Homélies du dimanche ….

Dimanche 28 novembre 2021 – 1er dimanche de l’Avent (C)

Nouvelle traduction du missel ; temps de l’Avent et assemblée paroissiale

Nouvelle traduction du missel pour « demeurer au plus près du texte original latin »

 La traduction actuelle du missel romain remonte aux années 1970 et a seulement fait l’objet de mises à jour mineures depuis. Une nouvelle traduction s’imposait afin de “manifester l’unité du rite romain”. Elle entre en vigueur ce dimanche 28 novembre, premier jour de l’Avent. Vous pouvez suivre les modifications dans les éditions de Magnificat, Prions en Eglise, le missel des dimanche 2022 et le dépliant à votre disposition…

 AVENT 2021

 Avec ce premier dimanche de l’Avent nous entrons dans la préparation de notre cœur au Mystère de Noël. Temps où les nombreuses lumières de Noël scintillent dans les diverses nuits du monde.

Nuit des violences en tout genre, Nuit d’un avenir incertain avec la reprise de la pandémie, Nuit des abus sur mineurs qui traverse notre Eglise… Autant de lumières qui viennent nous rappeler que ces nuits ne sont plus totalement obscures depuis la venue du Christ. Ces lumières que nous alimentons à la Source inépuisable de l’Amour sans mesure de notre Dieu, nous les portons quotidiennement par nos engagements auprès de tous ceux et de toutes celles qui traversent ces nuits. Il est urgent que chacune et chacun trouve sa place dans la « Maison commune » sans condition, ni « pass sanitaire » !

 Assemblée paroissiale et synodale

 C’est une belle démarche que nous vivons ce dimanche pour faire suite à la réflexion des quatre groupes qui ont réfléchi depuis près de deux ans sur les thèmes suivants : place des femmes dans l’Église, autorité et cléricalisme dans l’Église, abus sexuels et le dialogue entre l’Église et la société.

Cette réflexion mérite qu’elle ne soit pas enterrée car elle préfigurait la mise au jour des abus sexuels dans l’Église avec le « Rapport Sauvé » et d’autres abus dans l’Église qu’ont repris les divers groupes.

Nous vivons cette assemblée à la suite de la soirée du 19 octobre avec Sr Véronique Margron et Mgr Thibault Verny. Plus de 300 personnes avaient fait le déplacement ! Les questions furent si nombreuses qu’elles n’avaient pu être prises en compte. Nous les reprenons ce dimanche matin en présence de Mgr Emmanuel TOIS, vicaire général.

Je crois que c’est une belle démarche synodale en ce premier jour de l’Avent !

Bon temps d’Avent à chacune et chacun de vous.

Père Christian Malrieu

Dimanche 21 novembre 2021 – Le Christ Roi de l’Univers (B)

” Alors, tu es roi toi ? “

La Fête du Christ Roi de l’Univers a été instituée par le Pape Pie XI en 1925, dans un contexte politique inquiétant, après la 1ère guerre mondiale de 14/18 avec la montée inéluctable des fascismes et des totalitarismes en Europe et ailleurs dans le monde… Le Concile Vatican II placera cette fête au dernier dimanche de l’année liturgique comme un signe du couronnement de cette Royauté du Fils de l’Homme sur l’Univers. Cette solennité du Christ Roi veut attirer notre attention sur l’un des titres les plus significatifs que l’on donne à Jésus.

Car c’est à Jésus, le Fils, vrai homme et vrai Dieu, que la liturgie accorde ce titre de Roi de l’Univers ! Pour nous introduire dans la compréhension de cette Royauté du Christ, l’évangile de ce dimanche nous propose le dialogue initial dramatique entre Pilate et Jésus : le Juge et l’inculpé à la barre du tribunal ; le procès le plus célèbre de tous les temps ! – Imbu de son pouvoir, Pilate appelle Jésus et lui demande d’emblée : « Alors, tu es roi, toi ? » – Jésus réplique : « C’est toi qui dis que je suis roi ! Non, ma royauté n’est pas de ce monde … ». En niant une royauté terrestre, Jésus veut affirmer que Sa Royauté est d’un autre ordre : « Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité ». Jésus, le Fils de l’homme, annoncé par les prophètes, visage tuméfié, vêtu d’un manteau pourpre, tête couronnée d’épines, est venu dans ce monde pour dépouiller les « Puissances de l’univers et les entraîner dans le cortège triomphal de Sa Croix … » (Col 2/15).

Pilate conclura ce dialogue en présentant à la foule : « Voici l’homme ! » De fait, l’évangéliste reconnaîtra que ces paroles étaient ‘prophétiques’, car elles viennent proclamer devant toute l’humanité manipulée, blessée, abusée, voire déniée dans son humanité, qu’elle est désormais associée, par la folie de la Croix, à cette Royauté d’Amour qui ne sera pas détruite (Dan. 7/14).

La Fête du Christ Roi couronne ainsi toute l’histoire du Règne messianique de Jésus et préfigure déjà sa Venue définitive. C’est l’humanité tout entière, et chaque personne en particulier qui se trouve ainsi intronisée dans ce Royaume. Par notre baptême, nous avons tous reçu l’héritage du Royaume : en renaissant dans les eaux du Baptême, nous sommes devenus une Création nouvelle ; nous avons revêtu le Christ ; par l’onction, nous sommes membres de son Corps et nous participons désormais à Sa dignité de Prêtre, de Prophète et de Roi. Voilà la Vérité dont parle Jésus devant Pilate qui ne peut pas comprendre : « Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la Vérité. Quiconque appartient à la Vérité écoute ma voix ! »

Alphonse Fraboulet

Dimanche 14 novembre 2021 – 33ème dimanche du temps ordinaire (B)

5ème journée mondiale des pauvres

“Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous” (Mc 14,7)

     Dans son message pour la Journée mondiale des pauvres, le Pape François nous invite à méditer la parole de Jésus : « Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous ». Ce n’est pas une parole de résignation, comme si la pauvreté était une fatalité. La pauvreté n’est pas le fruit du destin, elle est pour une grande partie la conséquence de l’égoïsme individuel et collectif que génèrent les modes de vie de notre société. Les pauvres sont des victimes et elles le sont doublement : elles connaissent la misère et la souffrance et elles sont réduites au silence car on ne veut ni les voir ni les entendre.

La parole de Jésus nous invite d’abord à prendre conscience que les pauvres sont autour de nous, à portée de main. Puis à les écouter, bien avant de vouloir les aider, car ces personnes savent mieux que nous ce qui est bon pour elles. Et enfin à nous laisser évangéliser par elles car si c’est bien le Christ qui nous envoie vers les pauvres c’est aussi le Christ que nous rencontrons dans les pauvres.

C’est cette démarche qu’ont vécu les membres de la Ciase (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise) en écoutant les personnes abusées qu’ils avaient invitées à témoigner et en les faisant passer progressivement du statut de victimes à celui de témoins. Ces personnes n’étaient plus seulement celles qui avaient été condamnées au silence par leurs agresseurs, elles n’étaient pas seulement là pour nourrir un rapport mais elles devenaient celles qui pouvaient, de manière irremplaçable, aider à faire la vérité et devenir co-auteurs du rapport et des recommandations proposées.

Pourquoi ne pas faire de même avec les pauvres en nous engageant résolument dans la démarche synodale lancée par le pape François ? Dans notre Église aujourd’hui si désemparée les pauvres pourraient nous aider à trouver un chemin de libération. Ceux qui souffrent en silence, ceux qui vivent quotidiennement dans leur chair les difficultés de l’existence, ceux à qui on ne donne jamais la parole, cette foule immense a des choses à nous dire. Associons-les à notre réflexion et écoutons-les !

Pascal Blavot, diacre

Dimanche 7 novembre 2021 – 32ème dimanche du temps ordinaire (B)

Changer de regard…

     Jésus est assis dans le temple, et il regarde les gens qui entrent, cette foule qui vient rencontrer Dieu, le prier, faire des offrandes pour « sécuriser » leur demande. Ce regard de Jésus sait voir non pas les façades, le paraître, mais bien le cœur, ce qui anime une vie.

Jésus évoque la fascination de l’homme pour ce qui se voit, ce qui fait du bruit, qui a de l’éclat, qui est trompétant, pour le prestige avec de grandes tenues. Jésus parle des scribes, mais nous pouvons transposer facilement à l’univers qui nous concerne. Que d’erreurs et de blessures mortelles seraient évitées si nous changions notre regard. Vivre non pas à partir du paraître mais bien de notre être. Il y a un risque de nous présenter à partir de ce que nous faisons, car cette attitude peut nous enfermer en ne nous permettant pas de faire la vérité sur ce que nous sommes. L’évangile nous presse pour choisir de regarder en nous et autour de nous avec les yeux de Jésus. Dieu se trouve dans les petites choses, et il se révèle au cœur de ce qui est don. Don de nous-mêmes, don pour les autres, don de soi-même à Dieu. Ce regard nous transforme, il nous apprend à discerner ce qui est porteur de vie. Ce qui fait du bruit aura pour but d’attirer l’attention sur nous-mêmes. Ces deux piécettes de la veuve, représentent tout ce qu’elle a, c’est une offrande qui dit son attachement et sa confiance en Celui qui donne jour après jour. Ce geste peut paraître fou et insensé. En offrant ces deux piécettes il ne lui reste plus rien pour elle-même. Cette veuve nous apprend à passer de la générosité à la joie de se donner soi-même. Elle nous apprend aussi l’humilité comme chemin de vérité sur nous-même.

Et si nous apprenions agir comme cette veuve en nous laissant habiter par le gout du don et par une confiance renouvelée en Dieu. Il s’agit d’apprendre comment vraiment donner et se donner. Écoutons comme communauté cette invitation à être du côté des plus pauvres, du côté du don.

     Seigneur donne-moi la confiance qui permet de t’offrir chaque jour ce que j’ai de plus précieux et de plus vulnérable. Et éloigne de moi les fausses issues de secours qui me permettent de me dérober.

Père Christian Flottes

Dimanche 31 octobre 2021 – 31ème dimanche du temps ordinaire (B)

La sainteté à tout prix !

Dans ce temps que traverse notre Église de France il peut nous paraître vain de parler de sainteté, tant ce mot a été défiguré par les crimes que nous savons.

Pourtant, coûte que coûte, nous devons retrouver ce chemin de conversion permanente auquel nous invitent les béatitudes de ce jour.

Depuis bien longtemps, le croyant découvre qu’il est appelé à la sainteté.

Dans l’Ancien Testament il est écrit « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. » (Lv 19, 2). Comment est-ce, Dieu, possible ?

Dans le Nouveau Testament, Saint Matthieu nous dit : « Vous donc, vous serez parfaits, comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48). Ça nous parait impossible, Seigneur ! Seul Dieu est saint. Nous le chantons, dans le Gloria : Toi seul es saint, … Jésus-Christ, avec le Saint-Esprit, dans la gloire de Dieu le Père.

Ne pas compter le nombre des élus !

On voit dans le texte de l’Apocalypse, que nous lisons en ce jour de la Toussaint, que St Jean, dans sa « vision », voit une foule immense, que nul ne peut dénombrer. C’est-à-dire qu’il ne s’agit pas pour nous de nous contenter de savoir combien serons-nous parmi toute cette foule. Mais surtout de savoir comment nous allons agir pour parvenir à « augmenter le nombre de ces élus »

Nous sommes certains que le meilleur chemin pour y parvenir, en suivant le Christ, est celui des Béatitudes. Nous devons toujours les lire au regard d’un autre passage de Matthieu au chapitre 25, qui sera la « grille de lecture » pour faire partie de ces « élus» que nous reconnaissons « saints ». À la fin des temps Jésus dans sa Gloire nous dira : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères c’est à moi que vous l’avez fait »

Si nous voulons nous appuyer sur nos seules forces humaines nous ne pouvons pas accéder à la sainteté.

Nous devrions être des actrices et des acteurs d’une multitude de moments de sainteté dans notre vie, pour la vie du monde, pour le bien de tous et notre propre bonheur.

Les Béatitudes sont la carte d’identité du chrétien. Chacune de ces béatitudes est un chemin de sainteté qui nous configure au Christ. Mettons nos pas dans ceux du Seigneur et cheminons sur le sentier des Béatitudes pour découvrir comment elles nous imprègnent et nous stimulent sur la voie de la sainteté. Arrêtons-nous quelques instants et interrogeons-nous en regardant notre vie et notre mission à la lumière des Béatitudes.

En cette fête de la Toussaint saisissons ce moment favorable pour regarder ceux que nous reconnaissons « saints et saintes ». Regardons de plus près comment ils sont parvenus à la sainteté. Toute leur vie n’a pas été toujours un modèle de sainteté (cf. Charles de Foucault) et pourtant ils y sont parvenus ! Pourquoi pas nous, aujourd’hui ?

 

Christian Malrieu

Dimanche 24 octobre 2021 – 30ème dimanche du temps ordinaire (B)

Confiance, lève-toi, Jésus t’appelle !

     Dans l’évangile de dimanche dernier, Jésus rappelait à ses apôtres qu’il était venu pour servir et non pour être servi et que, de la même manière, ses disciples devaient le suivre sur ce chemin du service. Et pour suivre Jésus, ne faut-il pas d’abord avoir confiance en lui ?

L’histoire de Bartimée, mendiant et aveugle, est celle d’un homme de foi. Il crie sa souffrance à Jésus de Nazareth dont il pressent qu’il est le Messie. Ce qui compte le plus pour Bartimée, c’est de le rencontrer. Mais cette rencontre n’est pas aisée pour lui : car faire entendre sa voix au milieu de la foule bruyante, voire hostile, lorsqu’on est, comme lui, à la marge, c’est pas gagné d’avance. Bartimée doit franchir bien des barrières ; finalement certains lui transmettent l’appel de Jésus : « Confiance, lève-toi, il t’appelle ! »  Parvenu à Jésus, il entend cette invitation pleine de miséricorde : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Bartimée peut alors lui donner sa réponse pleine de foi : « Maître, que je retrouve la vue ! »

Rencontrer le Christ et croire en Lui est une démarche qui ne peut se faire sans l’aide des autres, sans les aînés dans la foi, sans intermédiaires qui facilitent et favorisent son accès. Jésus a besoin de nous pour rejoindre les hommes dans leurs ténèbres et pour les attirer à sa lumière et à la richesse de l’Evangile. Membres de l’Eglise, disciples du Christ, nous sommes de ces intermédiaires chargés d’annoncer en paroles et en actes la miséricorde de Jésus. N’étouffons pas le désir ni le cri de ceux qui cherchent en Lui leur secours ; ne soyons pas obstacles mais serviteurs. Au nom de Jésus, saurons-nous dire au plus faible : « Confiance, lève-toi, il t’appelle ? »

 

Dimanche 17 octobre 2021 – 29ème dimanche du temps ordinaire (B)

Servir

     En ce dimanche, nous entrons dans la semaine missionnaire mondiale. C’est aussi la journée mondiale du refus de la misère. Il est heureux que les deux soient associées. Nous vivons dans un monde qui est dominé par la recherche du pouvoir et du prestige. Comment être messagers du Christ si nous n’allons pas à contre-courant de cette mentalité ?

Les disciples eux-mêmes se sont laissés prendre au piège. Ils en étaient venus à se poser la question : qui est le plus grand ? Qui est à la première place ? L’Évangile de ce jour et l’Ancien Testament nous apportent une réponse : le plus grand, c’est celui qui se fait serviteur et même esclave, c’est celui qui accepte de partager la faiblesse des hommes, leur souffrance et même leur mort.

Tout cela nous invite à réviser notre manière de vivre en Église et à l’intérieur de notre société. Nous pensons à tous ceux et celles qui s’engagent au service des autres. Pour certains, cela passe par un engagement politique ou syndical ; d’autres trouvent leur place dans une association humanitaire ; d’autres encore sont engagés au service de leur paroisse. En ce dimanche, nous sommes plus spécialement invités à nous associer à la lutte contre la misère. Cela passe par une attention plus grande à ceux et celles qui en sont les victimes. À travers nos engagements, nos gestes de partage et de solidarité, nous participons à la mission du Christ qui s’est fait serviteur.

C’est très important pour nous aujourd’hui : notre monde juge le christianisme à travers ceux qui le pratiquent, donc à travers nous. Notre première tâche c’est de nous imprégner de l’Esprit Saint pour ne pas déformer le visage de l’Évangile. Lui seul peut nous éclairer sur le vrai sens de notre service : il nous apprendra à reconnaître le visage du Christ à travers ceux et celles que nous rencontrons sur notre route.

Luc Schweitzer, ss.cc.

Dimanche 10 octobre 2021 – 28ème dimanche du temps ordinaire (B)

Célébrer la création au coeur d’un “tremblement de terre”

Tout homme est une histoire sacrée, l’homme est à image de Dieu

Nous avons choisi ce dimanche pour prier et prendre toujours plus conscience de l’importance de l’écologie intégrale, de protéger notre Maison Commune. Je suis surpris du nombre de personnes qui se sont manifestées au sein de notre paroisse comme « créatrice, créateur » du beau. Vous pouvez contempler tous ces œuvres ! Elles sont très souvent le fruit d’un travail de création qui s’est réalisé sans faire de bruit, loin des galeries d’exposition… ou d’un certain concours « Lepine » !

Si nous rêvons tous de retrouver un jour le « Paradis, le Jardin d’Eden », c’est bien parce que Dieu nous l’a confié pour le faire fructifier… Qu’en faisons-nous ?

Au centre de ce jardin Dieu y a placé l’être humain, femme et homme, il les a créés à sa ressemblance. C’est de cela dont il est question depuis mardi matin avec le rapport de la CIASE par Monsieur Sauvé, aux évêques de France et par eux à toute l’Église, c’est-à-dire à nous tous !

Ne nous voilons plus la face. Faisons œuvre de conscience éclairée sur le sujet de la pédophilie. IL ne doit plus y avoir de chape de plomb, de tabou. Osons la parole dans la dignité des personnes. Nous chantons : « Tout homme est une histoire sacrée, l’homme est à l’image de Dieu » et c’est bien vrai.

Et pourtant, tant de mineurs ont été abusés, trahis, défigurés… par des hommes chargés de transmettre la beauté de cette Création, de célébrer le Seigneur dans l’Eucharistie, de pardonner les péchés… C’est un véritable tremblement de terre que de nous révéler l’ampleur de ces crimes.

Je veux, ici, laisser la parole à trois témoins…

Religieuse, Véronique Margron (que nous retrouverons ici-même le 19 octobre), vit au cœur de l’institution. Pour cette dernière, le changement à apporter dans son cheminement spirituel est d’ores et déjà entamé : « Ces visages [des victimes] sont le visage du Christ humilié, crucifié. Il y aurait pour moi une incohérence complète à continuer de dire que la Croix est centrale dans la vie chrétienne si nous voulons croire en la résurrection, si je dénie aux personnes victimes cette qualité d’être des visages du Christ.»

Pour Olivier Savignac, le choc du rapport de la CIASE « ne change rien » dans son cheminement spirituel. « Ce qui m’a porté dans ce combat, et qui me porte toujours, c’est ma foi. C’est un message d’Évangile très fort. ». Le fondateur de Parler, revivre, explique toutefois que son rapport à l’institution, lui, s’est fragilisé : « Je n’aime pas être pris pour un jambon. Pour quelqu’un qui est méprisé parmi les autres. Si l’Église ne réagit pas, cela mettra un point d’arrêt à ma relation avec elle, mais pas à ma relation avec ma foi. »

     « Alors que sur certains aspects l’institution m’agace beaucoup au point de vouloir m’en éloigner, ma réaction a été de dire : non, il faut rester, il faut agir et avoir le courage d’entendre et de parler, parfois en choquant ou en se fâchant car tout le monde n’est pas prêt à entendre la vérité sur ces violences sexuelles dans l’Église, assumer cette responsabilité. », explique, de son côté Marie Derain. Et de conclure : « C’est le message que je reçois de l’Évangile et que j’ai envie de vivre comme croyante. » dans La Croix.

« Tout homme est une histoire sacrée,

l’homme est à l’image de Dieu »

Christian Malrieu

Dimanche 3 octobre 2021 – 27ème dimanche du temps ordinaire (B)

En finir avec la dureté du coeur

« Est-il permis de répudier sa femme ? » Jésus se situe à un niveau mystique. La loi mosaïque protège la femme de la dureté d’un cœur qui la livrait à la misère. C’est du cœur que Jésus veut parler. « C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé cette règle. » Jésus argumente à partir de l’Écriture en renvoyant ses interlocuteurs à la création, là où se manifeste le désir de Dieu. « Dieu les fit homme et femme. » Rappelez-vous le récit de la création. Adam, sortant de son sommeil, faisant face à Eve, s’écrie « Os de mes os, chair de ma chair ! ». L’amour naît avec l’apparition de l’homme et de la femme lorsque l’un découvre que sa vie n’est plus en lui-même mais en l’autre. L’amour naît lorsqu’Adam s’aperçoit que son désir le sort de lui-même et que le cœur qui l’habite est dans la peau de l’autre : « Os de mes os, chair de ma chair ! » Quand le désir replie sur soi, l’amour est « adultéré » et le cœur est durci.

Cette discussion entre les Pharisiens à propos du divorce est suivie d’un épisode qui développe ce danger de voir se durcir le cœur. Les disciples eux-mêmes sombraient dans la malice que Jésus venait de dénoncer. Ils écartaient les enfants qui entouraient Jésus et Jésus se fâcha. Un cœur n’est plus humain lorsqu’il brise une relation mais un cœur devient humain lorsqu’il fait naître la tendresse. Le Maître laisse les petits, tout encombrants qu’ils soient, venir à lui. « Il les bénissait et les embrassait en leur imposant les mains. » Ce faisant, le Fils du Père se manifeste profondément humain.

Retenons de quel danger Jésus nous préserve : la dureté du cœur. La mise en garde de Jésus est à vivre au sein de chaque famille, bien sûr. Combien de blessures amoureuses seraient évitées si chacun des conjoints comprenait que son bonheur n’est pas dans sa volonté mais dans le désir de celui ou de celle qu’il aime. La douceur du cœur s’impose auprès de ses propres enfants. Combien de vies d’adultes ne sont-elles pas gâchées parce qu’ils ont été mal aimés dans leur enfance ? La dureté du cœur est facteur de malheur ou d’injustice. Mais la douceur du cœur est source de vie et de joie.

Luc Schweitzer, ss.cc.

 

Dimanche 26 septembre 2021 – 26ème dimanche du temps ordinaire (B)

Osons y croire !

En ce dimanche de la rentrée paroissiale, osons croire que cette nouvelle année pastorale, missionnaire, se vivra dans de meilleures conditions que celles que nous avons vécues depuis près de deux ans !

Même si le fameux virus est toujours parmi nous, nous voulons reprendre le chemin de nos engagements pour notre propre bonheur et celui des autres. Nous désirons tous vivre à fond notre dimension baptismale.

Au conseil pastoral nous avons entendu l’appel de notre Archevêque, « La fraternité au service de la mission ». Nous avons aussi entendu l’appel du Pape François sur une année autour du thème « Famille Amoris Laetitia » qui aura son point d’orgue en juin 2022 à Rome…

Nous aurons fin novembre la restitution des groupes de travail sur quatre points essentiels : la place des femmes dans l’Église, « autorité, obéissance et cléricalisme dans l’Eglise », les abus sexuels et le dialogue entre l’Église et la société. Cela se vivra en présence de Mgr Emmanuel TOIS, notre nouveau vicaire général pour notre secteur.

Cela nous amènera à traduire tout cela dans notre pratique pastorale à Saint Gabriel. Nous gardons le thème « Accueillir les familles dans leur diversité » On ne peut pas parler raisonnablement de « la famille » sans tenir compte de cette diversité. Les familles d’aujourd’hui sont bien souvent monoparentales et rencontrent d’autres situations nouvelles…

Il y a une grande diversité de propositions missionnaires sur notre paroisse. Elles vont de l’accueil tout simple jusqu’au déploiement de la charité, en passant par l’annonce de la foi à la jeunesse, l’accompagnement des malades et des isolés, etc. La communauté qui se rassemble chaque dimanche autour de son Seigneur aura soin de mieux prendre en compte, dans sa prière, cette magnifique diversité.

De nouvelles personnes viennent se proposer pour l’éveil à la Foi, le catéchisme, rejoindre l’équipe « Laudato Si’ », Hiver solidaire… Il faudrait encore des personnes qui viennent renforcer les temps des dimanches d’amitié, la chorale, le café entre les deux messes du dimanche… Nous sommes invités à inventer, « lancer des initiatives nouvelles et parfois surprenantes pour répondre à tel ou tel défi » que nous rappelle Mgr Michel Aupetit

Un souffle nouveau nous envahit en ce début d’année en prenant soin des uns et des autres dans nos groupes et réalités de notre paroisse. Osons y croire !

Belle année à chacune et à chacun de vous !

Père Christian Malrieu

Dimanche 19 septembre 2021 – 25ème dimanche du temps ordinaire (B)

Créer des lieux où se manifestent la joie de l’Évangile…

En contemplant notre histoire et en regardant les jaillissements spontanés que l’Esprit Saint distille aujourd’hui dans bien des endroits, il m’apparaît important de déployer des lieux de fraternité missionnaire fondés sur l’eucharistie et le partage de la parole de Dieu, où se fortifient la communion et l’unité pour nous ouvrir à l’amitié universelle.

Le Seigneur Jésus nous a dit : « Je ne vous appelle plus serviteurs, je vous appelle mes amis. » Cette amitié divine qui dépasse tout ce que l’imagination humaine aurait pu espérer, nous conduit à comprendre que nous sommes d’abord une religion de l’amitié. À partir de la fraternité qui existe entre nous en raison de notre filiation divine qui nous conduit tous à avoir un même Père, nous avons à cultiver l’amitié avec chacun. Cette amitié fondée sur la gratuité du don doit permettre à celui qui n’arrive pas à franchir le seuil de nos églises, d’être accueilli gratuitement dans une profonde bienveillance.

Cette fraternité au service de la mission nous entraîne à construire des lieux seuils pour que ceux qui ne nous demandent plus rien se sentent bienvenus simplement parce qu’ils sont ce qu’ils sont.

Sans doute faudra-t-il repenser la manière dont nous accueillons ceux qui s’adressent encore à nous. Mais, suivant l’intuition et le désir du cardinal André Vingt-Trois, il nous faudra faire davantage en élaborant, en fonction des possibilités de chacun et par la grâce de communion toujours accessible, des lieux d’accueil gratuits où l’on peut vivre la fête, la dimension artisanale et artistique que chacun porte en soi, la recherche spirituelle ou intellectuelle qui marquent notre époque désorientée, enfin bref, des lieux où se manifeste la joie de l’Évangile.

Extrait de la lettre pastorale de Monseigneur Michel Aupetit du 3 septembre 2021

 

Dimanche 12 septembre 2021 – 24ème dimanche du temps ordinaire (B)

Que se passe-t-il à Budapest depuis une semaine ?

Depuis une semaine, Budapest, en Hongrie, accueille le congrès Eucharistique, qui prend fin ce dimanche avec la venue du Pape François. Il y présidera la messe de clôture retransmise sur KTO/tv.

Qu’est-ce qu’un congrès eucharistique ?  C’est à la fois un acte de réflexion et un acte de dévotion. Il s’agit de parler de l’Eucharistie, de comprendre les enjeux de l’Eucharistie dans la société contemporaine, et en même temps, de manifester par la célébration eucharistique et par la procession, une dévotion à l’égard de l’hostie consacrée… Dès le départ, outre les séances de travail, un objectif est affiché : celui d’occuper la rue, donner une visibilité à l’Église catholique, qui peut être persécutée ou en tension avec la société. Il y a un vrai souci de présence sociale. C’est d’ailleurs au cœur des congrès eucharistiques que chemine, non sans débat, la thèse de la royauté sociale du Christ, qui va aboutir sous Pie XI à la fête du Christ-Roi ».

Sur le site de « Vatican News » commentant l’annonce de ce congrès nous pouvons y lire : « Cet événement rassemble des prêtres, religieux et laïcs dans le but de célébrer et de glorifier la Sainte Eucharistie et de rechercher les meilleurs moyens de la faire connaître et aimer dans le monde entier. La présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie est l’un des principaux dogmes de la foi catholique et revêt donc une importance capitale en tant que trésor le plus précieux que le Christ a laissé à son Église. L’Eucharistie est donc le centre du culte catholique et la source de la piété chrétienne ».

C’est l’occasion, pour chacune et chacun d’entre nous, de nous poser la question de la place de l’eucharistie dans notre vie. Durant la pandémie nous n’avons cessé de réfléchir à notre présence physique ou pas lors des eucharisties. Certains optent encore pour « suivre » la messe sur un écran, d’autres reviennent à la messe dominicale (voir hebdomadaire). Cette rencontre avec le Christ est le rassemblement dont nous avons besoin pour repartir comme « disciples et missionnaires ».

Dans sa lettre pastorale1 , notre Archevêque, Michel Aupetit, précise qu’il lui paraît « important de déployer des lieux de fraternité missionnaire fondés sur l’eucharistie et le partage de la parole de Dieu ».

Père Christian Malrieu

1Aux différentes eucharisties vous trouverez le texte complet de cette lettre pastorale.

Dimanche 5 septembre 2021 – 23ème dimanche du temps ordinaire (B)

“Vous prendrez bien un peu de pass sanitaire ?” 1

     En cette rentrée 2021 nous aurions pu penser que la pandémie serait loin derrière nous. Si elle a bien diminué dans notre pays, ceux et celles qui reviennent de voir leur famille dans les départements d’Outre-Mer se souviendront encore longtemps de leurs vacances confinées. La fête des retrouvailles avait bien commencé mais elle fut de courte durée. Le virus n’était pas en vacances !

Dans un livre, sorti en librairie au mois de juin dernier, le Pape François propose une réflexion sur « Dieu et le monde d’après ». Nous y voyons que le Pape François nous « montre le chemin vers un monde meilleur et plus solidaire après la pandémie » : un chemin d’espérance.

Durant cet été nous avons pu avoir des échanges passionnés dans nos familles, avec nos amis, pour savoir s’il faut se faire vacciner ou non, s’engager dans une démarche vers le « pass sanitaire » ou non ! J’ai, moi-même, assisté et participé à ce type de réflexion… chacun restant sur sa position mais bien content d’avoir pu exprimer son point de vue ! D’autres sont restés sur le trottoir faute d’avoir ce fameux sésame les empêchant de s’assoir à l’intérieur d’un restaurant, ou de visiter un musée…

Avec toutes ces questions nous vivons la rentrée scolaire et universitaire. Pour beaucoup c’est aussi la reprise du travail professionnel avec plus de présentiel. La rentrée pastorale de notre paroisse se fera d’ici quelques jours avec la reprise des activités et un nouveau thème sur « La famille ».

Que sera cette nouvelle année ? Il nous faut garder espoir. Nous allons vivre certainement de beaux moments spirituels et missionnaires. Tout en sachant que nous pourrons être stoppés dans notre élan par une montée en puissance du virus. Qui sait ?

Le Pape François s’est prononcé clairement en affirmant le 18 août : « que se faire vacciner est un acte d’amour pour soi, pour sa famille et ses amis… ».

Le conseil pastoral va se réunir samedi prochain et nous fera part des propositions retenues pour éclairer notre chemin baptismal et solidaire.

Le 5 septembre c’est la date anniversaire de la disparition de Sainte Teresa de Calcutta. C’est cette même date que l’O.N.U. a choisi pour instaurer une « Journée Internationale de la Charité ». Faisons-la nôtre aussi en ce moment.

Dites : « Vous reprendrez bien un peu de vaccin et un peu de « pass sanitaire » ?

Belle année à toutes et à tous !

Père Christian

 1 Avec un peu d’humour, tout de même !

 

Dimanche 27 juin 2021 – 13ème dimanche du temps ordinaire (B)

Peut-on rêver de bonheur en ce temps qui est le nôtre ?

L’homme a toujours rêvé de bonheur. La publicité fait sans cesse miroiter devant ses yeux l’annonce d’un monde sans souffrance. La douleur, la mort, sont des réalités qu’il faut fuir à tout prix, ou tout au moins oublier. En ce moment les agences de voyages osent faire rêver en proposant des destinations au moindre coût pour s’évader de la situation que nous venons de vivre avec la pandémie…

Nous avons tous envie de respirer autrement notre quotidien et pourquoi pas partir en vacances. Nous avons un désir immense de retrouver ceux qui nous sont chers et que nous avons dû laisser, quelques temps, à l’autre bout du pays, ou plus près de nous dans un EHPAD sans pouvoir leur rendre visite… Pour certains, il ne sera plus possible de les revoir, et pour cause, la Covid19 s’est chargée de les emporter au cimetière… en notre absence !

Oui, nous avons envie et besoin de prendre de nouveaux chemins pour nous-mêmes, pour nos enfants, notre famille… Nous avons besoin de réfléchir au sens de tout cela.

Le livre de la Sagesse, ce dimanche, nous invite à prendre conscience que « Dieu ne fait pas la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les vivants… »

Le croyant accepte de regarder la mort en face, de même que les événements douloureux de sa vie. Mais il découvre qu’à travers une relation de confiance et d’amour au Seigneur, il participe à une autre réalité qui est éternelle, celle de la résurrection. La résurrection est la pleine manifestation de cet accès à la vie de l’Esprit, par la foi. Le chrétien peut alors cheminer dans la confiance.

En cette fin d’année pastorale, l’eucharistie de ce dimanche à 11h00 veut, sans oublier les difficultés de cette année bien particulière, rendre grâce, dire merci pour le vécu tel qu’il a été. Non pas tel que nous l’avions rêvé, en septembre dernier, mais en prenant en compte les événements, les relations, la réflexion… qui nous ont fait grandir dans la foi et en humanité.

Je suis convaincu qu’il y a eu de belles tranches de vie qui valent le coup d’être présentées au Seigneur en ce dimanche. Je dis merci à Sœur Colette et à Sœur Ghislaine pour leur mission parmi nous durant plusieurs années. Je tiens à souligner ici cette belle « tranche de vie » de 50 ans de notre ami, Philippe Delaire, au service de notre prière dominicale en faisant « chanter » l’orgue de Saint Gabriel. Un immense et fraternel merci à toi, Philippe ! Tu as contribué, pour ta part, à notre bonheur de chanter la louange à notre Dieu.

Christian Malrieu

 

Dimanche 20 juin 2021 – 12ème dimanche du temps ordinaire (B)

De quoi avons-nous peur ?

Chaque fois que s’élève une nouvelle tempête venant secouer l’Église, nous crions que tout est perdu et que l’Église aura bien du mal à s’en remettre.

Il semble une évidence que le problème des abus sexuels, la pandémie, la laïcisation de notre société très poussée… le manque de confiance en bon nombre de nos responsables politiques… et bien d’autres réalités actuelles, contribuent à une remise en question du sens de la vie et du sens de la vie avec Dieu.

Aujourd’hui encore, la crise qu’affronte le Christianisme conduit nombre de baptisés à douter de l’avenir, à délaisser leur communauté chrétienne.

Faiblesse de notre foi ! Nous disons mettre notre confiance dans le Seigneur, alors que, trop souvent, nos structures humaines prennent plus d’importance. Il nous faut tenir la relation au Christ et la relation aux autres.

Quand accepterons-nous vraiment de croire en la puissance de la Parole, de cette Parole vivante de Dieu qu’est Jésus ? Tout au long de l’histoire, nous avons vu sa force d’amour surmonter les pires obstacles.

L’Évangile de ce dimanche nous dit que Jésus affronte une tempête sur le lac de Galilée et que les disciples étaient saisis de peur. Notre Église est ballotée par les tempêtes depuis plus de 2000 ans. Des femmes, des hommes, des jeunes ont toujours su repartir, reconstruire « la barque » qu’est l’Église. La mer qui se déchaine sous l’emprise du vent c’est le monde auquel nous sommes envoyés. Nous sommes ce monde et nous devons être cette Église Peuple de Dieu sans distinction, uniquement préoccupés de l’Évangile.

Ce dimanche des jeunes de 5èmes et de 4èmes font leur « Profession de Foi ».

Que ce ne soit pas qu’une fois dans leur vie, mais avec leurs accompagnateurs, leurs familles, leurs amis, ils puissent renouveler sans cesse leur foi en faisant confiance au Christ comme les disciples sur la barque au milieu de la tempête.

Nous prions pour Alice, Annaëlle, Gabriel, Ilyana, Jeanne, Julie, Kira, Maria, Pénélope et Tristan.

Nous nous engageons à les soutenir.

Père Christian Malrieu

 

Dimanche 13 juin 2021 – 11ème dimanche du temps ordinaire (B)

Un jardin à soigner !

Beaucoup de paraboles parlent du Royaume de Dieu, dans les évangiles. Ce matin, nous avons deux courtes paraboles qui parlent de culture agricole. Et cela, en écho avec la première lecture tirée d’Ézéchiel. Et aussi le psaume. On parle de cèdre, de palmier, de blé. De moutarde (sénevé), plante potagère ; tout est comestible sur cette plante.

La première parabole insiste sur la puissance même de Dieu, mystérieuse, irrésistible, qui fait naître et se développer son Règne sans que l’homme y soit pour quelque chose. Et « il ne sait » pas même comment Dieu mène à bien son entreprise.

Dieu agit souvent dans « le bruissement d’un souffle léger ». C’est ainsi que le prophète Elie perçoit la manifestation divine (1R 19, 12).

La seconde parabole souligne la différence entre l’apparente petitesse de ce qui est semé, une Parole donnée par un homme simple, « fils de charpentier », « doux et humble de cœur » (Mt 13,55 ; 11,29), et la grandeur exceptionnelle du fruit qu’elle portera… Deux mille ans après, un homme sur trois est chrétien.

Le Royaume de Dieu apparaît, tantôt, comme un don à recevoir, tantôt comme une réalité à construire. Jésus déclare qu’il est déjà présent, mais aussi encore à venir. Impossible de l’observer. Et pourtant il oriente la prière du Christ et toutes ses décisions.

Le règne de Dieu, c’est comme un jardin à soigner, dans lequel il convient de travailler chaque jour. Semer sans trop savoir ce que la graine va donner, arroser chaque jour sans rien voir pousser pendant plusieurs semaines, oser arracher les mauvais plants, couper pour que les jeunes pousses prennent leur élan, puis chaque jour récolter, sarcler, de nouveau arroser. Puis cuisiner et enfin goûter ces bonnes saveurs que la terre, après de longs mois, nous a données.

Luc Schweitzer, ss.cc.

 

Dimanche 6 juin 2021 – Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ (B)

Corps livré et sang versé pour la vie du monde !

Corps livré… sang versé… Ces expressions renvoient à la misère qui gangrène le monde : tous ces gens écrasés, violés, torturés, mis à mort de toutes sortes de façons. De tout cela s’élève comme une immense clameur déses­pérée. Pourquoi faut-il que l’homme soit ainsi destruc­teur de l’homme ?

Cri du sang : c’est l’appel à la revanche, à la vengeance. Corps livré… sang versé… Voici soudain que ces deux termes prennent une autre portée, à travers la personne de Jésus. Ils affirment l’amour, un amour possible envers et contre tout. L’amour même de Dieu !

Ce ne sont pas de simples images. Celui qui était le juste par excellence a connu l’abandon, la torture, la mort ignominieuse. Mais, d’une vie arrachée, le Christ a fait une vie donnée.

C’est cette réalité qu’il a voulu affirmer dans le repas eucharistique. C’est elle qu’il a voulu voir réaffirmée chaque jour, dans un monde de détresse, afin que, par elle, nous connaissions le véritable visage de Dieu et que nous en vivions.

Au cœur de notre existence, parfois si difficile, Dieu est là, en Jésus-Christ. Il nous nourrit de sa présence aimante. En célébrant les signes qu’il nous a donnés de celle-ci, c’est lui-même que nous fêtons.

En ce dimanche de la fête du « Saint Sacrement », rendons grâce pour les jeunes qui reçoivent pour la première fois le Corps du Christ : Agathe, Camille, Elias, Émilie, Gabriel, Klervi-Thetis, Lou, Marius, Mathys, Nathalien, Paul. Nous leur souhaitons de venir le plus souvent possible à la Table de l’Eucharistie pour y recevoir le Pain Vivant.

Encourageons-les et prions pour eux et leurs familles.

Christian Malrieu

Dimanche 30 mai 2021 – La Sainte Trinité (B)

La Sainte Trinité : une Communion d’Amour

Ce dimanche de la Trinité est une bonne occasion d’attirer notre attention sur le signe de la croix qui, bien souvent, devient un geste fait machinalement. Au début de la messe, le célébrant invite l’assemblée à faire le signe de la croix. C’est ainsi que chaque fois que nous faisons sur nous ce geste, nous actualisons, en quelque sorte, la foi de notre Baptême : le Dieu auquel nous croyons n’est pas un Dieu inconnu, nous osons le nommer : Père, Fils et Saint-Esprit.

Par ce simple geste, nous manifestons que notre Dieu n’est pas un Dieu inaccessible et solitaire, mais un réseau de relations. Non seulement, un Dieu en relation avec le monde qu’il a créé, mais qui est en lui-même un réseau d’amour. Les proches de Jésus ont découvert que Jésus était intimement lié à Celui qu’il appelait son Père, son Abba. Et le lien d’amour réciproque entre le Père et le Fils est tellement fort qu’il est lui-même une personne, le Saint-Esprit. C’est ce que nous appelons la Sainte Trinité.

Mais ces relations ne sont pas en circuit fermé. La Bonne Nouvelle pour nous, frères et sœurs en humanité, c’est que nous pouvons nous aussi entrer dans ce réseau d’amour : l’Esprit-Saint fait de nous des fils , et nous pouvons, à notre tour, dire à Dieu « Papa », Abba !  Pour nous connecter à ce réseau, pas besoin de cliquer sur le web www, il suffit de reconnaître que nous avons été plongés dans ce courant d’Amour Trinitaire depuis le jour de notre baptême.

Et maintenant, nous avons la mission d’être, dans le monde, les témoins de cette source d’amour que Jésus, le Fils, est venu nous révéler et incarner au cœur de notre Histoire. Voilà le fondement de cette Espérance d’une Vie et d’Amour, plus forte que la mort : « Et moi, je suis avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin du monde ! » C’est la dernière parole de Jésus dans l’Evangile d’aujourd’hui.

 

Père Alphonse Fraboulet

Dimanche 23 mai 2021 – La Pentecôte (B)

Pentecôte : le temps de l’Église

À la Pentecôte, il y a plus de 2000 ans : Le temps de l’Église a commencé.

Le jour de la Pentecôte, l’Esprit-Saint a transformé des apôtres bloqués par la peur en courageux témoins du Christ. En très peu de temps, des milliers de personnes se sont fait baptiser : ce fut la naissance de l’Église. Le miracle des langues de la Pentecôte indique que, dès les débuts, l’Église est faite pour tous : elle est universelle (le mot catholique vient d’une expression grecque qui signifie ouverte à tous) et missionnaire. Elle s’adresse à tous, surmonte les barrières ethniques et linguistiques et peut être comprise de tous. Jusqu’à nos jours, l’Esprit-Saint est l’élixir de vie de l’Église.

À la Pentecôte l’Esprit-Saint nous envoie en mission.

Déjà dans l’Ancien Testament, le peuple de Dieu attendait l’effusion, la venue, de l’Esprit-Saint sur le Messie. Jésus vécut durant toute sa vie dans un Esprit tout particulier d’amour et de communion parfaite avec son Père du Ciel. Cet Esprit de Jésus était « L’Esprit-Saint », que le peuple d’Israël désirait ; et ce fut ce même esprit qui descendit sur les disciples cinquante jours après Pâque.

L’Esprit de la Pentecôte souffle encore aujourd’hui

C’est cet Esprit de Dieu envoyé par Jésus ressuscité qui nous invite à sortir de nos peurs et à partir à la rencontre des peuples, des cultures de toute la Terre. De cette rencontre pourra naître des disciples qui mettront en pratique l’invitation de Jésus lui-même : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ! »

 

Christian Malrieu

 

Dimanche 16 mai 2021 – 7ème dimanche de Pâques (B)

Unis pour témoigner de l’amour du Christ

Entre Ascension et Pentecôte, entre tristesse du départ de Jésus et espérance de l’arrivée de l’Esprit Saint, la période est incertaine, le temps est comme suspendu. Les Apôtres se préparent à assurer la continuité de ce qui a commencé avec Jésus et qui doit se poursuivre sans lui. Ils se remémorent sans doute les paroles de Jésus qui, juste avant sa passion, les a confiés au Père : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom pour qu’ils soient un comme nous-mêmes ».

En remplaçant Judas par Mathias ils décident de reconstituer le groupe des Douze que Jésus a choisi et formé. Les Douze symbolisent le peuple d’Israël, dépositaire de l’alliance avec Dieu ; il est important qu’ils soient au complet pour recevoir l’Esprit Saint qui va régénérer cette première alliance et l’ouvrir au monde entier. C’est ensemble qu’ils seront, le jour de la Pentecôte, saisis par l’Esprit et projetés hors de leur maison et hors d’eux-mêmes pour partir annoncer la Bonne Nouvelle de la résurrection du Christ à toute la terre.

A la suite des Apôtres, baptisés par l’Esprit, nous sommes envoyés dans le monde pour témoigner. Mais notre témoignage n’est recevable que si nous sommes unis. Un des principaux obstacles à l’évangélisation est sans doute le manque d’unité et le manque d’amour des chrétiens. La quasi-totalité de nos contemporains non-croyants ne liront jamais les Ecritures ni des traités de théologies. Ils ne seront pas convaincus par l’exposé de nos dogmes. Et, comme il y a peu de chance qu’ils entrent dans une église, leur seule source de connaissance de Jésus-Christ reste la façon dont les chrétiens se comportent entre eux et avec les autres.

Comme le pape François nous y invite inlassablement, sachons donc vivre une vraie fraternité entre nous, dans la diversité de nos cultures, sensibilités et charismes. Et, portés par cette fraternité, mettons-nous au service des plus pauvres, croyants ou non, pour leur manifester notre solidarité et notre amour. Ce sont les meilleurs témoignages de foi que nous pourrons donner.

Pascal Blavot

Dimanche 9 mai 2021 – 6ème dimanche de Pâques (B)

De la haine à l’amour

Alors que des personnes mouillent leur chemise pour rendre notre monde plus fraternel, plus solidaire, plus accueillant… sans le moindre bruit, sans la moindre une des médias, d’autres font beaucoup parler d’eux ! Les black-block qui ont fait leur retour ce 1er mai, l’homme qui a délibérément immolé sa compagne âgée de 31 ans, en pleine rue à Mérignac, en Gironde, le dealer qui a tiré à bout portant sur un policier lors d’un contrôle à Avignon, sans oublier le procès de Nordahl Lelandais sont autant de personnes qui remplissent les colonnes de nos quotidiens d’information. (la liste n’est malheureusement pas exhaustive.) L’effet répétitif dans les médias télévisuels ne font qu’amplifier cette triste réalité. Sans en nier les faits, doivent-ils occuper une telle place ?

Au milieu de ces violences, de cette haine… comment garder l’espérance si nous n’avons pas un autre regard, d’autres lieux pour nous ressourcer et entendre la Parole de Dieu qui nous rejoint aujourd’hui ? « Mon commandement, le voici : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. »

Reconnaissons que, nous baptisés, nous avons la chance inouïe de nous retrouver régulièrement pour célébrer le Ressuscité et respirer Dieu. De cette respiration nait le désir de chanter la louange à notre Dieu et de nous mettre au service des autres.

Ce lundi 10 mai nous fêtons Saint Damien de Molokaï, religieux des Sacrés-Cœurs, serviteur des lépreux. La devise retenue lors sa canonisation est « Il les aima jusqu’au bout ». Oui, Damien les a servis durant 16 années, avant de mourir lui-même lépreux. Gandhi fut touché par son témoignage, il écrira : « Si l’assistance aux lépreux est tellement chère au cœur des missionnaires catholiques, c’est parce qu’aucune autre œuvre n’exige comme elle un esprit de sacrifice. Celle-ci exige l’idéal le plus élevé, l’abnégation la plus parfaite. Le monde politique et journalistique ne connaît pas de héros dont il peut se glorifier et qui soit comparable au P. Damien de Molokaï. L’Église catholique compte parmi les siens des milliers d’hommes qui, à son exemple, ont sacrifié leur vie au service des lépreux. Il vaudrait la peine de rechercher à quelle source s’alimente un tel héroïsme. »

La source, nous la connaissons, c’est l’Evangile et le témoignage du Christ sur la croix !

Christian Malrieu

Dimanche 2 mai 2021 – 5ème dimanche de Pâques (B)

Être reliés au Christ

En ce 5ème dimanche de Pâques, la liturgie nous parle de l’Église et de sa naissance. Saul, le persécuteur, est devenu Paul, le grand témoin de la foi (1ère lecture). Il lui faudra beaucoup de temps pour se faire accepter car sa présence rappelait trop de mauvais souvenirs. Ne se sentant pas à l’aise dans les milieux conservateurs de Jérusalem, il a choisi de partir vers les grands larges. Grâce à son témoignage et surtout grâce à l’action de l’Esprit Saint, la bonne nouvelle a pu être annoncée au monde païen. Rien n’arrête les progrès de l’Église. Voilà un message d’espérance pour nous chrétiens d’aujourd’hui. L’Esprit Saint ne cesse d’agir pour que notre témoignage donne du fruit.

Le problème c’est notre péché et celui du monde. Trop souvent, nous croyons qu’au point où nous en sommes, rien n’est possible. Mais, nous dit saint Jean (2ème lecture) « si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur ». Si nous fixons notre regard sur Dieu, nous avons la certitude d’être aimés, même si nous sommes de grands pécheurs. Forts de cette certitude joyeuse, nous pourrons à notre tour regarder les autres avec amour. Nous ne nous contenterons pas de paroles creuses mais nous aimerons les autres en esprit et en vérité ; ou plutôt, c’est le Christ qui les aimera en nous et par nous.

L’Évangile de saint Jean insiste sur la nécessité d’être reliés au Christ comme le sarment est relié à la vigne. Jésus se présente à nous comme « la vraie vigne ». Il insiste sur le lien vital qui doit exister entre lui et son disciple. Nous savons qu’un sarment ne peut vivre s’il est coupé du cep de vigne. De même, un disciple qui ne demeure pas en Jésus ne peut rien faire. Il n’a aucune utilité. Mais s’il est bien relié à son Seigneur, il donnera beaucoup de fruits.

Alors se pose l’inévitable question : Demeurer en Jésus, oui mais comment ? Comment pouvons-nous être sûrs de le rencontrer ? Cela ne se passe pas comme avec notre voisin de quartier ou d’immeuble. On ne rencontre pas Jésus en direct mais par des intermédiaires. Il nous faut trois chemins pour cela : Celui de la Parole de Dieu, celui de la prière et des sacrements et celui de la vie quotidienne. C’est là que nous rencontrons Jésus et pouvons demeurer en lui.

Luc Schweitzer, ss.cc.

 

Dimanche 25 avril 2021 – 4ème dimanche de Pâques (B)

Le Bon Pasteur : dimanche de prière pour les vocations

LA QUESTION DES VOCATIONS DANS L’ÉGLISE ?

Cette question revient régulièrement. Mariage des prêtres, place des femmes dans l’Église, sacerdoce des femmes, ordination d’hommes mariés… autant d’interrogations qui méritent toujours que l’on ne les prenne pas à la légère. Le Concile Vatican II fut, sans aucun doute, un souffle nouveau sur la place des laïcs dans l’Église et leur participation au sacerdoce du prêtre…

L’EUCHARISTIE

Aujourd’hui, en France, en particulier, le manque de prêtres pour assurer la présidence de l’eucharistie dans bien des endroits renvoie à « pourquoi on n’ordonne pas des hommes mariés ? ». Beaucoup pensent que cela résoudrait bien des problèmes en attendant d’aller plus loin. La pandémie que nous vivons depuis plus d’une année a ouvert un débat sur la question : pouvons-nous vivre sans eucharistie hebdomadaire, voire quotidienne ? La messe à la télé ou sur les réseaux sociaux, on pourrait s’en contenter ! Finalement ce n’est pas si mal !  Mais la messe ce n’est pas du cinéma. La messe est un moment intense de rassemblement (en présentiel) pour recevoir le « Pain vivant descendu du Ciel » pour qu’à la suite du Christ nous « ayons la Vie en abondance ! » et que nous l’annoncions. Même s’il y a plusieurs manières de vivre l’eucharistie, elle restera au centre de notre vie de baptisés pour faire la communauté chrétienne, devenir notre nourriture et nous envoyer en mission au cœur du monde.

DES HOMMES ET DES FEMMES VEULENT VIVRE L’ÉVANGILE DE MANIÈRE RADICALE

C’est le choix vocationnel que font encore aujourd’hui des dizaines de jeunes femmes dans la vie contemplative, comme dans la vie consacrée apostolique.

Ce sont près de « 200 séminaristes et jeunes en année de fondation spirituelles qui se forment dans les 8 diocèses d’Île de France aujourd’hui » nous rappelle Mgr Denis JACHIET dans sa lettre aux prêtres de Paris.

C’est le choix que font des dizaines de jeunes hommes pour être prêtre au service des communautés chrétiennes mais aussi auprès d’une humanité en souffrance…

Ces femmes et ces hommes prennent à la lettre l’invitation du Christ « Viens et suis-moi ! »

Laissant tout ils suivent le Christ dans la prière, le service des paroisses, des monastères, du service de la charité auprès des plus démunis… des enfants, des jeunes, des familles…

Oui, nous avons besoin de ces femmes et de ces hommes qui prennent l’Évangile à cœur pour éclairer et orienter leur choix et donner sens à leur propre vie.

MERCI À TOUTES CELLES ET À TOUS CEUX QUI OSENT FAIRE CES CHOIX DE VIE

Toutes les vocations dans l’Église partent de notre baptême qui nous fait « prêtres, prophètes et rois ». Oui, comme dans le mariage, tenir dans le sacerdoce ou/et la vie religieuse n’est pas de tout repos. Si nous comptons seulement sur nos propres forces nous sommes voués à certains échecs. Comme dit l’apôtre Paul (2Co 12, 10) « C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. »

Le Bon Pasteur, dont il est question dans l’Évangile de ce dimanche, « donne sa vie pour ses brebis ». Jésus nous dit aussi « J’ai d’autres brebis qui ne sont pas dans cet enclos : celles-là aussi il faut que je les conduise ». Ni gourou, ni prédateur, l’Église a besoin de ces « Bons Pasteurs » tantôt devant, tantôt au milieu » du troupeau pour vivre la Pâque du Seigneur et proposer la joie de l’Évangile.

Il n’y a pas « d’Agence pour l’emploi » dans l’Église, mais elle « embauche toujours ! »

Christian MALRIEU

Dimanche 18 avril 2021 – 3ème dimanche de Pâques (B)

Jésus prend l’initiative !

Chaque fois que Jésus ressuscité apparaît à ses disciples, c’est de sa propre initiative. Sa présence n’est pas le fruit d’une déduction intellectuelle des Apôtres ni d’une autosuggestion ; elle n’est pas la projection imaginaire de leur désir de le revoir, ni une hallucination collective de la fraternité chrétienne désemparée. Ce ne sont pas les disciples qui s’imaginent ou se persuadent que Jésus est présent pour combler le vide affectif laissé par son absence : c’est Jésus qui manifeste sa présence librement, volontairement, comme il veut et quand il veut.

Cette expérience vécue par les premiers disciples est aussi la nôtre, nous les disciples d’aujourd’hui. Il n’est pas en notre pouvoir de créer à volonté en nous-mêmes un sentiment de proximité de Jésus, sauf à nous illusionner nous-mêmes en fabriquant des émotions qui ne proviennent que des manques que nous cherchons à combler. C’est toujours Jésus qui a l’initiative et qui se manifeste comme vivant, en chacun de nous comme au milieu de nous tous.

Dans la foi partagée, nous reconnaissons et nous confessons la présence de Jésus qui, en traversant la mort, est resté le même, bien qu’il vive différemment. Quand il se montre aux Apôtres, Jésus souligne le lien qui existe entre son passé d’humilité et de souffrance et son aujourd’hui de gloire, entre le mystère de son passage pascal et les promesses répétées de Dieu dans l’ancienne alliance. En ouvrant l’esprit des disciples à l’intelligence des Écritures, il leur découvre la cohérence du dessein de Dieu, la divine sagesse de la folie du Père, et nous révèle ainsi notre propre destin de serviteurs promis à la résurrection.

Cette lumière nouvelle qui transfigure notre existence person-nelle est destinée à illuminer le destin du monde. N’oublions jamais que nous sommes des envoyés, comme l’ont été Marie de Magdala, les Apôtres et tous les témoins de la Résurrection : « C’est vous, dit Jésus, qui êtes témoins de tout cela ».

Luc Schweitzer, ss.cc.

 

Dimanche 11 avril 2021 – Dimanche de la Divine Miséricorde (B)

Passer du doute à la Foi !

L’évangile de ce dimanche nous fait passer de la peur à la Paix, du doute à la Foi ! L’apôtre Thomas représente le doute au cœur de la foi. L’évangile de ce jour raconte deux apparitions du Seigneur ressuscité. À chaque fois, les disciples se trouvent enfermés, enfermés dans la maison certes, mais surtout enfermés dans leur peur : à chaque fois, Jésus écarte cette peur en les saluant : « La paix soit avec vous ! » ; à chacune de ses visites, Jésus montre ses plaies du crucifié. Mais, lors de sa seconde visite huit jours après, il invite Thomas à aller plus loin, jusqu’à le toucher… Thomas s’effondre alors en disant « Mon Seigneur et mon Dieu ! », passant ainsi de l’obscurité du doute à la lumière de la Foi ! Au bénéfice du doute de Thomas, nous nous sentons alors tous interpelés par la réaction de Jésus Ressuscité : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » !

Ces apparitions sont celles d’un vivant qui garde les traces de la mort. La Résurrection ne supprime pas les marques de la Passion : elles étaient sur le corps de Jésus les marques de sa mort ; elles deviennent sur le Ressuscité les signes de Sa victoire sur la mort ! Puis, Jésus Ressuscité répand son souffle sur ses disciples en leur disant : « Recevez l’Esprit saint… » De ce souffle créateur naîtra un Peuple nouveau ; un peuple vivant de cette Loi d’Amour dans le Souffle du Ressuscité, qui se manifeste par le partage du Pain, l’accueil fraternel, la mise en commun des biens, où chacun apporte ce qu’il est, ce qu’il a, et reçoit de la communauté ce dont il a besoin. Cette règle sera adoptée spontanément, dès le début, dans les premières communautés chrétiennes ; elle sera reprise ensuite, tout au long des siècles, dans de nombreux ordres religieux. C’est un grand défi et un signe exigeant pour témoigner de l’accueil et de la miséricorde du Seigneur envers le frère ou la sœur tel qu’il est, jusque dans ses pauvretés. Aujourd’hui encore, cela reste un signe éclatant de la présence active du Ressuscité au milieu de Son Peuple.

Père Alphonse Fraboulet

 

 Dimanche 28 mars 2021 – Dimanche des Rameaux (B)

« Un triomphe ambigu, un échec apparent,

la victoire définitive de l’amour »

L’Entrée triomphale à Jérusalem c’est la journée par excellence du « malentendu ».

Pour les apôtres, c’est enfin l’accomplissement de ce qu’ils espéraient. Jésus prend possession de la ville royale, de la ville sainte. Il va inaugurer le Royaume, leur royaume.

Pour Jésus, c’est tout autre chose. À quelques disciples il a donné des « indices » pour comprendre ce qui se passe à ce moment-là : la Transfiguration en est un.

Au- delà du succès apparent, Jésus voit l’avenir, son rejet par les chefs religieux du Temple, sa condamnation. Oui, il vient bien inaugurer le Royaume ; mais celui de Dieu, non celui des hommes ; il est bien le Messie mais pas celui attendu.

Ce Royaume ce sera celui qu’un soldat romain, bouleversé, découvrira au pied de la Croix.

Devant un homme mort, abandonné de tous, il reconnaîtra soudain l’affir­mation triomphante de l’amour. Il confessera en Jésus qu’il est bien le Fils de Dieu « Vraiment celui-ci était le Fils de Dieu »

Traditionnellement nous avions le dimanche des Rameaux et le dimanche de la Passion. La réforme liturgique des années 60 a uni ces deux dimanches en un seul tout en gardant les deux évangiles : celui de l’entrée de Jésus à Jérusalem et celui du récit de la Passion. En quelques heures nous passons du triomphe à l’accusation, de la liesse à la mort de Jésus sur la croix. On peut toujours manipuler les foules, mais pas le cœur de Dieu. De grâce ne nous arrêtons pas en chemin comme ont failli le faire les disciples d’Emmaüs.

Osons croire que Jésus de Nazareth est bien ressuscité au matin de Pâques. Le temps est venu en cette Semaine Sainte de méditer et de venir célébrer cette « victoire définitive de l’amour ».

Père Christian Malrieu

 

Dimanche 21 mars 2021 – 5ème dimanche de carême (B)

Mourir pour porter du fruit

Hiver solidaire s’achève aujourd’hui à Saint-Gabriel. Depuis 7 ans chaque hiver des bénévoles se mobilisent pour recevoir trois personnes sans-abri pendant près de quatre mois dans les locaux paroissiaux. Cette année plus de 110 bénévoles ont répondu à l’appel pour accueillir fidèlement chaque soir Andrzej, Sidy et Mohamed, préparer le repas, le partager avec eux, passer la nuit et assurer le ménage le lendemain matin. Parmi eux 65 n’étaient jamais venus à Hiver solidaire auparavant. Un élan formidable et inespéré en ce temps de pandémie où tout est plus compliqué.

Les bénévoles qui sont venus à Hiver solidaire, même s’ils sont souvent arrivés là par le truchement d’un ami, n’ont pas demandé à voir Jésus, comme les Grecs de l’évangile de ce jour. Mais les croyants que nous sommes savent que, dans ces trois personnes sans-abri qui jusque-là dormaient dans nos rues, parfois depuis plusieurs années, ils ont rencontré le Christ qui leur dira : « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli ».

Nous croyons aussi que ces bénévoles qui sont sortis de chez eux pour s’approcher de personnes inconnues, donnant de leur temps et de leur attention, se donnant du mal pour les nourrir ou pour nettoyer les locaux, ont agi en disciples du Christ. Ils se sont engagés dans le chemin que Jésus lui-même a suivi et qu’il nous demande de prendre : se déposséder de soi-même pour faire place à l’autre, pour lui permettre d’exister. Aller jusqu’à donner sa vie et mourir à soi-même pour faire grandir la vie.

Si nous sommes disciples du Christ nous ne pouvons pas nous contenter de regarder Jésus à distance ou d’écouter distraitement ses paroles. Nous devons le suivre et le servir, comme il nous le demande. Jusqu’à accepter de donner notre vie. C’est le chemin qui conduit à la Résurrection : « Qui aime sa vie la perd, qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle ».

Pascal Blavot

 

Dimanche 14 mars 2021 – 4ème dimanche de carême (B)

Contempler la Croix

Nicodème, l’interlocuteur de Jésus, est un ‘chef des juifs’ (cf. Jean 3,1) il est dans la mouvance du grand prêtre (cf. Jean 7,50) et sans doute aussi un membre du Sanhédrin. Il vient rencontrer Jésus de nuit pour ne pas être vu comme un de ses disciples bien qu’il reconnaisse en lui un ‘Rabbi’ et un ‘maître venu de Dieu’ (cf. Jean 3,2) Il connaît l’épisode du ‘serpent de bronze’ rapporté dans le livre des Nombres, il peut déchiffrer la comparaison que Jésus fait entre ce ‘serpent de bronze’ et le ‘Fils de l’Homme’ expression tirée du livre de Daniel (Daniel 7,10ss) Cette locution désigne un être qui appartient déjà au Royaume de Dieu, Nicodème peut donc la comprendre comme une allégorie désignant les cieux : comme les hébreux levaient les yeux vers le serpent, pour être pardonné, le pécheur lève les yeux vers le ciel, domaine de Dieu miséricordieux.

Dans le temps de Carême où nous sommes, cette comparaison prend un autre sens. Le serpent, en tant que symbole de la tentation et du péché depuis le jardin d’Eden, nous fait ressentir la morsure du péché qui pourrait entraîner la mort spirituelle : la coupure de la relation avec le Père. En levant les yeux avec foi vers le Fils sur la croix, nous pouvons vaincre le péché et recevoir le pardon du Père par la grâce de Celui qui offre perpétuellement sa vie pour chaque homme en disant : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Luc 23,34)

Le serpent de bronze du désert ne guérissait que de l’attaque des ‘serpents à la morsure brûlante’ châtiment que Dieu avait envoyé en raison des récriminations du peuple. Les crucifix regardés avec foi nous invitent à revenir vers le Père et à accepter son pardon pour tous les péchés que nous avons pu commettre. Ce ne sont pas les objets eux-mêmes qui sont importants mais la perception du mystère qu’ils représentent : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (Jean 15,13)

À la suite de la lecture de ce dimanche, je peux me poser la question de savoir où se trouve le crucifix dans ma maison, il est souvent devenu comme un simple élément de décoration que je ne vois plus tellement je suis habitué qu’il soit là. Retrouvons le sens de ce signe extérieur de la foi chrétienne, que je ne passe plus devant sans lui accorder le moindre regard !

Luc Schweitzer, ss.cc.

Dimanche 7 mars 2021 – 3ème dimanche de carême (B)

Pourquoi cette colère de Jésus ?

Jésus s’emporte contre les marchands avec leurs animaux et leur argent. Il y a d’abord cet aspect financier rebutant. En effet à l’époque, la loi obligeait les Juifs à venir chaque année offrir un sacrifice au temple. Les plus pauvres, comme ce fut le cas pour les parents de Jésus, offraient un couple de colombes, mais ceux qui en avaient plus largement les moyens se devaient au moins d’offrir une brebis ou un bœuf. Evidemment ceux qui venaient de loin ne voyageaient pas avec leur offrande, ils savaient qu’ils pouvaient s’en procurer à Jérusalem. C’est ainsi que s’est développé dans le temple un gigantesque commerce, une foire aux bestiaux. Certains, profitant de Dieu, se faisaient de belles petites fortunes. Dieu apparaissait donc comme le collaborateur des riches au détriment des pauvres qui étaient exploités.

Ce Dieu ne colle évidemment pas du tout avec le Dieu que Jésus veut révéler. Au contraire, Jésus veut abolir l’image d’un Dieu favorable à un commerce injuste, abolir cette relation à Dieu fondée sur le marchandage, le donnant-donnant. Tous ces sacrifices voulaient acheter Dieu, le mettre en position de dette vis-à-vis de l’homme et l’obliger à rendre en retour.

Jésus essaye donc de sortir son peuple de cette relation de négoce. Dieu n’est pas un partenaire commercial, mais un Dieu d’alliance, un Dieu d’amour. Dieu ne veut plus cette relation donnant-donnant, mais une relation de gratuité, de vie, de liberté.

En plus de cette relation basée sur l’argent, la colère de Jésus avait une autre motivation : Ne pouvait rentrer dans le lieu saint que les Juifs se disant « en état de pureté ». Et donc en étaient exclus les « impurs », c’est à dire les personnes malades, infirmes, ruinées, exerçant un métier impur comme les collecteurs d’impôts, les tanneurs, les prostituées, les bergers… Ceux qui ont une place dans le cœur de Dieu ! Pour Jésus naturellement une telle exclusion était inadmissible.

Jésus dira à la Samaritaine : « Ce n’est ni au temple ni sur cette montagne que l’on peut vénérer Dieu mais en esprit et vérité. » Le temple de Dieu aujourd’hui c’est le monde, surtout le monde en détresse, un monde pour lequel nous devons lutter pour une plus juste répartition des biens de consom-mation, une meilleure répartition des ressources, et de tout ce qui permet aux personnes de grandir en dignité et d’accéder au bonheur.

Père Christian Flottes

Dimanche 28 février 2021 – 2ème dimanche de carême (B)

PUISER FORCE ET LUMIÈRE

Nous commençons le deuxième dimanche de carême avec un merveilleux texte de la Transfiguration. Jésus prend avec lui quelques disciples et se rend au mont Thabor où il leur révèle la splendeur de sa gloire divine. Il a choisi une poignée de disciples, trois au total (Pierre, Jacques et Jean) qui sont les plus proches, ses amis de cœur, ceux qui lui font le plus confiance. C’est l’épiphanie de l’amitié, de la communion, de l’échange fraternel qui le guide. L’amour, en effet, constitue la meilleure part de la bonne nouvelle.

Jésus se révèle sur une haute montagne en compagnie amicale. Le lieu a brusquement changé. Nous ne sommes plus au désert comme dimanche dernier où le maître était seul, combattant pied à pied l’Adversaire. Il sort de la solitude en s’ouvrant à l’amitié des fils de Dieu. A la découverte de la splendeur, de la manifestation de la divinité, de l’avant-goût de la gloire future, l’apôtre Pierre (l’homme d’action), au nom des autres, dit : “Maître, il est bon que nous demeurions ici”. Pierre veut rester sur la montagne. Il propose sur le champ de construire trois tentes, une pour Jésus, une pour Moïse et une pour Elie. Pierre est émerveillé par cette beauté extraordinaire et ne veut plus descendre de la montagne. Il ne veut plus rompre avec cette vision, cette splendeur. Mais cela n’est pas possible. L’évangéliste souligne que Pierre était si épouvanté qu’il “ne savait plus quoi dire”. Il note aussi que l’apôtre avait peur. En réalité ce n’était pas la peur au sens propre du mot mais la peur qui s’empare de toute créature en face des manifestations divines. Il était important que les Apôtres soient témoins de cet événement avant de suivre Jésus jusqu’à sa Passion.

Le Seigneur nous donne des moyens pour affronter les épreuves de la vie même si nous n’arrivons souvent pas à les surmonter comme il faut. Il est là à nos côtés, nous invite à monter au mont Thabor, à la montagne de la prière. Au milieu des occupations quotidiennes, familiales et professionnelles, le chrétien ne doit pas oublier d’escalader la montagne du Seigneur pour puiser la force et la lumière divine. Sans cette ascension du Mont-Thabor, la vie devient difficile à vivre et on ne parvient pas à porter quotidiennement sa croix derrière le divin Maître. Or il nous dit : “Celui qui veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive”. Prendre sa croix à la suite du Christ est aussi monter avec lui sur la montagne pour prier. La prière est importante dans la vie du chrétien.

Luc Schweitzer, ss.cc.

 

Dimanche 21 février 2021 – 1er dimanche de carême (B)

  « ANTIVIRUS ET MISE AUX NORMES »

     Voici venu le temps de la « quarantaine » spirituelle des chrétiens et du retour aux sources de leur foi. Tous les trois ans les lectures des dimanches sont changées. Celles d’aujourd’hui nous rejoignent fortement dans notre actualité. Elles parlent de déluge et d’inondations, de violence, d’isolement dans le désert.

Elles parlent surtout d’alliance. Un mot-clé dans toute la Bible, et notamment en ce carême. L’alliance est une expérience humaine commune et vitale. Habitant la même terre, sous le même soleil, nous sommes tous des êtres de relation, et d’alliance. Dépendants et solidaires les uns des autres, nous vivons d’échanges et de partages parce que « tout est lié ». Plus que jamais, en ce temps de crise nous prenons conscience de la nécessité de nous interroger sur la qualité de nos alliances humaines, et la qualité de nos liens sociaux, souvent menacées par la recherche de profit, l’importance donnée aux prouesses techniques et numériques, les replis individualistes ou communautaristes, sans oublier la situation écologique. Peut-être que depuis bientôt une année nous faisons l’expérience d’une forme de désert avec la Covid 19. Le moment de vérité est bien là !

Marc évoque le baptême de Jésus, immédiatement suivi pour lui d’un temps d’épreuve et de tentation au désert par Satan. Marc va toujours à l’essentiel. Il ne s’attarde pas à détailler l’objet des tentations de Jésus. Mais il nous dit que Jésus a vécu parmi les bêtes sauvages, signifiant les démons et qu’il en repart vainqueur. Sa mission : « proclamer l’Evangile de Dieu ». Son seul objectif est de proposer le Salut à tous sans altérer la liberté de chacun. C’est sans doute cela le vrai bonheur !

Ce temps de Carême est donc ce moment favorable pour faire le ménage dans notre cœur, comme le fait un bon antivirus dans un ordinateur… Il nous protège comme le fait le vaccin contre la Covid 19.

Notre cœur a besoin de se laisser convertir sans cesse pour avoir un regard nouveau, habiter une terre nouvelle, construire la fraternité si importante de nos jours. C’est avec un cœur nouveau que nous pouvons ne pas nous décourager en ce temps d’incertitude. Nous devons essayer d’avoir l’esprit du peuple d’Israël lors de son séjour au désert, ou encore en exil à Babylone et qui n’oubliait ni Jérusalem, ni le Temple, ni les psaumes de louanges… ni cette Terre Promise à toute l’humanité.

Comme nous y invite souvent le Pape François, prenons soin de notre vie intérieure. C’est de la qualité de l’air que nous respirons que découle, en grande partie, la santé de nos poumons. C’est la même chose avec la qualité de notre vie intérieure.

Nous avons quarante jours pour nous « mettre aux normes » de l’Evangile !

Père Christian Malrieu, Curé