Homélies du dimanche ….

Dimanche 25 septembre 2022 – 26ème dimanche du temps ordinaire (C)

“Ils ont Moïse et les prophètes !”

Peut-être sommes-nous comme le riche de l’Evangile de ce dimanche. Nous aimerions voir Jésus revenir sur terre en chair et en os pour nous dire ce qu’il faut faire pour avoir la récompense du Salut Eternel, accéder au Royaume de Dieu… Serait-ce le cas : nous serions capables de ne pas le reconnaître, de passer à côté…

C’est la demande formulée par le riche quand il voit le pauvre près d’Abraham dans le paradis. Il voudrait bien que quelqu’un y compris Lazare visite la famille du riche pour que tous reviennent à Dieu.

Avons-nous besoin de revenants pour nous mettre à la suite du Christ ? Non, le seul « revenant » c’est le Christ, Jésus Ressuscité ! Nous avons la Parole de Dieu, la parole de l’Eglise, l’enseignement social de l’Eglise… Nous avons le Pape François qui nous exhorte sans cesse à vivre l’Evangile… Bref, nous avons tout pour vivre à fond notre baptême.

« BÉNIR »

Bénir c’est dire du bien à Dieu de la personne qu’on lui présente. Ce dimanche, nous dirons du bien à Dieu des enfants qui seront parmi nous lors de l’eucharistie. Nous les bénirons avec leurs cartables et ce que cela représente : la connaissance, l’amitié avec leurs camarades de classe, leurs enseignants, leurs parents… Puissions-nous, nous bénir mutuellement !

Bénissons ceux et celles qui prennent des responsabilités pour aider les jeunes à grandir dans la foi, l’espérance et la charité. Bénissons ceux qui vont s’engager pour une nouvelle période avec Hiver Solidaire auprès des personnes de la rue. Bénissons aussi les étudiants du Foyer du 45 rue des Maraîchers pour les engagements qu’ils prennent parmi nous cette année.

« SOBRIÉTÉ HEUREUSE »

En cette nouvelle année ayons à cœur d’être attentifs aux besoins des uns et des autres. Que nous puissions inventer de nouvelles façons de vivre pour aller vers une « sobriété heureuse ». Sans tomber dans le radicalisme absolu de certains, restons lucides et faisons les bons choix pour que notre Maison Commune ne brûle pas avec le dérèglement climatique et sous la stupidité de guerres fratricides sans aucun fondement.

La sobriété heureuse c’est aussi le fait de mutualiser des projets pastoraux communs à nos trois paroisses du doyenné. Nous allons avoir des rendez-vous à ce sujet : rencontre des fiancés, spectacle « Au commencement le vert était dans la pomme », la confirmation des jeunes…

Bonne année pastorale à Saint Gabriel !

Christian Malrieu

Dimanche 18 septembre 2022 – 25ème dimanche du temps ordinaire (C)

Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et l’argent

     La presse ne cesse de révéler les scandales financiers, véritable cancer qui touche ou éclabousse, semble-t-il, mêmes les plus hautes personnalités de nos pays. Certaines affaires font « la une » pendant des mois. L’argent occupe plus de place dans les journaux que tout le reste : outre les scandales, on nous informe sur la situation de la bourse de New York, de Londres et de Paris, sur l’évolution du CAC 40 et sur la valeur de l’Euro par rapport au Dollar, sur l’existence des paradis fiscaux et sur les niches fiscales, sur le déficit budgétaire et celui de nos systèmes de protection Sociale… L’argent est aujourd’hui comme hier ce qui occupe la première place dans nos sociétés, aux dépens souvent de l’intérêt des personnes. Il y a toujours des riches qui s’enrichissent et des pauvres qui font les frais du système.

Dans l’évangile de ce jour, Jésus semble connaître tout cela. Et saint Luc est probablement l’évangéliste qui insiste le plus sur les avertissements de Jésus à l’encontre des riches. Souvenons-nous des passages qui sont seulement dans le troisième évangile : les malédictions qui font suite aux béatitudes (Lc 6,24-25), la parabole du riche insensé (Lc 12,16-21), la parabole du riche et du pauvre Lazare que nous lirons dimanche prochain (Lc 16,19-31), l’histoire de la conversion de Zachée qui le conduit à partager ses richesses : alors le salut vient dans sa maison (Lc 19,1-10).

À cela s’ajoute la parabole qui nous est proposée aujourd’hui. Le Seigneur nous a confié ses richesses en gestion. Et les « économes » que nous sommes auront à lui rendre compte. Dans ces conseils, Jésus personnifie l’argent et lui donne le nom araméen de « Mamonas ». La richesse ou l’argent peut donc devenir une idole et un maître. Jésus nous met  en garde. N’imitons pas le comportement de ce gérant qui servait deux maîtres : Dieu et Mamon. Il a été contraint de choisir. En voulant à la fois être au service de son Seigneur et faire du profit pour lui-même, il est devenu « injuste » en n’étant pas « fidèle » à la mission qui lui avait été confiée. Le disciple de Jésus doit apprendre à être fidèle dans la gestion du Mamon injuste. On ne doit pas devenir injuste dans la gestion de l’argent mais rester intègre et fidèle. Or le mot « fidèle » renvoie aussi à la foi. Celui qui est disciple de Jésus a foi en lui et ne peut donc pas avoir d’autre Maître, d’autre Seigneur. Le disciple de Jésus se doit donc d’être « fidèle » en tout à son Seigneur : dans son adhésion comme croyant et dans la droiture de sa conduite.

Luc Schweitzer, ss.cc.

Dimanche 11 septembre 2022 – 24ème dimanche du temps ordinaire (C)

La joie naît du pardon

    Les textes de ce jour nous parlent du pardon qui fait jaillir la joie. Dans les premiers versets de l’évangile, Jésus emploie cinq fois le mot joie et ses composés ! Ce qui est frappant, c’est que la joie se partage : « Réjouissez-vous avec moi ! » disent le berger, puis la femme de la parabole. Les adversaires de Jésus font le contraire : ils récriminent contre lui à cause du bon accueil qu’il réserve aux pécheurs. Y voient-ils de la complicité, du laxisme ? Mais Jésus parle de la joie des anges pour un seul pécheur qui se convertit, donc se détourne de son péché.

C’est précisément ce qui est arrivé à Paul (2ème lecture). De persécuteur, il est devenu apôtre, prédicateur de l’évangile ! Or Paul, loin d’avoir honte de son passé, n’hésite pas à proclamer, et avec quelle gratitude, comment le Seigneur est intervenu dans sa vie. Paul a autant de joie à proclamer le pardon reçu que Dieu en a eu à le donner ! Et là encore, cette joie se partage. Car si Paul parle de lui, ce n’est pas pour se mettre en avant, c’est pour inviter les croyants à recevoir, eux aussi, le pardon qui fait vivre. Il est un exemple, un modèle et en un sens une preuve de la puissance de la grâce. Nous aussi, nous pourrions avoir honte de ce que nous sommes, mais réjouissons-nous au contraire d’être des pécheurs pardonnés, invités à partager cette eucharistie.

 

Dimanche 4 septembre 2022 – 23ème dimanche du temps ordinaire (C)

Fin de l’abondance ; sobriété énergétique… et rentrée scolaire

     En cette rentrée 2022 nous avons un besoin impératif d’optimisme et de lucidité pour ne pas sombrer dans le catastrophisme tous horizons.

     « Forts des grâces reçues dans les œuvres pastorales de l’été et dans le repos, nous reprenons le temps ordinaire de la mission dans nos différents lieux communautaires. Demandons au Christ au cours de cette année de devenir des chercheurs encore plus assoiffés de son Cœur pour en recueillir les grâces comme des torrents d’eau vive et d’amour ». Fr Quentin

Optimisme

En salle Paul VI au Vatican, ce vendredi 26 août, le Pape François a reçu les servants d’autel de l’hexagone, qui concluent leur pèlerinage national entamé le 22 août dans la ville Éternelle. Le Saint-Père a remercié les 2500 jeunes filles et garçons, originaires de 51 diocèses de France, pour leur engagement concret au service de l’Évangile. Réjouissons-nous !

Plusieurs rassemblements ont eu lieu dans l’Hexagone.

Je note particulièrement Lourdes qui a retrouvé la foule des pèlerins et son spectacle : « Bernadette ». Après beaucoup d’inquiétudes, pour cause de pandémie, les pèlerins sont revenus.

Pour y avoir passé une semaine début août, le sanctuaire de Notre Dame de la Salette a fait le plein. Sans oublier d’autres lieux « ressource spirituelle », nous pouvons nous réjouir de tout cela.

Quel avenir ?

Et maintenant en ce temps de rentrée soyons lucides pour vivre au mieux les jours et les mois qui viennent. La guerre en Ukraine n’est pas terminée, loin de là, semble-t-il.

Cet été, j’ai rencontré, à plusieurs endroits, des Ukrainiens accueillis chez l’habitant ou dans des presbytères mis à leur disposition par la communauté chrétienne ou la mairie…

« Fin de l’abondance, sobriété éner-gétique… » nous rappellent certains politiques.

Des propos qui ne nous rassurent pas. Soyons lucides, cela peut bien se passer ainsi. Nous avons certainement abusé de ce que nous donne la terre, l’air, les océans…

Conflits, dérèglement climatique et pandémie viennent nous rappeler la fragilité de notre existence. Cette fragilité nous en sommes, pour une part, responsables. (cf. Laudato Si) Nous devons nous saisir de cette situation pour rendre notre « Maison commune » plus habitable.

Je souhaite que durant cette nouvelle année nous puissions, dans les divers lieux de vie pastorale, poursuivre la dynamique synodale entreprise l’année écoulée. Faisons progresser notre Église vers plus de simplicité et plus de participation avec toutes les générations.

Profitons des prochains rendez-vous de notre calendrier paroissial pour renforcer notre Foi à la suite du Christ.

Bonne rentrée à chacune et à chacun de vous en pratiquant la sobriété heureuse !

Christian Malrieu

 

Dimanche 26 juin 2022 – 13ème dimanche du temps ordinaire (C)

Entendre un nouvel appel

Nous sommes à la fin d’une année pastorale pour l’Église, à la fin d’une année scolaire pour le monde enseignant et pour les jeunes, à la veille des vacances pour un certain nombre. En cette période, nombreux sont ceux qui devront répondre à un nouvel appel, envisager un changement d’orientation ou de responsabilité. Laissons l’évangile d’aujourd’hui nous interpeler

Nous réveiller

Mais comment comprendre les paroles si étonnantes, voire choquantes de Jésus ? Comment expliquer le ton de Jésus prononçant ces paroles. Les paroles de Jésus ? Il ne faut pas les interpréter au pied de la lettre. On a tous compris que Jésus ne veut pas dicter des conduites pratiques du style : il ne faut plus aller enterrer ses parents… Ces formules très fortes ne sont pas des règles de conduite. Je pense à d’autres paroles qui font sursauter : « Si ton œil te scandalise, arrache-le. Si c’est ta main, coupe-la. » Ce ne sont pas des ordres à exécuter. Mais des formules à l’emporte-pièce pour nous réveiller.

Jésus : promesse de bonheur

Toute la prédication de Jésus n’est que bonne nouvelle et promesse de bonheur. Mais il a rencontré un obstacle majeur chez les hommes de son temps, de même qu’il rencontre aujourd’hui le même obstacle majeur chez nous. Cet obstacle, c’est notre dureté de cœur. Alors Jésus essaye de toutes les manières d’entamer cette dureté, de briser cette croûte de nos cœurs. Nous sommes durs d’oreille, pas étonnant que Jésus élève le ton pour nous réveiller de notre somnolence. Le monde est dur. Alors Jésus insiste : « Malheur à celui qui méprise ou scandalise un de ces petits. » Et les petits ce sont les pauvres de ce monde, les réfugiés, les sans travail…

Nous ne sommes pas des femmes et des hommes du passé

Tous nous sommes appelés à prendre avec courage la route de Jérusalem. Route du don et du pardon. Chemin de liberté. Nous ne sommes pas des femmes et des hommes du passé, mais nous sommes résolument tournés vers l’avenir, tous appelés à la liberté. Les vacances pour ceux qui peuvent en prendre sont un temps libre. Puissent ces mois d’été nous faire grandir dans cette liberté-là.

Tournés vers l’avenir

En ce dimanche de fin d’année pastorale, nous voulons rendre grâce pour tout le vécu dans nos équipes diverses. Mais aussi, nous souhaitons poser les jalons d’une nouvelle année pastorale. Ce sera le but de nos prises de paroles au cours du pique-nique dans les salles paroissiales. Ne restons pas uniquement que sur ce qui existe comme propositions, osons en faire de nouvelles pour répondre mieux aux attentes des uns et des autres.

Bel été et bonnes vacances !

Christian MALRIEU

Dimanche 19 juin 2022 – Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ (C)

Christ présent au monde

     Ce dimanche, encore tout illuminés de la lumière de la Résurrection, pleins de la force de l’Esprit de Vérité reçu à la Pentecôte, dans l’intimité de la Sainte Trinité vers laquelle nous avons été orientés dimanche dernier, nous faisons retour sur le Jeudi Saint et le mystère de l’Eucharistie. Dans le signe du pain et du vin offerts, livrés, partagés, consommés ensemble, Christ veut se rendre présent au monde, pour nourrir chacun. Ce sacrement est le mode éminent de sa sollicitude pour l’Église et l’humanité entière : il offre la vraie nourriture, celle qui rassasie pour toujours, celle qui apporte à l’homme la vie éternelle et lui permet de participer à la Résurrection, la victoire sur toute mort.

On ne finira jamais de méditer sur l’Eucharistie et sur ses conséquences dans notre vie concrète. On n’a pas le droit de croire avoir tout compris. Elle est toujours nouvelle. Car la présence que nous fêtons n’a rien de statique. Si Christ se rend réellement présent durant la messe, ce n’est pas seulement pour que nous puissions le contempler plus ou moins passivement. Il s’offre au Père pour que nous puissions offrir notre vie en communion avec lui. Il se donne en partage, pour que nous puissions communier à sa vie. Il nous dit de faire la même chose en mémoire de lui : qu’est-ce à dire ? Seulement célébrer des rites commémoratifs ?

La vie que nous recevons dans l’Eucharistie est faite pour être distribuée à la foule. Offrir notre vie en sacrifice au Père avec le Christ ne s’arrête pas à la messe du dimanche. Chaque semaine nous venons communier au Christ réellement présent pour fortifier notre union au Christ dans la foi et le baptême, mais aussi pour nous rappeler que nous sommes le Corps du Christ présent dans le monde. Donc comme le Christ, en son Nom que nous portons, nous devons aller vers le monde et le rendre présent. Nous sommes la présence réelle du Christ ressuscité auprès des personnes que nous côtoyons.

Ce dimanche, des enfants de notre paroisse communient au Corps du Christ pour la première fois. Ils ont pris le temps de se préparer, ils sont accompagnés par des parents et des catéchistes. Prions pour que cette étape sur leur chemin de foi soit, pour chacun d’eux, un encouragement à poursuivre inlassablement leur quête de Dieu dans l’amour du prochain. Que ce rendez-vous avec Jésus Eucharistie se renouvelle tout au long de leur vie !

Luc Schweitzer, ss.cc.

Dimanche 12 juin 2022 – La Sainte Trinité (C)

Sainte Trinité : Un dieu de relations et d’amour

     Lorsqu’un nouveau-né arrive dans une famille, il sent d’abord autour de lui une affection et une tendresse diffuse. Ce n’est que peu à peu qu’il donne à cet amour qui l’entoure des noms : papa, maman, les prénoms de ses frères et sœurs…

Nous suivons, nous croyants, un chemin identique. Nous nous sentons entourés d’un amour et d’une tendresse diffuse et anonyme. Et peu à peu nous discernons dans cet amour des visages et nous balbutions les noms de Père de Fils et d’Esprit Saint.

C’est le mystère de la Sainte Trinité : un amour tellement riche qu’on n’a jamais fini de le connaître, jamais fini d’en faire l’expérience.

La découverte que Dieu est Père, Fils et Esprit n’a pas été le fruit d’un raisonnement. C’est l’expérience histori­que et progressive que, sous la pression des événements, les apôtres et les premiers chrétiens ont faite. Peu à peu ces mots-là se sont imposés à eux. Ils n’ont pas pu dire les choses autrement. Et celui qui étudie de près le Nouveau Testament peut y redécouvrir les grandes étapes de cette révélation.

Cette découverte – la plus grande de tous les temps – chaque génération de chrétiens en poursuit l’exploration méthodique. Jadis on aimait l’expression « Un seul Dieu en trois personnes ». C’était dire que Dieu échappe à toute définition, qu’il dépasse toute mathématique, qu’il est au-delà du singulier ou du pluriel, du masculin ou du féminin. Bref, que les cerveaux et les mots sont trop petits quand il s’agit de Dieu. Saint Augustin, qui a écrit des centaines de pages (au minimum !) sur la Trinité, disait avec humour : « On dit trois personnes- moins pour dire quelque chose que pour ne pas se taire ! »

Aujourd’hui on est peut-être plus sensible à l’aspect dynamique du mystère. La Trinité nous renseigne sur notre humanité. Nous y découvrons la légitimité de nos diversités et la certitude qu’il existe un fond d’unité plus grand que nos divisions. Nous nous rendons compte que nous ne sommes jamais deux mais trois : il y a toujours un avenir, un ouvrage, un enfant au-delà de nous… Surtout, nous savons que nous avons besoin d’être guidés vers la vérité tout entière et nous pressentons qu’elle n’est donnée que dans la communion d’un amour absolu.

L’Évangile d’aujourd’hui nous oriente vers cet avenir. L’Esprit de vérité « redira tout ce qu’il aura entendu et ce qui va venir il vous l’expliquera… Il reprendra ce qui vient de moi pour vous l’expliquer ».

Nous sommes en chemin. Comme les jeunes qui font leur « profession de foi » en ce dimanche : comprennent-ils tout le sens du Credo de l’Église ? Peut-être pas, comme nous d’ailleurs ! Ils sont autant en chemin pour dire leur foi que pour en vivre tous les jours. Dieu est relation, Dieu est amour. Toute notre doit vie être cela.

Christian Malrieu, d’après le guide « Emmaüs » des dimanches et fêtes.

 

Dimanche 5 juin 2022 – Fête de la Pentecôte (C)

Prière à l’Esprit Saint

Esprit Saint, toi qui es depuis toujours le maître de l’impossible,

viens réaliser en nous tout ce qui t’est possible :

fais revivre ce qui meurt, fais éclore ce qui germe,

fais mûrir ce qui est tombé en terre.

Sois en nous l’Esprit du Père :

viens nous convaincre de donner notre vie

et de collaborer au grand œuvre de la création,

de la terre à transformer aux terres à partager entre tous.

Sois en nous l’Esprit du Fils :

viens nous apprendre à passer par la Croix

pour ouvrir le chemin de ton Royaume

et à vivre dans la confiance les épreuves comme les joies.

Sois en nous l’Esprit de sainteté,

qui nous initie aux mœurs de Dieu,

à la générosité du Père, à la fidélité du Fils,

et aussi au courage des apôtres et à la louange de Marie.

Sois en nous l’Esprit qui fait sans cesse une humanité nouvelle,

qui recrée nos libertés quand elles se défont,

qui maintient l’espérance au cœur même des violences,

qui ne désespère d’aucune personne,

pas même de ceux et celles qui n’attendent plus rien de Dieu.

(Mgr. Claude Dagens)

 

Dimanche 29 mai 2022 – 7ème Dimanche de Pâques (C)

Garder l’unité

« Qu’ils soient un en nous pour que le monde croie que tu m’as envoyé ». Au cœur du dernier discours de Jésus vient le mot « unité ». Et la prière de Jésus se fait pressante, insistante. Car, il le sait, l’unité est toujours fragile, toujours menacée par les multiples tentations de la division. Mais vivre unis aux autres et vivre unis au Christ et à son Père par l’Esprit, c’est l’enjeu de notre vie chrétienne.

Il n’y a pas besoin de chercher longtemps pour trouver de bonnes excuses aux divisions. Que ce soit dans l’Eglise ou dans la société ou même dans nos familles ou nos réseaux de relation, nos sensibilités, nos points de vue, nos engagements, nous conduisent dans des directions diverses, parfois antagonistes. Le monde contemporain, avec sa propension à relayer le pire à la une des médias, nous soumet à une pression encore plus forte et, dans certains cas, dévastatrice.

Revenons donc à Jésus lui-même, à sa prière dite à la veille de sa Passion, pour surmonter tous les facteurs de division. Il invite au don total de soi-même au nom de l’Evangile. Comme le fit Etienne qui, à la suite de son Seigneur, a été jusqu’au bout du don de sa vie. Habités par l’Esprit, plus notre vie sera offerte, plus il nous sera aisé de garder le trésor de l’unité. Toutes les multiples raisons de se diviser ne comptent plus en regard de l’amour infini du Père offert à chacun.

En paroisse et dans tous les lieux où nous formons communauté, en famille, avec nos collègues de travail, dans la vie associative, dans nos lieux d’engagement, soyons artisans de l’unité que Dieu désire pour chacun et pour le monde !

Luc Schweitzer, sscc.

Dimanche 22 mai 2022 – 6ème Dimanche de Pâques (C)

“L’Esprit viendra… Il vous enseignera tout.”

    Oui, cet Esprit est venu sur nous le jour de notre baptême, sur l’Église aussi. Il est à l’œuvre, comme Jésus l’a promis. Mais il nous faut encore l’appeler, l’invoquer, l’attendre. Car nous n’avons pas encore consenti à ce qu’il fasse craquer toutes nos barrières, nos peurs. Alors même que nous nous réclamons de Jésus. Nous nous rassemblons autour de son souvenir, nous continuons sans nous en rendre compte à nous enfermer en nous-mêmes, en nos structures. Nous tenons tant à nos sécurités, à nos certitudes ! Nous croyons avoir l’Esprit, et il est déjà plus loin, il nous attend dehors !

Mais, en chacun de nous comme en son Église, l’Esprit vient nous relancer et nous dit « en avant », comme aimait souvent dire Sœur Emmanuelle « Yalla ! ».

Le monde nous est ouvert. Nous pouvons marcher sans peur. Avons-nous un instant l’impression de perdre Jésus ? L’Esprit nous le fera retrouver dans nos frères où le Seigneur nous attend au rendez-vous de l’amour.

Aujourd’hui dimanche 22 mai nous recevons la réflexion d’au moins 6000 remontées au sujet de la démarche synodale, et cette réflexion n’est pas finie ! Espérons que cela orientera de nouveaux chemins d’Évangile pour aller à la rencontre et accompagner celles et ceux qui cherchent un nouveau sens à leur vie.

Demain lundi nous accueillerons notre nouvel archevêque, Mgr Laurent ULRICH, notre nouveau pasteur pour l’Église qui est à Paris. Il nous guidera sur ces « chemins nouveaux ». Déjà, portons-le dans notre prière.

Jeudi prochain nous fêterons l’Ascension du Seigneur. Il ne nous a pas laissés orphelins mais il nous a remis la mission de l’annonce de la Bonne Nouvelle à la suite des apôtres. Quelle belle mission !

Christian Malrieu

Dimanche 15 mai 2022 – 5ème Dimanche de Pâques (C)

Aimer comme Jésus nous a aimés !

Dans l’évangile des dimanches précédents, on a vu comment Jésus interroge Pierre à trois reprises en disant : « M’aimes-tu vraiment ? »  L’évangile de ce jour apporte un éclairage nouveau sur ce qu’est pour Jésus, l’Amour. Jésus ne demande pas que nous l’aimions comme il nous aime. Il nous demande de nous aimer mutuellement afin que tous reconnaissent que nous sommes ses disciples. Il ne s’agit plus « seulement » d’aimer son prochain comme soi-même, mais de l’aimer comme Jésus l’aime. Mission impossible ?

Jésus nous demande d’aimer infiniment, d’aimer sans mesure, d’aimer jusqu’à choisir la vie de l’autre plutôt que notre propre vie. Car aimer « comme » Jésus nous a aimés, c’est aimer jusqu’au bout , jusqu’à accepter de mourir au nom de cet Amour. Ainsi donc, le mal et la mort n’ont pas le dernier mot de notre vie. Avec Lui, le don de soi par amour est et sera toujours victorieux de tout mal et de toute mort, comme le dit le livre de l’Apocalypse : « Dieu sera avec eux, il sera leur Dieu ; il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus ; il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur ».

     « Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour », chante le psaume. Consoler, pardonner, relever, donner de l’espérance : voilà l’Amour de Dieu que Jésus a vécu en acte tout au long de sa vie et qu’il nous invite à vivre encore aujourd’hui. C’est comme si Jésus nous laissait son testament spirituel : tout l’Evangile est là ! Être chrétien, disciple de Jésus, vivre notre baptême, c’est « Aimer comme Jésus nous a aimés » ; voilà le Cœur de notre foi.

Dans l’Eucharistie, Jésus se donne encore aujourd’hui, mystérieusement mais réellement. Fortifiés par Son Amour et par la force de Son Esprit, nous sommes les témoins du Ressuscité, présent au milieu de nous, pour offrir au monde cette Vie Nouvelle qui vient du Cœur de Dieu.

Dimanche 1er mai 2022 – 3ème Dimanche de Pâques (C)

Suivre le Christ par amour…

     Aujourd’hui, dans l’évangile de Jean, nous contemplons l’œuvre du Seigneur dans la mission des apôtres. L’évangéliste précise que c’est la 3ème apparition de Jésus ressuscité à ses disciples. Le chiffre trois nous signifie l’importance de l’événement. Tout comme le nombre sept des disciples dans la barque. Ce sont des chiffres de plénitude. On peut y voir la portée universelle de la mission apostolique. On pourrait aussi le compléter par le nombre 153, celui des poissons recueillis dans la barque ; il s’agirait, selon un commentaire de saint Jérôme, du nombre des espèces de poissons connues à l’époque. Tous les peuples de la terre sont appelés à entrer dans la barque des Apôtres.

Voilà en tout cas une pêche qui ne serait pas féconde sans la présence et la parole efficace de Jésus. Lui seul donne sens à toute l’activité missionnaire de l’Église. Il en est la source et l’aboutissement. Il envoie les disciples vers les hommes pour que les hommes viennent à Lui. L’Église n’a pas d’autre raison d’être que celle d’évangéliser. Elle vit du Christ qui prend soin d’elle, lui donne force et la nourrit. Et l’on peut voir, dans ce repas pris sur le rivage, l’image de l’Eucharistie « source et sommet de toute la vie chrétienne ».

Puis vient à nouveau le nombre trois dans la question de Jésus à Simon-Pierre : « M’aimes-tu ? » – Aimer le Christ est la condition essentielle et préalable à toute charge pastorale, à tout effort d’évangélisation. La mission n’est pas d’abord une affaire d’enseignement ou d’administration. Elle se déploie dans la relation personnelle au Christ. C’est ce que demande Jésus, par trois fois, à l’Apôtre, pour lui dire enfin : « Suis-moi. »

Et partant de là, les Apôtres avec l’aide de l’Esprit Saint, et tous prendront la relève après eux, seront témoins de la Résurrection du Seigneur ; ils seront fiers de parler au nom de Jésus et, malgré les persécutions, ils repartiront tout joyeux d’avoir été dignes de subir des humiliations pour le Nom de Jésus.

 

Dimanche 24 avril 2022 – Dimanche de Pâques (C)

40 jours pour apprendre à croire…

     Nous voici dans le temps de Pâques. Pendant 40 jours nous allons vivre au rythme des disciples qui vont passer de la peur à la paix, de l’enfermement à la « sortie » pour être témoin. C’est le temps où le ressuscité rencontre ceux qu’il a appelés comme disciple pour les réconforter les affermir dans leur foi. C’est le temps de la germination et de la croissance pour la première communauté chrétienne. C’est le temps où tout est déjà donné et où rien n’est pleinement saisi et compris. C’est le temps où avec la résurrection du Christ tout est accompli, mais aussi où tout reste à faire.

Après 40 jours, à l’Ascension, en quittant ses disciples Jésus leur rappellera qu’il est venu pour sauver et donner la vie en abondance et il leur confiera une mission : « c’est à vous d’en être les témoins ».

Nous voyons aussi que le ressuscité nous devance, il prend l’initiative. Il se manifeste dans une salle verrouillée pour nous rappeler que sa présence habite toutes choses. Il est bien vrai que cette présence nous échappe, on ne le rencontre pas quand on veut. Cette image éclaire notre situation : le Christ habite notre monde, mais nous avons du mal à discerner sa présence et son action.

Nous sommes au temps de croire, mais sans voir. L’évangile nous donne des témoignages. Marie-Madeleine rencontre Jésus sans le reconnaître, les disciples d’Emmaüs doivent marcher longtemps avec le ressuscité et ils ne le reconnaîtront qu’à la fraction du pain, mais lui aura disparu de leurs yeux. Pierre et ses compagnons reconnaîtront le ressuscité après une pêche infructueuse en faisant confiance à Celui qui leur dit « jetez vos filets de l’autre côté ». Thomas demandera à Jésus de montrer ses plaies pour croire. Il devient notre jumeau dans notre difficulté à croire. Mais c’est bien Jésus qui se déplace pour se rendre présent au milieu des disciples réunis avec Thomas.

Ce dimanche est aussi le dimanche de la miséricorde. Le ressuscité réconforte les disciples. Par 3 fois dans l’évangile il leur dit « la paix soit avec vous » Jésus le miséricordieux vient réconcilier en nous tout ce qui a été blessé détruit dans notre relation d’amour. Cette miséricorde vient guérir en nous tout ce qui est obstacle à la paix à la rencontre de Dieu, à la rencontre de l’Autre. C’est la source de notre joie de croire et de vivre en disciples du Ressuscité.

Christian Flottes, ss.cc

Dimanche 17 avril 2022 – Dimanche de Pâques (C)

La résurrection, c’est aujourd’hui !

     Pâques, fête de la Résurrection du Christ. Quand Marie-Madeleine s’empresse d’aller au tombeau le matin de Pâques, que peut-elle méditer en son cœur sinon la tristesse des événements qui se sont déroulés ? Jésus, le Bien-Aimé, a souffert, il est mort, il est mis au tombeau. « C’était encore les ténèbres », nous dit le texte de saint Jean. Y a-t-il place en son cœur pour autre chose que la peine, si ce n’est pour le désespoir ? Et dans le cœur de Pierre ? Et dans celui de Jean ? Mais voilà : la pierre qui fermait le tombeau a été roulée et, à l’intérieur, il n’y a plus trace du corps. Et Jean crut aussitôt, laissant entrer en lui la grâce qui fait les cœurs nouveaux, qui change l’homme triste et abattu en homme déjà ressuscité, re-né, transformé dans tout son être. Pour Marie-Madeleine et pour Pierre, ce sera plus long, mais cela se fera.

Et pour nous ? Y a-t-il place en nos cœurs pour la joie de Pâques, pour l’espérance de femmes et d’hommes déjà ressuscités ? En nous aussi, ou autour de nous, ce sont encore des trop-pleins de ténèbres. Notre monde qui s’abîme de plus en plus sous les coups des pollueurs. Les violences qui se multiplient et engendrent des flots de réfugiés. Les peurs qui grandissent et qui font se lever les spectres de la méfiance, si ce n’est de la haine. La guerre en Ukraine avec sa succession d’horreur. Une Europe qui se retranche de plus en plus derrière des murs et des barbelés. Des politiques qui, de plus en plus, s’affirment en jouant la carte du rejet d’autrui. Et l’Eglise elle-même prise dans des tourmentes de scandales qui la défigurent.

En venant fêter Pâques, que portons-nous en nos cœurs ? Le poids des souffrances du monde et l’emprise de trop de ténèbres ? Ouvrons-les néanmoins, nos cœurs ! Ne nous laissons pas emprisonner par les craintes ? Le Christ est ressuscité, il nous engage à le suivre, il fait de nous des êtres nouveaux bénéficiant déjà de la résurrection. Les baptisés de Pâques, adultes, jeunes, enfants, nous confortent sur ce chemin. Oui, Jésus est le Vivant. Oui, il nous veut vivants avec lui et porteur de vie divine pour notre monde. Que les lumières de Pâques brillent dans nos cœurs et dans nos yeux ! Ne nous décourageons ! Christ est pour toujours notre lumière !

Luc Schweitzer, sscc.

 

Dimanche 10 avril 2022 – Dimanche des Rameaux (C)

“Un triomphe ambigu ; un échec apparent ; la victoire définitive de l’amour”

Malentendu

L’Entrée triomphale à Jérusalem est la journée par excellence du « malentendu ».

Pour les apôtres, c’est enfin l’accomplis-sement de ce qu’ils espéraient. Jésus prend possession de la ville royale, de la ville sainte. Il va inaugurer le Royaume, leur royaume.

Pour Jésus, c’est tout autre chose. À quelques disciples il a donné des « indices » pour comprendre ce qui se passe à ce moment-là : la Transfiguration en est un.

Le Royaume, selon Jésus

Au-delà du succès apparent, Jésus voit l’avenir, son rejet par les chefs religieux du Temple, sa condamnation. Oui, il vient bien inaugurer le Royaume ; mais celui de Dieu, non celui des hommes ; il est bien le Messie mais pas celui attendu.

Celui-ci était le Fils de Dieu

Ce Royaume ce sera celui qu’un soldat romain, bouleversé, découvrira au pied de la Croix. Devant un homme mort, abandonné de tous, il reconnaîtra soudain l’affirmation triomphante de l’amour. Il confessera « Vraiment celui-ci était le Fils de Dieu »

Dimanche des Rameaux ou dimanche de la Passion ?

Traditionnellement nous avions le dimanche des Rameaux et le dimanche de la Passion. La réforme liturgique des années 60 a uni ces deux dimanches en un seul tout en gardant les deux évangiles : celui de l’entrée de Jésus à Jérusalem et celui du récit de la Passion.

On peut manipuler les foules, mais pas le cœur de Dieu

En quelques heures nous passons du triomphe à l’accusation, de la liesse à la mort de Jésus sur la croix. On peut toujours manipuler les foules, mais pas le cœur de Dieu. De grâce, ne nous arrêtons pas en chemin comme ont failli le faire les disciples d’Emmaüs. Osons croire que Jésus de Nazareth est bien ressuscité au matin de Pâques.

Croyons en l’amour plus fort que toutes les morts !

Cette Semaine Sainte, venons méditer et célébrer cette « victoire définitive de l’amour sur la mort, sur toutes les morts ! ». En ce temps bouleversé par la guerre et la violence recevons le témoignage de Jésus défiguré sur la croix, comme le signe éclatant du don total transfiguré au matin de Pâques dans sa résurrection.

Père Christian Malrieu

 

Dimanche 3 avril 2022 – 5ème dimanche de carême (C)

Va, et désormais ne pèche plus !

     La vie humaine n’est pas un long fleuve tranquille. Elle est faite d’épreuves alternant avec des périodes plus sereines. Épreuves causées par les hommes : guerres, oppressions, abus de pouvoir, exploitation des enfants, des femmes, des pauvres… Expériences causées aussi par le péché de chacun, qui peut avoir pour conséquence des maladies, du mal-être ou du gâchis dans nos relations… Mais rien n’est jamais définitivement perdu, car Dieu ne cesse de faire du nouveau…

 

Ainsi dans le cas de la femme adultère : les hommes la condamnent, mais le Fils de Dieu, lui qui est sans péché, ne la condamne pas. Il la renvoie, libre ; il lui donne une nouvelle chance ; il lui fait confiance en lui demandant seulement de ne plus pécher. La menace de mort disparaît ; le chemin d’une vie nouvelle s’ouvre désormais pour elle.

Tout chrétien est un pécheur pardonné. Ce pardon nous a été donné radicalement lors de notre baptême, qui est participation à la mort et à la résurrection du Christ. Dès lors, au cours de notre vie, nous pourrons vivre et interpréter nos épreuves comme une communion aux souffrances du Christ en sa passion ; et grâce à notre foi en son amour inconditionnel, nous pourrons nous relever et éprouver déjà la puissance de la résurrection du Christ.

St Paul nous le rappelle encore aujourd’hui : « une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus ». Voilà  l’itinéraire qui nous est proposé, alors que la Semaine sainte s’ouvre bientôt devant nous. L’Eucharistie que nous célébrons nous donne aussi des forces neuves pour poursuivre notre course à la suite du Christ.

 

Dimanche 27 mars 2022 – 4ème dimanche de carême (C)

Guerre et paix

     Depuis plus d’un mois les bombes ravagent l’Ukraine avec près de 10 millions de réfugiés dans les pays voisins et même chez nous. Nous assistons à ce drame humain que nous pensions être relégué aux guerres mondiales du 20ème siècle en Europe. Nous nous sentons impuissants devant tant d’horreurs.

Heureusement que beaucoup se lèvent pour crier « non à la guerre ! » dans les deux camps. Des femmes et des hommes « courages » accueillent des familles entières chez eux, en Pologne, particulièrement. AÀ tel point qu’à Varsovie le maire vient d’en appeler à l’Etat car ce sont plus de 300 000 personnes qui arrivent de l’Ukraine. Les vivres vont commencer à manquer dans la capitale polonaise…

Mais les drames de la guerre continuent aussi au nord de l’Erythrée, au Soudan, au Yémen… et dans bien d’autres parties du monde. Nous voyons que les « ballets» diplomatiques ne suffisent plus à enrayer la machine de guerre ! Que faire ?

Le Pape François s’adresse au belligérants mais cela suffit-il ? Se sont des chrétiens orthodoxes, pour la plupart, qui s’entretuent ! Ce vendredi, en la fête de l’Annonciation du Seigneur, en la basilique Saint Pierre de Rome, le Pape François a présidé une célébration pénitentielle au cours de laquelle à 18h30 il a prononcé la consécration à Marie, de l’Ukraine et de la Russie. Prions avec lui en lisant l’acte de consécration que vous trouverez dans l’église.

Ce dimanche nous recevons la Parole de Dieu en St Luc avec la Parabole du Fils Prodigue. L’un ayant reçu sa part d’héritage il va tout dépenser sans compter… Il n’a plus rien à manger. Alors dans cette descente aux enfers il se souvient qu’il a un père.

L’autre frère qui n’a rien fait de mal voyant le retour de son frère et la fête qui est donnée en son honneur, devient jaloux et se met de facto hors du champ d’amour de son père.

Dieu-Père est ainsi. Il aime, sans calculer, ses filles et ses fils. Quand ceux-ci viennent à se détester il redouble d’amour et de miséricorde. Le Pape François demande à ce que l’on prie non seulement pour les Ukrainiens mais aussi pour les Russes. Cela peut nous surprendre quand on voit le champ de ruines. Nous aimerions que Dieu sauve le peuple martyr contre ceux qui ont déclenché ce massacre. Nous aimerions qu’il les sauve comme pour les Hébreux devant les chars de Pharaon…

Faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour qu’advienne la paix. C’est aussi une immense invitation à « balayer devant notre porte » et voir ce qui n’est pas porteur de paix en nous, entre nous, dans nos familles… entre voisins…

Espérons qu’un jour, le plus proche, les armes s’arrêteront et que Ukrainiens et Russes pourront à nouveau se visiter et s’entraider. On se souvient du « rêve » qu’avait fait Martin Luther King, ou du geste de pardon envers son bourreau de Maïti Girtanner. Il était venu la visiter 40 ans après… Elle écrivait «Même les bourreaux ont une âme » !

 

Christian Malrieu

Dimanche 20 mars 2022 – 3ème dimanche de carême (C)

Abus, guerres, violences… En quel Dieu croyons-nous ?

     En cette première journée de prière pour le personnes victimes d’abus dans l’Église (instituée désormais par l’Église de France chaque 3ème dimanche de carême) nous faisons mémoire de ces milliers de vie brisées par ceux-là mêmes qui se présentaient comme les représentants de Dieu sur terre. Quelle image de Dieu avaient ces prédateurs ? Quelle image de Dieu ont-ils malheureusement donné à voir à leurs victimes ?

Depuis près d’un mois la guerre en Ukraine a tué sans discernement des milliers de personnes innocentes, elle a contraint à l’exil des millions d’autres. Et, comme si cela ne suffisait pas, le patriarche orthodoxe de Moscou légitime spirituellement cette guerre au nom de la préservation de la foi. Mais de quelle foi s’agit-il ? Les morts, les exilés, le patriarche et ceux qui le suivent croient-ils au même Dieu ?

Au temps de Jésus des gens s’interrogeaient sur le massacre des Galiléens perpétré par Pilate. N’étaient-ils pas des pécheurs pour avoir subi un tel sort ? Ne seraient-ils pas des victimes de la justice divine ? Même chose pour ceux qui sont tués par la chute de la tour de Siloé. N’avaient-ils pas quelque chose à se reprocher ? N’étaient-ils pas plus coupables que ceux qui ont été épargnés ?

Jésus nous met en garde sur l’idée que nous nous faisons de Dieu et sur la tentation que nous avons de l’instrumentaliser pour justifier nos comportements. Il appelle à la conversion, faute de quoi « vous périrez tous de même » nous dit-il. Car si nous croyons en un Dieu bourreau des pécheurs qui frappe et qui châtie, alors nous mourrons dans la terreur de ce Dieu-là.

Dieu n’est jamais du côté de celui donne la mort. Il est l’ami des pécheurs. Il est celui qui « a vu la misère de son peuple et qui connaît ses souffrances ». Il est du côté de la vie, même quand tout semble perdu. Il est celui qui ne se lasse pas, celui dont l’amour « brûle sans se consumer ». Il est le vigneron qui va prendre soin patiemment du figuier desséché jusqu’à ce qu’il porte du fruit.

     Pascal Blavot

 

Dimanche 13 mars 2022 – 2ème dimanche de carême (C)

Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le !

     Saint Luc situe la scène de la Transfiguration sur une montagne qui n’est pas nommée, mais qu’on identifie aujourd’hui au Mont Thabor en Palestine. Ce n’est pas sans raison, car dans les Écritures la montagne est un symbole très présent pour marquer la proximité de Dieu. Elle est souvent le lieu où il se révèle comme lors de la remise des dix commandements à Moïse sur le mont Sinaï. Le décor choisi ici n’échappe pas à cette règle.

En montant avec Jésus sur la montagne, les disciples Pierre, Jacques et Jean sont prêts intérieurement à une rencontre. Celle-ci sera au-delà de toutes leurs attentes. On le voit par leur réactions : émerveillées, éblouis, comblés de paix, ils veulent seulement que ce moment s’éternise ; « Faisons trois tentes ». Ils réalisent aussi que celui qu’ils suivent depuis quelque temps n’est pas un jeune juif de Nazareth comme les autres. Non seulement, il est imprégné de l’histoire du peuple d’Israël comme ils le sont eux-mêmes, mais il se situe à un autre niveau où il prend le relais des grands prophètes qu’Élie représente.

L’éclat qu’ils perçoivent chez lui n’est pas seulement extérieur. La lumière qui les éblouit est celle d’une source intérieure. Ils ne peuvent en dire plus pour l’instant, mais ils resteront marqués à jamais par ce moment.

Les témoins de l’événement de la Transfiguration ont retenu l’essentiel : Jésus est le Fils-bien aimé du Père qui le donne à ses enfants pour leur salut ce que proclame la voix qui se fait entendre « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! ». La Transfiguration annonce, écrit saint Luc, le départ de Jésus « qui allait s’accomplir à Jérusalem ». Son départ, c’est le moment de la remise de sa vie à son Père que fera Jésus sur le Calvaire à Jérusalem. La vie tout entière de Jésus est une marche vers ce moment majeur où il offre tout ce qu’il est pour le salut de toute l’humanité. Ce faisant, Jésus accomplit en plénitude l’Alliance que Dieu a commencée depuis les jours d’Abraham.

Luc Schweitzer, ss.cc.

Dimanche 6 mars 2022 – 1er dimanche de carême (C)

Qu’il est long le chemin du véritable amour !

     Au cours de notre vie, que de paroles d’amour peuvent nous être dites sans que nous les entendions vraiment : L’enfant méconnaît ses parents, ses éducateurs. L’adulte ignore celui qui s’intéresse vraiment à lui.

Plus exactement, nous accueillons les paroles d’amour en fonction de notre désir centré sur nous-mêmes. Nous retenons leur contenu quand elles semblent nous parler de biens sensibles, de sécurité affective. Mais nous ne nous ouvrons que fort peu, ou pas du tout, au don gratuit, ne nous apportant aucun autre bien que l’amour lui-même, appelant notre propre élan du cœur. Il est vrai que les authentiques paroles d’amour sont rares. Trop souvent, elles couvrent le désir, la volonté de dominer, d’éblouir. Nous ne savons pas plus aimer qu’être aimé.

Pour y parvenir, il nous faut parcourir un long chemin, connaître bien des déceptions, des échecs. Il faut surtout que quelqu’un prenne l’initiative de nous initier à l’amour absolu, parce que lui-même a été saisi dans le rayonnement de cette force, incommensurable lorsqu’elle est désintéressée. Pour nous, celui-là, c’est le Christ. Il nous invite à le suivre sur la difficile route qui nous conduit à la véri­table rencontre.

Nous pourrions en douter, surtout quand la route devient fermée de toutes parts par la haine qui conduit à la mort. C’est ce à quoi nous assistons, impuissants devant la réalité de ce qui se vit en Ukraine ! Comment se frayer un chemin d’amour selon le Christ quand l’une des parties s’entête à détruire l’autre ? Comment sortir de l’impasse ?

Certains diront qu’il faut prier. D’autres qu’il faut négocier, parlementer !

Et si nous devions tenir les deux aspects en même temps : prière et pourparlers de paix ?

Ne nous décourageons pas devant les pièges « du Tentateur » comme l’a fait Jésus au désert. Dans l’Évangile de ce jour nous voyons que Jésus ne répond pas directement de lui-même mais il fait appel à sa foi en s’appuyant sur les Écritures : « Il est écrit… »

En ce début de Carême engageons-nous sur le chemin du véritable amour !

Christian Malrieu

 

Dimanche 27 février 2022 – 8ème dimanche du temps ordinaire (C)

“L’homme bon tire le bien du Trésor de son coeur qui est bon”

     Voilà le résumé de l’enseignement de Jésus dans l’évangile de ce dimanche. Regarder avant tout comment cultiver, mettre en valeur, partager ce trésor d’un cœur qui est bon. Le bon comme le mauvais peut déborder du cœur. Des attitudes peuvent aveugler, obscurcir les relations. Comme une source intérieure vivifiante, le Christ est ce trésor qui habite et illumine notre cœur. Avec l’image de la paille et de la poutre, Jésus nous interpelle sur ce lien malveillant qui empêche une vraie relation. il trace un chemin obligé par lequel les hommes deviennent frères. Être frère c’est être dans une relation d’égalité et de réciprocité. Nous sommes tous aveugles, et par un certain côté, de la même cécité. Nous sommes bien frères dans l’aveuglement.

Jésus va encore plus loin : il y a des situations où nous sommes aveuglés par une paille ou par une poutre. Si mon œil est obscurci, s’il ne voit pas le trésor agissant du Christ en moi et en l’autre, c’est qu’une poutre intérieure lui interdit la vue. Là réside le danger et la première urgence : vouloir changer l’autre mais en oubliant que le regard de mon cœur est aveuglé par mon attitude, mon orgueil où mon hypocrisie. Dès que nous nous mêlons de corriger quelqu’un sans une attitude bienveillante nous nous enfonçons nous-même la poutre dans l’œil, car en jugeant nous prenons la place de Dieu.

L’évangile n’est pas toujours pour le voisin, il doit me questionner : est-ce que je ne suis pas un fin détecteur des pailles de mon frère alors que je suis si oublieux ou si complaisant avec mes poutres ? Mais est-ce une invitation à l’indifférence c’est à dire en faisant remarquer à l’autre que « c’est son problème que cela ne me regarde pas » comment trouver une attitude juste ? Pas en fermant les yeux, car ce serait méprisant. Mais nous avons à être attentifs à deux choses :

– D’abord garder un cœur bienveillant, c’est à dire ne pas dramatiser ou fermer une relation en surveillant l’autre. Adoptons la bienveillance divine qui est source de miséricorde.

– Ensuite être assez clair avec nos défauts. Cela ne doit pas paralyser nos jugements mais les rendre plus modestes plus compréhensifs mieux adaptés.

La première urgence : redécouvrir la présence de Celui qui guérit de tout mal.

Christian Flottes

Dimanche 20 février 2022 – 7ème dimanche du temps ordinaire (C)

Aimez vos ennemis !

     Nous sommes sans doute étonnés du ton et de la netteté avec lesquels Jésus nous parle des attitudes que nous devons mettre en place dans nos vies. Ce n’est pas pour mettre une pression indue sur nous. Il s’agit d’une invitation, d’un appel qu’il nous fait. Il voudrait tellement que nous ayons les mœurs de Dieu, les attitudes divines, celles qui sont aussi les siennes.

Notre monde est souvent un lieu de luttes et d’affrontements. Nous sommes tous en quête de possession et d’autorité. Nous cherchons à nous imposer aux autres, à les dominer, à posséder au-delà de ce dont nous avons besoin. Cette tendance ne concerne pas seulement les autres, nos gouvernants par exemple. C’est une affaire éminemment personnelle que de prendre option pour la douceur, la miséricorde, le pardon, les valeurs de paix et d’amour.

Bien sûr, il y a en chacun de nous un instinct de vengeance. Nous avons tous une réaction vive devant les affronts et la douleur. Comment résister à l’envie de riposter et de rendre à la pareille à qui nous fait du mal et du tort? Et pourtant, comment désamorcer autrement la violence, l’escalade de la violence? Une vengeance immédiate ne risque-t-elle pas de nous engager dans quelque conflit interminable?

« À cochon, cochon et demi », disons-nous. Et nous sommes dès lors convaincus que notre guerre est juste, que c’est là la meilleure façon de prendre notre place dans la vie et de nous faire respecter. Mais où est donc la vraie grandeur? N’est-elle pas dans l’humilité et le service? N’y a-t-il pas de la bassesse à vouloir absolument être meilleur que les autres? Retrouvons plutôt la grandeur de l’humilité, du service, de l’amour fraternel… Il y a là quelque chose de divin, de béni et de sanctifié par Jésus lui-même qui a voulu vivre au milieu de nous comme un pauvre, un petit, le serviteur de tous.

Luc Schweitzer, ss.cc.

Dimanche 13 février 2022 – 6ème dimanche du temps ordinaire (C)

Il est où le bonheur, il est où ?

     Heureux, vous les pauvres ! Quel malheur pour vous, les riches ! Paroles provocantes : qui pourrait se dire heureux d’être pauvre ou affamé, de pleurer, d’être exclu ou de subir la persécution ? Comme souvent les paroles tranchantes de Jésus nous obligent à faire la vérité et à nous convertir.

Dieu est amour et il ne souhaite que notre bonheur. Mais quel est ce bonheur dont nous parle Jésus ? Est-ce un bonheur qui nous maintient dans une bulle en nous préservant de toutes difficultés, sans prendre en compte le mal, les injustices et les souffrances de notre environnement ? Ou un bonheur qui regarde en face les réalités du monde dans lequel nous vivons ? Est-ce un bonheur fondé sur des plaisirs éphémères ou sur la confiance que nous avons dans le Christ ?

Jésus, et lui seul, peut dire : « Heureux, vous les pauvres ». Lui qui s’est fait pauvre en s’incarnant dans notre condition humaine. Lui qui a connu la faim et la soif, pleuré son ami Lazare, subi les insultes et qui est mort crucifié comme un malfaiteur. Cette béatitude est d’abord une révélation sur Dieu, qui s’intéresse aux pauvres, aux malades, aux petits et aux humbles et qui ne supporte pas qu’il y ait des persécutés et des victimes des évènements et de nos violences. Jésus ne conforte pas les pauvres dans leur situation de misère mais il leur dit qu’ils sont les préférés du Seigneur, à cause des souffrances qu’ils endurent.

« Quel malheur pour vous, les riches ». Ces paroles de Jésus ne sont pas là pour nous culpabiliser mais pour nous réveiller et nous mettre en mouvement. En prenant conscience que le confort matériel n’est pas une fin en soi et que la sobriété est une nécessité urgente pour la survie de la planète et du genre humain, nous sommes invités à vivre « une existence austère et dépouillée ». En écoutant les personnes les plus vulnérables souvent écrasées par des structures de domination et de pouvoir nous sommes appelés à mettre en œuvre « une fraternité et une amitié sociale » où chacun se sent reconnu.

Puisse chacun trouver et vivre le bonheur qui nous est promis, à l’appel et à la suite du Christ.

   Pascal Blavot

Dimanche 6 février 2022 – 5ème dimanche du temps ordinaire (C)

“Avance au large, et jetez vos filets…”

     L’activité humaine vient de l’homme, et en même temps elle s’oriente vers l’homme. En effet, par son action, l’homme ne transforme pas seulement les choses et la société, il se transforme lui-même. Il apprend bien des choses, il cultive ses facultés, il sort de lui-même et se dépasse. Cet essor, bien compris, est d’un tout autre prix que l’accumulation de toutes les richesses possibles.

L’homme vaut davantage par ce qu’il est que par ce qu’il a. De même, tous les efforts des hommes pour faire progresser la justice, pour développer la fraternité, régler de façon plus humaine les relations sociales, tout cela l’emporte sur les progrès techniques. Car ceux-ci peuvent bien fournir une base matérielle à la promotion humaine, mais ils sont tout à fait impuissants, par eux seuls, à la réaliser.

Voici donc la règle de l’activité humaine : qu’elle soit conforme au bien authentique de l’humanité, selon le dessein de la volonté de Dieu, et qu’elle permette à l’homme, considéré comme individu ou comme membre de la société, de s’épanouir selon la plénitude de sa vocation.

(L’activité humaine selon le Concile Vatican II – Gaudium et Spes n° 35)

Dimanche 30 janvier 2022 – 4ème dimanche du temps ordinaire (C)

Saint Jean Bosco

     « Sans affection, pas de confiance ; sans confiance, pas d’éducation » : telle était la conviction profonde de Don Bosco qui, peu après son ordination en 1851, se mit à prendre en charge des jeunes désœuvrés de Turin. Persuadé que « la paresse est le piège principal dont se sert le Tentateur », il ouvrit pour eux un premier patronage du dimanche, suivi d’un foyer, d’une école, d’un atelier professionnel. L’œuvre et la pédagogie de celui qui voulait former « d’honnêtes citoyens et de bons chrétiens » lui ont valu d’être canonisé en 1934, puis d’être proclamé « père et maître de la jeunesse » en 1988. »

UNE BELLE FIGURE D’ÉDUCATEUR

Qui ne connait pas Saint Jean Bosco dont nous célébrons la fête ce lundi 31 janvier ?  Souvent nous avons découvert sa vie et son œuvre à travers une bande dessinée, un film ou encore par la rencontre d’une religieuse ou d’un religieux Salésien.

Combien aujourd’hui encore nous voudrions réussir en matière d’éducation comme Don Bosco ! Il l’a fait à son époque pour répondre à la situation difficile de la jeunesse de Turin.

Il n’a pas voulu se lancer dans cette aventure seul mais avec d’autres. « Pour amplifier son action, Don Bosco fonde en 1859 la congrégation de Saint-François de Sales, puis en 1872, avec sainte Marie-Dominique Mazzarello, celle des Filles de Marie-Auxiliatrice. »

À l’exemple de Jésus retenons son intuition :  il appelle les Douze, puis 72 pour porter la Bonne nouvelle aux pauvres. Comme Jésus, on a beau avoir un projet formidable envers la jeunesse, par exemple, seul on ne peut rien. Trop souvent, ceux qui portent de tels projets sont fascinants, mais seuls au bout de quelques temps l’œuvre s’éteint.

EN MATIÈRE D’ÉDUCATION, LA TÂCHE EST RUDE ET EXIGEANTE

Cela demande beaucoup d’investissement et d’être sans cesse à l’affût de réajustements pour répondre, au mieux, aux attentes des jeunes, de leurs parents, de leurs accompagnateurs…

JÉSUS FAIT « BOUGER LES LIGNES ! »

Ce qu’on attendait de lui, c’est qu’il se conforme à l’image qu’on voulait s’en faire, et qu’il se conforme à la Tradition purement et simplement !

Mais Jésus plonge ses racines beaucoup plus loin que ne le pensent ses concitoyens. Sa vision est celle d’un Israël ouvert à l’univers, à Sidon et à Sarepta, les villes païennes. C’est de cette dimension universelle qu’il tire sa capacité de faire des miracles. Mais à Nazareth cette capacité est étouffée, faire du neuf à partir de la Tradition cela devient scandaleux.

Jésus ne peut que s’en aller, continuer son chemin vers Jérusalem qui à son tour le condamnera. Mais c’est bien parce qu’il a poursuivi ce chemin qu’aujourd’hui il rayonne sur le monde.

Les Vincent de Paul, Damien de Molokaï, Don Bosco… pour ne citer que ceux-là, ont voulu ne pas en rester à ce qui se faisait depuis toujours. Ils ont annoncé l’Évangile aux pauvres en usant de leur « ingéniosité éducative » à tous les niveaux et selon leur époque. Qu’il en soit ainsi, de notre part, aujourd’hui.

Christian Malrieu

Dimanche 23 janvier 2022 – 3ème dimanche du temps ordinaire (C)

C’est aujourd’hui que cette parole s’accomplit !

     Plusieurs chrétiens sincères et honnêtes se demandent si les textes de la Bible sont vrais, si ça s’est vraiment passé comme les évangélistes et les autres auteurs nous le racontent. C’est une question pertinente et légitime. Bien sûr, ça peut nous aider de savoir que la Bible contient toute une «bibliothèque», avec toutes sortes de genres littéraires. Que chacun des nombreux auteurs a son style, sa façon d’écrire, ses images et ses paraboles. C’est aussi utile de se rappeler qu’aucune œuvre de la littérature mondiale n’a été aussi étudiée et approfondie que la littérature biblique. Des milliers d’experts se penchent chaque année et depuis des siècles, sur ces textes afin de les scruter, les analyser et mieux les comprendre.

Aujourd’hui, dans la synagogue de Nazareth, Jésus nous propose une nouvelle façon de poser la question sur la véracité de la parole de Dieu. Au lieu de nous demander si ce que nous raconte le texte est vrai, Jésus suggère de poser la question : Est-ce que cette Parole peut devenir réalité dans notre vie quotidienne.

Après avoir lu le texte d’Isaïe, un texte vieux de plusieurs siècles, Jésus ajoute simplement : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture. » C’est-à-dire, ce passage d’Écriture que nous venons d’entendre devient réalité maintenant.

Le Christ rend l’Écriture vivante et vraie « aujourd’hui ». Il se rapproche des pauvres et des pécheurs, guérit les malades, réintègre dans la communauté ceux et celles qui ont été mis au ban de la société, redonne la vue aux aveugles, proclame la bonne nouvelle du Royaume. C’est l’aujourd’hui de Dieu.

Et la question nous est posée : Est-ce que ce passage d’évangile peut aussi s’accomplir dans notre vie de tous les jours ? Est-ce que l’Esprit Saint peut nous aider à annoncer la bonne nouvelle : à libérer ceux et celles qui sont prisonniers des stupéfiants, de l’alcool, des jeux de hasard ; à visiter les malades et les personnes qui souffrent de solitude ; à redonner la vue à ceux et celles qui sont déprimés et découragés?

Luc Schweitzer, ss.cc.

Dimanche 16 janvier 2022 – 2ème dimanche du temps ordinaire (C)

Le repas de mariage est sauvé !

     « En ce temps-là, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité avec ses disciples. Or on manqua de vin… ! »

Dans toute la Bible, l’image des noces est souvent utilisée pour signifier la relation aimante et fidèle de Dieu pour toute l’humanité. Jésus ne boude pas nos réalités humaines ; il partage nos joies ; il participe à un mariage. Mais sa présence à ces noces de Cana est surtout le signe des épousailles de Dieu avec son Peuple. En son Fils, Dieu veut rencontrer plus profondément toute notre humanité pour lui offrir la Joie de son Amour.

Dans l’évangile de Jean, le signe de Cana est le premier signe d’une Nouvelle Alliance : l’eau changée en vin ; c’est la première manifestation publique du Messie. La mère de Jésus y tient un rôle important ; de fait, elle est le premier témoin de cette Nouvelle Alliance : l’annonciation à Nazareth, la naissance à Bethléem, la visite des mages, le baptême dans le Jourdain… Cette promesse nuptiale de Dieu avec son Peuple, annoncée déjà par le prophète Isaïe, est en train de s’accomplir maintenant. En donnant du très bon vin à boire et à profusion, Jésus est identifié comme le Messie attendu qui vient combler notre humanité de la profusion de son Amour : il est l’envoyé du Père par lequel les hommes connaîtront la Joie définitive. À l’heure de sa Passion, lors du repas pascal, Jésus fera de la coupe de vin partagée, le Sacrement de Son sang versé pour le Salut de la multitude.

Certes, l’heure du repas pascal n’est pas encore arrivée, mais à Cana déjà tout est dit : en donnant à boire le bon vin, Jésus « sauve » en quelque sorte le repas de noces ! Jésus nous offre en abondance cette Joie de la nouvelle Alliance avec Dieu. Aujourd’hui, Jésus avec son geste et sa Parole, en passant des rites anciens de la Loi qui utilisaient l’eau des jarres pour se purifier, nous fait goûter et savourer en abondance la Joie de son Amour. Et nous désormais, il nous reste à suivre la recommandation de la Mère de Jésus : « Tout ce qu’il vous dira, faîtes-le », et devenir Ses disciples et croire en Lui.

Dimanche 9 janvier 2022 – Baptême du Seigneur (C)

Humilité

     Entre sa naissance et son baptême le temps de Noël embrasse trente ans de la vie de Jésus. Trente ans de silence et d’humilité.

Humilité de celui qui naît dans une étable et qui va vivre sans bruit à Nazareth une vie ordinaire au milieu de gens ordinaires. Invitation à respecter les vies simples où, apparemment, il ne se passe rien. En elles Dieu est à l’œuvre et nul ne peut dire qu’elles ne porteront pas de fruit.

Humilité de celui qui se fait baptiser au milieu de la foule des pécheurs, sans se faire remarquer. Volonté de les rejoindre là où ils sont et là où ils en sont. C’est d’abord aux pécheurs, aux pauvres, aux malades et aux laissés pour compte que la Bonne nouvelle est adressée.

En ces temps d’incertitudes sanitaire, climatique, politique et même ecclésiale, nous aimerions peut-être trouver un messie, un homme ou une femme exceptionnel(le), qui nous rassurerait et nous guiderait vers des jours meilleurs. Mais ce messie providentiel n’existe pas. Le seul vrai Messie c’est le Christ, pauvre et humble de cœur, et c’est avec son aide que nous devons affronter ces crises.

La crise sanitaire et la crise climatique nous invitent à réaliser que nous ne pouvons pas tout maîtriser et contraindre indéfiniment la nature. Nous devons humblement accepter de changer nos modes de vie en faisant preuve de solidarité, notamment auprès de ceux qui sont le plus durement touchés : travailleurs précaires sans sécurité d’emploi, familles à faibles revenus fragilisées par la crise, jeunes isolés et sans perspective, personnes sans domiciles et sans papiers…

La crise de confiance dans les structures de gouvernance de notre société et de l’Église nous invite à bâtir un autre monde fondé sur la fraternité, en donnant la parole aux humbles, aux petits, aux exclus, en dialoguant humblement avec ceux qui ne pensent pas comme nous et en privilégiant toujours la recherche du bien commun.

Nous savons que, dans ces épreuves, le Christ ne nous abandonnera jamais. Avec humilité et avec joie, sachons témoigner de l’Espérance qui nous habite.

Pascal Blavot

Dimanche 19 décembre 2021 – 4ème dimanche de l’Avent (C)

Joie de la rencontre !

     La belle histoire des deux mamans (Marie et Elisabeth) qui se rencontrent nous rejoint dans nos expériences les plus humaines, en toutes ces fois où nous vivons le bonheur d’une vraie rencontre. Nous aimons alors partager les choses plus essentielles et parfois décisives qui nous arrivent. Qu’il fait bon alors trouver quelqu’un à qui le dire, à qui se confier, avec qui pouvoir mesurer l’ampleur et la vérité de ce qu’il nous est donné de vivre d’intime, de surprenant, d’inédit et de nouveau, dans la peine ou dans la joie !

On devine en tout cas l’enthousiasme et la joie des deux femmes, Élisabeth et Marie, leur fierté devant les prodiges et le mystère d’une fécondité en train de se manifester dans leur corps et dans tout leur être. Elles vivent l’anticipation heureuse de la naissance prochaine d’un enfant. Quoi de plus maternel et de plus féminin ? Quoi de plus humain ? Vivre intensément le présent, entièrement tourné aussi vers l’avenir, comme s’il était déjà là, avec la conscience du risque encouru, une certaine inquiétude peut-être. De quoi donner le vertige!

Mais cette visitation toute pleine de charme et de beauté si naturelle et même familière, est d’abord porteuse d’une révélation profonde sur l’essentiel de ce qui fait notre salut, elle oriente nos esprits et nos cœurs vers l’avenir de notre foi et de notre espérance. Car Saint Luc – c’est toujours là sa manière –, par ses récits, veut nous instruire. Ce qu’il nous présente aujourd’hui finalement c’est l’accomplissement effectif du grand rêve de Dieu, sa présence réelle et active en notre chair, sur notre terre. C’est l’initiative que le Seigneur prend de venir chez nous. Le Fils de Dieu devient, pour nous rejoindre, un être missionnaire ; dès le sein de sa mère, il se révèle un être de Parole et de visitation, dans l’humilité et la joie du service, dans le sens d’une proximité, d’une intime présence.

C’est ainsi qu’il vient dans nos maisons, dans nos lieux de travail, de loisirs, de labeurs et de peines, de jeux et de souffrances, pour une présence de réconfort, de paix et d’amitié. C’est ainsi qu’il donne valeur à tout ce que nous vivons dans l’amour.

Luc Schweitzer, ss.cc.

Dimanche 12 décembre 2021 – 3ème dimanche de l’Avent (C)

“Que devons-nous faire ?”

     Dans la Bible, on est confronté souvent à cette question : « Que devons-nous faire ? » ; les prophètes sont parfois plus soucieux de ce qu’il faut faire que de ce qu’il faut croire ! – Dans l’Évangile, c’est encore la même question qui conduit auprès de Jean Baptiste des hommes et des femmes de bonne volonté préoccupés de bien faire. À ceux qui l’interrogent, Jean ne demande pas de tout quitter ou de renoncer à être eux-mêmes, mais de mener leur vie dans un esprit nouveau : il recommande la modération, la justice, la non-violence, et le partage fraternel ; même les publicains – qui, dans l’évangile, symbolisent à la fois la cupidité, la malhonnêteté et la trahison à l’égard du peuple – ne sont pas exclus du chemin conduisant au Salut. En fait, Jean Baptiste n’impose rien d’impossible ni de surhumain. Chacun est invité à accueillir Jésus dans les conditions de vie qui sont les siennes…

Mais, dans le même temps, Jean Baptiste insiste sur l’urgence de prendre position. On ne peut pas tergiverser indéfiniment face à Jésus. À chacun de savoir s’il veut entrer dans ce Royaume proposé par Jésus, ou s’il préfère rester de l’autre côté de la frontière. À l’aide d’images empruntées au monde rural, Jean Baptiste évoque la séparation du grain et de la paille, la distinction entre ‘bons’ et ‘méchants’. Nous savons bien que cette ligne de partage passe au milieu de chacun de nous, entre ce qu’il y a de meilleur et ce qu’il y a de mauvais dans notre cœur.

Par des paroles tranchantes, Jean Baptiste place chacun d’entre nous face à la responsabilité et aux engagements concrets de sa propre vie. Tout l’Évangile nous pousse  à nous interroger sur la manière de nous préparer à vivre et partager cette Bonne Nouvelle du Royaume ouvert à tous les hommes et femmes de bonne volonté. Alors, si aujourd’hui, à la veille de Noël, nous voulons aller à la rencontre du Seigneur qui vient : « Que devons-nous faire ? »

Alphonse Fraboulet

Dimanche 5 décembre 2021 – 2ème dimanche de l’Avent (C)

Aujourd’hui encore des prophètes crient au milieu de notre monde !

Des prophètes crient la douleur, la souffrance, le danger de toute exclusion au nom de leur foi ou d’un humanisme.  Les entendons-nous ? Serions-nous sourds ?

Dans l’Evangile de ce 2ème dimanche de l’Avent, nous lisons : « La parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie. Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers, tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu. Luc 3, 1-6 »

Sans en dresser une liste exhaustive nous pouvons sans difficulté, en repérer quelques-uns :

– Cette semaine le Pape François va se rendre en Grèce et à Chypre. Il devrait à nouveau appeler le monde à s’indigner devant la crise migratoire, notamment après les tensions entre l’Union européenne et la Biélorussie et le dramatique naufrage dans la Manche qui a couté la vie à 27 personnes le 24 novembre.

Dimanche, sur Twitter, le Pape avait déjà exprimé sa “tristesse” concernant le sort des noyés en Méditerranée et des migrants réduits en esclaves en Libye.

Avant une grande messe à Athènes, il finira son voyage en passant sur l’île de Lesbos. C’est sur cette île égéenne, située à moins de 15 km des côtes turques, qu’il avait marqué les esprits en avril 2016, en déclarant : “Nous sommes tous des migrants !”

– Mgr Gaillot, évêque de Partenia, s’insurge quand on protège les frontières avant de protéger les migrants. La brutalité l’emporte sur l’humanité. L’expulsion prend le pas sur l’accueil. L’humain est bafoué. Une société humaine se juge à la manière dont elle traite ceux qui sont blessés, qui ont faim, qui viennent de loin. On ne peut rejeter l’autre et s’affirmer chrétien. On ne peut être avec le Christ sans être avec les exclus de la société. Mais la violence n’est pas une fatalité. Nous ne sommes pas faits pour la subir. Il est heureux qu’aujourd’hui on mette en œuvre une culture de la non-violence dans les familles, les écoles, les Églises. La non-violence est un bien commun de l’humanité. Elle ne se délègue pas, ne se décrète pas. On peut lutter pour la justice et la dignité des êtres humains sans haïr et sans tuer.

Les responsables du Secours Populaire, du Secours Catholique, du CCFD, d’Hiver Solidaire, Accueil et Partage… Tous nous appellent au devoir de solidarité, de partage et de justice. Cela rejoint bien la Parole de Dieu de ce dimanche. Que veut dire « Préparez le chemin du Seigneur » sinon ouvrir des chemins d’amour entre tous les êtres humains. Nous pouvons le faire avec les couleurs, les parfums propres à nos convictions, nos valeurs, notre foi… notre appartenance aussi à telle ou telle communauté, paroisse, diocèse…

Ce n’est pas avec un bulldozer qu’on aplanit le chemin du Seigneur, mais avec une grande dose de compassion, d’élan joyeux dans l’espérance et en étant acteurs, actrices de communion, ici et maintenant.

Christian Malrieu

Dimanche 28 novembre 2021 – 1er dimanche de l’Avent (C)

Nouvelle traduction du missel ; temps de l’Avent et assemblée paroissiale

Nouvelle traduction du missel pour « demeurer au plus près du texte original latin »

La traduction actuelle du missel romain remonte aux années 1970 et a seulement fait l’objet de mises à jour mineures depuis. Une nouvelle traduction s’imposait afin de “manifester l’unité du rite romain”. Elle entre en vigueur ce dimanche 28 novembre, premier jour de l’Avent. Vous pouvez suivre les modifications dans les éditions de Magnificat, Prions en Eglise, le missel des dimanche 2022 et le dépliant à votre disposition…

AVENT 2021

Avec ce premier dimanche de l’Avent nous entrons dans la préparation de notre cœur au Mystère de Noël. Temps où les nombreuses lumières de Noël scintillent dans les diverses nuits du monde.

Nuit des violences en tout genre, Nuit d’un avenir incertain avec la reprise de la pandémie, Nuit des abus sur mineurs qui traverse notre Eglise… Autant de lumières qui viennent nous rappeler que ces nuits ne sont plus totalement obscures depuis la venue du Christ. Ces lumières que nous alimentons à la Source inépuisable de l’Amour sans mesure de notre Dieu, nous les portons quotidiennement par nos engagements auprès de tous ceux et de toutes celles qui traversent ces nuits. Il est urgent que chacune et chacun trouve sa place dans la « Maison commune » sans condition, ni « pass sanitaire » !

Assemblée paroissiale et synodale

C’est une belle démarche que nous vivons ce dimanche pour faire suite à la réflexion des quatre groupes qui ont réfléchi depuis près de deux ans sur les thèmes suivants : place des femmes dans l’Église, autorité et cléricalisme dans l’Église, abus sexuels et le dialogue entre l’Église et la société.

Cette réflexion mérite qu’elle ne soit pas enterrée car elle préfigurait la mise au jour des abus sexuels dans l’Église avec le « Rapport Sauvé » et d’autres abus dans l’Église qu’ont repris les divers groupes.

Nous vivons cette assemblée à la suite de la soirée du 19 octobre avec Sr Véronique Margron et Mgr Thibault Verny. Plus de 300 personnes avaient fait le déplacement ! Les questions furent si nombreuses qu’elles n’avaient pu être prises en compte. Nous les reprenons ce dimanche matin en présence de Mgr Emmanuel TOIS, vicaire général.

Je crois que c’est une belle démarche synodale en ce premier jour de l’Avent !

Bon temps d’Avent à chacune et chacun de vous.

Père Christian Malrieu

Dimanche 21 novembre 2021 – Le Christ Roi de l’Univers (B)

” Alors, tu es roi toi ? “

La Fête du Christ Roi de l’Univers a été instituée par le Pape Pie XI en 1925, dans un contexte politique inquiétant, après la 1ère guerre mondiale de 14/18 avec la montée inéluctable des fascismes et des totalitarismes en Europe et ailleurs dans le monde… Le Concile Vatican II placera cette fête au dernier dimanche de l’année liturgique comme un signe du couronnement de cette Royauté du Fils de l’Homme sur l’Univers. Cette solennité du Christ Roi veut attirer notre attention sur l’un des titres les plus significatifs que l’on donne à Jésus.

Car c’est à Jésus, le Fils, vrai homme et vrai Dieu, que la liturgie accorde ce titre de Roi de l’Univers ! Pour nous introduire dans la compréhension de cette Royauté du Christ, l’évangile de ce dimanche nous propose le dialogue initial dramatique entre Pilate et Jésus : le Juge et l’inculpé à la barre du tribunal ; le procès le plus célèbre de tous les temps ! – Imbu de son pouvoir, Pilate appelle Jésus et lui demande d’emblée : « Alors, tu es roi, toi ? » – Jésus réplique : « C’est toi qui dis que je suis roi ! Non, ma royauté n’est pas de ce monde … ». En niant une royauté terrestre, Jésus veut affirmer que Sa Royauté est d’un autre ordre : « Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité ». Jésus, le Fils de l’homme, annoncé par les prophètes, visage tuméfié, vêtu d’un manteau pourpre, tête couronnée d’épines, est venu dans ce monde pour dépouiller les « Puissances de l’univers et les entraîner dans le cortège triomphal de Sa Croix … » (Col 2/15).

Pilate conclura ce dialogue en présentant à la foule : « Voici l’homme ! » De fait, l’évangéliste reconnaîtra que ces paroles étaient ‘prophétiques’, car elles viennent proclamer devant toute l’humanité manipulée, blessée, abusée, voire déniée dans son humanité, qu’elle est désormais associée, par la folie de la Croix, à cette Royauté d’Amour qui ne sera pas détruite (Dan. 7/14).

La Fête du Christ Roi couronne ainsi toute l’histoire du Règne messianique de Jésus et préfigure déjà sa Venue définitive. C’est l’humanité tout entière, et chaque personne en particulier qui se trouve ainsi intronisée dans ce Royaume. Par notre baptême, nous avons tous reçu l’héritage du Royaume : en renaissant dans les eaux du Baptême, nous sommes devenus une Création nouvelle ; nous avons revêtu le Christ ; par l’onction, nous sommes membres de son Corps et nous participons désormais à Sa dignité de Prêtre, de Prophète et de Roi. Voilà la Vérité dont parle Jésus devant Pilate qui ne peut pas comprendre : « Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la Vérité. Quiconque appartient à la Vérité écoute ma voix ! »

Alphonse Fraboulet

Dimanche 14 novembre 2021 – 33ème dimanche du temps ordinaire (B)

5ème journée mondiale des pauvres

“Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous” (Mc 14,7)

     Dans son message pour la Journée mondiale des pauvres, le Pape François nous invite à méditer la parole de Jésus : « Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous ». Ce n’est pas une parole de résignation, comme si la pauvreté était une fatalité. La pauvreté n’est pas le fruit du destin, elle est pour une grande partie la conséquence de l’égoïsme individuel et collectif que génèrent les modes de vie de notre société. Les pauvres sont des victimes et elles le sont doublement : elles connaissent la misère et la souffrance et elles sont réduites au silence car on ne veut ni les voir ni les entendre.

La parole de Jésus nous invite d’abord à prendre conscience que les pauvres sont autour de nous, à portée de main. Puis à les écouter, bien avant de vouloir les aider, car ces personnes savent mieux que nous ce qui est bon pour elles. Et enfin à nous laisser évangéliser par elles car si c’est bien le Christ qui nous envoie vers les pauvres c’est aussi le Christ que nous rencontrons dans les pauvres.

C’est cette démarche qu’ont vécu les membres de la Ciase (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise) en écoutant les personnes abusées qu’ils avaient invitées à témoigner et en les faisant passer progressivement du statut de victimes à celui de témoins. Ces personnes n’étaient plus seulement celles qui avaient été condamnées au silence par leurs agresseurs, elles n’étaient pas seulement là pour nourrir un rapport mais elles devenaient celles qui pouvaient, de manière irremplaçable, aider à faire la vérité et devenir co-auteurs du rapport et des recommandations proposées.

Pourquoi ne pas faire de même avec les pauvres en nous engageant résolument dans la démarche synodale lancée par le pape François ? Dans notre Église aujourd’hui si désemparée les pauvres pourraient nous aider à trouver un chemin de libération. Ceux qui souffrent en silence, ceux qui vivent quotidiennement dans leur chair les difficultés de l’existence, ceux à qui on ne donne jamais la parole, cette foule immense a des choses à nous dire. Associons-les à notre réflexion et écoutons-les !

Pascal Blavot, diacre

Dimanche 7 novembre 2021 – 32ème dimanche du temps ordinaire (B)

Changer de regard…

     Jésus est assis dans le temple, et il regarde les gens qui entrent, cette foule qui vient rencontrer Dieu, le prier, faire des offrandes pour « sécuriser » leur demande. Ce regard de Jésus sait voir non pas les façades, le paraître, mais bien le cœur, ce qui anime une vie.

Jésus évoque la fascination de l’homme pour ce qui se voit, ce qui fait du bruit, qui a de l’éclat, qui est trompétant, pour le prestige avec de grandes tenues. Jésus parle des scribes, mais nous pouvons transposer facilement à l’univers qui nous concerne. Que d’erreurs et de blessures mortelles seraient évitées si nous changions notre regard. Vivre non pas à partir du paraître mais bien de notre être. Il y a un risque de nous présenter à partir de ce que nous faisons, car cette attitude peut nous enfermer en ne nous permettant pas de faire la vérité sur ce que nous sommes. L’évangile nous presse pour choisir de regarder en nous et autour de nous avec les yeux de Jésus. Dieu se trouve dans les petites choses, et il se révèle au cœur de ce qui est don. Don de nous-mêmes, don pour les autres, don de soi-même à Dieu. Ce regard nous transforme, il nous apprend à discerner ce qui est porteur de vie. Ce qui fait du bruit aura pour but d’attirer l’attention sur nous-mêmes. Ces deux piécettes de la veuve, représentent tout ce qu’elle a, c’est une offrande qui dit son attachement et sa confiance en Celui qui donne jour après jour. Ce geste peut paraître fou et insensé. En offrant ces deux piécettes il ne lui reste plus rien pour elle-même. Cette veuve nous apprend à passer de la générosité à la joie de se donner soi-même. Elle nous apprend aussi l’humilité comme chemin de vérité sur nous-même.

Et si nous apprenions agir comme cette veuve en nous laissant habiter par le gout du don et par une confiance renouvelée en Dieu. Il s’agit d’apprendre comment vraiment donner et se donner. Écoutons comme communauté cette invitation à être du côté des plus pauvres, du côté du don.

     Seigneur donne-moi la confiance qui permet de t’offrir chaque jour ce que j’ai de plus précieux et de plus vulnérable. Et éloigne de moi les fausses issues de secours qui me permettent de me dérober.

Père Christian Flottes

Dimanche 31 octobre 2021 – 31ème dimanche du temps ordinaire (B)

La sainteté à tout prix !

Dans ce temps que traverse notre Église de France il peut nous paraître vain de parler de sainteté, tant ce mot a été défiguré par les crimes que nous savons.

Pourtant, coûte que coûte, nous devons retrouver ce chemin de conversion permanente auquel nous invitent les béatitudes de ce jour.

Depuis bien longtemps, le croyant découvre qu’il est appelé à la sainteté.

Dans l’Ancien Testament il est écrit « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. » (Lv 19, 2). Comment est-ce, Dieu, possible ?

Dans le Nouveau Testament, Saint Matthieu nous dit : « Vous donc, vous serez parfaits, comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48). Ça nous parait impossible, Seigneur ! Seul Dieu est saint. Nous le chantons, dans le Gloria : Toi seul es saint, … Jésus-Christ, avec le Saint-Esprit, dans la gloire de Dieu le Père.

Ne pas compter le nombre des élus !

On voit dans le texte de l’Apocalypse, que nous lisons en ce jour de la Toussaint, que St Jean, dans sa « vision », voit une foule immense, que nul ne peut dénombrer. C’est-à-dire qu’il ne s’agit pas pour nous de nous contenter de savoir combien serons-nous parmi toute cette foule. Mais surtout de savoir comment nous allons agir pour parvenir à « augmenter le nombre de ces élus »

Nous sommes certains que le meilleur chemin pour y parvenir, en suivant le Christ, est celui des Béatitudes. Nous devons toujours les lire au regard d’un autre passage de Matthieu au chapitre 25, qui sera la « grille de lecture » pour faire partie de ces « élus» que nous reconnaissons « saints ». À la fin des temps Jésus dans sa Gloire nous dira : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères c’est à moi que vous l’avez fait »

Si nous voulons nous appuyer sur nos seules forces humaines nous ne pouvons pas accéder à la sainteté.

Nous devrions être des actrices et des acteurs d’une multitude de moments de sainteté dans notre vie, pour la vie du monde, pour le bien de tous et notre propre bonheur.

Les Béatitudes sont la carte d’identité du chrétien. Chacune de ces béatitudes est un chemin de sainteté qui nous configure au Christ. Mettons nos pas dans ceux du Seigneur et cheminons sur le sentier des Béatitudes pour découvrir comment elles nous imprègnent et nous stimulent sur la voie de la sainteté. Arrêtons-nous quelques instants et interrogeons-nous en regardant notre vie et notre mission à la lumière des Béatitudes.

En cette fête de la Toussaint saisissons ce moment favorable pour regarder ceux que nous reconnaissons « saints et saintes ». Regardons de plus près comment ils sont parvenus à la sainteté. Toute leur vie n’a pas été toujours un modèle de sainteté (cf. Charles de Foucault) et pourtant ils y sont parvenus ! Pourquoi pas nous, aujourd’hui ?

 

Christian Malrieu

Dimanche 24 octobre 2021 – 30ème dimanche du temps ordinaire (B)

Confiance, lève-toi, Jésus t’appelle !

     Dans l’évangile de dimanche dernier, Jésus rappelait à ses apôtres qu’il était venu pour servir et non pour être servi et que, de la même manière, ses disciples devaient le suivre sur ce chemin du service. Et pour suivre Jésus, ne faut-il pas d’abord avoir confiance en lui ?

L’histoire de Bartimée, mendiant et aveugle, est celle d’un homme de foi. Il crie sa souffrance à Jésus de Nazareth dont il pressent qu’il est le Messie. Ce qui compte le plus pour Bartimée, c’est de le rencontrer. Mais cette rencontre n’est pas aisée pour lui : car faire entendre sa voix au milieu de la foule bruyante, voire hostile, lorsqu’on est, comme lui, à la marge, c’est pas gagné d’avance. Bartimée doit franchir bien des barrières ; finalement certains lui transmettent l’appel de Jésus : « Confiance, lève-toi, il t’appelle ! »  Parvenu à Jésus, il entend cette invitation pleine de miséricorde : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Bartimée peut alors lui donner sa réponse pleine de foi : « Maître, que je retrouve la vue ! »

Rencontrer le Christ et croire en Lui est une démarche qui ne peut se faire sans l’aide des autres, sans les aînés dans la foi, sans intermédiaires qui facilitent et favorisent son accès. Jésus a besoin de nous pour rejoindre les hommes dans leurs ténèbres et pour les attirer à sa lumière et à la richesse de l’Evangile. Membres de l’Eglise, disciples du Christ, nous sommes de ces intermédiaires chargés d’annoncer en paroles et en actes la miséricorde de Jésus. N’étouffons pas le désir ni le cri de ceux qui cherchent en Lui leur secours ; ne soyons pas obstacles mais serviteurs. Au nom de Jésus, saurons-nous dire au plus faible : « Confiance, lève-toi, il t’appelle ? »

 

Dimanche 17 octobre 2021 – 29ème dimanche du temps ordinaire (B)

Servir

     En ce dimanche, nous entrons dans la semaine missionnaire mondiale. C’est aussi la journée mondiale du refus de la misère. Il est heureux que les deux soient associées. Nous vivons dans un monde qui est dominé par la recherche du pouvoir et du prestige. Comment être messagers du Christ si nous n’allons pas à contre-courant de cette mentalité ?

Les disciples eux-mêmes se sont laissés prendre au piège. Ils en étaient venus à se poser la question : qui est le plus grand ? Qui est à la première place ? L’Évangile de ce jour et l’Ancien Testament nous apportent une réponse : le plus grand, c’est celui qui se fait serviteur et même esclave, c’est celui qui accepte de partager la faiblesse des hommes, leur souffrance et même leur mort.

Tout cela nous invite à réviser notre manière de vivre en Église et à l’intérieur de notre société. Nous pensons à tous ceux et celles qui s’engagent au service des autres. Pour certains, cela passe par un engagement politique ou syndical ; d’autres trouvent leur place dans une association humanitaire ; d’autres encore sont engagés au service de leur paroisse. En ce dimanche, nous sommes plus spécialement invités à nous associer à la lutte contre la misère. Cela passe par une attention plus grande à ceux et celles qui en sont les victimes. À travers nos engagements, nos gestes de partage et de solidarité, nous participons à la mission du Christ qui s’est fait serviteur.

C’est très important pour nous aujourd’hui : notre monde juge le christianisme à travers ceux qui le pratiquent, donc à travers nous. Notre première tâche c’est de nous imprégner de l’Esprit Saint pour ne pas déformer le visage de l’Évangile. Lui seul peut nous éclairer sur le vrai sens de notre service : il nous apprendra à reconnaître le visage du Christ à travers ceux et celles que nous rencontrons sur notre route.

Luc Schweitzer, ss.cc.

Dimanche 10 octobre 2021 – 28ème dimanche du temps ordinaire (B)

Célébrer la création au coeur d’un “tremblement de terre”

Tout homme est une histoire sacrée, l’homme est à image de Dieu

Nous avons choisi ce dimanche pour prier et prendre toujours plus conscience de l’importance de l’écologie intégrale, de protéger notre Maison Commune. Je suis surpris du nombre de personnes qui se sont manifestées au sein de notre paroisse comme « créatrice, créateur » du beau. Vous pouvez contempler tous ces œuvres ! Elles sont très souvent le fruit d’un travail de création qui s’est réalisé sans faire de bruit, loin des galeries d’exposition… ou d’un certain concours « Lepine » !

Si nous rêvons tous de retrouver un jour le « Paradis, le Jardin d’Eden », c’est bien parce que Dieu nous l’a confié pour le faire fructifier… Qu’en faisons-nous ?

Au centre de ce jardin Dieu y a placé l’être humain, femme et homme, il les a créés à sa ressemblance. C’est de cela dont il est question depuis mardi matin avec le rapport de la CIASE par Monsieur Sauvé, aux évêques de France et par eux à toute l’Église, c’est-à-dire à nous tous !

Ne nous voilons plus la face. Faisons œuvre de conscience éclairée sur le sujet de la pédophilie. IL ne doit plus y avoir de chape de plomb, de tabou. Osons la parole dans la dignité des personnes. Nous chantons : « Tout homme est une histoire sacrée, l’homme est à l’image de Dieu » et c’est bien vrai.

Et pourtant, tant de mineurs ont été abusés, trahis, défigurés… par des hommes chargés de transmettre la beauté de cette Création, de célébrer le Seigneur dans l’Eucharistie, de pardonner les péchés… C’est un véritable tremblement de terre que de nous révéler l’ampleur de ces crimes.

Je veux, ici, laisser la parole à trois témoins…

Religieuse, Véronique Margron (que nous retrouverons ici-même le 19 octobre), vit au cœur de l’institution. Pour cette dernière, le changement à apporter dans son cheminement spirituel est d’ores et déjà entamé : « Ces visages [des victimes] sont le visage du Christ humilié, crucifié. Il y aurait pour moi une incohérence complète à continuer de dire que la Croix est centrale dans la vie chrétienne si nous voulons croire en la résurrection, si je dénie aux personnes victimes cette qualité d’être des visages du Christ.»

Pour Olivier Savignac, le choc du rapport de la CIASE « ne change rien » dans son cheminement spirituel. « Ce qui m’a porté dans ce combat, et qui me porte toujours, c’est ma foi. C’est un message d’Évangile très fort. ». Le fondateur de Parler, revivre, explique toutefois que son rapport à l’institution, lui, s’est fragilisé : « Je n’aime pas être pris pour un jambon. Pour quelqu’un qui est méprisé parmi les autres. Si l’Église ne réagit pas, cela mettra un point d’arrêt à ma relation avec elle, mais pas à ma relation avec ma foi. »

     « Alors que sur certains aspects l’institution m’agace beaucoup au point de vouloir m’en éloigner, ma réaction a été de dire : non, il faut rester, il faut agir et avoir le courage d’entendre et de parler, parfois en choquant ou en se fâchant car tout le monde n’est pas prêt à entendre la vérité sur ces violences sexuelles dans l’Église, assumer cette responsabilité. », explique, de son côté Marie Derain. Et de conclure : « C’est le message que je reçois de l’Évangile et que j’ai envie de vivre comme croyante. » dans La Croix.

« Tout homme est une histoire sacrée,

l’homme est à l’image de Dieu »

Christian Malrieu

Dimanche 3 octobre 2021 – 27ème dimanche du temps ordinaire (B)

En finir avec la dureté du coeur

« Est-il permis de répudier sa femme ? » Jésus se situe à un niveau mystique. La loi mosaïque protège la femme de la dureté d’un cœur qui la livrait à la misère. C’est du cœur que Jésus veut parler. « C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé cette règle. » Jésus argumente à partir de l’Écriture en renvoyant ses interlocuteurs à la création, là où se manifeste le désir de Dieu. « Dieu les fit homme et femme. » Rappelez-vous le récit de la création. Adam, sortant de son sommeil, faisant face à Eve, s’écrie « Os de mes os, chair de ma chair ! ». L’amour naît avec l’apparition de l’homme et de la femme lorsque l’un découvre que sa vie n’est plus en lui-même mais en l’autre. L’amour naît lorsqu’Adam s’aperçoit que son désir le sort de lui-même et que le cœur qui l’habite est dans la peau de l’autre : « Os de mes os, chair de ma chair ! » Quand le désir replie sur soi, l’amour est « adultéré » et le cœur est durci.

Cette discussion entre les Pharisiens à propos du divorce est suivie d’un épisode qui développe ce danger de voir se durcir le cœur. Les disciples eux-mêmes sombraient dans la malice que Jésus venait de dénoncer. Ils écartaient les enfants qui entouraient Jésus et Jésus se fâcha. Un cœur n’est plus humain lorsqu’il brise une relation mais un cœur devient humain lorsqu’il fait naître la tendresse. Le Maître laisse les petits, tout encombrants qu’ils soient, venir à lui. « Il les bénissait et les embrassait en leur imposant les mains. » Ce faisant, le Fils du Père se manifeste profondément humain.

Retenons de quel danger Jésus nous préserve : la dureté du cœur. La mise en garde de Jésus est à vivre au sein de chaque famille, bien sûr. Combien de blessures amoureuses seraient évitées si chacun des conjoints comprenait que son bonheur n’est pas dans sa volonté mais dans le désir de celui ou de celle qu’il aime. La douceur du cœur s’impose auprès de ses propres enfants. Combien de vies d’adultes ne sont-elles pas gâchées parce qu’ils ont été mal aimés dans leur enfance ? La dureté du cœur est facteur de malheur ou d’injustice. Mais la douceur du cœur est source de vie et de joie.

Luc Schweitzer, ss.cc.

 

Dimanche 26 septembre 2021 – 26ème dimanche du temps ordinaire (B)

Osons y croire !

En ce dimanche de la rentrée paroissiale, osons croire que cette nouvelle année pastorale, missionnaire, se vivra dans de meilleures conditions que celles que nous avons vécues depuis près de deux ans !

Même si le fameux virus est toujours parmi nous, nous voulons reprendre le chemin de nos engagements pour notre propre bonheur et celui des autres. Nous désirons tous vivre à fond notre dimension baptismale.

Au conseil pastoral nous avons entendu l’appel de notre Archevêque, « La fraternité au service de la mission ». Nous avons aussi entendu l’appel du Pape François sur une année autour du thème « Famille Amoris Laetitia » qui aura son point d’orgue en juin 2022 à Rome…

Nous aurons fin novembre la restitution des groupes de travail sur quatre points essentiels : la place des femmes dans l’Église, « autorité, obéissance et cléricalisme dans l’Eglise », les abus sexuels et le dialogue entre l’Église et la société. Cela se vivra en présence de Mgr Emmanuel TOIS, notre nouveau vicaire général pour notre secteur.

Cela nous amènera à traduire tout cela dans notre pratique pastorale à Saint Gabriel. Nous gardons le thème « Accueillir les familles dans leur diversité » On ne peut pas parler raisonnablement de « la famille » sans tenir compte de cette diversité. Les familles d’aujourd’hui sont bien souvent monoparentales et rencontrent d’autres situations nouvelles…

Il y a une grande diversité de propositions missionnaires sur notre paroisse. Elles vont de l’accueil tout simple jusqu’au déploiement de la charité, en passant par l’annonce de la foi à la jeunesse, l’accompagnement des malades et des isolés, etc. La communauté qui se rassemble chaque dimanche autour de son Seigneur aura soin de mieux prendre en compte, dans sa prière, cette magnifique diversité.

De nouvelles personnes viennent se proposer pour l’éveil à la Foi, le catéchisme, rejoindre l’équipe « Laudato Si’ », Hiver solidaire… Il faudrait encore des personnes qui viennent renforcer les temps des dimanches d’amitié, la chorale, le café entre les deux messes du dimanche… Nous sommes invités à inventer, « lancer des initiatives nouvelles et parfois surprenantes pour répondre à tel ou tel défi » que nous rappelle Mgr Michel Aupetit

Un souffle nouveau nous envahit en ce début d’année en prenant soin des uns et des autres dans nos groupes et réalités de notre paroisse. Osons y croire !

Belle année à chacune et à chacun de vous !

Père Christian Malrieu

Dimanche 19 septembre 2021 – 25ème dimanche du temps ordinaire (B)

Créer des lieux où se manifestent la joie de l’Évangile…

En contemplant notre histoire et en regardant les jaillissements spontanés que l’Esprit Saint distille aujourd’hui dans bien des endroits, il m’apparaît important de déployer des lieux de fraternité missionnaire fondés sur l’eucharistie et le partage de la parole de Dieu, où se fortifient la communion et l’unité pour nous ouvrir à l’amitié universelle.

Le Seigneur Jésus nous a dit : « Je ne vous appelle plus serviteurs, je vous appelle mes amis. » Cette amitié divine qui dépasse tout ce que l’imagination humaine aurait pu espérer, nous conduit à comprendre que nous sommes d’abord une religion de l’amitié. À partir de la fraternité qui existe entre nous en raison de notre filiation divine qui nous conduit tous à avoir un même Père, nous avons à cultiver l’amitié avec chacun. Cette amitié fondée sur la gratuité du don doit permettre à celui qui n’arrive pas à franchir le seuil de nos églises, d’être accueilli gratuitement dans une profonde bienveillance.

Cette fraternité au service de la mission nous entraîne à construire des lieux seuils pour que ceux qui ne nous demandent plus rien se sentent bienvenus simplement parce qu’ils sont ce qu’ils sont.

Sans doute faudra-t-il repenser la manière dont nous accueillons ceux qui s’adressent encore à nous. Mais, suivant l’intuition et le désir du cardinal André Vingt-Trois, il nous faudra faire davantage en élaborant, en fonction des possibilités de chacun et par la grâce de communion toujours accessible, des lieux d’accueil gratuits où l’on peut vivre la fête, la dimension artisanale et artistique que chacun porte en soi, la recherche spirituelle ou intellectuelle qui marquent notre époque désorientée, enfin bref, des lieux où se manifeste la joie de l’Évangile.

Extrait de la lettre pastorale de Monseigneur Michel Aupetit du 3 septembre 2021

 

Dimanche 12 septembre 2021 – 24ème dimanche du temps ordinaire (B)

Que se passe-t-il à Budapest depuis une semaine ?

Depuis une semaine, Budapest, en Hongrie, accueille le congrès Eucharistique, qui prend fin ce dimanche avec la venue du Pape François. Il y présidera la messe de clôture retransmise sur KTO/tv.

Qu’est-ce qu’un congrès eucharistique ?  C’est à la fois un acte de réflexion et un acte de dévotion. Il s’agit de parler de l’Eucharistie, de comprendre les enjeux de l’Eucharistie dans la société contemporaine, et en même temps, de manifester par la célébration eucharistique et par la procession, une dévotion à l’égard de l’hostie consacrée… Dès le départ, outre les séances de travail, un objectif est affiché : celui d’occuper la rue, donner une visibilité à l’Église catholique, qui peut être persécutée ou en tension avec la société. Il y a un vrai souci de présence sociale. C’est d’ailleurs au cœur des congrès eucharistiques que chemine, non sans débat, la thèse de la royauté sociale du Christ, qui va aboutir sous Pie XI à la fête du Christ-Roi ».

Sur le site de « Vatican News » commentant l’annonce de ce congrès nous pouvons y lire : « Cet événement rassemble des prêtres, religieux et laïcs dans le but de célébrer et de glorifier la Sainte Eucharistie et de rechercher les meilleurs moyens de la faire connaître et aimer dans le monde entier. La présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie est l’un des principaux dogmes de la foi catholique et revêt donc une importance capitale en tant que trésor le plus précieux que le Christ a laissé à son Église. L’Eucharistie est donc le centre du culte catholique et la source de la piété chrétienne ».

C’est l’occasion, pour chacune et chacun d’entre nous, de nous poser la question de la place de l’eucharistie dans notre vie. Durant la pandémie nous n’avons cessé de réfléchir à notre présence physique ou pas lors des eucharisties. Certains optent encore pour « suivre » la messe sur un écran, d’autres reviennent à la messe dominicale (voir hebdomadaire). Cette rencontre avec le Christ est le rassemblement dont nous avons besoin pour repartir comme « disciples et missionnaires ».

Dans sa lettre pastorale1 , notre Archevêque, Michel Aupetit, précise qu’il lui paraît « important de déployer des lieux de fraternité missionnaire fondés sur l’eucharistie et le partage de la parole de Dieu ».

Père Christian Malrieu

1Aux différentes eucharisties vous trouverez le texte complet de cette lettre pastorale.

Dimanche 5 septembre 2021 – 23ème dimanche du temps ordinaire (B)

“Vous prendrez bien un peu de pass sanitaire ?” 1

     En cette rentrée 2021 nous aurions pu penser que la pandémie serait loin derrière nous. Si elle a bien diminué dans notre pays, ceux et celles qui reviennent de voir leur famille dans les départements d’Outre-Mer se souviendront encore longtemps de leurs vacances confinées. La fête des retrouvailles avait bien commencé mais elle fut de courte durée. Le virus n’était pas en vacances !

Dans un livre, sorti en librairie au mois de juin dernier, le Pape François propose une réflexion sur « Dieu et le monde d’après ». Nous y voyons que le Pape François nous « montre le chemin vers un monde meilleur et plus solidaire après la pandémie » : un chemin d’espérance.

Durant cet été nous avons pu avoir des échanges passionnés dans nos familles, avec nos amis, pour savoir s’il faut se faire vacciner ou non, s’engager dans une démarche vers le « pass sanitaire » ou non ! J’ai, moi-même, assisté et participé à ce type de réflexion… chacun restant sur sa position mais bien content d’avoir pu exprimer son point de vue ! D’autres sont restés sur le trottoir faute d’avoir ce fameux sésame les empêchant de s’assoir à l’intérieur d’un restaurant, ou de visiter un musée…

Avec toutes ces questions nous vivons la rentrée scolaire et universitaire. Pour beaucoup c’est aussi la reprise du travail professionnel avec plus de présentiel. La rentrée pastorale de notre paroisse se fera d’ici quelques jours avec la reprise des activités et un nouveau thème sur « La famille ».

Que sera cette nouvelle année ? Il nous faut garder espoir. Nous allons vivre certainement de beaux moments spirituels et missionnaires. Tout en sachant que nous pourrons être stoppés dans notre élan par une montée en puissance du virus. Qui sait ?

Le Pape François s’est prononcé clairement en affirmant le 18 août : « que se faire vacciner est un acte d’amour pour soi, pour sa famille et ses amis… ».

Le conseil pastoral va se réunir samedi prochain et nous fera part des propositions retenues pour éclairer notre chemin baptismal et solidaire.

Le 5 septembre c’est la date anniversaire de la disparition de Sainte Teresa de Calcutta. C’est cette même date que l’O.N.U. a choisi pour instaurer une « Journée Internationale de la Charité ». Faisons-la nôtre aussi en ce moment.

Dites : « Vous reprendrez bien un peu de vaccin et un peu de « pass sanitaire » ?

Belle année à toutes et à tous !

Père Christian

 1 Avec un peu d’humour, tout de même !

 

Dimanche 27 juin 2021 – 13ème dimanche du temps ordinaire (B)

Peut-on rêver de bonheur en ce temps qui est le nôtre ?

L’homme a toujours rêvé de bonheur. La publicité fait sans cesse miroiter devant ses yeux l’annonce d’un monde sans souffrance. La douleur, la mort, sont des réalités qu’il faut fuir à tout prix, ou tout au moins oublier. En ce moment les agences de voyages osent faire rêver en proposant des destinations au moindre coût pour s’évader de la situation que nous venons de vivre avec la pandémie…

Nous avons tous envie de respirer autrement notre quotidien et pourquoi pas partir en vacances. Nous avons un désir immense de retrouver ceux qui nous sont chers et que nous avons dû laisser, quelques temps, à l’autre bout du pays, ou plus près de nous dans un EHPAD sans pouvoir leur rendre visite… Pour certains, il ne sera plus possible de les revoir, et pour cause, la Covid19 s’est chargée de les emporter au cimetière… en notre absence !

Oui, nous avons envie et besoin de prendre de nouveaux chemins pour nous-mêmes, pour nos enfants, notre famille… Nous avons besoin de réfléchir au sens de tout cela.

Le livre de la Sagesse, ce dimanche, nous invite à prendre conscience que « Dieu ne fait pas la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les vivants… »

Le croyant accepte de regarder la mort en face, de même que les événements douloureux de sa vie. Mais il découvre qu’à travers une relation de confiance et d’amour au Seigneur, il participe à une autre réalité qui est éternelle, celle de la résurrection. La résurrection est la pleine manifestation de cet accès à la vie de l’Esprit, par la foi. Le chrétien peut alors cheminer dans la confiance.

En cette fin d’année pastorale, l’eucharistie de ce dimanche à 11h00 veut, sans oublier les difficultés de cette année bien particulière, rendre grâce, dire merci pour le vécu tel qu’il a été. Non pas tel que nous l’avions rêvé, en septembre dernier, mais en prenant en compte les événements, les relations, la réflexion… qui nous ont fait grandir dans la foi et en humanité.

Je suis convaincu qu’il y a eu de belles tranches de vie qui valent le coup d’être présentées au Seigneur en ce dimanche. Je dis merci à Sœur Colette et à Sœur Ghislaine pour leur mission parmi nous durant plusieurs années. Je tiens à souligner ici cette belle « tranche de vie » de 50 ans de notre ami, Philippe Delaire, au service de notre prière dominicale en faisant « chanter » l’orgue de Saint Gabriel. Un immense et fraternel merci à toi, Philippe ! Tu as contribué, pour ta part, à notre bonheur de chanter la louange à notre Dieu.

Christian Malrieu

 

Dimanche 20 juin 2021 – 12ème dimanche du temps ordinaire (B)

De quoi avons-nous peur ?

Chaque fois que s’élève une nouvelle tempête venant secouer l’Église, nous crions que tout est perdu et que l’Église aura bien du mal à s’en remettre.

Il semble une évidence que le problème des abus sexuels, la pandémie, la laïcisation de notre société très poussée… le manque de confiance en bon nombre de nos responsables politiques… et bien d’autres réalités actuelles, contribuent à une remise en question du sens de la vie et du sens de la vie avec Dieu.

Aujourd’hui encore, la crise qu’affronte le Christianisme conduit nombre de baptisés à douter de l’avenir, à délaisser leur communauté chrétienne.

Faiblesse de notre foi ! Nous disons mettre notre confiance dans le Seigneur, alors que, trop souvent, nos structures humaines prennent plus d’importance. Il nous faut tenir la relation au Christ et la relation aux autres.

Quand accepterons-nous vraiment de croire en la puissance de la Parole, de cette Parole vivante de Dieu qu’est Jésus ? Tout au long de l’histoire, nous avons vu sa force d’amour surmonter les pires obstacles.

L’Évangile de ce dimanche nous dit que Jésus affronte une tempête sur le lac de Galilée et que les disciples étaient saisis de peur. Notre Église est ballotée par les tempêtes depuis plus de 2000 ans. Des femmes, des hommes, des jeunes ont toujours su repartir, reconstruire « la barque » qu’est l’Église. La mer qui se déchaine sous l’emprise du vent c’est le monde auquel nous sommes envoyés. Nous sommes ce monde et nous devons être cette Église Peuple de Dieu sans distinction, uniquement préoccupés de l’Évangile.

Ce dimanche des jeunes de 5èmes et de 4èmes font leur « Profession de Foi ».

Que ce ne soit pas qu’une fois dans leur vie, mais avec leurs accompagnateurs, leurs familles, leurs amis, ils puissent renouveler sans cesse leur foi en faisant confiance au Christ comme les disciples sur la barque au milieu de la tempête.

Nous prions pour Alice, Annaëlle, Gabriel, Ilyana, Jeanne, Julie, Kira, Maria, Pénélope et Tristan.

Nous nous engageons à les soutenir.

Père Christian Malrieu

 

Dimanche 13 juin 2021 – 11ème dimanche du temps ordinaire (B)

Un jardin à soigner !

Beaucoup de paraboles parlent du Royaume de Dieu, dans les évangiles. Ce matin, nous avons deux courtes paraboles qui parlent de culture agricole. Et cela, en écho avec la première lecture tirée d’Ézéchiel. Et aussi le psaume. On parle de cèdre, de palmier, de blé. De moutarde (sénevé), plante potagère ; tout est comestible sur cette plante.

La première parabole insiste sur la puissance même de Dieu, mystérieuse, irrésistible, qui fait naître et se développer son Règne sans que l’homme y soit pour quelque chose. Et « il ne sait » pas même comment Dieu mène à bien son entreprise.

Dieu agit souvent dans « le bruissement d’un souffle léger ». C’est ainsi que le prophète Elie perçoit la manifestation divine (1R 19, 12).

La seconde parabole souligne la différence entre l’apparente petitesse de ce qui est semé, une Parole donnée par un homme simple, « fils de charpentier », « doux et humble de cœur » (Mt 13,55 ; 11,29), et la grandeur exceptionnelle du fruit qu’elle portera… Deux mille ans après, un homme sur trois est chrétien.

Le Royaume de Dieu apparaît, tantôt, comme un don à recevoir, tantôt comme une réalité à construire. Jésus déclare qu’il est déjà présent, mais aussi encore à venir. Impossible de l’observer. Et pourtant il oriente la prière du Christ et toutes ses décisions.

Le règne de Dieu, c’est comme un jardin à soigner, dans lequel il convient de travailler chaque jour. Semer sans trop savoir ce que la graine va donner, arroser chaque jour sans rien voir pousser pendant plusieurs semaines, oser arracher les mauvais plants, couper pour que les jeunes pousses prennent leur élan, puis chaque jour récolter, sarcler, de nouveau arroser. Puis cuisiner et enfin goûter ces bonnes saveurs que la terre, après de longs mois, nous a données.

Luc Schweitzer, ss.cc.

 

Dimanche 6 juin 2021 – Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ (B)

Corps livré et sang versé pour la vie du monde !

Corps livré… sang versé… Ces expressions renvoient à la misère qui gangrène le monde : tous ces gens écrasés, violés, torturés, mis à mort de toutes sortes de façons. De tout cela s’élève comme une immense clameur déses­pérée. Pourquoi faut-il que l’homme soit ainsi destruc­teur de l’homme ?

Cri du sang : c’est l’appel à la revanche, à la vengeance. Corps livré… sang versé… Voici soudain que ces deux termes prennent une autre portée, à travers la personne de Jésus. Ils affirment l’amour, un amour possible envers et contre tout. L’amour même de Dieu !

Ce ne sont pas de simples images. Celui qui était le juste par excellence a connu l’abandon, la torture, la mort ignominieuse. Mais, d’une vie arrachée, le Christ a fait une vie donnée.

C’est cette réalité qu’il a voulu affirmer dans le repas eucharistique. C’est elle qu’il a voulu voir réaffirmée chaque jour, dans un monde de détresse, afin que, par elle, nous connaissions le véritable visage de Dieu et que nous en vivions.

Au cœur de notre existence, parfois si difficile, Dieu est là, en Jésus-Christ. Il nous nourrit de sa présence aimante. En célébrant les signes qu’il nous a donnés de celle-ci, c’est lui-même que nous fêtons.

En ce dimanche de la fête du « Saint Sacrement », rendons grâce pour les jeunes qui reçoivent pour la première fois le Corps du Christ : Agathe, Camille, Elias, Émilie, Gabriel, Klervi-Thetis, Lou, Marius, Mathys, Nathalien, Paul. Nous leur souhaitons de venir le plus souvent possible à la Table de l’Eucharistie pour y recevoir le Pain Vivant.

Encourageons-les et prions pour eux et leurs familles.

Christian Malrieu