par des structures de domination et de pouvoir nous sommes appelés à mettre en œuvre « une fraternité et une amitié sociale » où chacun se sent reconnu.

Puisse chacun trouver et vivre le bonheur qui nous est promis, à l’appel et à la suite du Christ.

   Pascal Blavot

Dimanche 6 février 2022 – 5ème dimanche du temps ordinaire (C)

“Avance au large, et jetez vos filets…”

     L’activité humaine vient de l’homme, et en même temps elle s’oriente vers l’homme. En effet, par son action, l’homme ne transforme pas seulement les choses et la société, il se transforme lui-même. Il apprend bien des choses, il cultive ses facultés, il sort de lui-même et se dépasse. Cet essor, bien compris, est d’un tout autre prix que l’accumulation de toutes les richesses possibles.

L’homme vaut davantage par ce qu’il est que par ce qu’il a. De même, tous les efforts des hommes pour faire progresser la justice, pour développer la fraternité, régler de façon plus humaine les relations sociales, tout cela l’emporte sur les progrès techniques. Car ceux-ci peuvent bien fournir une base matérielle à la promotion humaine, mais ils sont tout à fait impuissants, par eux seuls, à la réaliser.

Voici donc la règle de l’activité humaine : qu’elle soit conforme au bien authentique de l’humanité, selon le dessein de la volonté de Dieu, et qu’elle permette à l’homme, considéré comme individu ou comme membre de la société, de s’épanouir selon la plénitude de sa vocation.

(L’activité humaine selon le Concile Vatican II – Gaudium et Spes n° 35)

Dimanche 30 janvier 2022 – 4ème dimanche du temps ordinaire (C)

Saint Jean Bosco

     « Sans affection, pas de confiance ; sans confiance, pas d’éducation » : telle était la conviction profonde de Don Bosco qui, peu après son ordination en 1851, se mit à prendre en charge des jeunes désœuvrés de Turin. Persuadé que « la paresse est le piège principal dont se sert le Tentateur », il ouvrit pour eux un premier patronage du dimanche, suivi d’un foyer, d’une école, d’un atelier professionnel. L’œuvre et la pédagogie de celui qui voulait former « d’honnêtes citoyens et de bons chrétiens » lui ont valu d’être canonisé en 1934, puis d’être proclamé « père et maître de la jeunesse » en 1988. »

UNE BELLE FIGURE D’ÉDUCATEUR

Qui ne connait pas Saint Jean Bosco dont nous célébrons la fête ce lundi 31 janvier ?  Souvent nous avons découvert sa vie et son œuvre à travers une bande dessinée, un film ou encore par la rencontre d’une religieuse ou d’un religieux Salésien.

Combien aujourd’hui encore nous voudrions réussir en matière d’éducation comme Don Bosco ! Il l’a fait à son époque pour répondre à la situation difficile de la jeunesse de Turin.

Il n’a pas voulu se lancer dans cette aventure seul mais avec d’autres. « Pour amplifier son action, Don Bosco fonde en 1859 la congrégation de Saint-François de Sales, puis en 1872, avec sainte Marie-Dominique Mazzarello, celle des Filles de Marie-Auxiliatrice. »

À l’exemple de Jésus retenons son intuition :  il appelle les Douze, puis 72 pour porter la Bonne nouvelle aux pauvres. Comme Jésus, on a beau avoir un projet formidable envers la jeunesse, par exemple, seul on ne peut rien. Trop souvent, ceux qui portent de tels projets sont fascinants, mais seuls au bout de quelques temps l’œuvre s’éteint.

EN MATIÈRE D’ÉDUCATION, LA TÂCHE EST RUDE ET EXIGEANTE

Cela demande beaucoup d’investissement et d’être sans cesse à l’affût de réajustements pour répondre, au mieux, aux attentes des jeunes, de leurs parents, de leurs accompagnateurs…

JÉSUS FAIT « BOUGER LES LIGNES ! »

Ce qu’on attendait de lui, c’est qu’il se conforme à l’image qu’on voulait s’en faire, et qu’il se conforme à la Tradition purement et simplement !

Mais Jésus plonge ses racines beaucoup plus loin que ne le pensent ses concitoyens. Sa vision est celle d’un Israël ouvert à l’univers, à Sidon et à Sarepta, les villes païennes. C’est de cette dimension universelle qu’il tire sa capacité de faire des miracles. Mais à Nazareth cette capacité est étouffée, faire du neuf à partir de la Tradition cela devient scandaleux.

Jésus ne peut que s’en aller, continuer son chemin vers Jérusalem qui à son tour le condamnera. Mais c’est bien parce qu’il a poursuivi ce chemin qu’aujourd’hui il rayonne sur le monde.

Les Vincent de Paul, Damien de Molokaï, Don Bosco… pour ne citer que ceux-là, ont voulu ne pas en rester à ce qui se faisait depuis toujours. Ils ont annoncé l’Évangile aux pauvres en usant de leur « ingéniosité éducative » à tous les niveaux et selon leur époque. Qu’il en soit ainsi, de notre part, aujourd’hui.

Christian Malrieu

Dimanche 23 janvier 2022 – 3ème dimanche du temps ordinaire (C)

C’est aujourd’hui que cette parole s’accomplit !

     Plusieurs chrétiens sincères et honnêtes se demandent si les textes de la Bible sont vrais, si ça s’est vraiment passé comme les évangélistes et les autres auteurs nous le racontent. C’est une question pertinente et légitime. Bien sûr, ça peut nous aider de savoir que la Bible contient toute une «bibliothèque», avec toutes sortes de genres littéraires. Que chacun des nombreux auteurs a son style, sa façon d’écrire, ses images et ses paraboles. C’est aussi utile de se rappeler qu’aucune œuvre de la littérature mondiale n’a été aussi étudiée et approfondie que la littérature biblique. Des milliers d’experts se penchent chaque année et depuis des siècles, sur ces textes afin de les scruter, les analyser et mieux les comprendre.

Aujourd’hui, dans la synagogue de Nazareth, Jésus nous propose une nouvelle façon de poser la question sur la véracité de la parole de Dieu. Au lieu de nous demander si ce que nous raconte le texte est vrai, Jésus suggère de poser la question : Est-ce que cette Parole peut devenir réalité dans notre vie quotidienne.

Après avoir lu le texte d’Isaïe, un texte vieux de plusieurs siècles, Jésus ajoute simplement : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture. » C’est-à-dire, ce passage d’Écriture que nous venons d’entendre devient réalité maintenant.

Le Christ rend l’Écriture vivante et vraie « aujourd’hui ». Il se rapproche des pauvres et des pécheurs, guérit les malades, réintègre dans la communauté ceux et celles qui ont été mis au ban de la société, redonne la vue aux aveugles, proclame la bonne nouvelle du Royaume. C’est l’aujourd’hui de Dieu.

Et la question nous est posée : Est-ce que ce passage d’évangile peut aussi s’accomplir dans notre vie de tous les jours ? Est-ce que l’Esprit Saint peut nous aider à annoncer la bonne nouvelle : à libérer ceux et celles qui sont prisonniers des stupéfiants, de l’alcool, des jeux de hasard ; à visiter les malades et les personnes qui souffrent de solitude ; à redonner la vue à ceux et celles qui sont déprimés et découragés?

Luc Schweitzer, ss.cc.

Dimanche 16 janvier 2022 – 2ème dimanche du temps ordinaire (C)

Le repas de mariage est sauvé !

     « En ce temps-là, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité avec ses disciples. Or on manqua de vin… ! »

Dans toute la Bible, l’image des noces est souvent utilisée pour signifier la relation aimante et fidèle de Dieu pour toute l’humanité. Jésus ne boude pas nos réalités humaines ; il partage nos joies ; il participe à un mariage. Mais sa présence à ces noces de Cana est surtout le signe des épousailles de Dieu avec son Peuple. En son Fils, Dieu veut rencontrer plus profondément toute notre humanité pour lui offrir la Joie de son Amour.

Dans l’évangile de Jean, le signe de Cana est le premier signe d’une Nouvelle Alliance : l’eau changée en vin ; c’est la première manifestation publique du Messie. La mère de Jésus y tient un rôle important ; de fait, elle est le premier témoin de cette Nouvelle Alliance : l’annonciation à Nazareth, la naissance à Bethléem, la visite des mages, le baptême dans le Jourdain… Cette promesse nuptiale de Dieu avec son Peuple, annoncée déjà par le prophète Isaïe, est en train de s’accomplir maintenant. En donnant du très bon vin à boire et à profusion, Jésus est identifié comme le Messie attendu qui vient combler notre humanité de la profusion de son Amour : il est l’envoyé du Père par lequel les hommes connaîtront la Joie définitive. À l’heure de sa Passion, lors du repas pascal, Jésus fera de la coupe de vin partagée, le Sacrement de Son sang versé pour le Salut de la multitude.

Certes, l’heure du repas pascal n’est pas encore arrivée, mais à Cana déjà tout est dit : en donnant à boire le bon vin, Jésus « sauve » en quelque sorte le repas de noces ! Jésus nous offre en abondance cette Joie de la nouvelle Alliance avec Dieu. Aujourd’hui, Jésus avec son geste et sa Parole, en passant des rites anciens de la Loi qui utilisaient l’eau des jarres pour se purifier, nous fait goûter et savourer en abondance la Joie de son Amour. Et nous désormais, il nous reste à suivre la recommandation de la Mère de Jésus : « Tout ce qu’il vous dira, faîtes-le », et devenir Ses disciples et croire en Lui.

Dimanche 9 janvier 2022 – Baptême du Seigneur (C)

Humilité

     Entre sa naissance et son baptême le temps de Noël embrasse trente ans de la vie de Jésus. Trente ans de silence et d’humilité.

Humilité de celui qui naît dans une étable et qui va vivre sans bruit à Nazareth une vie ordinaire au milieu de gens ordinaires. Invitation à respecter les vies simples où, apparemment, il ne se passe rien. En elles Dieu est à l’œuvre et nul ne peut dire qu’elles ne porteront pas de fruit.

Humilité de celui qui se fait baptiser au milieu de la foule des pécheurs, sans se faire remarquer. Volonté de les rejoindre là où ils sont et là où ils en sont. C’est d’abord aux pécheurs, aux pauvres, aux malades et aux laissés pour compte que la Bonne nouvelle est adressée.

En ces temps d’incertitudes sanitaire, climatique, politique et même ecclésiale, nous aimerions peut-être trouver un messie, un homme ou une femme exceptionnel(le), qui nous rassurerait et nous guiderait vers des jours meilleurs. Mais ce messie providentiel n’existe pas. Le seul vrai Messie c’est le Christ, pauvre et humble de cœur, et c’est avec son aide que nous devons affronter ces crises.

La crise sanitaire et la crise climatique nous invitent à réaliser que nous ne pouvons pas tout maîtriser et contraindre indéfiniment la nature. Nous devons humblement accepter de changer nos modes de vie en faisant preuve de solidarité, notamment auprès de ceux qui sont le plus durement touchés : travailleurs précaires sans sécurité d’emploi, familles à faibles revenus fragilisées par la crise, jeunes isolés et sans perspective, personnes sans domiciles et sans papiers…

La crise de confiance dans les structures de gouvernance de notre société et de l’Église nous invite à bâtir un autre monde fondé sur la fraternité, en donnant la parole aux humbles, aux petits, aux exclus, en dialoguant humblement avec ceux qui ne pensent pas comme nous et en privilégiant toujours la recherche du bien commun.

Nous savons que, dans ces épreuves, le Christ ne nous abandonnera jamais. Avec humilité et avec joie, sachons témoigner de l’Espérance qui nous habite.

Pascal Blavot

Dimanche 19 décembre 2021 – 4ème dimanche de l’Avent (C)

Joie de la rencontre !

     La belle histoire des deux mamans (Marie et Elisabeth) qui se rencontrent nous rejoint dans nos expériences les plus humaines, en toutes ces fois où nous vivons le bonheur d’une vraie rencontre. Nous aimons alors partager les choses plus essentielles et parfois décisives qui nous arrivent. Qu’il fait bon alors trouver quelqu’un à qui le dire, à qui se confier, avec qui pouvoir mesurer l’ampleur et la vérité de ce qu’il nous est donné de vivre d’intime, de surprenant, d’inédit et de nouveau, dans la peine ou dans la joie !

On devine en tout cas l’enthousiasme et la joie des deux femmes, Élisabeth et Marie, leur fierté devant les prodiges et le mystère d’une fécondité en train de se manifester dans leur corps et dans tout leur être. Elles vivent l’anticipation heureuse de la naissance prochaine d’un enfant. Quoi de plus maternel et de plus féminin ? Quoi de plus humain ? Vivre intensément le présent, entièrement tourné aussi vers l’avenir, comme s’il était déjà là, avec la conscience du risque encouru, une certaine inquiétude peut-être. De quoi donner le vertige!

Mais cette visitation toute pleine de charme et de beauté si naturelle et même familière, est d’abord porteuse d’une révélation profonde sur l’essentiel de ce qui fait notre salut, elle oriente nos esprits et nos cœurs vers l’avenir de notre foi et de notre espérance. Car Saint Luc – c’est toujours là sa manière –, par ses récits, veut nous instruire. Ce qu’il nous présente aujourd’hui finalement c’est l’accomplissement effectif du grand rêve de Dieu, sa présence réelle et active en notre chair, sur notre terre. C’est l’initiative que le Seigneur prend de venir chez nous. Le Fils de Dieu devient, pour nous rejoindre, un être missionnaire ; dès le sein de sa mère, il se révèle un être de Parole et de visitation, dans l’humilité et la joie du service, dans le sens d’une proximité, d’une intime présence.

C’est ainsi qu’il vient dans nos maisons, dans nos lieux de travail, de loisirs, de labeurs et de peines, de jeux et de souffrances, pour une présence de réconfort, de paix et d’amitié. C’est ainsi qu’il donne valeur à tout ce que nous vivons dans l’amour.

Luc Schweitzer, ss.cc.

Dimanche 12 décembre 2021 – 3ème dimanche de l’Avent (C)

“Que devons-nous faire ?”

     Dans la Bible, on est confronté souvent à cette question : « Que devons-nous faire ? » ; les prophètes sont parfois plus soucieux de ce qu’il faut faire que de ce qu’il faut croire ! – Dans l’Évangile, c’est encore la même question qui conduit auprès de Jean Baptiste des hommes et des femmes de bonne volonté préoccupés de bien faire. À ceux qui l’interrogent, Jean ne demande pas de tout quitter ou de renoncer à être eux-mêmes, mais de mener leur vie dans un esprit nouveau : il recommande la modération, la justice, la non-violence, et le partage fraternel ; même les publicains – qui, dans l’évangile, symbolisent à la fois la cupidité, la malhonnêteté et la trahison à l’égard du peuple – ne sont pas exclus du chemin conduisant au Salut. En fait, Jean Baptiste n’impose rien d’impossible ni de surhumain. Chacun est invité à accueillir Jésus dans les conditions de vie qui sont les siennes…

Mais, dans le même temps, Jean Baptiste insiste sur l’urgence de prendre position. On ne peut pas tergiverser indéfiniment face à Jésus. À chacun de savoir s’il veut entrer dans ce Royaume proposé par Jésus, ou s’il préfère rester de l’autre côté de la frontière. À l’aide d’images empruntées au monde rural, Jean Baptiste évoque la séparation du grain et de la paille, la distinction entre ‘bons’ et ‘méchants’. Nous savons bien que cette ligne de partage passe au milieu de chacun de nous, entre ce qu’il y a de meilleur et ce qu’il y a de mauvais dans notre cœur.

Par des paroles tranchantes, Jean Baptiste place chacun d’entre nous face à la responsabilité et aux engagements concrets de sa propre vie. Tout l’Évangile nous pousse  à nous interroger sur la manière de nous préparer à vivre et partager cette Bonne Nouvelle du Royaume ouvert à tous les hommes et femmes de bonne volonté. Alors, si aujourd’hui, à la veille de Noël, nous voulons aller à la rencontre du Seigneur qui vient : « Que devons-nous faire ? »

Alphonse Fraboulet

Dimanche 5 décembre 2021 – 2ème dimanche de l’Avent (C)

Aujourd’hui encore des prophètes crient au milieu de notre monde !

Des prophètes crient la douleur, la souffrance, le danger de toute exclusion au nom de leur foi ou d’un humanisme.  Les entendons-nous ? Serions-nous sourds ?

Dans l’Evangile de ce 2ème dimanche de l’Avent, nous lisons : « La parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie. Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers, tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu. Luc 3, 1-6 »

Sans en dresser une liste exhaustive nous pouvons sans difficulté, en repérer quelques-uns :

– Cette semaine le Pape François va se rendre en Grèce et à Chypre. Il devrait à nouveau appeler le monde à s’indigner devant la crise migratoire, notamment après les tensions entre l’Union européenne et la Biélorussie et le dramatique naufrage dans la Manche qui a couté la vie à 27 personnes le 24 novembre.

Dimanche, sur Twitter, le Pape avait déjà exprimé sa “tristesse” concernant le sort des noyés en Méditerranée et des migrants réduits en esclaves en Libye.

Avant une grande messe à Athènes, il finira son voyage en passant sur l’île de Lesbos. C’est sur cette île égéenne, située à moins de 15 km des côtes turques, qu’il avait marqué les esprits en avril 2016, en déclarant : “Nous sommes tous des migrants !”

– Mgr Gaillot, évêque de Partenia, s’insurge quand on protège les frontières avant de protéger les migrants. La brutalité l’emporte sur l’humanité. L’expulsion prend le pas sur l’accueil. L’humain est bafoué. Une société humaine se juge à la manière dont elle traite ceux qui sont blessés, qui ont faim, qui viennent de loin. On ne peut rejeter l’autre et s’affirmer chrétien. On ne peut être avec le Christ sans être avec les exclus de la société. Mais la violence n’est pas une fatalité. Nous ne sommes pas faits pour la subir. Il est heureux qu’aujourd’hui on mette en œuvre une culture de la non-violence dans les familles, les écoles, les Églises. La non-violence est un bien commun de l’humanité. Elle ne se délègue pas, ne se décrète pas. On peut lutter pour la justice et la dignité des êtres humains sans haïr et sans tuer.

Les responsables du Secours Populaire, du Secours Catholique, du CCFD, d’Hiver Solidaire, Accueil et Partage… Tous nous appellent au devoir de solidarité, de partage et de justice. Cela rejoint bien la Parole de Dieu de ce dimanche. Que veut dire « Préparez le chemin du Seigneur » sinon ouvrir des chemins d’amour entre tous les êtres humains. Nous pouvons le faire avec les couleurs, les parfums propres à nos convictions, nos valeurs, notre foi… notre appartenance aussi à telle ou telle communauté, paroisse, diocèse…

Ce n’est pas avec un bulldozer qu’on aplanit le chemin du Seigneur, mais avec une grande dose de compassion, d’élan joyeux dans l’espérance et en étant acteurs, actrices de communion, ici et maintenant.

Christian Malrieu