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Lettre d’information

« LES RAMEAUX ».

 Du « prophète » au « Messie ».

L’Évangéliste Matthieu nous dit au sujet de Jésus qu’en entrant à Jérusalem, « toute la ville fut en proie à l’agitation et disait : « Qui est cet homme ? ». A cette question la foule répondait : « le prophète Jésus » (Matt. 21,10)A la mort de ce même Jésus, Matthieu nous dira : « le centurion et ceux qui avec lui gardaient Jésus furent saisis d’une grande crainte et dirent : « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ». (Matt. 27,54)

Ainsi, celui que la foule accueillait joyeusement à Jérusalem comme  un  prophète sera finalement reconnu quelques jours plus tard comme Fils de Dieu par un centurion romain. Jésus, acclamé comme prophète par la foule sera désigné comme fils de Dieu par un étranger, dans l’indifférence la plus totale.   Situation « abracadabrantesque » !

Entre « Jésus prophète » et « Jésus, Fils de Dieu », il y aura le temps de la passion, celui de la réalisation des Écritures. Afin de comprendre ce passage de la prophétie à l’accomplissement, l’Église propose dès le dimanche des Rameaux, la lecture entière du récit de la Passion. Ainsi, de manière anticipée, il nous est donné de vivre avec les disciples ce chemin de croix qui va conduire au Golghota,  l’endroit ou  la vérité va se dévoiler : le prophète n’était pas seulement prophète…

Dans le contexte de pandémie qui est le notre, ce jour des Rameaux doit nous faire prendre conscience que notre regard sur le monde et sur autrui doit se convertir. A l’image de la rencontre avec Jésus, notre prochain ne se définit pas uniquement par son action (prophète), même si celle-ci est signifiante de sa personnalité, il est plus que ce qu’il fait (fils de Dieu). Tout comme la foi nous fait découvrir le passage du prophète Jésus à celui de Fils de Dieu, il doit en être de même dans la vision que nous avons de notre prochain : son visage reflète une histoire, mais celle-ci en cache une autre, sacrée et immergé en sa chair.

 « Il y a un autre monde, mais il est dans celui-ci ! ». Paul Éluard a raison.  Ne perdons pas notre temps à chercher dans le ciel ce qui est ici-bas. Trouvons dès aujourd’hui cet autre monde qui est « déjà là » et que nous ne savons pas voir.  Puissions nous retrouver un « œil spirituel » et convertir nos cœurs en regardant plus loin que le visible : « pour sûr, tu es un Dieu qui se tient caché » (Isaïe 45,15). « Revêtons le Christ » (Rom.13,14) et nous verrons Dieu faire sa demeure parmi nous, au cœur de ce monde… qu’il « a tant aimé » !  (Jean 3,16).

Union de prière,

P. Bertrand, curé.

   

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